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    <title>Radio Collection – Radio Pop Rock gratuite, sans pub, en Hi-Fi - RSS News</title>
    <description>Radio Collection – Radio Pop Rock gratuite, sans pub, en Hi-Fi - RSS News</description>
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      <title>The Rolling Stones : les 45 ans de Tattoo You, assemblé au fil de dix ans de sessions</title>
      <description><![CDATA[Le 24 ao&ucirc;t 1981, The Rolling Stones publiaient Tattoo You sur Rolling Stones Records. Quarante-cinq ans plus tard, l&rsquo;album f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui son anniversaire avec une histoire singuli&egrave;re : plut&ocirc;...]]></description>
      <pubDate>Sun, 23 Aug 2026 22:10:00 +0000</pubDate>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le 24 ao&ucirc;t 1981, The Rolling Stones publiaient <em>Tattoo You</em> sur Rolling Stones Records. Quarante-cinq ans plus tard, l&rsquo;album f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui son anniversaire avec une histoire singuli&egrave;re : plut&ocirc;t que de na&icirc;tre d&rsquo;une campagne d&rsquo;enregistrement classique, il fut largement construit &agrave; partir de morceaux d&eacute;laiss&eacute;s au cours des ann&eacute;es 1970, puis retrouv&eacute;s, tri&eacute;s et achev&eacute;s &agrave; l&rsquo;approche d&rsquo;une nouvelle tourn&eacute;e.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au d&eacute;but de 1981, The Rolling Stones ont besoin d&rsquo;un album studio pour accompagner leur retour sur la route. Le calendrier ne favorise pas une longue s&eacute;rie de nouvelles s&eacute;ances. Chris Kimsey, ing&eacute;nieur du son et producteur associ&eacute; du groupe, propose alors une autre m&eacute;thode : ouvrir les archives, &eacute;couter les bandes laiss&eacute;es de c&ocirc;t&eacute; et chercher dans ce mat&eacute;riel ancien de quoi b&acirc;tir <em>Tattoo You</em>.</p>
<h2>Chris Kimsey transforme les archives en chantier</h2>
<p>La t&acirc;che ressemble d&rsquo;abord &agrave; un patient travail d&rsquo;inventaire. Pendant plusieurs mois, Kimsey trie les bandes accumul&eacute;es au fil des pr&eacute;c&eacute;dents albums, r&eacute;alise des mixages d&rsquo;essai &agrave; Olympic Studios et les envoie aux membres du groupe. Les chansons retenues ne proviennent donc pas d&rsquo;un m&ecirc;me lieu ni d&rsquo;une m&ecirc;me p&eacute;riode : les enregistrements utilis&eacute;s s&rsquo;&eacute;tendent de novembre 1972 &agrave; juin 1981.</p>
<p>Les s&eacute;ances de <em>Goat&rsquo;s Head Soup</em> fournissent &laquo; Waiting on a Friend &raquo; et &laquo; Tops &raquo;. Celles de <em>Black and Blue</em> livrent &laquo; Slave &raquo; et &laquo; Worried About You &raquo;, tandis que &laquo; Start Me Up &raquo; ressurgit du travail effectu&eacute; autour de <em>Some Girls</em>. Une grande partie du reste de l&rsquo;album &mdash; &laquo; Hang Fire &raquo;, &laquo; Little T&amp;A &raquo;, &laquo; Black Limousine &raquo;, &laquo; Neighbors &raquo;, &laquo; Heaven &raquo; et &laquo; No Use in Crying &raquo; &mdash; vient des sessions d&rsquo;<em>Emotional Rescue</em>.</p>
<p><em>Tattoo You</em> conserve pourtant le statut d&rsquo;album studio. Les bandes anciennes constituent sa mati&egrave;re premi&egrave;re, mais elles doivent encore &ecirc;tre s&eacute;lectionn&eacute;es, mix&eacute;es et compl&eacute;t&eacute;es. La production est cr&eacute;dit&eacute;e &agrave; Chris Kimsey, Mick Jagger et Keith Richards, avec un r&ocirc;le d&eacute;terminant de Kimsey dans l&rsquo;exploration et l&rsquo;organisation de ces enregistrements dispers&eacute;s.</p>
<h2>&laquo; Start Me Up &raquo;, la prise rock enterr&eacute;e parmi les versions reggae</h2>
<p>L&rsquo;histoire de &laquo; Start Me Up &raquo; r&eacute;sume &agrave; elle seule cette m&eacute;thode. Le morceau appara&icirc;t d&rsquo;abord sous le titre &laquo; Never Stop &raquo;, comme une id&eacute;e reggae de Keith Richards, pendant les s&eacute;ances de <em>Black and Blue</em> en 1975. Les Rolling Stones le reprennent &agrave; Path&eacute; Marconi, &agrave; Paris, lors des sessions de <em>Some Girls</em> en 1977 et 1978.</p>
<p>Le groupe multiplie alors les versions reggae. Les souvenirs &eacute;voquent plus de trente prises, voire plusieurs dizaines, sans que le r&eacute;sultat soit jug&eacute; satisfaisant. Le titre est finalement abandonn&eacute;. Au milieu de cette masse d&rsquo;essais se trouvent cependant deux prises plus rock, dont une jou&eacute;e pour d&eacute;tendre l&rsquo;atmosph&egrave;re puis oubli&eacute;e dans les bandes.</p>
<p>Quelques ann&eacute;es plus tard, Kimsey retrouve cette version au cours de ses recherches. Keith Richards r&eacute;sumera la d&eacute;couverte ainsi : &laquo; Il a trouv&eacute; celle-l&agrave; au milieu &ndash; elle &eacute;tait simplement enterr&eacute;e l&agrave;-dedans. &raquo; La chanson ne devient pas imm&eacute;diatement un produit fini : Mick Jagger enregistre de nouveaux chants et des overdubs en 1981, notamment &agrave; Electric Lady Studios et au Hit Factory, &agrave; New York.</p>
<p>Plac&eacute;e en ouverture de <em>Tattoo You</em>, &laquo; Start Me Up &raquo; en devient le premier single en ao&ucirc;t 1981. Le morceau atteint la deuxi&egrave;me place des classements aux &Eacute;tats-Unis et au Canada, ainsi que la septi&egrave;me au Royaume-Uni. Une chanson laiss&eacute;e de c&ocirc;t&eacute; apr&egrave;s des dizaines de tentatives fournit ainsi au projet son lancement commercial le plus visible.</p>
<h2>Des bandes anciennes, mais un travail d&rsquo;ach&egrave;vement en 1981</h2>
<p>La d&eacute;couverte des prises ne suffit pas &agrave; faire un album. Pour donner une continuit&eacute; &agrave; des morceaux enregistr&eacute;s &agrave; plusieurs ann&eacute;es d&rsquo;intervalle, Mick Jagger pose de nouvelles parties vocales et supervise diff&eacute;rents overdubs au printemps et &agrave; l&rsquo;&eacute;t&eacute; 1981. Les contributions instrumentales enti&egrave;rement nouvelles restent limit&eacute;es sur une grande partie du disque, mais ces retouches permettent d&rsquo;achever des titres demeur&eacute;s &agrave; l&rsquo;&eacute;tat de projet.</p>
<p>Le s&eacute;quen&ccedil;age apporte &eacute;galement une logique &agrave; cet assemblage. La premi&egrave;re face rassemble les morceaux les plus orient&eacute;s rock, avec &laquo; Start Me Up &raquo; en t&ecirc;te. La seconde privil&eacute;gie des titres plus lents et atmosph&eacute;riques, parmi lesquels &laquo; Worried About You &raquo;, &laquo; Heaven &raquo; et &laquo; Waiting on a Friend &raquo;. Cette s&eacute;paration nette organise des bandes provenant d&rsquo;&eacute;poques diff&eacute;rentes sans masquer leur diversit&eacute;.</p>
<p>&laquo; Worried About You &raquo; illustre ce passage d&rsquo;une p&eacute;riode &agrave; l&rsquo;autre. D&rsquo;abord enregistr&eacute;e pour <em>Black and Blue</em>, la chanson reste inutilis&eacute;e avant d&rsquo;&ecirc;tre retrouv&eacute;e par Kimsey. Retravaill&eacute;e pour <em>Tattoo You</em>, elle rejoint la seconde face et participe &agrave; l&rsquo;&eacute;quilibre choisi pour la version d&eacute;finitive.</p>
<h2>&laquo; Waiting on a Friend &raquo;, presque dix ans pour trouver sa forme</h2>
<p>Le voyage le plus long est celui de &laquo; Waiting on a Friend &raquo;. Ses origines remontent aux s&eacute;ances de <em>Goat&rsquo;s Head Soup</em>, au d&eacute;but des ann&eacute;es 1970, sous la forme d&rsquo;un enregistrement instrumental ou encore partiellement d&eacute;velopp&eacute;. La piste demeure in&eacute;dite jusqu&rsquo;&agrave; ce que Kimsey la retrouve pendant la pr&eacute;paration de <em>Tattoo You</em>.</p>
<p>Mick Jagger enregistre alors la voix d&eacute;finitive et de nouveaux &eacute;l&eacute;ments instrumentaux sont ajout&eacute;s. Le saxophoniste Sonny Rollins intervient sur l&rsquo;arrangement, auquel ses parties apportent une couleur plus douce et jazzy. L&agrave; encore, la chanson publi&eacute;e en 1981 est le r&eacute;sultat d&rsquo;un dialogue entre une prise ancienne et un travail effectu&eacute; pr&egrave;s de dix ans plus tard.</p>
<p>Sortie ensuite en single, &laquo; Waiting on a Friend &raquo; re&ccedil;oit un prolongement visuel &agrave; New York. Dans le clip, Jagger attend Richards sur les marches d&rsquo;un immeuble, avant que les deux musiciens parcourent le quartier et rejoignent un bar. Cette sc&egrave;ne urbaine accompagne l&rsquo;aboutissement public d&rsquo;un morceau rest&eacute; longtemps incomplet dans les archives du groupe.</p>
<h2>Une pochette con&ccedil;ue pour un album aux origines multiples</h2>
<p>&Agrave; cet assemblage sonore r&eacute;pond une image imm&eacute;diatement identifiable : un visage masculin tatou&eacute;, cadr&eacute; en gros plan. La pochette est con&ccedil;ue par Peter Corriston avec Hubert Kretzschmar et Christian Piper. Elle sera plus tard int&eacute;gr&eacute;e &agrave; la collection d&rsquo;un mus&eacute;e d&rsquo;art moderne, prolongeant hors du domaine musical l&rsquo;existence visuelle de <em>Tattoo You</em>.</p>
<p>Lors de sa publication, l&rsquo;album atteint les premi&egrave;res places de plusieurs classements internationaux et remplit la fonction qui avait contribu&eacute; &agrave; d&eacute;clencher sa fabrication : fournir aux Rolling Stones un nouveau disque studio &agrave; soutenir pendant leur tourn&eacute;e. Ce r&eacute;sultat repose moins sur une soudaine accumulation de compositions que sur la capacit&eacute; &agrave; reconna&icirc;tre, dans des bandes &eacute;cart&eacute;es, des chansons encore susceptibles d&rsquo;&ecirc;tre achev&eacute;es.</p>
<p>Quarante-cinq ans apr&egrave;s sa sortie, <em>Tattoo You</em> raconte ainsi une histoire de r&eacute;cup&eacute;ration et de montage. Des s&eacute;ances men&eacute;es pour quatre albums diff&eacute;rents, des prises abandonn&eacute;es, de nouveaux chants enregistr&eacute;s en 1981 et un s&eacute;quen&ccedil;age en deux faces ont converg&eacute; vers une m&ecirc;me publication.</p>
<p>Le r&ocirc;le de Chris Kimsey en constitue le fil conducteur : &eacute;couter ce que le groupe avait oubli&eacute;, isoler les prises utilisables, puis les remettre en circulation. De &laquo; Start Me Up &raquo;, enfouie parmi les versions reggae, &agrave; &laquo; Waiting on a Friend &raquo;, commenc&eacute;e pr&egrave;s d&rsquo;une d&eacute;cennie auparavant, l&rsquo;album des Rolling Stones rappelle surtout qu&rsquo;un morceau &eacute;cart&eacute; n&rsquo;est pas n&eacute;cessairement un morceau termin&eacute;.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Jean-Michel Jarre a 78 ans : la cuisine, les refus et le pari d’Oxygène</title>
      <description><![CDATA[N&eacute; le 24 ao&ucirc;t 1948 &agrave; Lyon, Jean-Michel Jarre f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 78 ans. Compositeur, interpr&egrave;te et producteur de musique &eacute;lectronique, il a construit un tournant de son parcours avec des moye...]]></description>
      <pubDate>Sun, 23 Aug 2026 22:05:00 +0000</pubDate>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>N&eacute; le 24 ao&ucirc;t 1948 &agrave; Lyon, Jean-Michel Jarre f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 78 ans. Compositeur, interpr&egrave;te et producteur de musique &eacute;lectronique, il a construit un tournant de son parcours avec des moyens limit&eacute;s : un studio install&eacute; dans sa cuisine, des instruments imparfaits et un album refus&eacute; par plusieurs maisons de disques. Retour sur la fabrication artisanale d&rsquo;<em>Oxyg&egrave;ne</em> et sur la d&eacute;cision de Francis Dreyfus qui a permis sa publication.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Avant de devenir l&rsquo;album qui installe durablement Jean-Michel Jarre dans la pop &eacute;lectronique internationale, <em>Oxyg&egrave;ne</em> est un projet difficile &agrave; d&eacute;fendre. Il ne pr&eacute;sente ni chanteur ni batteur, ses morceaux sont longs et les maisons de disques n&rsquo;y trouvent pas de single &eacute;vident. Surtout, le disque na&icirc;t loin d&rsquo;une infrastructure imposante : Jarre travaille chez lui, avec un &eacute;quipement restreint dont les limites participent directement &agrave; la cr&eacute;ation.</p>
<h2>Produire les autres pour financer son propre outil</h2>
<p>Au d&eacute;but des ann&eacute;es 1970, Jean-Michel Jarre ne dispose pas encore d&rsquo;une installation personnelle &agrave; la mesure de ses projets. Il travaille alors comme compositeur et producteur pour d&rsquo;autres musiciens rock. Cette activit&eacute; ne constitue pas seulement une &eacute;tape professionnelle : elle lui permet de financer progressivement son propre dispositif de travail.</p>
<p>Ce passage par la production &eacute;claire la place qu&rsquo;il occupe ensuite sur ses disques. Jarre n&rsquo;y intervient pas dans un r&ocirc;le unique. Il est &agrave; la fois auteur, interpr&egrave;te, producteur et clavi&eacute;riste, avec un contr&ocirc;le &eacute;tendu sur la conception du projet. Dans le cas d&rsquo;<em>Oxyg&egrave;ne</em>, cette mani&egrave;re de travailler se d&eacute;veloppe pourtant avec peu de mat&eacute;riel et dans un espace qui n&rsquo;a rien d&rsquo;un studio traditionnel.</p>
<h2>Jean-Michel Jarre installe son studio dans la cuisine</h2>
<p>Au milieu des ann&eacute;es 1970, son espace de cr&eacute;ation tient dans sa cuisine. Le musicien y rassemble notamment un synth&eacute;tiseur EMS VCS3, des p&eacute;dales d&rsquo;effets et un magn&eacute;tophone Revox. La formule qu&rsquo;il emploiera plus tard pour raconter cette p&eacute;riode est aussi simple que pr&eacute;cise : &laquo; J&rsquo;ai install&eacute; un studio dans ma cuisine. &raquo;</p>
<p>Cette installation rudimentaire donne une r&eacute;alit&eacute; tr&egrave;s concr&egrave;te &agrave; la naissance d&rsquo;<em>Oxyg&egrave;ne</em>. Jarre ne travaille pas avec une abondance d&rsquo;instruments ni avec une &eacute;quipe nombreuse. Il compose et enregistre &agrave; partir des possibilit&eacute;s offertes par son &eacute;quipement, mais aussi de ses imperfections. Les contraintes techniques ne restent donc pas &agrave; la p&eacute;riph&eacute;rie du disque : elles entrent dans sa fabrication.</p>
<p>Le contraste est net entre l&rsquo;origine domestique du projet et le r&ocirc;le que l&rsquo;album prendra ensuite dans son parcours. Avant cette reconnaissance, il y a d&rsquo;abord une cuisine transform&eacute;e en lieu de travail, quelques machines et une m&eacute;thode reposant sur l&rsquo;usage attentif de ressources limit&eacute;es.</p>
<h2>Un Mellotron d&eacute;fectueux fa&ccedil;onne &laquo; Oxyg&egrave;ne (Part II) &raquo;</h2>
<p>L&rsquo;histoire de &laquo; Oxyg&egrave;ne (Part II) &raquo; r&eacute;sume particuli&egrave;rement bien cette logique. Jean-Michel Jarre explique avoir compos&eacute; le morceau avec un Mellotron dont certaines touches ne fonctionnaient pas correctement. Au lieu d&rsquo;&ecirc;tre un simple incident &agrave; corriger, cette d&eacute;faillance participe &agrave; la forme finale de la composition.</p>
<p>L&rsquo;&eacute;pisode montre comment une contrainte mat&eacute;rielle peut devenir un &eacute;l&eacute;ment du processus d&rsquo;&eacute;criture. Le musicien ne dispose pas d&rsquo;un instrument parfaitement op&eacute;rationnel et doit travailler avec ce qu&rsquo;il permet encore de faire. Dans cette configuration, la technique n&rsquo;est pas seulement un outil d&rsquo;ex&eacute;cution : son &eacute;tat r&eacute;el intervient dans les choix de composition.</p>
<h2>L&rsquo;album dont les maisons de disques ne voulaient pas</h2>
<p>Une fois le projet constitu&eacute;, les difficult&eacute;s changent de nature. Il ne s&rsquo;agit plus de tirer parti d&rsquo;un mat&eacute;riel limit&eacute;, mais de convaincre une maison de disques. Or <em>Oxyg&egrave;ne</em> ne correspond pas aux crit&egrave;res commerciaux avanc&eacute;s par les labels sollicit&eacute;s. Jean-Michel Jarre rapporte ainsi leurs objections : &laquo; Vous n&rsquo;avez pas de singles, pas de batteur, pas de chanteur, les morceaux durent dix minutes et c&rsquo;est en fran&ccedil;ais ! &raquo;</p>
<p>L&rsquo;accumulation dit pr&eacute;cis&eacute;ment ce qui pose probl&egrave;me. Le disque ne propose pas les rep&egrave;res recherch&eacute;s par ces interlocuteurs : aucune voix pour porter les morceaux, aucune batterie, pas de format court imm&eacute;diatement identifiable comme un single. Plusieurs labels refusent donc de le publier.</p>
<p>Ces refus donnent un relief particulier aux choix d&eacute;j&agrave; effectu&eacute;s pendant la cr&eacute;ation. Les caract&eacute;ristiques du projet ne sont pas modifi&eacute;es dans le seul but de r&eacute;pondre aux r&eacute;serves exprim&eacute;es. <em>Oxyg&egrave;ne</em> reste un album instrumental compos&eacute; de morceaux longs, r&eacute;alis&eacute; selon la m&eacute;thode d&eacute;velopp&eacute;e par Jarre dans son installation domestique.</p>
<h2>Francis Dreyfus ouvre la voie &agrave; la publication</h2>
<p>Le basculement intervient avec Francis Dreyfus. Apr&egrave;s les refus essuy&eacute;s par Jean-Michel Jarre, il accepte finalement de publier <em>Oxyg&egrave;ne</em> en 1976. Sa d&eacute;cision permet au disque de sortir sans que les particularit&eacute;s qui avaient inqui&eacute;t&eacute; les autres maisons de disques disparaissent du projet.</p>
<p>Cette rencontre entre un album difficile &agrave; classer selon les attentes exprim&eacute;es et un &eacute;diteur pr&ecirc;t &agrave; le d&eacute;fendre constitue le point d&eacute;cisif du r&eacute;cit. La publication ouvre la voie au succ&egrave;s du disque, qui installe ensuite Jarre dans la pop &eacute;lectronique internationale. Ce qui avait &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent&eacute; comme une s&eacute;rie d&rsquo;obstacles &mdash; l&rsquo;absence de chanteur, de batteur et de single &eacute;vident &mdash; n&rsquo;emp&ecirc;che finalement pas l&rsquo;album de trouver son public.</p>
<p>Le choix de Francis Dreyfus ne gomme pas les difficult&eacute;s pr&eacute;c&eacute;dentes. Il permet au contraire de mesurer ce qui s&eacute;parait encore le projet de sa diffusion : non pas une nouvelle session destin&eacute;e &agrave; le transformer, mais la d&eacute;cision de le publier.</p>
<h2>Le souffle blanc pris pour un d&eacute;faut de fabrication</h2>
<p>M&ecirc;me apr&egrave;s sa sortie, <em>Oxyg&egrave;ne</em> continue de susciter des r&eacute;actions r&eacute;v&eacute;latrices. Jarre raconte que plusieurs magasins ont renvoy&eacute; le disque, pensant que le souffle blanc entendu sur l&rsquo;enregistrement provenait d&rsquo;un d&eacute;faut de fabrication. L&rsquo;incompr&eacute;hension ne concernait donc plus seulement son format ou l&rsquo;absence de voix : certains &eacute;l&eacute;ments sonores &eacute;taient pris pour des anomalies mat&eacute;rielles.</p>
<p>Le projet surprend &eacute;galement dans l&rsquo;entourage du musicien. Sa m&egrave;re s&rsquo;interroge alors sur le titre <em>Oxyg&egrave;ne</em> et sur la pochette repr&eacute;sentant un cr&acirc;ne. Ces r&eacute;actions, de nature diff&eacute;rente, montrent &agrave; quel point l&rsquo;album &eacute;chappe d&rsquo;abord aux rep&egrave;res de ceux qui le d&eacute;couvrent, des professionnels du disque jusqu&rsquo;&agrave; certains proches.</p>
<h2>Une naissance artistique construite avec les contraintes</h2>
<p>La trajectoire d&rsquo;<em>Oxyg&egrave;ne</em> ne se r&eacute;duit pas au sc&eacute;nario d&rsquo;un album refus&eacute; puis couronn&eacute; de succ&egrave;s. Elle permet surtout de comprendre comment Jean-Michel Jarre a transform&eacute; plusieurs limitations concr&egrave;tes en m&eacute;thode de travail : financer lui-m&ecirc;me son installation gr&acirc;ce &agrave; la production pour d&rsquo;autres artistes, composer dans une cuisine et utiliser un Mellotron partiellement d&eacute;fectueux.</p>
<p>Les r&eacute;serves des labels prolongent cette suite de contraintes, cette fois sur le terrain commercial. L&rsquo;intervention de Francis Dreyfus rend possible la publication d&rsquo;un disque dont les caract&eacute;ristiques avaient pr&eacute;cis&eacute;ment motiv&eacute; les refus pr&eacute;c&eacute;dents. &Agrave; 78 ans aujourd&rsquo;hui, Jean-Michel Jarre reste ainsi associ&eacute; &agrave; un album n&eacute; non d&rsquo;une profusion de moyens, mais d&rsquo;un dispositif domestique, d&rsquo;instruments imparfaits et d&rsquo;une d&eacute;cision &eacute;ditoriale d&eacute;terminante.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Dolly, 27 ans après Un jour de rêves : le disque où le groupe reprend la main</title>
      <description><![CDATA[Le 24 ao&ucirc;t 1999, Dolly publiait en France son deuxi&egrave;me album, Un jour de r&ecirc;ves, chez East West. Le disque f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 27 ans. Apr&egrave;s un premier album remarqu&eacute; et une r&eacute;pu...]]></description>
      <pubDate>Sun, 23 Aug 2026 22:05:00 +0000</pubDate>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le 24 ao&ucirc;t 1999, Dolly publiait en France son deuxi&egrave;me album, <em>Un jour de r&ecirc;ves</em>, chez East West. Le disque f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 27 ans. Apr&egrave;s un premier album remarqu&eacute; et une r&eacute;putation construite sur sc&egrave;ne, le groupe nantais choisit de s&rsquo;investir davantage dans la r&eacute;alisation, aux c&ocirc;t&eacute;s du producteur britannique Al Clay, sans perdre de vue l&rsquo;&eacute;nergie de ses concerts.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au moment de pr&eacute;parer <em>Un jour de r&ecirc;ves</em>, Dolly n&rsquo;est plus seulement ce groupe nantais qui s&rsquo;est fait conna&icirc;tre par ses prestations sc&eacute;niques. Son premier album &eacute;ponyme, paru en avril 1997, lui a donn&eacute; une place visible sur la sc&egrave;ne fran&ccedil;aise. Deux ans plus tard, Emmanuel Monet, Thierry Lacroix, Micha&euml;l Chamberlin et Nicolas Bonni&egrave;re abordent donc une &eacute;tape particuli&egrave;rement observ&eacute;e : celle du deuxi&egrave;me disque, charg&eacute; de prolonger une premi&egrave;re reconnaissance.</p>
<h2>Apr&egrave;s 1997, la n&eacute;cessit&eacute; de confirmer</h2>
<p>Les commentaires publi&eacute;s lors de la sortie rendent compte de cette attente. <em>Un jour de r&ecirc;ves</em> est alors pr&eacute;sent&eacute; comme le disque avec lequel Dolly doit confirmer le r&eacute;sultat obtenu en 1997. Cette situation donne au projet une tension particuli&egrave;re : le groupe dispose d&eacute;j&agrave; d&rsquo;une identit&eacute; sc&eacute;nique &eacute;tablie, mais doit d&eacute;sormais la traduire dans un album plus ma&icirc;tris&eacute; sur le plan de la production.</p>
<p>Le point de d&eacute;part n&rsquo;est pourtant pas une rupture avec les concerts. Dolly continue au contraire de consid&eacute;rer la sc&egrave;ne comme un espace de travail. Les notices biographiques de l&rsquo;&eacute;poque soulignent que le groupe refuse de servir continuellement le m&ecirc;me r&eacute;pertoire &agrave; son public. Plusieurs nouvelles compositions sont ainsi jou&eacute;es pendant des mois avant leur enregistrement, int&eacute;grant progressivement les concerts alors que l&rsquo;album n&rsquo;est pas encore disponible.</p>
<p>Cette pratique permet &agrave; <em>Un jour de r&ecirc;ves</em> de se construire &agrave; partir de chansons d&eacute;j&agrave; confront&eacute;es au public. Le studio ne remplace pas la sc&egrave;ne : il intervient apr&egrave;s elle, pour fixer et approfondir un mat&eacute;riau dont une partie a d&eacute;j&agrave; v&eacute;cu en concert.</p>
<h2>Dolly partage la r&eacute;alisation avec Al Clay</h2>
<p>Le changement le plus significatif se joue dans la mani&egrave;re de fabriquer le disque. Le premier album avait &eacute;t&eacute; fortement marqu&eacute; par le travail du producteur Clive Martin. Pour <em>Un jour de r&ecirc;ves</em>, les quatre membres de Dolly participent eux-m&ecirc;mes &agrave; la r&eacute;alisation et partagent cette responsabilit&eacute; avec Al Clay.</p>
<p>Le producteur britannique arrive avec une exp&eacute;rience li&eacute;e au rock alternatif anglo-saxon : il a notamment travaill&eacute; avec les Pixies et Frank Black. Son intervention accompagne donc un groupe qui cherche moins &agrave; d&eacute;l&eacute;guer la d&eacute;finition de son disque qu&rsquo;&agrave; prendre une part accrue dans les choix de production. Une chronique publi&eacute;e &agrave; la fin de 1999 d&eacute;crira d&rsquo;ailleurs l&rsquo;album comme celui de la prise en main.</p>
<p>Les sources ne d&eacute;taillent ni le lieu ni le calendrier des s&eacute;ances, mais elles convergent sur l&rsquo;importance de l&rsquo;investissement technique consenti par Dolly. Les guitares occupent une place centrale et l&rsquo;enregistrement privil&eacute;gie les instruments, sans recours aux machines. Dans le contexte de la production de la fin des ann&eacute;es 1990, ce choix est alors relev&eacute; par plusieurs commentateurs.</p>
<h2>Un travail de studio sans renoncer aux concerts</h2>
<p>Cette implication nouvelle aurait pu &eacute;loigner Dolly de ce qui avait d&rsquo;abord fait sa r&eacute;putation. Les t&eacute;moignages contemporains insistent pourtant sur l&rsquo;&eacute;quilibre recherch&eacute; : <em>Un jour de r&ecirc;ves</em> doit b&eacute;n&eacute;ficier d&rsquo;un travail de studio plus pouss&eacute; tout en conservant une relation directe avec la sc&egrave;ne.</p>
<p>Ce double mouvement &eacute;claire la fabrication de l&rsquo;album. D&rsquo;un c&ocirc;t&eacute;, le groupe prend davantage de responsabilit&eacute;s dans la r&eacute;alisation et travaille avec un producteur ext&eacute;rieur. De l&rsquo;autre, il s&rsquo;appuie sur des titres d&eacute;j&agrave; &eacute;prouv&eacute;s dans ses sets. L&rsquo;enregistrement appara&icirc;t ainsi moins comme un laboratoire coup&eacute; du public que comme le prolongement d&rsquo;un r&eacute;pertoire en cours de transformation.</p>
<p>Manu donnera plus tard une mesure pr&eacute;cise de ce que cette exp&eacute;rience a repr&eacute;sent&eacute; pour elle. Revenant sur le deuxi&egrave;me album, la chanteuse et guitariste explique avoir alors &laquo; pris conscience de notre v&eacute;ritable potentiel &raquo;. Cette d&eacute;couverte est directement associ&eacute;e &agrave; l&rsquo;investissement technique du groupe pendant l&rsquo;enregistrement. &Agrave; ses yeux, le travail accompli sur le disque contribue ainsi &agrave; d&eacute;terminer le futur de Dolly.</p>
<h2>&laquo; Parti pour une heure &raquo; et &laquo; Angel &raquo;, de la sc&egrave;ne au disque</h2>
<p>L&rsquo;&eacute;dition standard de <em>Un jour de r&ecirc;ves</em> r&eacute;unit douze chansons. Parmi elles, &laquo; Parti pour une heure &raquo; et &laquo; Angel &raquo; occupent une place particuli&egrave;rement visible dans les pr&eacute;sentations du disque. Toutes deux appartiennent &agrave; ce r&eacute;pertoire que Dolly avait commenc&eacute; &agrave; d&eacute;voiler en concert avant la parution de l&rsquo;album.</p>
<p>&laquo; Parti pour une heure &raquo; est construite autour d&rsquo;une attente affective et d&rsquo;un refrain dont le texte &eacute;voque des mots connus par c&oelig;ur. Son parcours illustre surtout la m&eacute;thode adopt&eacute;e par le groupe : faire exister les nouvelles chansons sur sc&egrave;ne, puis les fixer sur disque dans le cadre d&rsquo;une production plus investie. Le morceau relie ainsi les deux dimensions qui structurent le projet, l&rsquo;exp&eacute;rience des concerts et la ma&icirc;trise recherch&eacute;e en studio.</p>
<p>&laquo; Angel &raquo; suit une trajectoire comparable. Les &eacute;l&eacute;ments disponibles ne permettent pas de reconstituer pr&eacute;cis&eacute;ment son &eacute;criture, mais sa pr&eacute;sence dans les concerts ant&eacute;rieurs &agrave; la sortie sugg&egrave;re, elle aussi, une chanson fa&ccedil;onn&eacute;e au contact de la sc&egrave;ne avant son enregistrement d&eacute;finitif. Ces deux titres montrent que le deuxi&egrave;me album n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; con&ccedil;u &agrave; distance de l&rsquo;activit&eacute; du groupe : il s&rsquo;est nourri d&rsquo;un r&eacute;pertoire d&eacute;j&agrave; en circulation.</p>
<h2>Une sortie entre ao&ucirc;t et septembre 1999</h2>
<p><em>Un jour de r&ecirc;ves</em> est r&eacute;f&eacute;renc&eacute; au 24 ao&ucirc;t 1999 chez East West et Warner Music France, date retenue pour son anniversaire. D&rsquo;autres bases et plusieurs revendeurs situent cependant sa commercialisation en septembre, parfois pr&eacute;cis&eacute;ment le 10 septembre. Cette diff&eacute;rence semble correspondre au d&eacute;calage entre la sortie discographique et la mise en rayon commerciale.</p>
<p>Le disque atteint la 33e place du classement des albums en France et y reste pr&eacute;sent pendant quatre semaines. Ce r&eacute;sultat se situe l&eacute;g&egrave;rement au-dessus de celui du premier album de Dolly, class&eacute; 34e en 1997. Une &eacute;dition enrichie est &eacute;galement r&eacute;f&eacute;renc&eacute;e d&egrave;s 1999, avec un nombre de pistes variable selon les plateformes et des titres additionnels, notamment des versions acoustiques.</p>
<h2>Le deuxi&egrave;me album comme prise de conscience</h2>
<p>Vingt-sept ans apr&egrave;s sa sortie, <em>Un jour de r&ecirc;ves</em> raconte surtout le moment o&ugrave; Dolly approfondit sa fa&ccedil;on de travailler. Le groupe ne renie ni les chansons test&eacute;es devant le public ni son exp&eacute;rience des concerts, mais il ajoute &agrave; cet acquis une implication plus importante dans la r&eacute;alisation du disque.</p>
<p>La collaboration avec Al Clay, la place accord&eacute;e aux instruments et la coproduction assur&eacute;e par les quatre musiciens donnent une coh&eacute;rence concr&egrave;te &agrave; cette &eacute;tape. Le classement fran&ccedil;ais confirme pour sa part que Dolly conserve, avec ce deuxi&egrave;me album, une visibilit&eacute; comparable &agrave; celle obtenue deux ans plus t&ocirc;t.</p>
<p>L&rsquo;anniversaire de <em>Un jour de r&ecirc;ves</em> ram&egrave;ne ainsi &agrave; une transition d&eacute;cisive : celle d&rsquo;un groupe d&eacute;j&agrave; reconnu sur sc&egrave;ne qui d&eacute;couvre, en prenant davantage en charge son travail de studio, l&rsquo;&eacute;tendue de ses propres possibilit&eacute;s.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>De « Thunderstruck » à la retraite : Chris Slade range les baguettes</title>
      <description><![CDATA[Chris Slade, ancien batteur d&rsquo;AC/DC et l&rsquo;un des musiciens associ&eacute;s &agrave; la p&eacute;riode The Razors Edge, annonce qu&rsquo;il met un terme &agrave; sa carri&egrave;re de batteur. &Agrave; 79 ans, apr&egrave...]]></description>
      <pubDate>Sun, 23 Aug 2026 20:48:00 +0000</pubDate>
      <link>http://radiocollection.fr/news/de-thunderstruck-a-la-retraite-chris-slade-range-les-baguettes-331</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Chris Slade, ancien batteur d&rsquo;AC/DC et l&rsquo;un des musiciens associ&eacute;s &agrave; la p&eacute;riode <em>The Razors Edge</em>, annonce qu&rsquo;il met un terme &agrave; sa carri&egrave;re de batteur. &Agrave; 79 ans, apr&egrave;s plus de six d&eacute;cennies derri&egrave;re les f&ucirc;ts aux c&ocirc;t&eacute;s de Tom Jones, Manfred Mann&rsquo;s Earth Band, David Gilmour, Jimmy Page ou encore Gary Moore, le Gallois explique que les s&eacute;quelles d&rsquo;un AVC l&rsquo;obligent d&eacute;sormais &agrave; s&rsquo;arr&ecirc;ter.</strong></p>
<p>Il aurait aim&eacute; continuer encore quelques ann&eacute;es. Chris Slade ne le cache pas dans le message vid&eacute;o publi&eacute; samedi 22 ao&ucirc;t 2026 sur ses r&eacute;seaux sociaux. &Agrave; quelques semaines de son 80e anniversaire, le musicien annonce avec &eacute;motion sa retraite de la batterie.</p>
<p>Une d&eacute;cision qui ne r&eacute;sulte pas d&rsquo;une lassitude apr&egrave;s une carri&egrave;re exceptionnellement longue. Slade explique avoir subi un AVC l&eacute;ger il y a environ sept ans et indique que ses cons&eacute;quences se sont progressivement aggrav&eacute;es. Lui qui regardait avec envie les Rolling Stones ou Paul McCartney poursuivre leur carri&egrave;re au-del&agrave; de 80 ans esp&eacute;rait pouvoir suivre le m&ecirc;me chemin.</p>
<h2>Plus de soixante ans derri&egrave;re une batterie</h2>
<p>L&rsquo;histoire de Chris Slade avec la musique professionnelle commence bien avant AC/DC. N&eacute; le 30 octobre 1946 &agrave; Pontypridd, au Pays de Galles, il d&eacute;bute &agrave; seulement 16 ans dans l&rsquo;entourage de Tom Jones. Il joue avec son groupe d&rsquo;accompagnement, The Squires, et participe &agrave; cette premi&egrave;re p&eacute;riode qui voit notamment le chanteur gallois conna&icirc;tre le succ&egrave;s avec &laquo; It&rsquo;s Not Unusual &raquo; en 1965.</p>
<p>Sa carri&egrave;re prend ensuite une dimension consid&eacute;rable. Au d&eacute;but des ann&eacute;es 1970, Slade devient l&rsquo;un des membres fondateurs de Manfred Mann&rsquo;s Earth Band. Pendant sept ans et huit albums, sa batterie accompagne quelques-uns des grands succ&egrave;s du groupe, parmi lesquels &laquo; Joybringer &raquo;, &laquo; Davy&rsquo;s on the Road Again &raquo; et surtout &laquo; Blinded by the Light &raquo;.</p>
<p>Les d&eacute;cennies suivantes ressemblent &agrave; un impressionnant carnet d&rsquo;adresses du rock britannique. Il rejoint Uriah Heep pour l&rsquo;album <em>Conquest</em>, travaille avec Gary Numan puis participe en 1984 &agrave; la tourn&eacute;e <em>About Face</em> de David Gilmour. Peu apr&egrave;s, Jimmy Page et Paul Rodgers font appel &agrave; lui pour former The Firm, aux c&ocirc;t&eacute;s du bassiste Tony Franklin. Deux albums voient le jour en 1985 et 1986.</p>
<h2>AC/DC et le coup de tonnerre de &laquo; Thunderstruck &raquo;</h2>
<p>&Agrave; la fin des ann&eacute;es 1980, alors qu&rsquo;il joue avec Gary Moore, Chris Slade attire l&rsquo;attention de Malcolm Young. AC/DC cherche alors un nouveau batteur apr&egrave;s le d&eacute;part de Simon Wright. Slade rejoint le groupe en 1989 et se retrouve quelques mois plus tard au c&oelig;ur de l&rsquo;une des p&eacute;riodes les plus marquantes de l&rsquo;histoire moderne du groupe australien.</p>
<p>Sorti en 1990, <em>The Razors Edge</em> contient &laquo; Thunderstruck &raquo;, &laquo; Moneytalks &raquo; et &laquo; Are You Ready &raquo;. Chris Slade impose sur ces morceaux une frappe puissante, extr&ecirc;mement pr&eacute;cise et imm&eacute;diatement reconnaissable. Les concerts qui suivent confortent encore sa r&eacute;putation, notamment la gigantesque prestation d&rsquo;AC/DC &agrave; Donington en ao&ucirc;t 1991, immortalis&eacute;e sur <em>Live at Donington</em>.</p>
<p>On retrouve &eacute;galement Slade derri&egrave;re la batterie sur &laquo; Big Gun &raquo;, enregistr&eacute; pour la bande originale du film <em>Last Action Hero</em>. Son premier passage dans AC/DC s&rsquo;ach&egrave;ve lorsque le groupe choisit de rappeler son ancien batteur Phil Rudd au milieu des ann&eacute;es 1990.</p>
<h2>Le retour que personne n&rsquo;attendait</h2>
<p>L&rsquo;histoire aurait pu s&rsquo;arr&ecirc;ter l&agrave;. Mais pr&egrave;s de vingt ans plus tard, en 2015, AC/DC doit de nouveau remplacer Phil Rudd. Le t&eacute;l&eacute;phone de Chris Slade sonne et le batteur retrouve Angus Young et le groupe pour la tourn&eacute;e mondiale <em>Rock or Bust</em>.</p>
<p>&Agrave; pr&egrave;s de 70 ans, il reprend alors sa place devant des stades remplis et retrouve notamment &laquo; Thunderstruck &raquo;, le morceau auquel son nom reste particuli&egrave;rement associ&eacute;. Ce second passage dans AC/DC se prolonge jusqu&rsquo;en 2016.</p>
<p>Chris Slade poursuit ensuite les concerts avec son propre groupe, The Chris Slade Timeline, con&ccedil;u comme un voyage &agrave; travers les diff&eacute;rentes &eacute;tapes de son parcours. Le projet publie encore en 2024 l&rsquo;album <em>Timescape</em>.</p>
<h2>&laquo; Bye for now &raquo; plut&ocirc;t qu&rsquo;un v&eacute;ritable adieu</h2>
<p>Dans son message, Chris Slade remercie les musiciens de The Chris Slade Timeline ainsi que le public qui l&rsquo;a accompagn&eacute; pendant toutes ces ann&eacute;es. Il pr&eacute;cise &eacute;galement que la page du groupe continuera d&rsquo;&ecirc;tre aliment&eacute;e occasionnellement.</p>
<p>Sa retraite concerne donc aujourd&rsquo;hui la batterie et les performances qui ont rythm&eacute; plus de soixante ann&eacute;es de carri&egrave;re. Une carri&egrave;re suffisamment rare pour relier, &agrave; elle seule, plusieurs &eacute;poques de la musique britannique : des d&eacute;buts de Tom Jones au rock progressif de Manfred Mann, de David Gilmour &agrave; Jimmy Page, jusqu&rsquo;aux stades remplis par AC/DC.</p>
<p>Et s&rsquo;il quitte les baguettes avec regret, Chris Slade choisit lui-m&ecirc;me une formule qui laisse volontairement la porte entrouverte : <strong>&laquo; Bye for now &raquo;</strong>. Au revoir pour l&rsquo;instant.</p>
<p>Memory : en video, la performance rythmique en live sur <a href="https://www.youtube.com/watch?v=Af0P6XEkI7Y&amp;list=RDAf0P6XEkI7Y&amp;start_radio=1" target="_blank" rel="noopener">Thunderstruck</a>, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=dXIMHh4ZfhY&amp;list=RDdXIMHh4ZfhY&amp;start_radio=1" target="_blank" rel="noopener">High Voltage</a>, et surtout sur <a href="https://www.youtube.com/watch?v=uCxN0qAAx4U&amp;list=RDuCxN0qAAx4U&amp;start_radio=1">Let There Be Rock</a>, 17' a accompagner Angus (pour les zappeurs, &agrave; regarder &agrave; partir de 4'40'')&nbsp; lors du concert Donnington 91.&nbsp;</p>
<p></p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Les 67 ans d’Edwyn Collins : d’Orange Juice à une seconde vie d’auteur</title>
      <description><![CDATA[N&eacute; le 23 ao&ucirc;t 1959 &agrave; &Eacute;dimbourg, Edwyn Collins f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 67 ans. Chanteur et guitariste d&rsquo;Orange Juice, auteur de &laquo; A Girl Like You &raquo;, producteur et fondateur de labels ind...]]></description>
      <pubDate>Sat, 22 Aug 2026 22:05:00 +0000</pubDate>
      <link>http://radiocollection.fr/news/les-67-ans-d-edwyn-collins-d-orange-juice-a-une-seconde-vie-d-auteur-327</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>N&eacute; le 23 ao&ucirc;t 1959 &agrave; &Eacute;dimbourg, Edwyn Collins f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 67 ans. Chanteur et guitariste d&rsquo;Orange Juice, auteur de &laquo; A Girl Like You &raquo;, producteur et fondateur de labels ind&eacute;pendants, l&rsquo;&Eacute;cossais envisage son parcours comme deux carri&egrave;res distinctes. La premi&egrave;re s&rsquo;est construite par la d&eacute;brouille et le studio ; la seconde, apr&egrave;s ses graves AVC de 2005, par un patient r&eacute;apprentissage de la parole, des chansons et de l&rsquo;&eacute;criture.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Edwyn Collins avait d&eacute;j&agrave; fond&eacute; un groupe et un label, travers&eacute; le ch&ocirc;mage, financ&eacute; un disque avec l&rsquo;aide de fans et b&acirc;ti son propre studio lorsque &laquo; A Girl Like You &raquo; lui a apport&eacute; une reconnaissance internationale. Apr&egrave;s 2005, il lui a pourtant fallu recommencer autrement : retrouver les mots, r&eacute;&eacute;couter ses anciens morceaux et adapter sa mani&egrave;re de composer. Entre ces deux p&eacute;riodes, un m&ecirc;me principe demeure visible : cr&eacute;er les conditions n&eacute;cessaires pour continuer &agrave; faire de la musique.</p>
<h2>Edwyn Collins invente Orange Juice et son propre label</h2>
<p>&Agrave; la fin des ann&eacute;es 1970, Collins travaille comme illustrateur pour le service des parcs de Glasgow. Ce poste municipal lui apporte une stabilit&eacute; mat&eacute;rielle pendant qu&rsquo;il monte ses premiers groupes dans la sc&egrave;ne ind&eacute;pendante locale. Encore adolescent, il fonde Nu-Sonics, formation qu&rsquo;il rebaptise Orange Juice autour de 1979.</p>
<p>La naissance du groupe s&rsquo;accompagne rapidement d&rsquo;une d&eacute;cision d&eacute;terminante. Faute de r&eacute;seau industriel &eacute;tabli, Collins cr&eacute;e Postcard Records &agrave; &Eacute;dimbourg afin de publier les premiers singles d&rsquo;Orange Juice. &laquo; Falling &amp; Laughing &raquo; et les autres titres du groupe peuvent ainsi circuler en dehors des grandes maisons de disques. Ces tirages modestes finissent n&eacute;anmoins par attirer l&rsquo;attention de compagnies comme Polydor.</p>
<p>La formule r&eacute;trospective de Collins r&eacute;sume cette volont&eacute; de tout construire lui-m&ecirc;me : &laquo; Je me suis fait Orange Juice. &raquo; Postcard n&rsquo;est donc pas un simple compl&eacute;ment &agrave; son activit&eacute; de musicien. Le label constitue d&egrave;s ses d&eacute;buts un moyen de transformer un projet local en r&eacute;alit&eacute; discographique.</p>
<h2>&laquo; Rip It Up &raquo;, un succ&egrave;s sans lendemain imm&eacute;diat</h2>
<p>En 1983, &laquo; Rip It Up &raquo;, compos&eacute; et interpr&eacute;t&eacute; par Collins, offre &agrave; Orange Juice une visibilit&eacute; nationale au Royaume-Uni. Le morceau associe des riffs de guitare inspir&eacute;s du funk, une basse nerveuse et une m&eacute;lodie pop alors atypique. Ce succ&egrave;s ne d&eacute;bouche cependant pas sur une s&eacute;rie &eacute;quivalente dans les classements.</p>
<p>Apr&egrave;s la dissolution du groupe, Collins se retrouve au ch&ocirc;mage. Son passage &agrave; une carri&egrave;re solo ne b&eacute;n&eacute;ficie pas d&rsquo;un soutien massif de l&rsquo;industrie. Pour enregistrer <em>Hope and Despair</em>, il s&rsquo;appuie sur un petit groupe de fans pr&ecirc;ts &agrave; financer le projet, puis n&eacute;gocie &agrave; tr&egrave;s bas prix un studio en Allemagne. Plusieurs ann&eacute;es avant son plus grand succ&egrave;s, son travail repose d&eacute;j&agrave; sur le financement direct, les solutions &eacute;conomiques et le contr&ocirc;le de ses moyens de production.</p>
<h2>West Heath Yard pr&eacute;pare &laquo; A Girl Like You &raquo;</h2>
<p>Au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990, apr&egrave;s plusieurs albums solo rest&eacute;s peu visibles, Edwyn Collins marque une longue pause et construit West Heath Yard &agrave; Londres. Ce studio personnel devient l&rsquo;outil de sa reprise en main artistique. Il y enregistre en 1994 <em>Gorgeous George</em>, joue lui-m&ecirc;me une grande partie des instruments et travaille notamment avec Paul Cook, ancien batteur des Sex Pistols.</p>
<p>&laquo; A Girl Like You &raquo; na&icirc;t d&rsquo;abord chez lui, avant d&rsquo;&ecirc;tre achev&eacute; et produit &agrave; West Heath Yard. La femme d&eacute;crite dans la chanson n&rsquo;est pas une personne r&eacute;elle : Collins parle d&rsquo;une &laquo; fille mythique &raquo;, dot&eacute;e dans le texte d&rsquo;un pouvoir presque mythologique. Le petit label Setanta accepte d&rsquo;en faire un single malgr&eacute; des doutes sur ses possibilit&eacute;s commerciales.</p>
<p>La premi&egrave;re sortie, &agrave; la fin de 1994, obtient des r&eacute;sultats mod&eacute;r&eacute;s au Royaume-Uni. Le changement d&rsquo;&eacute;chelle intervient en 1995, lors de la r&eacute;&eacute;dition du titre et de son inclusion dans la bande originale du film <em>Empire Records</em>. &laquo; A Girl Like You &raquo; entre alors dans le top 5 britannique et le top 40 am&eacute;ricain. Ses ventes atteignent environ deux millions d&rsquo;exemplaires, donnant &agrave; Collins les moyens de relancer un label &agrave; lui.</p>
<h2>En 2005, la musique s&rsquo;interrompt brutalement</h2>
<p>Cette premi&egrave;re carri&egrave;re est interrompue en f&eacute;vrier 2005. Une s&eacute;rie de graves AVC et une h&eacute;morragie c&eacute;r&eacute;brale laissent Collins sans parole, avec de grandes difficult&eacute;s pour marcher et utiliser son bras droit. L&rsquo;accident survient alors que <em>Home Again</em>, enregistr&eacute; auparavant, est sur le point de para&icirc;tre.</p>
<p>La rupture ne concerne pas seulement la sc&egrave;ne ou le jeu instrumental. Collins oublie les chansons qu&rsquo;il avait lui-m&ecirc;me &eacute;crites et ne sait plus jouer de la guitare. Pendant sa r&eacute;&eacute;ducation, ses anciens titres lui sont diffus&eacute;s afin qu&rsquo;il les red&eacute;couvre et les r&eacute;apprenne. L&rsquo;auteur se retrouve ainsi face &agrave; son propre r&eacute;pertoire comme devant une musique devenue &eacute;trang&egrave;re.</p>
<p>La confrontation est d&rsquo;abord difficile. Collins r&eacute;sumera cette p&eacute;riode en une phrase : &laquo; J&rsquo;&eacute;tais trop effray&eacute; pour &eacute;couter de la musique. &raquo; R&eacute;&eacute;couter, reconna&icirc;tre puis reprendre ses morceaux devient une partie du travail de reconstruction, parall&egrave;lement au r&eacute;apprentissage de la parole et de la marche.</p>
<h2><em>Losing Sleep</em>, &eacute;crire avec de nouvelles limites</h2>
<p>Le retour &agrave; la cr&eacute;ation s&rsquo;effectue progressivement. En 2010 para&icirc;t <em>Losing Sleep</em>, premier album enti&egrave;rement enregistr&eacute; apr&egrave;s les AVC. Les s&eacute;quelles touchant son bras droit et l&rsquo;aphasie modifient concr&egrave;tement sa m&eacute;thode : Collins simplifie ses textes, privil&eacute;gie des structures plus directes et s&rsquo;appuie davantage sur d&rsquo;autres musiciens.</p>
<p>Ces collaborations ne repr&eacute;sentent pas seulement une aide technique. Elles inscrivent sa nouvelle &eacute;criture dans une sc&egrave;ne ind&eacute;pendante plus jeune. Sur un projet en hommage &agrave; Mavis Staples, il co&eacute;crit et enregistre ainsi &laquo; I&rsquo;m Feeling Lucky &raquo; avec son fils William Collins, aux c&ocirc;t&eacute;s d&rsquo;Ashley Beedle et Darren Morris.</p>
<p>Cette seconde p&eacute;riode ne cherche donc pas &agrave; reproduire exactement celle d&rsquo;Orange Juice ou de &laquo; A Girl Like You &raquo;. Elle repose sur des capacit&eacute;s retrouv&eacute;es progressivement, des textes plus simples et sp&eacute;cifiques, ainsi que sur une place accrue accord&eacute;e au travail collectif.</p>
<h2>&laquo; Nation Shall Speak Unto Nation &raquo;, chanter l&rsquo;aphasie</h2>
<p>&laquo; Nation Shall Speak Unto Nation &raquo; donne une forme particuli&egrave;rement explicite &agrave; cette transformation. Collins y aborde la difficult&eacute; de se faire comprendre, la recherche des mots et la fragilit&eacute; du langage apr&egrave;s ses AVC. Interrog&eacute; sur le morceau, il confirme directement son origine : &laquo; &Ccedil;a parle de mon AVC. &Ccedil;a parle de moi, je suppose. &raquo;</p>
<p>La chanson ne se contente pas de revenir sur l&rsquo;accident. Elle permet de comprendre comment un trouble de la communication devient lui-m&ecirc;me un sujet d&rsquo;&eacute;criture. L&agrave; o&ugrave; la r&eacute;&eacute;ducation avait commenc&eacute; par la red&eacute;couverte de ses anciens titres, Collins parvient d&eacute;sormais &agrave; produire une chanson consacr&eacute;e aux obstacles rencontr&eacute;s pour parler, &eacute;crire et chanter.</p>
<h2>Deux carri&egrave;res reli&eacute;es par le m&ecirc;me besoin d&rsquo;autonomie</h2>
<p>Edwyn Collins a lui-m&ecirc;me pr&eacute;sent&eacute; sa trajectoire comme deux carri&egrave;res : l&rsquo;une marqu&eacute;e par Orange Juice, les passages t&eacute;l&eacute;vis&eacute;s et le succ&egrave;s international de &laquo; A Girl Like You &raquo; ; l&rsquo;autre ouverte par les AVC et la reconstruction de ses capacit&eacute;s de compositeur. Cette s&eacute;paration est r&eacute;elle, mais plusieurs &eacute;pisodes cr&eacute;ent une continuit&eacute; entre elles.</p>
<p>Postcard Records avait permis de publier Orange Juice sans attendre l&rsquo;appui d&rsquo;une major. Un studio allemand &agrave; bas prix avait rendu possible son premier album solo. West Heath Yard lui avait ensuite offert le cadre de <em>Gorgeous George</em> et de &laquo; A Girl Like You &raquo;. Apr&egrave;s 2005, les collaborations et une &eacute;criture adapt&eacute;e &agrave; ses limites deviennent &agrave; leur tour les instruments d&rsquo;une autonomie reconstruite.</p>
<p>Ces derni&egrave;res ann&eacute;es document&eacute;es, Collins a continu&eacute; &agrave; enregistrer dans un environnement de studio familier et &agrave; travailler avec d&rsquo;autres artistes. &Agrave; 67 ans, son parcours se lit moins comme une simple succession de retours que comme une s&eacute;rie de solutions concr&egrave;tes : cr&eacute;er un label, trouver un studio, modifier une m&eacute;thode, puis faire de la difficult&eacute; m&ecirc;me &agrave; communiquer la mati&egrave;re d&rsquo;une chanson.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Sur une plage des Bahamas, Lenny Kravitz façonne Black and White America</title>
      <description><![CDATA[Sorti en Europe le 22 ao&ucirc;t 2011, Black and White America de Lenny Kravitz f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 15 ans. Pour cr&eacute;er ce disque consacr&eacute; notamment &agrave; son histoire familiale et aux tensions raciales aux...]]></description>
      <pubDate>Fri, 21 Aug 2026 22:30:00 +0000</pubDate>
      <link>http://radiocollection.fr/news/sur-une-plage-des-bahamas-lenny-kravitz-faconne-black-and-white-america-324</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><b>Sorti en Europe le 22 ao&ucirc;t 2011, <em>Black and White America</em> de Lenny Kravitz f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 15 ans. Pour cr&eacute;er ce disque consacr&eacute; notamment &agrave; son histoire familiale et aux tensions raciales aux &Eacute;tats-Unis, le musicien s&rsquo;est retir&eacute; aux Bahamas. Pendant environ dix-huit mois, il a v&eacute;cu dans une caravane face &agrave; son studio, entour&eacute; d&rsquo;instruments anciens et de mat&eacute;riel analogique.</b></p>
<p></p>
<p>Une caravane Airstream stationn&eacute;e sur une plage, un studio &agrave; quelques pas et des journ&eacute;es presque enti&egrave;rement consacr&eacute;es &agrave; la musique : c&rsquo;est dans ce cadre que Lenny Kravitz a con&ccedil;u <em>Black and White America</em>. Publi&eacute; en Europe le 22 ao&ucirc;t 2011, l&rsquo;album f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 15 ans. Son histoire commence loin des &Eacute;tats-Unis, alors m&ecirc;me que le musicien choisit d&rsquo;y aborder frontalement la question raciale am&eacute;ricaine.</p>
<p>Ce contraste structure la naissance du projet. Kravitz travaille aux Bahamas, dans un lieu li&eacute; &agrave; sa famille maternelle, mais revient par l&rsquo;&eacute;criture sur l&rsquo;histoire de ses parents, un couple interracial confront&eacute; aux discriminations. Entre le retrait g&eacute;ographique, l&rsquo;investissement personnel du multi-instrumentiste et les m&eacute;thodes d&rsquo;enregistrement choisies, le disque prend forme comme un projet &eacute;troitement contr&ocirc;l&eacute;.</p>
<h2>Une caravane face au studio de Gregory Town</h2>
<p>Avant d&rsquo;entamer <em>Black and White America</em>, Lenny Kravitz fait construire un studio en bord de mer &agrave; Gregory Town, aux Bahamas. Le terrain est associ&eacute; &agrave; sa famille maternelle et le musicien d&eacute;crit cet endroit comme un lieu de paix, suffisamment isol&eacute; pour lui permettre de se consacrer &agrave; son travail.</p>
<p>Le retrait n&rsquo;a rien d&rsquo;un simple s&eacute;jour de quelques semaines. Kravitz s&rsquo;installe dans une caravane Airstream plac&eacute;e sur la plage, juste devant le b&acirc;timent. &laquo; J&rsquo;ai en gros camp&eacute; pendant un an et demi dans une caravane Airstream sur la plage &raquo;, expliquera-t-il. Son trajet quotidien vers le studio se r&eacute;sume alors &agrave; traverser l&rsquo;espace qui s&eacute;pare son logement provisoire du lieu d&rsquo;enregistrement.</p>
<p>Pendant environ dix-huit mois, il &eacute;crit et enregistre de mani&egrave;re quasi continue. Cette installation permet de comprendre la densit&eacute; de son implication : le studio n&rsquo;est pas seulement un lieu de passage, mais le centre d&rsquo;une vie organis&eacute;e autour de la fabrication de l&rsquo;album.</p>
<h2>&laquo; Black and White America &raquo;, une histoire familiale devenue chanson</h2>
<p>Dans cet isolement, Lenny Kravitz se tourne vers un sujet directement li&eacute; &agrave; sa propre histoire. Fils d&rsquo;un couple interracial aux &Eacute;tats-Unis, il s&rsquo;appuie sur l&rsquo;exp&eacute;rience de ses parents, confront&eacute;s aux discriminations, ainsi que sur sa perception des tensions raciales contemporaines dans le pays.</p>
<p>La chanson &laquo; Black and White America &raquo; donne au projet son titre et lui sert de manifeste. L&rsquo;histoire familiale n&rsquo;est donc pas rel&eacute;gu&eacute;e &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re-plan : elle fournit au disque son axe central. Le lieu de cr&eacute;ation, rattach&eacute; &agrave; la branche maternelle de sa famille, donne un relief suppl&eacute;mentaire &agrave; cette d&eacute;marche, sans d&eacute;tourner le propos de la situation am&eacute;ricaine &eacute;voqu&eacute;e dans le morceau.</p>
<p>L&rsquo;album associe par ailleurs funk, rock et soul, avec des arrangements de cuivres confi&eacute;s &agrave; des sections sp&eacute;cialis&eacute;es. Pour le reste, Kravitz joue lui-m&ecirc;me la quasi-totalit&eacute; des instruments. Le sujet personnel du disque s&rsquo;accompagne ainsi d&rsquo;une m&eacute;thode o&ugrave; son auteur conserve la main sur l&rsquo;essentiel de l&rsquo;interpr&eacute;tation.</p>
<h2>Plus de 300 instruments r&eacute;unis aux Bahamas</h2>
<p>Le studio de Gregory Town concentre un parc de mat&eacute;riel constitu&eacute; pendant pr&egrave;s de vingt ans. Lenny Kravitz y installe notamment une collection de plus de 300 instruments, tout en s&rsquo;appuyant plus r&eacute;guli&egrave;rement sur un noyau de quatre guitares. L&rsquo;endroit rassemble ainsi des outils accumul&eacute;s bien avant que <em>Black and White America</em> ne prenne forme.</p>
<p>Les s&eacute;ances reposent sur un dispositif m&ecirc;lant plusieurs &eacute;poques. Le musicien utilise une grande console Helios des ann&eacute;es 1970 ayant appartenu &agrave; Leon Russell. Les prises sont enregistr&eacute;es en analogique sur des magn&eacute;tophones 3M et Studer, avant d&rsquo;&ecirc;tre transf&eacute;r&eacute;es vers Pro Tools gr&acirc;ce au syst&egrave;me CLASP pour le travail d&rsquo;&eacute;dition.</p>
<p>Cette cha&icirc;ne de production permet de conserver l&rsquo;enregistrement sur bande tout en int&eacute;grant les possibilit&eacute;s de l&rsquo;&eacute;dition num&eacute;rique. Dans ce studio install&eacute; au bord de l&rsquo;oc&eacute;an, le caract&egrave;re retir&eacute; du lieu cohabite donc avec une organisation technique particuli&egrave;rement fournie.</p>
<h2>&laquo; Push &raquo;, de <em>Precious</em> au studio</h2>
<p>Parmi les chansons qui prolongent les pr&eacute;occupations du disque, &laquo; Push &raquo; trouve son origine dans le roman et le film <em>Precious</em>. Lenny Kravitz appara&icirc;t dans le film dans le r&ocirc;le d&rsquo;un infirmier. L&rsquo;histoire d&rsquo;une jeune femme afro-am&eacute;ricaine qui tente de surmonter les abus rejoint les th&egrave;mes de r&eacute;silience et d&rsquo;acceptation d&eacute;velopp&eacute;s dans la chanson.</p>
<p>Le morceau est construit comme une ballade port&eacute;e par le piano et les cuivres, avec un climat d&eacute;crit comme quasi religieux. Son texte &eacute;voque la n&eacute;cessit&eacute; de continuer &agrave; avancer malgr&eacute; les difficult&eacute;s. Devenue le cinqui&egrave;me single de l&rsquo;album, &laquo; Push &raquo; est publi&eacute;e sous cette forme le 21 octobre 2011.</p>
<p>Cette chanson &eacute;claire une autre dimension de <em>Black and White America</em>. &Agrave; c&ocirc;t&eacute; du r&eacute;cit familial qui nourrit le morceau-titre, Kravitz s&rsquo;int&eacute;resse ici &agrave; une lutte individuelle pour l&rsquo;acceptation. Les deux chansons suivent des chemins distincts, mais s&rsquo;inscrivent dans les pr&eacute;occupations document&eacute;es autour de la conception du disque.</p>
<h2>Une photo d&rsquo;enfance retrouv&eacute;e &agrave; Paris</h2>
<p>La pochette ram&egrave;ne elle aussi l&rsquo;album vers l&rsquo;histoire personnelle de Lenny Kravitz. L&rsquo;image n&rsquo;est pas r&eacute;alis&eacute;e sp&eacute;cialement pour le projet : elle provient d&rsquo;un album de famille feuillet&eacute; &agrave; Paris avec son ami, le photographe Mathieu Bitton.</p>
<p>Bitton remarque une photographie de Kravitz enfant, avec un signe de paix peint sur le front, et lui sugg&egrave;re d&rsquo;en faire la couverture. &laquo; Mathieu a sorti cette photo de moi enfant avec le signe de paix sur le front &raquo;, racontera le musicien. Le choix &eacute;tablit un lien visuel direct entre l&rsquo;enfant issu d&rsquo;un couple interracial et le titre retenu pour le disque.</p>
<h2>Une sortie europ&eacute;enne le 22 ao&ucirc;t 2011</h2>
<p>La chronologie de publication varie selon les territoires et les formats. <em>Black and White America</em> est disponible en num&eacute;rique aux &Eacute;tats-Unis d&egrave;s le 19 ao&ucirc;t 2011. La date c&eacute;l&eacute;br&eacute;e aujourd&rsquo;hui correspond &agrave; sa mise en vente europ&eacute;enne, notamment en France, le 22 ao&ucirc;t, sous les labels Roadrunner et Atlantic. Le 30 ao&ucirc;t est &eacute;galement cit&eacute; comme date de sortie physique ou g&eacute;n&eacute;rale aux &Eacute;tats-Unis.</p>
<p>Apr&egrave;s sa publication, certains m&eacute;dias rel&egrave;vent un accueil plus favorable dans les classements fran&ccedil;ais que dans les charts am&eacute;ricains, sans que les sources disponibles permettent d&rsquo;en tirer un bilan chiffr&eacute; pr&eacute;cis. Ce d&eacute;calage ajoute un dernier contraste au parcours d&rsquo;un album consacr&eacute; &agrave; l&rsquo;Am&eacute;rique, mais con&ccedil;u &agrave; distance et davantage remarqu&eacute; en France.</p>
<p>Quinze ans apr&egrave;s cette sortie europ&eacute;enne, <em>Black and White America</em> reste disponible dans le catalogue physique et num&eacute;rique de Lenny Kravitz. Aucune &eacute;dition anniversaire majeure ni aucun coffret sp&eacute;cifique ne sont document&eacute;s &agrave; ce jour au-del&agrave; des &eacute;ditions initiales et d&rsquo;une r&eacute;&eacute;dition europ&eacute;enne parue en 2012.</p>
<p>La fabrication du disque raconte surtout la rencontre entre deux mouvements. Lenny Kravitz s&rsquo;&eacute;loigne des &Eacute;tats-Unis pour travailler dans un espace rattach&eacute; &agrave; sa famille, puis utilise cet isolement afin d&rsquo;aborder son h&eacute;ritage et les tensions raciales de son pays. La caravane sur la plage, la console de Leon Russell, &laquo; Push &raquo; et la photographie d&rsquo;enfance forment les diff&eacute;rentes pi&egrave;ces d&rsquo;un album dont le cadre de cr&eacute;ation est aussi personnel que son sujet.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>De Londres à Berlin, Depeche Mode construit son virage technologique</title>
      <description><![CDATA[Sorti le 22 ao&ucirc;t 1983 chez Mute Records, Construction Time Again f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 43 ans. Pour son troisi&egrave;me album studio, Depeche Mode abandonne Blackwing Studios, pr&eacute;pare en amont son recours aux s...]]></description>
      <pubDate>Fri, 21 Aug 2026 22:25:00 +0000</pubDate>
      <link>http://radiocollection.fr/news/de-londres-a-berlin-depeche-mode-construit-son-virage-technologique-322</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><b>Sorti le 22 ao&ucirc;t 1983 chez Mute Records, <em>Construction Time Again</em> f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 43 ans. Pour son troisi&egrave;me album studio, Depeche Mode abandonne Blackwing Studios, pr&eacute;pare en amont son recours aux samplers et partage le travail entre Londres et Berlin. Avec Alan Wilder d&eacute;sormais membre officiel, Daniel Miller et Gareth Jones, le groupe transforme ainsi ses m&eacute;thodes de fabrication autant que ses sujets d&rsquo;&eacute;criture.</b></p>
<p>Avant m&ecirc;me d&rsquo;entrer en studio, Depeche Mode d&eacute;cide de penser autrement la fabrication de <em>Construction Time Again</em>. Au d&eacute;but de 1983, alors que le groupe est encore en tourn&eacute;e, ses membres et le producteur Daniel Miller discutent des technologies qu&rsquo;ils pourront employer sur les nouveaux morceaux. Quarante-trois ans jour pour jour apr&egrave;s sa sortie principale, le 22 ao&ucirc;t 1983, ce troisi&egrave;me album appara&icirc;t d&rsquo;abord comme le r&eacute;sultat de cette m&eacute;thode nouvelle.</p>
<p>Le changement ne concerne pas seulement les machines. Depeche Mode quitte un studio associ&eacute; &agrave; ses d&eacute;buts, accueille officiellement Alan Wilder dans sa formation et confie une partie d&eacute;cisive du travail &agrave; Gareth Jones. Entre The Garden, &agrave; Londres, et le Hansa Mischraum, &agrave; Berlin, le groupe organise un passage vers les samplers, les bruits m&eacute;talliques et des textes plus directement tourn&eacute;s vers les questions politiques et &eacute;conomiques.</p>
<h2>La technologie pens&eacute;e avant l&rsquo;entr&eacute;e en studio</h2>
<p>Jusqu&rsquo;alors, les possibilit&eacute;s techniques pouvaient se d&eacute;couvrir au fil des s&eacute;ances. Pour <em>Construction Time Again</em>, la r&eacute;flexion commence plus t&ocirc;t. Le groupe et Daniel Miller veulent planifier pr&eacute;cis&eacute;ment l&rsquo;utilisation des outils disponibles, en particulier celle des samplers. Le producteur r&eacute;sumera cette pr&eacute;paration en une phrase : &laquo; Nous avons d&eacute;cid&eacute; comment nous allions utiliser la technologie. &raquo;</p>
<p>Cette d&eacute;cision donne un cadre au projet avant les sessions organis&eacute;es entre avril et juillet 1983. Le recours aux samplers devient syst&eacute;matique et permet d&rsquo;int&eacute;grer aux arrangements des bruits de m&eacute;tal frapp&eacute; et de machines. La technologie n&rsquo;est donc plus seulement pr&eacute;sente dans le studio : elle participe directement &agrave; la construction des chansons.</p>
<p>La production est partag&eacute;e entre Depeche Mode et Daniel Miller, avec Gareth Jones comme tonmeister. Cette organisation r&eacute;unit la connaissance que Miller poss&egrave;de d&eacute;j&agrave; du groupe et l&rsquo;intervention d&rsquo;un producteur-ing&eacute;nieur appel&eacute; &agrave; jouer un r&ocirc;le central dans cette nouvelle p&eacute;riode.</p>
<h2>Depeche Mode quitte Blackwing pour The Garden</h2>
<p>Le changement de m&eacute;thode s&rsquo;accompagne d&rsquo;une rupture g&eacute;ographique. Pour la premi&egrave;re fois, Depeche Mode choisit de ne pas retourner &agrave; Blackwing Studios. Le groupe cherche un autre cadre de travail et s&rsquo;installe &agrave; The Garden, le studio de John Foxx &agrave; Londres.</p>
<p>Ce d&eacute;placement ne rel&egrave;ve pas d&rsquo;un simple changement d&rsquo;adresse. Il permet au groupe de tester d&rsquo;autres proc&eacute;dures d&rsquo;enregistrement et ouvre une s&eacute;rie de collaborations avec Gareth Jones. Les s&eacute;ances londoniennes constituent ainsi le premier volet d&rsquo;un parcours qui conduit ensuite les bandes jusqu&rsquo;&agrave; Berlin.</p>
<p>Le mixage est r&eacute;alis&eacute; pendant l&rsquo;&eacute;t&eacute; au Hansa Mischraum sous la supervision de Jones. Ce passage par Berlin inaugure une s&eacute;rie d&rsquo;albums berlinois pour Depeche Mode. Sur <em>Construction Time Again</em>, Londres reste le lieu de l&rsquo;enregistrement, tandis que Berlin devient celui o&ugrave; le travail est assembl&eacute; et finalis&eacute;.</p>
<h2>Alan Wilder devient officiellement membre du groupe</h2>
<p>Une autre &eacute;volution se joue &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur m&ecirc;me de Depeche Mode. Alan Wilder, qui avait d&eacute;j&agrave; jou&eacute; avec le groupe, en devient officiellement membre sur cet album. Sa formation classique et son int&eacute;r&ecirc;t pour l&rsquo;exp&eacute;rimentation influencent notamment l&rsquo;utilisation des samplers et l&rsquo;&eacute;laboration de textures orchestrales.</p>
<p>Son arriv&eacute;e prend une port&eacute;e particuli&egrave;re dans un projet fond&eacute; sur la pr&eacute;paration technique et la transformation des arrangements. Autour de Dave Gahan, Martin L. Gore et Andrew Fletcher, Wilder participe d&eacute;sormais pleinement &agrave; une formation qui cherche &agrave; &eacute;largir ses m&eacute;thodes sans abandonner la pop synth&eacute;tique dans laquelle elle s&rsquo;affirme alors au Royaume-Uni.</p>
<h2>&laquo; Everything Counts &raquo;, des machines &agrave; la critique sociale</h2>
<p>Le premier single, &laquo; Everything Counts &raquo;, para&icirc;t en juillet 1983, avant l&rsquo;album. &Eacute;crit par Martin L. Gore et produit par Depeche Mode avec Daniel Miller et Gareth Jones, le morceau rassemble les deux mouvements qui structurent le disque : l&rsquo;emploi de sons industriels et l&rsquo;apparition de pr&eacute;occupations sociales plus explicites.</p>
<p>Le texte vise la cupidit&eacute; et la corruption dans la Grande-Bretagne du d&eacute;but des ann&eacute;es 1980. La formule &laquo; Les mains qui agrippent prennent tout ce qu&rsquo;elles peuvent &raquo; r&eacute;sume cette critique. Autour des samplers et des bruits m&eacute;talliques, le vocabulaire de la pr&eacute;dation &eacute;conomique rejoint ainsi celui des machines et du travail.</p>
<p>La construction vocale met &eacute;galement en jeu plusieurs membres du groupe. Dave Gahan interpr&egrave;te les couplets, tandis que Martin L. Gore prend le chant principal sur le refrain, soutenu par Alan Wilder. Cette r&eacute;partition des voix donne une forme collective &agrave; une chanson &eacute;crite par Gore, comme le sont tous les titres de <em>Construction Time Again</em>.</p>
<p>Plus largement, Martin L. Gore oriente alors ses textes vers des th&egrave;mes politiques et &eacute;conomiques plus directs que sur les albums pr&eacute;c&eacute;dents. &laquo; Everything Counts &raquo; sert donc de porte d&rsquo;entr&eacute;e au disque autant par sa publication en premier single que par le changement de sujet qu&rsquo;il expose.</p>
<h2>Un marteau pour prolonger le projet sur la pochette</h2>
<p>Le titre de l&rsquo;album et sa pochette prolongent visuellement cette id&eacute;e de construction. Sign&eacute;e par Brian Griffin, Martyn Atkins et Ian Wright, l&rsquo;image montre une figure munie d&rsquo;un marteau dans un paysage de montagne. Le travail, l&rsquo;industrie et l&rsquo;action de b&acirc;tir, d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sents dans les choix de production, se retrouvent ainsi sur l&rsquo;objet publi&eacute; par Mute Records.</p>
<p>Le LP porte la r&eacute;f&eacute;rence STUMM 13 et para&icirc;t &eacute;galement en cassette et en CD. En Allemagne, o&ugrave; un pressage est lui aussi r&eacute;f&eacute;renc&eacute; au 22 ao&ucirc;t, des &eacute;ditions sp&eacute;ciales suivent le 26 ao&ucirc;t avec un poster et, selon les versions, un 45-tours bonus de &laquo; Get The Balance Right! &raquo;. Ce single ne figure pas sur l&rsquo;&eacute;dition standard de l&rsquo;album, mais ces variantes l&rsquo;associent mat&eacute;riellement &agrave; cette p&eacute;riode de Depeche Mode.</p>
<h2>Du sixi&egrave;me rang britannique &agrave; la tourn&eacute;e europ&eacute;enne</h2>
<p>&Agrave; sa sortie, <em>Construction Time Again</em> atteint la sixi&egrave;me place du classement britannique des albums. Il entre &eacute;galement dans les Media Control Charts en Allemagne. Le disque sera certifi&eacute; or dans ces deux pays, donnant une traduction commerciale concr&egrave;te au changement entrepris en studio.</p>
<p>&Agrave; partir de septembre 1983, la Construction Time Again Tour prolonge la publication sur les sc&egrave;nes europ&eacute;ennes jusqu&rsquo;en mars 1984. Plusieurs chansons de l&rsquo;album int&egrave;grent alors le r&eacute;pertoire sc&eacute;nique du groupe, quelques mois apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; &eacute;labor&eacute;es entre les s&eacute;ances de The Garden et le mixage berlinois.</p>
<p>Quarante-trois ans apr&egrave;s sa sortie, <em>Construction Time Again</em> raconte donc moins une adoption improvis&eacute;e des nouvelles technologies qu&rsquo;une transformation pr&eacute;par&eacute;e. Le recours aux samplers est discut&eacute; avant les sessions, le studio habituel est abandonn&eacute; et Alan Wilder prend officiellement sa place dans le groupe.</p>
<p>De cette succession de choix na&icirc;t un album dont le titre d&eacute;crit presque le processus : Depeche Mode reconstruit sa mani&egrave;re de travailler, puis relie les bruits du m&eacute;tal et des machines aux nouveaux sujets de Martin L. Gore. Le trajet de Londres &agrave; Berlin donne &agrave; cette &eacute;volution un cadre concret, appel&eacute; &agrave; se prolonger au-del&agrave; de ce disque paru le 22 ao&ucirc;t 1983.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Portishead a fabriqué Dummy comme une bande originale imaginaire</title>
      <description><![CDATA[Sorti au Royaume-Uni le 22 ao&ucirc;t 1994, Dummy, le premier album studio de Portishead, f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 32 ans. Con&ccedil;u &agrave; Bristol par Geoff Barrow, Beth Gibbons et Adrian Utley, le disque est n&eacute; d&...]]></description>
      <pubDate>Fri, 21 Aug 2026 22:20:00 +0000</pubDate>
      <link>http://radiocollection.fr/news/portishead-a-fabrique-dummy-comme-une-bande-originale-imaginaire-325</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><b>Sorti au Royaume-Uni le 22 ao&ucirc;t 1994, <em>Dummy</em>, le premier album studio de Portishead, f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 32 ans. Con&ccedil;u &agrave; Bristol par Geoff Barrow, Beth Gibbons et Adrian Utley, le disque est n&eacute; d&rsquo;une ambition pr&eacute;cise : assembler boucles, samples anciens et instruments enregistr&eacute;s pour cr&eacute;er une musique cin&eacute;matographique, jusqu&rsquo;&agrave; brouiller la fronti&egrave;re entre archives sonores et prises originales.</b></p>
<p></p>
<p>Dans les studios et lieux de travail fr&eacute;quent&eacute;s par Portishead &agrave; Bristol, certaines parties instrumentales subissent un traitement singulier : le groupe les enregistre sur bande, puis les r&eacute;utilise comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait de samples d&eacute;couverts sur de vieux disques. Cette m&eacute;thode se trouve au c&oelig;ur de <em>Dummy</em>, premier album studio de Portishead, publi&eacute; il y a exactement 32 ans, le 22 ao&ucirc;t 1994.</p>
<p>Le disque ne na&icirc;t donc pas comme une simple collection de chansons. Entre 1993 et 1994, Geoff Barrow, Beth Gibbons et Adrian Utley cherchent &agrave; produire une musique cin&eacute;matographique, construite &agrave; partir de boucles de batterie, de soul, de vieilles bandes originales et d&rsquo;arrangements jou&eacute;s en studio. Le projet prend la forme d&rsquo;une bande originale imaginaire dont chaque &eacute;l&eacute;ment para&icirc;t avoir &eacute;t&eacute; pr&eacute;lev&eacute;, transform&eacute; ou replac&eacute; dans un nouveau d&eacute;cor.</p>
<h2>Trois parcours r&eacute;unis &agrave; Bristol</h2>
<p>Au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990, les membres de Portishead arrivent avec des exp&eacute;riences distinctes. Geoff Barrow a travaill&eacute; comme assistant en studio ainsi que sur des projets de bande originale. Adrian Utley est un guitariste et multi-instrumentiste pass&eacute; par le jazz et le rock. Beth Gibbons, elle, a &eacute;t&eacute; rep&eacute;r&eacute;e pour sa voix m&eacute;lancolique.</p>
<p>Cette r&eacute;union donne au projet sa r&eacute;partition des r&ocirc;les. Barrow prend en charge les beats, le sampling et les textures. Utley intervient aux guitares et aux claviers, tandis que Gibbons porte les parties vocales. Des musiciens invit&eacute;s compl&egrave;tent ponctuellement cette &eacute;quipe pour les cordes et certains instruments.</p>
<p>Le groupe ne souhaite cependant pas laisser les techniques de production prendre le pas sur son projet d&rsquo;ensemble. Geoff Barrow le r&eacute;sumera ainsi : &laquo; Nous n&rsquo;avons jamais voulu faire simplement un disque de dance. &raquo; L&rsquo;objectif revendiqu&eacute; est ailleurs : utiliser les ressources du studio pour &eacute;laborer un langage cin&eacute;matographique.</p>
<h2>Des instruments transform&eacute;s en faux samples</h2>
<p>La fabrication de <em>Dummy</em> repose sur une m&eacute;thode hybride. Des beats sont jou&eacute;s, puis resampl&eacute;s sur bande. Des boucles proviennent de vinyles anciens, tandis que guitares, claviers et autres instruments sont enregistr&eacute;s en direct. Portishead ne choisit pas entre jeu collectif et collage sonore : les deux pratiques sont &eacute;troitement imbriqu&eacute;es.</p>
<p>L&rsquo;une des techniques les plus r&eacute;v&eacute;latrices consiste &agrave; r&eacute;enregistrer les propres pistes du groupe avant de les repasser comme des fragments emprunt&eacute;s. Une partie cr&eacute;&eacute;e pendant les s&eacute;ances peut ainsi &ecirc;tre vieillie et replac&eacute;e dans le morceau comme si elle provenait d&rsquo;une source ext&eacute;rieure. Le proc&eacute;d&eacute; brouille volontairement la distinction entre un sample authentiquement ancien et une prise r&eacute;cente maquill&eacute;e par la bande.</p>
<p>Cette logique de bricolage contr&ocirc;l&eacute; intervient notamment dans le travail men&eacute; autour de &laquo; Sour Times &raquo; et de &laquo; Glory Box &raquo;. Les chansons conservent une m&eacute;lodie et une interpr&eacute;tation vocale, mais leurs fondations sont fa&ccedil;onn&eacute;es par les boucles, les r&eacute;enregistrements et les assemblages r&eacute;alis&eacute;s en studio. La composition se poursuit donc jusque dans le traitement du son.</p>
<h2>&laquo; Glory Box &raquo;, d&rsquo;Isaac Hayes &agrave; Beth Gibbons</h2>
<p>La naissance de &laquo; Glory Box &raquo; offre l&rsquo;exemple le plus pr&eacute;cis de cette m&eacute;thode. Portishead construit le morceau autour d&rsquo;un sample de &laquo; Ike&rsquo;s Rap II &raquo; d&rsquo;Isaac Hayes, puis Beth Gibbons &eacute;crit une m&eacute;lodie vocale et un texte sur cette base. Geoff Barrow et Adrian Utley travaillent ensuite la structure et la production ; Hayes est cr&eacute;dit&eacute; comme coauteur.</p>
<p>Le choix de cet extrait illustre la mani&egrave;re dont le groupe puise dans des disques de soul et de funk des ann&eacute;es 1960 et 1970 pour b&acirc;tir les fondations harmoniques et rythmiques de plusieurs titres de <em>Dummy</em>. Sur &laquo; Glory Box &raquo;, les s&eacute;ances portent notamment sur la dynamique entre le chant de Gibbons et les boucles de basse et de batterie.</p>
<p>La chanson ne devient pas imm&eacute;diatement le dernier mot de la campagne de lancement. Apr&egrave;s &laquo; Numb &raquo; et &laquo; Sour Times &raquo;, elle est choisie comme troisi&egrave;me et dernier single de l&rsquo;album. Sa publication, le 2 janvier 1995, prolonge ainsi la visibilit&eacute; de <em>Dummy</em> plusieurs mois apr&egrave;s l&rsquo;arriv&eacute;e du disque.</p>
<h2>Une pochette pens&eacute;e comme un plan de film</h2>
<p>L&rsquo;id&eacute;e cin&eacute;matographique ne s&rsquo;arr&ecirc;te pas aux m&eacute;thodes d&rsquo;enregistrement. La pochette pr&eacute;sente une image bleut&eacute;e, cadr&eacute;e &agrave; la mani&egrave;re d&rsquo;un plan de film, dans laquelle appara&icirc;t la silhouette de Beth Gibbons. Le visuel prolonge directement le principe qui guide les s&eacute;ances : donner &agrave; l&rsquo;album la coh&eacute;rence d&rsquo;un r&eacute;cit en images, m&ecirc;me en l&rsquo;absence de film.</p>
<p>Cette correspondance entre le son et la pochette &eacute;vite de r&eacute;duire le projet &agrave; sa seule utilisation du sampling. Les fragments anciens, les instruments jou&eacute;s par Portishead, la voix de Gibbons et l&rsquo;image de couverture participent &agrave; la m&ecirc;me construction. <em>Dummy</em> appara&icirc;t ainsi comme le r&eacute;sultat d&rsquo;un travail d&rsquo;assemblage portant autant sur les chansons que sur leur cadre g&eacute;n&eacute;ral.</p>
<h2>De Go! Beat au Mercury Music Prize</h2>
<p>Go! Beat, sous la banni&egrave;re Go! Discs et Island, publie <em>Dummy</em> le 22 ao&ucirc;t 1994, principalement au Royaume-Uni. Il s&rsquo;agit alors du premier album studio officiel de Portishead. Une &eacute;dition vinyle suit en octobre, sans remettre en cause cette date de sortie commerciale initiale.</p>
<p>Les r&eacute;sultats donnent rapidement une nouvelle dimension au groupe form&eacute; dans la sc&egrave;ne locale de Bristol. <em>Dummy</em> atteint la deuxi&egrave;me place du classement britannique des albums et obtient une triple certification platine de la BPI. Il est &eacute;galement certifi&eacute; platine au Canada et or aux &Eacute;tats-Unis.</p>
<p>En 1995, l&rsquo;album re&ccedil;oit le Mercury Music Prize. Cette trajectoire permet &agrave; Portishead d&rsquo;acc&eacute;der &agrave; une reconnaissance internationale et ouvre la voie &agrave; son deuxi&egrave;me album studio, <em>Portishead</em>, publi&eacute; en 1997.</p>
<h2>Dummy, 32 ans apr&egrave;s le premier assemblage</h2>
<p>Le parcours de <em>Dummy</em> tient dans ce contraste document&eacute; : un disque fa&ccedil;onn&eacute; &agrave; Bristol par une &eacute;quipe resserr&eacute;e, &agrave; l&rsquo;aide de bandes, de vinyles et de prises instrumentales retravaill&eacute;es, atteint finalement les classements de plusieurs territoires et obtient une r&eacute;compense majeure. Son d&eacute;veloppement international commence pourtant par une pratique presque artisanale : fabriquer soi-m&ecirc;me des sons assez transform&eacute;s pour qu&rsquo;ils semblent venir d&rsquo;un autre temps.</p>
<p>Trente-deux ans apr&egrave;s sa sortie, l&rsquo;histoire de l&rsquo;album ram&egrave;ne donc &agrave; cette fronti&egrave;re volontairement effac&eacute;e entre ce que Portishead a trouv&eacute; et ce qu&rsquo;il a jou&eacute;. Des boucles anciennes au sample d&rsquo;Isaac Hayes, des parties r&eacute;enregistr&eacute;es &agrave; la pochette cadr&eacute;e comme un film, chaque &eacute;tape &eacute;claire la m&ecirc;me ambition : construire avec <em>Dummy</em> moins l&rsquo;accompagnement d&rsquo;images existantes qu&rsquo;un film sonore enti&egrave;rement imagin&eacute; en studio.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>« Hey Now » : Cyndi Lauper réinvente ses tubes pour Twelve Deadly Cyns...and Then Some</title>
      <description><![CDATA[Sorti en Europe le 22 ao&ucirc;t 1994, Twelve Deadly Cyns...and Then Some f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 32 ans. Apr&egrave;s l&rsquo;accueil commercial limit&eacute; de Hat Full of Stars, Cyndi Lauper ne se contente pas d&r...]]></description>
      <pubDate>Fri, 21 Aug 2026 22:15:00 +0000</pubDate>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><b>Sorti en Europe le 22 ao&ucirc;t 1994, <em>Twelve Deadly Cyns...and Then Some</em> f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 32 ans. Apr&egrave;s l&rsquo;accueil commercial limit&eacute; de <em>Hat Full of Stars</em>, Cyndi Lauper ne se contente pas d&rsquo;aligner ses succ&egrave;s : elle revisite &laquo; Girls Just Want to Have Fun &raquo;, r&eacute;enregistre &laquo; I&rsquo;m Gonna Be Strong &raquo; et adapte sa s&eacute;lection au public europ&eacute;en.</b></p>
<p>En 1994, Cyndi Lauper reprend l&rsquo;une de ses chansons les plus connues, ralentit son tempo et lui donne une rythmique reggae-pop accompagn&eacute;e de ch&oelig;urs. Rebaptis&eacute;e &laquo; Hey Now (Girls Just Want to Have Fun) &raquo;, cette nouvelle version devient la porte d&rsquo;entr&eacute;e de <em>Twelve Deadly Cyns...and Then Some</em>, compilation publi&eacute;e en Europe le 22 ao&ucirc;t 1994 et qui c&eacute;l&egrave;bre aujourd&rsquo;hui ses 32 ans.</p>
<p>Le geste r&eacute;sume le projet : revenir sur une d&eacute;cennie de chansons sans simplement la reproduire. Autour des singles issus des quatre premiers albums studio de Lauper pour Epic, le disque accueille des enregistrements nouveaux, des versions remani&eacute;es et, selon les &eacute;ditions, un titre dont l&rsquo;histoire passe par <em>Starmania</em>. Ce best of prend ainsi la forme d&rsquo;une tentative de repositionnement au milieu des ann&eacute;es 1990.</p>
<h2>Apr&egrave;s <em>Hat Full of Stars</em>, le choix du best of</h2>
<p><em>Twelve Deadly Cyns...and Then Some</em> para&icirc;t un an apr&egrave;s <em>Hat Full of Stars</em>, album plus sombre et socialement engag&eacute; dont les r&eacute;sultats commerciaux ont &eacute;t&eacute; plus limit&eacute;s. Epic privil&eacute;gie alors une compilation capable de remettre les succ&egrave;s des ann&eacute;es 1980 au premier plan tout en maintenant Cyndi Lauper dans l&rsquo;actualit&eacute;.</p>
<p>Le socle du disque est clairement d&eacute;fini. La s&eacute;lection puise dans <em>She&rsquo;s So Unusual</em>, <em>True Colors</em>, <em>A Night to Remember</em> et <em>Hat Full of Stars</em>. &laquo; Time After Time &raquo;, &laquo; She Bop &raquo;, &laquo; All Through the Night &raquo;, &laquo; True Colors &raquo;, &laquo; I Drove All Night &raquo; ou encore &laquo; Who Let in the Rain &raquo; dessinent le parcours couvert par la compilation, des premiers succ&egrave;s jusqu&rsquo;au disque de 1993.</p>
<p>Son titre lui-m&ecirc;me refuse toutefois la solennit&eacute;. <em>Twelve Deadly Cyns...and Then Some</em> d&eacute;tourne l&rsquo;expression anglaise des &laquo; deadly sins &raquo;, les p&eacute;ch&eacute;s capitaux, en rempla&ccedil;ant &laquo; sins &raquo; par &laquo; cyns &raquo;, un jeu de mots autour du pr&eacute;nom de Cyndi Lauper. L&rsquo;autod&eacute;rision permet de pr&eacute;senter ces chansons comme ses propres &laquo; p&eacute;ch&eacute;s &raquo; pop, tout en laissant entendre que la s&eacute;lection ne s&rsquo;arr&ecirc;te pas aux douze annonc&eacute;s.</p>
<h2>&laquo; Girls Just Want to Have Fun &raquo; change d&rsquo;&eacute;poque</h2>
<p>La transformation la plus nette concerne &laquo; Girls Just Want to Have Fun &raquo;. Au lieu de reprendre tel quel l&rsquo;enregistrement de 1983, Lauper et son &eacute;quipe con&ccedil;oivent &laquo; Hey Now (Girls Just Want to Have Fun) &raquo;. Le tempo devient plus pos&eacute;, l&rsquo;arrangement s&rsquo;oriente vers une couleur reggae-pop et les ch&oelig;urs occupent une place importante. La version s&rsquo;&eacute;loigne ainsi de l&rsquo;habillage new wave associ&eacute; au premier enregistrement.</p>
<p>Ce choix donne &agrave; la compilation un morceau in&eacute;dit susceptible de conduire vers le reste du catalogue. &laquo; Hey Now &raquo; est retenu comme premier single et b&eacute;n&eacute;ficie, en septembre 1994, d&rsquo;un clip ainsi que d&rsquo;une campagne promotionnelle. L&rsquo;image pr&eacute;sent&eacute;e est celle d&rsquo;une Cyndi Lauper plus adulte, dans le prolongement du virage amorc&eacute; sur <em>Hat Full of Stars</em>.</p>
<p>La chanteuse expliquera r&eacute;trospectivement avoir voulu montrer d&rsquo;autres facettes de ses chansons plut&ocirc;t que r&eacute;p&eacute;ter les ann&eacute;es 1980. Dans <em>Twelve Deadly Cyns...and Then Some</em>, cette intention appara&icirc;t moins comme une rupture avec le pass&eacute; que comme une mani&egrave;re de reprendre la main sur sa pr&eacute;sentation. Le tube reste imm&eacute;diatement identifiable, mais il devient aussi le signe que cette compilation n&rsquo;est pas seulement une succession d&rsquo;enregistrements d&eacute;j&agrave; publi&eacute;s.</p>
<h2>Une nouvelle version d&rsquo;&laquo; I&rsquo;m Gonna Be Strong &raquo;</h2>
<p>&laquo; Hey Now &raquo; n&rsquo;est pas le seul morceau &agrave; apporter du contenu nouveau. Cyndi Lauper r&eacute;enregistre &eacute;galement &laquo; I&rsquo;m Gonna Be Strong &raquo;, reprise d&rsquo;un standard des ann&eacute;es 1960. Cette version repose sur un arrangement plus d&eacute;pouill&eacute; que ses productions des ann&eacute;es 1980 et place davantage sa voix au premier plan.</p>
<p>Au sein d&rsquo;une s&eacute;lection largement construite autour des singles pop, le morceau montre une facette plus dramatique et vocale de la chanteuse. &laquo; Come On Home &raquo; figure lui aussi parmi les ajouts sp&eacute;cifiques au projet. Ces titres offrent un int&eacute;r&ecirc;t suppl&eacute;mentaire &agrave; ceux qui poss&egrave;dent d&eacute;j&agrave; les albums originaux et &eacute;vitent de r&eacute;duire le disque &agrave; une simple op&eacute;ration de recyclage.</p>
<h2>De <em>Starmania</em> au public europ&eacute;en</h2>
<p>La composition de la compilation varie selon les territoires, et &laquo; The World Is Stone &raquo; occupe une place particuli&egrave;re dans certaines &eacute;ditions europ&eacute;ennes. La chanson est la version anglaise du &laquo; Monde est stone &raquo;, &eacute;crit par Michel Berger et Luc Plamondon pour <em>Starmania</em>. Tim Rice en adapte les paroles pour <em>Tycoon</em>, version anglophone de la com&eacute;die musicale, et Cyndi Lauper l&rsquo;enregistre en 1992.</p>
<p>Publi&eacute; le 25 mai 1992 au Royaume-Uni et en Europe, mais pas aux &Eacute;tats-Unis, &laquo; The World Is Stone &raquo; rencontre un accueil particuli&egrave;rement important en France. Le single atteint la deuxi&egrave;me place du Top 50, reste plus de trente semaines dans le classement et passe plus de trois mois cons&eacute;cutifs dans les cinq premi&egrave;res positions.</p>
<p>Sa pr&eacute;sence dans les &eacute;ditions europ&eacute;ennes concern&eacute;es de <em>Twelve Deadly Cyns...and Then Some</em> r&eacute;pond donc &agrave; une histoire locale tr&egrave;s pr&eacute;cise. Pour le public fran&ccedil;ais, le morceau n&rsquo;est pas une curiosit&eacute; ajout&eacute;e &agrave; un r&eacute;pertoire am&eacute;ricain : il appartient d&eacute;j&agrave; aux succ&egrave;s identifi&eacute;s de Cyndi Lauper. Cette diff&eacute;rence de tracklist souligne combien le best of a &eacute;t&eacute; pens&eacute; en fonction de march&eacute;s o&ugrave; toutes ses chansons n&rsquo;avaient pas connu le m&ecirc;me parcours.</p>
<h2>Une sortie europ&eacute;enne avant les &Eacute;tats-Unis</h2>
<p>La chronologie de publication confirme cet ancrage. Epic lance commercialement la compilation le 22 ao&ucirc;t 1994 au Royaume-Uni et en Europe, notamment en CD, cassette et minidisc. L&rsquo;&eacute;dition am&eacute;ricaine n&rsquo;arrive qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&eacute;t&eacute; 1995, soit pr&egrave;s d&rsquo;un an plus tard, dans le cadre d&rsquo;une strat&eacute;gie diff&eacute;renci&eacute;e entre les deux territoires.</p>
<p>L&rsquo;accueil suit lui aussi deux trajectoires. Au Royaume-Uni, <em>Twelve Deadly Cyns...and Then Some</em> atteint le top 20 des albums. Son impact demeure plus modeste aux &Eacute;tats-Unis lors de la parution diff&eacute;r&eacute;e de 1995. Le contraste &eacute;claire la place accord&eacute;e &agrave; &laquo; The World Is Stone &raquo; sur certaines versions europ&eacute;ennes et le r&ocirc;le central donn&eacute; &agrave; &laquo; Hey Now &raquo; dans la promotion du projet.</p>
<p>Trente-deux ans apr&egrave;s sa sortie europ&eacute;enne, la compilation raconte donc autre chose qu&rsquo;un simple bilan de carri&egrave;re. Elle montre un label revenant aux titres les plus connus apr&egrave;s les r&eacute;sultats limit&eacute;s de <em>Hat Full of Stars</em>, mais aussi une artiste qui choisit de ne pas pr&eacute;senter ce pass&eacute; sous sa seule forme d&rsquo;origine.</p>
<p>La nouvelle lecture de &laquo; Girls Just Want to Have Fun &raquo;, le r&eacute;enregistrement d&rsquo;&laquo; I&rsquo;m Gonna Be Strong &raquo; et l&rsquo;int&eacute;gration territoriale de &laquo; The World Is Stone &raquo; font converger plusieurs &eacute;poques de la carri&egrave;re de Cyndi Lauper. Sous son titre en forme de plaisanterie, <em>Twelve Deadly Cyns...and Then Some</em> organise ainsi un retour sur les ann&eacute;es Epic tout en cherchant une mani&egrave;re de les faire entrer dans le milieu des ann&eacute;es 1990.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>D’un entrepôt de skate aux radios : la trajectoire de Pet Your Friends de Dishwalla</title>
      <description><![CDATA[Sorti en ao&ucirc;t 1995 chez A&amp;M Records &mdash; le 22 ao&ucirc;t &eacute;tant la date commerciale retenue malgr&eacute; des r&eacute;f&eacute;rences divergentes &mdash; Pet Your Friends, premier album de Dishwalla, f&ecirc;te auj...]]></description>
      <pubDate>Fri, 21 Aug 2026 22:10:00 +0000</pubDate>
      <link>http://radiocollection.fr/news/d-un-entrepot-de-skate-aux-radios-la-trajectoire-de-pet-your-friends-de-dishwalla-323</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><b>Sorti en ao&ucirc;t 1995 chez A&amp;M Records &mdash; le 22 ao&ucirc;t &eacute;tant la date commerciale retenue malgr&eacute; des r&eacute;f&eacute;rences divergentes &mdash; <em>Pet Your Friends</em>, premier album de Dishwalla, f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 31 ans. Son histoire se joue entre les espaces de r&eacute;p&eacute;tition de Santa Barbara et un studio de Philadelphie, autour d&rsquo;une chanson que le groupe consid&eacute;rait d&rsquo;abord comme une simple piste d&rsquo;album : &laquo; Counting Blue Cars &raquo;.</b></p>
<p>Avant d&rsquo;atteindre les radios am&eacute;ricaines, &laquo; Counting Blue Cars &raquo; a grandi pendant plusieurs semaines dans les espaces de travail de Dishwalla &agrave; Santa Barbara. Le morceau appel&eacute; &agrave; concentrer l&rsquo;attention sur <em>Pet Your Friends</em> n&rsquo;avait pourtant rien d&rsquo;une &eacute;vidence pour ses auteurs. Ce 22 ao&ucirc;t, alors que le premier album du groupe c&eacute;l&egrave;bre ses 31 ans, cette naissance progressive raconte mieux le disque qu&rsquo;une simple succession de dates.</p>
<p>Publi&eacute; par A&amp;M Records en ao&ucirc;t 1995, <em>Pet Your Friends</em> constitue le premier album studio de Dishwalla. Les sources ne s&rsquo;accordent pas toutes sur son jour exact de commercialisation : le site officiel du groupe retient le mois d&rsquo;ao&ucirc;t, tandis que plusieurs bases affichent des dates g&eacute;n&eacute;riques ou plus tardives. Le 22 ao&ucirc;t reste la date g&eacute;n&eacute;ralement associ&eacute;e &agrave; sa sortie am&eacute;ricaine, mais l&rsquo;histoire du disque commence bien avant cet &eacute;t&eacute;-l&agrave;.</p>
<h2>Des r&eacute;p&eacute;titions dans un box de Santa Barbara</h2>
<p>Au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990, Dishwalla travaille plusieurs soirs par semaine dans un box lou&eacute; au San Marcos Self Storage, &agrave; Santa Barbara. L&rsquo;endroit est transform&eacute; en salle de r&eacute;p&eacute;tition, loin du cadre d&rsquo;un grand studio d&rsquo;enregistrement. C&rsquo;est dans ce type d&rsquo;espace que le groupe pr&eacute;pare les chansons de son premier album et affine sa mani&egrave;re de composer collectivement.</p>
<p>Une partie importante du r&eacute;pertoire prend &eacute;galement forme dans un studio am&eacute;nag&eacute; par les musiciens dans un ancien entrep&ocirc;t de fabrication de skateboards. Le b&acirc;timent conserve son vaste plancher en bois. Entre deux s&eacute;quences de travail, les membres de Dishwalla continuent d&rsquo;y faire du skate, au milieu du lieu o&ugrave; s&rsquo;&eacute;labore notamment &laquo; Counting Blue Cars &raquo;.</p>
<p>L&rsquo;anecdote donne une image concr&egrave;te de la fabrication de <em>Pet Your Friends</em> : un premier disque construit dans des locaux r&eacute;affect&eacute;s, au fil de r&eacute;p&eacute;titions r&eacute;guli&egrave;res, avant le d&eacute;part pour les sessions professionnelles. La chanson qui dominera ensuite la trajectoire de l&rsquo;album na&icirc;t pr&eacute;cis&eacute;ment de cette m&eacute;thode patiente.</p>
<h2>Le riff qui lance &laquo; Counting Blue Cars &raquo;</h2>
<p>Lors d&rsquo;une r&eacute;p&eacute;tition &agrave; Santa Barbara, le guitariste Rodney Browning Cravens trouve le riff et la progression d&rsquo;accords du couplet de &laquo; Counting Blue Cars &raquo;. Le bassiste Scott Alexander et le batteur George Pendergast le rejoignent rapidement. La premi&egrave;re ossature musicale est l&agrave;, mais le morceau est encore loin de sa forme d&eacute;finitive.</p>
<p>J.R. Richards entreprend alors de travailler la m&eacute;lodie et les paroles. Les id&eacute;es sont reprises et ajust&eacute;es pendant plusieurs semaines de r&eacute;p&eacute;titions intenses. La chanson ne r&eacute;sulte donc pas d&rsquo;une inspiration imm&eacute;diatement fig&eacute;e : elle avance par &eacute;tapes, gr&acirc;ce aux contributions successives des quatre musiciens.</p>
<p>Un d&eacute;tail r&eacute;sume ce fonctionnement collectif. George Pendergast h&eacute;site sur le rythme &agrave; adopter. Pour l&rsquo;orienter, Scott Alexander improvise un beat-box et propose vocalement un motif qui servira de base au groove final. Une solution trouv&eacute;e sur le moment devient ainsi un &eacute;l&eacute;ment durable de l&rsquo;arrangement.</p>
<h2>Une simple piste d&rsquo;album, selon Dishwalla</h2>
<p>&Agrave; ce stade, personne dans le groupe ne traite &laquo; Counting Blue Cars &raquo; comme le futur morceau central de <em>Pet Your Friends</em>. Dishwalla y voit une bonne chanson destin&eacute;e &agrave; prendre place parmi les autres, pas une composition autour de laquelle organiser la publication du disque. Le souvenir de J.R. Richards est sans ambigu&iuml;t&eacute; : &laquo; Aucun de nous ne la consid&eacute;rait comme une id&eacute;e de perc&eacute;e ou quoi que ce soit. &raquo;</p>
<p>Cette appr&eacute;ciation initiale donne une couleur particuli&egrave;re &agrave; la suite. La chanson n&rsquo;est pas fabriqu&eacute;e &agrave; partir d&rsquo;un statut de single d&eacute;j&agrave; d&eacute;cid&eacute;. Elle est d&eacute;velopp&eacute;e comme le reste du mat&eacute;riau du premier album, avec des paroles et une m&eacute;lodie continuellement affin&eacute;es, avant de se d&eacute;tacher progressivement du projet.</p>
<h2>De Santa Barbara &agrave; Philadelphie avec Phil Nicolo</h2>
<p>Lorsque vient le temps d&rsquo;enregistrer <em>Pet Your Friends</em>, Dishwalla quitte ses espaces de travail californiens pour Philadelphie. Le groupe y r&eacute;alise l&rsquo;album avec Phil Nicolo, producteur et ing&eacute;nieur du son. &laquo; Counting Blue Cars &raquo; effectue elle aussi ce trajet : n&eacute;e au cours des r&eacute;p&eacute;titions de Santa Barbara, elle entre dans un cadre de production plus structur&eacute; sur la c&ocirc;te Est.</p>
<p>Les cr&eacute;dits du morceau &eacute;clairent cette &eacute;tape. Dishwalla appara&icirc;t &agrave; la production aux c&ocirc;t&eacute;s de Phil Nicolo, &eacute;galement charg&eacute; du mixage. Andy Kravitz intervient comme assistant &agrave; l&rsquo;enregistrement et Bob Ludwig assure le mastering. Sans effacer le r&ocirc;le du groupe dans la construction de la chanson, cette &eacute;quipe accompagne son passage de la salle de r&eacute;p&eacute;tition &agrave; la version destin&eacute;e &agrave; l&rsquo;album.</p>
<p>Ce d&eacute;placement r&eacute;sume le parcours de <em>Pet Your Friends</em> : des chansons &eacute;crites dans un box et un ancien atelier de skateboards sont mises en forme &agrave; Philadelphie pour les d&eacute;buts de Dishwalla chez A&amp;M Records. Le disque s&rsquo;inscrit alors dans le paysage alternatif et post-grunge de 1995, mais son principal r&eacute;sultat public ne se produira qu&rsquo;apr&egrave;s sa sortie.</p>
<h2>Le succ&egrave;s arrive apr&egrave;s Pet Your Friends</h2>
<p>&laquo; Counting Blue Cars &raquo; gagne en visibilit&eacute; gr&acirc;ce &agrave; sa pr&eacute;sence dans le film <em>Empire Records</em>, puis &agrave; une diffusion croissante sur les radios. En 1996, le titre atteint la premi&egrave;re place de certains classements rock et se place dans le top 5 de plusieurs palmar&egrave;s consacr&eacute;s &agrave; l&rsquo;airplay grand public. Le morceau d&rsquo;album que Dishwalla n&rsquo;avait pas identifi&eacute; comme une perc&eacute;e devient ainsi son single le plus expos&eacute;.</p>
<p>Ce d&eacute;calage est essentiel dans l&rsquo;histoire du disque. <em>Pet Your Friends</em> para&icirc;t en 1995, mais la reconnaissance radiophonique de sa chanson principale se d&eacute;ploie surtout l&rsquo;ann&eacute;e suivante. La biographie officielle de Dishwalla pr&eacute;sente &laquo; Counting Blue Cars &raquo; comme le seul titre class&eacute; du groupe, les albums ult&eacute;rieurs n&rsquo;ayant pas obtenu la m&ecirc;me reconnaissance aupr&egrave;s du grand public.</p>
<p>Ces r&eacute;sultats ne permettent pas de mesurer pr&eacute;cis&eacute;ment l&rsquo;effet du single sur les ventes de <em>Pet Your Friends</em>. Ils expliquent en revanche pourquoi le premier album demeure &eacute;troitement associ&eacute; &agrave; cette chanson, devenue sa principale porte d&rsquo;entr&eacute;e m&eacute;diatique.</p>
<h2>Une chanson r&eacute;enregistr&eacute;e vingt ans plus tard</h2>
<p>Deux d&eacute;cennies apr&egrave;s la sortie initiale, Dishwalla revient encore &agrave; &laquo; Counting Blue Cars &raquo;. Le groupe en publie une version marquant les 20 ans du titre, enregistr&eacute;e avec son nouveau chanteur Justin Fox avant l&rsquo;album <em>Juniper Road</em>. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une r&eacute;&eacute;dition anniversaire de <em>Pet Your Friends</em>, mais bien d&rsquo;un projet centr&eacute; sur la chanson.</p>
<p>Ce retour souligne le parcours singulier du morceau : une progression d&rsquo;accords trouv&eacute;e pendant une r&eacute;p&eacute;tition, un rythme sugg&eacute;r&eacute; en beat-box, plusieurs semaines d&rsquo;ajustements, puis des sessions &agrave; Philadelphie avant l&rsquo;exposition au cin&eacute;ma et &agrave; la radio. Rien, dans sa gen&egrave;se, ne la d&eacute;signait d&rsquo;embl&eacute;e comme le titre qui r&eacute;sumerait durablement les d&eacute;buts discographiques de Dishwalla.</p>
<p>Trente et un ans apr&egrave;s la sortie de <em>Pet Your Friends</em>, l&rsquo;histoire de l&rsquo;album appara&icirc;t ainsi indissociable de cette lente transformation. Dishwalla n&rsquo;avait pas construit son premier disque autour d&rsquo;un single annonc&eacute;. C&rsquo;est une chanson n&eacute;e du travail ordinaire du groupe, entre lieux d&eacute;tourn&eacute;s et r&eacute;p&eacute;titions collectives, qui a finalement donn&eacute; &agrave; l&rsquo;album sa trajectoire publique.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Roland Orzabal : de la thérapie primale aux succès mondiaux de Tears for Fears</title>
      <description><![CDATA[N&eacute; le 22 ao&ucirc;t 1961 &agrave; Portsmouth, Roland Orzabal f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 65 ans. Cofondateur, principal auteur-compositeur, chanteur et guitariste de Tears for Fears, le musicien britannique a construit avec Curt Smi...]]></description>
      <pubDate>Fri, 21 Aug 2026 22:05:00 +0000</pubDate>
      <link>http://radiocollection.fr/news/roland-orzabal-de-la-therapie-primale-aux-succes-mondiaux-de-tears-for-fears-320</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><b>N&eacute; le 22 ao&ucirc;t 1961 &agrave; Portsmouth, Roland Orzabal f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 65 ans. Cofondateur, principal auteur-compositeur, chanteur et guitariste de Tears for Fears, le musicien britannique a construit avec Curt Smith une pop nourrie par la douleur de l&rsquo;enfance. De <em>The Hurting</em> &agrave; <em>The Tipping Point</em>, son parcours raconte comment une mati&egrave;re intime peut changer de forme sans dispara&icirc;tre.</b></p>
<p>Avant de devenir &laquo; Mad World &raquo;, une chanson de Roland Orzabal devait occuper la face B d&rsquo;un disque. Le label et l&rsquo;&eacute;quipe de Tears for Fears en per&ccedil;oivent finalement le potentiel, port&eacute; par l&rsquo;interpr&eacute;tation de Curt Smith et par un arrangement synth-pop qui contraste avec la noirceur du texte. Ce changement de statut r&eacute;sume d&eacute;j&agrave; une grande partie de la trajectoire d&rsquo;Orzabal : faire entrer des sujets psychologiques difficiles dans le cadre d&rsquo;une chanson accessible.</p>
<p>L&rsquo;auteur-compositeur, chanteur, guitariste et producteur f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 65 ans. Son histoire avec Tears for Fears ne repose pourtant pas seulement sur une succession de succ&egrave;s. Elle suit un fil beaucoup plus pr&eacute;cis, tendu entre une amiti&eacute; n&eacute;e &agrave; l&rsquo;adolescence, les th&eacute;ories du psychologue Arthur Janov, le travail collectif en studio et une recherche de contr&ocirc;le qui finira par fragiliser le duo.</p>
<h2>Roland Orzabal et Curt Smith, une amiti&eacute; n&eacute;e &agrave; Bath</h2>
<p>Roland Orzabal passe l&rsquo;essentiel de son enfance &agrave; Bath, dans un environnement familial conflictuel. Les difficult&eacute;s de sant&eacute; et de comportement de son p&egrave;re marquent sa sensibilit&eacute; et nourriront plus tard son &eacute;criture sur la souffrance psychique. C&rsquo;est dans cette ville qu&rsquo;il se lie d&rsquo;amiti&eacute; avec Curt Smith, vers l&rsquo;&acirc;ge de 13 ou 14 ans. Tous deux viennent de foyers bris&eacute;s et partagent rapidement un int&eacute;r&ecirc;t pour la musique.</p>
<p>Une anecdote situe leur complicit&eacute; dans le quotidien scolaire : adolescent, Smith vole des violons &agrave; l&rsquo;&eacute;cole pour les offrir &agrave; Orzabal &agrave; l&rsquo;occasion de son anniversaire. Les deux gar&ccedil;ons commencent &agrave; jouer ensemble dans des formations scolaires, avant de rejoindre &agrave; la fin des ann&eacute;es 1970 Graduate, un groupe mod et ska. Graduate enregistre <em>Acting My Age</em> et rencontre un succ&egrave;s modeste en Europe continentale.</p>
<p>Apr&egrave;s cette premi&egrave;re exp&eacute;rience et un bref passage par Neon, Orzabal et Smith fondent Tears for Fears &agrave; Bath, vers 1981. Le nom ne rel&egrave;ve pas d&rsquo;une simple trouvaille sonore : il vient d&rsquo;un chapitre de <em>Prisoners of Pain</em>, ouvrage du psychologue Arthur Janov. Sa th&eacute;rapie primale, fond&eacute;e sur la r&eacute;-exp&eacute;rimentation de la douleur d&rsquo;enfance, fournit au nouveau groupe la matrice de ses premi&egrave;res chansons.</p>
<h2><em>The Hurting</em>, la douleur de l&rsquo;adolescence transform&eacute;e en concept</h2>
<p>En 1983, le premier album de Tears for Fears organise cette mati&egrave;re en un cycle coh&eacute;rent. &Eacute;crit en grande partie par Roland Orzabal, <em>The Hurting</em> aborde les traumatismes de l&rsquo;enfance et la catharsis &agrave; travers une s&eacute;rie de chansons directement impr&eacute;gn&eacute;es des lectures de Janov. Orzabal le formulera simplement : &laquo; <em>The Hurting</em> parlait beaucoup de nos &eacute;motions entre 10 et 15 ans. &raquo;</p>
<p>&laquo; Mad World &raquo; concentre cette d&eacute;marche. Orzabal &eacute;crit un texte sur le d&eacute;calage et la saturation &eacute;motionnelle, reli&eacute; &agrave; l&rsquo;adolescence et aux id&eacute;es de la th&eacute;rapie primale. Curt Smith en devient l&rsquo;interpr&egrave;te, tandis que Chris Hughes et Ian Stanley participent &agrave; la mise en forme du morceau. La chanson initialement envisag&eacute;e comme une face B devient un single majeur : le langage psychologique du groupe vient de trouver une forme susceptible de toucher un public beaucoup plus large.</p>
<p>Cette r&eacute;partition des r&ocirc;les devient essentielle. Orzabal &eacute;crit une grande partie du r&eacute;pertoire, mais la voix de Smith peut porter ses mots. Tears for Fears se construit ainsi sur une relation qui d&eacute;passe le fonctionnement habituel d&rsquo;un duo de chanteurs : leur pass&eacute; commun, leurs exp&eacute;riences familiales et leur compl&eacute;mentarit&eacute; donnent aux chansons leur point de d&eacute;part comme leur incarnation.</p>
<h2>&laquo; Shout &raquo;, ou la th&eacute;rapie primale au format radio</h2>
<p>Pour <em>Songs from the Big Chair</em>, paru en 1985, Tears for Fears abandonne le principe d&rsquo;un album enti&egrave;rement unifi&eacute; autour d&rsquo;un m&ecirc;me concept. Le titre &eacute;voque une &laquo; grande chaise &raquo; envisag&eacute;e comme un lieu de s&eacute;curit&eacute; ou d&rsquo;observation du monde, avec une r&eacute;f&eacute;rence &agrave; la s&eacute;rie t&eacute;l&eacute;vis&eacute;e <em>Sybil</em>. Les chansons peuvent d&eacute;sormais adopter diff&eacute;rents personnages et points de vue.</p>
<p>Le changement passe surtout par le studio. Avec le clavi&eacute;riste et producteur Ian Stanley ainsi que le producteur Chris Hughes, Orzabal et Smith d&eacute;veloppent des structures plus pop et des textures synth&eacute;tiques plus amples. Des maquettes parfois sombres sont transform&eacute;es sans que leurs paroles perdent leur charge. Cette m&eacute;thode permet au groupe d&rsquo;&eacute;largir consid&eacute;rablement son langage plut&ocirc;t que d&rsquo;effacer ce qui faisait <em>The Hurting</em>.</p>
<p>&laquo; Shout &raquo; en fournit l&rsquo;exemple le plus direct. Orzabal imagine le morceau comme un mantra cathartique, construit sur la r&eacute;p&eacute;tition et sur l&rsquo;id&eacute;e de faire sortir les &eacute;motions refoul&eacute;es. Hughes et Stanley renforcent sa structure avec des percussions programm&eacute;es et des claviers. Une id&eacute;e venue de la th&eacute;rapie primale prend ainsi la forme d&rsquo;un titre adapt&eacute; aux grandes radios, jusqu&rsquo;&agrave; atteindre la premi&egrave;re place aux &Eacute;tats-Unis.</p>
<h2>&laquo; Everybody Wants to Rule the World &raquo;, un succ&egrave;s qui n&rsquo;&eacute;tait pas central au d&eacute;part</h2>
<p>&laquo; Everybody Wants to Rule the World &raquo; suit une autre trajectoire. La chanson na&icirc;t d&rsquo;une base instrumentale travaill&eacute;e en studio, sur laquelle Roland Orzabal ajoute un texte consacr&eacute; au pouvoir et aux contradictions humaines. Elle n&rsquo;est pas initialement consid&eacute;r&eacute;e comme le centre de l&rsquo;album. Son rythme plus d&eacute;tendu et sa m&eacute;lodie m&eacute;morisable convainquent pourtant le label et l&rsquo;&eacute;quipe de son importance.</p>
<p>Le morceau devient l&rsquo;un des principaux moteurs du succ&egrave;s international de <em>Songs from the Big Chair</em>, ainsi qu&rsquo;un autre num&eacute;ro un am&eacute;ricain. L&rsquo;album atteint lui-m&ecirc;me la premi&egrave;re place du Billboard 200. Tears for Fears vient alors d&rsquo;accomplir un d&eacute;placement d&eacute;cisif : les blessures et les rapports de contr&ocirc;le pr&eacute;sents dans l&rsquo;&eacute;criture d&rsquo;Orzabal demeurent, mais ils circulent d&eacute;sormais dans des chansons con&ccedil;ues gr&acirc;ce &agrave; un travail collectif de production.</p>
<p>&laquo; Head Over Heels &raquo; r&eacute;v&egrave;le une autre facette de cette m&eacute;thode. Orzabal part d&rsquo;une progression harmonique d&eacute;j&agrave; exp&eacute;riment&eacute;e dans &laquo; Broken &raquo;. Le groupe et le producteur organisent une continuit&eacute; entre les deux morceaux sur l&rsquo;album, tout en peaufinant &laquo; Head Over Heels &raquo; pour accentuer sa dimension romantique et radiophonique. Plut&ocirc;t qu&rsquo;une collection de titres isol&eacute;s, le disque conserve donc des liens internes, m&ecirc;me sans reprendre le concept ferm&eacute; de son pr&eacute;d&eacute;cesseur.</p>
<h2>Le perfectionnisme de <em>The Seeds of Love</em> fracture le duo</h2>
<p>Le studio, qui avait permis l&rsquo;expansion de Tears for Fears, devient ensuite un lieu de tension. &Agrave; la fin des ann&eacute;es 1980, la r&eacute;alisation de <em>The Seeds of Love</em> s&rsquo;&eacute;tire sur plusieurs ann&eacute;es. Les sessions se multiplient, les musiciens et producteurs changent, les co&ucirc;ts augmentent. Orzabal r&eacute;enregistre des parties et &eacute;largit les influences du projet vers le rock, le jazz et la soul.</p>
<p>Cette recherche perfectionniste accentue les d&eacute;saccords personnels et cr&eacute;atifs avec Curt Smith. Le partenariat form&eacute; &agrave; Bath finit par se rompre lorsque Smith quitte Tears for Fears en 1991. Orzabal conserve le nom du groupe et prend un r&ocirc;le encore plus central sur <em>Elemental</em> en 1993, puis <em>Raoul and the Kings of Spain</em> en 1995. Ce dernier disque s&rsquo;appuie notamment sur des th&egrave;mes familiaux et identitaires, avec son deuxi&egrave;me pr&eacute;nom, Raoul, comme pivot narratif.</p>
<h2>La r&eacute;conciliation ram&egrave;ne Roland Orzabal &agrave; son partenaire d&rsquo;origine</h2>
<p>Apr&egrave;s une d&eacute;cennie de s&eacute;paration et de contentieux, Roland Orzabal et Curt Smith se r&eacute;concilient au tournant des ann&eacute;es 2000. Leur r&eacute;union artistique aboutit &agrave; <em>Everybody Loves a Happy Ending</em> en 2004 et r&eacute;tablit officiellement Tears for Fears comme duo. La relation commenc&eacute;e &agrave; l&rsquo;adolescence a surv&eacute;cu &agrave; la divergence qui semblait l&rsquo;avoir d&eacute;finitivement interrompue.</p>
<p>Au d&eacute;but des ann&eacute;es 2020, <em>The Tipping Point</em> prolonge ce retour apr&egrave;s un d&eacute;veloppement difficile et plusieurs tentatives avort&eacute;es. Orzabal y transforme de nouveau des &eacute;preuves personnelles en chansons, notamment la maladie et la perte de sa premi&egrave;re &eacute;pouse, sans que le projet se limite &agrave; une r&eacute;p&eacute;tition de <em>The Hurting</em>. La douleur n&rsquo;est plus celle observ&eacute;e depuis l&rsquo;adolescence, mais elle demeure une mati&egrave;re d&rsquo;&eacute;criture explicitement assum&eacute;e.</p>
<p>&Agrave; 65 ans, Roland Orzabal peut ainsi regarder son parcours comme une s&eacute;rie de transformations plut&ocirc;t que comme l&rsquo;abandon d&rsquo;un th&egrave;me fondateur. &laquo; Mad World &raquo; convertissait d&eacute;j&agrave; le malaise adolescent en single ; &laquo; Shout &raquo; &eacute;largissait la catharsis gr&acirc;ce au studio ; <em>The Tipping Point</em> reprend ce geste &agrave; partir d&rsquo;exp&eacute;riences adultes. Entre ces &eacute;tapes, la pr&eacute;sence, le d&eacute;part puis le retour de Curt Smith montrent combien cette &eacute;criture est aussi l&rsquo;histoire d&rsquo;un dialogue.</p>
<p>Orzabal d&eacute;clarait r&eacute;cemment : &laquo; Musicalement, nous avons le sentiment d&rsquo;&ecirc;tre au meilleur niveau de notre histoire. &raquo; La formule &eacute;claire surtout la continuit&eacute; de Tears for Fears : un duo n&eacute; de blessures communes, capable de traverser la s&eacute;paration puis de reprendre ensemble un travail commenc&eacute; &agrave; Bath, bien avant que ses chansons ne deviennent des succ&egrave;s mondiaux.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Hickey : Royel Otis pris dans le « speed dating » créatif d’un deuxième album</title>
      <description><![CDATA[Sorti le 22 ao&ucirc;t 2025, Hickey, le deuxi&egrave;me album du duo australien Royel Otis, f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui son premier anniversaire. Con&ccedil;u dans un calendrier charg&eacute; de tourn&eacute;es, d&rsquo;interviews et ...]]></description>
      <pubDate>Fri, 21 Aug 2026 22:05:00 +0000</pubDate>
      <link>http://radiocollection.fr/news/hickey-royel-otis-pris-dans-le-speed-dating-creatif-d-un-deuxieme-album-326</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><b>Sorti le 22 ao&ucirc;t 2025, <em>Hickey</em>, le deuxi&egrave;me album du duo australien Royel Otis, f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui son premier anniversaire. Con&ccedil;u dans un calendrier charg&eacute; de tourn&eacute;es, d&rsquo;interviews et de passages en studio, le disque s&rsquo;est construit au fil de sessions rapides. Avant m&ecirc;me son annonce officielle, &laquo; Moody &raquo; en avait d&eacute;j&agrave; ouvert la voie, devenant le point d&rsquo;ancrage de son lancement international.</b></p>
<p></p>
<p>Pour Royel Alcorn et Otis Pavlovic, la pr&eacute;paration de <em>Hickey</em> n&rsquo;a pas pris la forme d&rsquo;une longue retraite en studio. Royel Otis avan&ccedil;ait alors entre les tourn&eacute;es, les interviews et des fen&ecirc;tres de travail resserr&eacute;es. Un an jour pour jour apr&egrave;s sa sortie internationale, le 22 ao&ucirc;t 2025, le deuxi&egrave;me album du duo porte encore la trace de ce calendrier particuli&egrave;rement dense.</p>
<p>Le groupe australien venait &agrave; peine de terminer le cycle de <em>Pratts &amp; Pain</em>, son premier album paru en 2024. Les communications entourant son successeur insistaient sur cette continuit&eacute; rapide : <em>Hickey</em> arrivait d&egrave;s l&rsquo;ann&eacute;e suivante, tandis que le duo poursuivait ses activit&eacute;s sc&eacute;niques et promotionnelles. Plut&ocirc;t qu&rsquo;un projet &eacute;labor&eacute; &agrave; distance de cette agitation, le disque a donc pris forme au c&oelig;ur de celle-ci.</p>
<h2>Des sessions v&eacute;cues comme un &laquo; speed dating &raquo; musical</h2>
<p>L&rsquo;expression choisie par Royel Otis pour r&eacute;sumer cette p&eacute;riode est r&eacute;v&eacute;latrice. Dans un portrait publi&eacute; peu avant la sortie, le duo expliquait que &laquo; cr&eacute;er ce nouvel album donnait l&rsquo;impression de faire du speed dating &raquo;. La comparaison renvoyait &agrave; une succession rapide de rencontres de travail et de prises r&eacute;alis&eacute;es dans des d&eacute;lais serr&eacute;s.</p>
<p>Cette formule ne donne pas le d&eacute;tail des studios, des producteurs ou des m&eacute;thodes techniques employ&eacute;es, mais elle &eacute;claire le rythme g&eacute;n&eacute;ral du projet. Royel Otis devait passer rapidement d&rsquo;une session &agrave; une autre tout en maintenant un programme d&eacute;j&agrave; rempli par les concerts et les entretiens. <em>Hickey</em> appara&icirc;t ainsi comme le produit d&rsquo;un encha&icirc;nement de moments cr&eacute;atifs courts, davantage que comme celui d&rsquo;une installation prolong&eacute;e dans un m&ecirc;me lieu.</p>
<p>Le contexte comptait aussi par sa proximit&eacute; avec <em>Pratts &amp; Pain</em>. Les supports officiels et plusieurs articles pr&eacute;sentaient le nouveau disque comme une prolongation de l&rsquo;esth&eacute;tique indie-pop et guitar-pop du duo, apr&egrave;s les critiques favorables et les r&eacute;compenses obtenues par son pr&eacute;d&eacute;cesseur en 2024. Il fallait pr&eacute;parer un deuxi&egrave;me album sans interrompre l&rsquo;&eacute;lan du premier.</p>
<h2>&laquo; Moody &raquo; ouvre la porte avant m&ecirc;me l&rsquo;annonce de <em>Hickey</em></h2>
<p>La premi&egrave;re &eacute;tape publique arrive le 9 mai 2025. Plus de trois mois avant l&rsquo;album, Royel Otis publie &laquo; Moody &raquo;, pr&eacute;sent&eacute; par Universal Music et les plateformes de streaming comme un avant-go&ucirc;t de ce deuxi&egrave;me disque. &Agrave; ce moment-l&agrave;, <em>Hickey</em> n&rsquo;a pas encore fait l&rsquo;objet de son annonce compl&egrave;te, mais sa campagne est d&eacute;j&agrave; engag&eacute;e.</p>
<p>&laquo; Moody &raquo; joue alors un double r&ocirc;le. Le morceau sert de passerelle entre <em>Pratts &amp; Pain</em> et les nouvelles chansons, tout en &eacute;tant mis en avant comme le principal single du projet. Les communications de presse soulignent son potentiel radiophonique et sa capacit&eacute; &agrave; atteindre un public plus large que les pr&eacute;c&eacute;dentes sorties du duo.</p>
<p>Sa pr&eacute;sentation ne se limite pas &agrave; une mise en ligne. Lors d&rsquo;un &eacute;v&eacute;nement promotionnel organis&eacute; autour de sa sortie, Royel Otis interpr&egrave;te &laquo; Moody &raquo; en concert et joue &eacute;galement d&rsquo;autres titres encore in&eacute;dits du futur album. Les personnes pr&eacute;sentes entendent ainsi une partie de <em>Hickey</em> avant m&ecirc;me que le disque soit officiellement d&eacute;voil&eacute; dans son ensemble. La chanson est install&eacute;e d&rsquo;embl&eacute;e &agrave; la fois comme single et comme morceau de sc&egrave;ne.</p>
<h2>En juin, &laquo; Car &raquo; donne un deuxi&egrave;me aper&ccedil;u du disque</h2>
<p>L&rsquo;annonce officielle intervient en juin 2025. Royel Otis confirme alors le titre de l&rsquo;album, son statut de successeur de <em>Pratts &amp; Pain</em> et sa date de publication fix&eacute;e au 22 ao&ucirc;t. Le lancement doit &ecirc;tre coordonn&eacute; &agrave; l&rsquo;international par OURNESS et Capitol Records, avec les partenaires d&rsquo;Universal.</p>
<p>Cette annonce s&rsquo;accompagne de nouveaux titres, dont &laquo; Car &raquo;, propos&eacute; avec un visuel ou un clip. Apr&egrave;s la fonction de premier signal confi&eacute;e &agrave; &laquo; Moody &raquo;, cette nouvelle publication &eacute;largit progressivement la pr&eacute;sentation du disque. Le public ne d&eacute;couvre donc pas <em>Hickey</em> en une seule fois : son arriv&eacute;e est pr&eacute;par&eacute;e par plusieurs fen&ecirc;tres successives, chacune montrant une autre partie du projet.</p>
<p>Ce d&eacute;voilement par &eacute;tapes r&eacute;pond au rythme m&ecirc;me dans lequel l&rsquo;album a &eacute;t&eacute; fabriqu&eacute;. Tandis que les sessions sont d&eacute;crites comme rapides et &eacute;clat&eacute;es, la campagne rassemble peu &agrave; peu ces &eacute;l&eacute;ments sous un titre commun. &laquo; Moody &raquo; amorce le mouvement en mai ; &laquo; Car &raquo; accompagne l&rsquo;annonce de juin ; l&rsquo;album complet re&ccedil;oit ensuite sa date et son cadre de publication.</p>
<h2>Une sortie internationale coordonn&eacute;e le 22 ao&ucirc;t 2025</h2>
<p>Le 22 ao&ucirc;t 2025, <em>Hickey</em> para&icirc;t simultan&eacute;ment en Australie, au Canada et sur les march&eacute;s internationaux concern&eacute;s. Le communiqu&eacute; canadien publi&eacute; ce jour-l&agrave; confirme que le disque est disponible, tandis que les annonces de Billboard, DIY et d&rsquo;autres m&eacute;dias reprennent la m&ecirc;me date pour le deuxi&egrave;me album de Royel Otis.</p>
<p>Cette sortie donne son aboutissement &agrave; plus de trois mois de pr&eacute;paration publique. Elle relie les chansons d&eacute;j&agrave; diffus&eacute;es &agrave; un album que les labels pr&eacute;sentent comme la suite directe du premier chapitre discographique du duo. Dans cette construction, &laquo; Moody &raquo; conserve une place centrale : les descriptions de vid&eacute;os et de singles l&rsquo;associent syst&eacute;matiquement &agrave; <em>Hickey</em>, au point d&rsquo;en faire son principal rep&egrave;re promotionnel.</p>
<h2>&laquo; Moody &raquo; prolonge la campagne sur sc&egrave;ne</h2>
<p>Apr&egrave;s la parution de l&rsquo;album, la trajectoire de &laquo; Moody &raquo; se poursuit avec des versions live film&eacute;es. &Agrave; partir d&rsquo;octobre 2025, des sessions radio et des performances diffus&eacute;es sur des plateformes vid&eacute;o prolongent la campagne du disque. Une interpr&eacute;tation enregistr&eacute;e pour SiriusXM Alt Nation figure notamment parmi ces contenus.</p>
<p>Ce prolongement confirme la logique engag&eacute;e d&egrave;s le mois de mai. Premi&egrave;re chanson utilis&eacute;e pour annoncer le nouveau cycle, &laquo; Moody &raquo; accompagne Royel Otis avant, pendant et apr&egrave;s la publication de <em>Hickey</em>. Le morceau passe de l&rsquo;avant-go&ucirc;t pr&eacute;sent&eacute; en concert au single principal, puis au titre r&eacute;guli&egrave;rement repris dans les sessions film&eacute;es li&eacute;es &agrave; l&rsquo;album.</p>
<h2>Un deuxi&egrave;me album fabriqu&eacute; sans temps mort</h2>
<p>Un an apr&egrave;s sa sortie, l&rsquo;histoire de <em>Hickey</em> se lit d&rsquo;abord dans la vitesse de son &eacute;laboration. Royel Otis a con&ccedil;u ce deuxi&egrave;me album alors que le cycle de <em>Pratts &amp; Pain</em> &eacute;tait encore r&eacute;cent, en faisant tenir les sessions entre les tourn&eacute;es, les interviews et les autres obligations du duo. La comparaison avec le &laquo; speed dating &raquo; r&eacute;sume cette mani&egrave;re de travailler par rencontres et s&eacute;quences br&egrave;ves.</p>
<p>La publication a ensuite donn&eacute; une continuit&eacute; &agrave; ce processus fragment&eacute;. &laquo; Moody &raquo; a fourni le premier point de ralliement, &laquo; Car &raquo; a accompagn&eacute; l&rsquo;annonce officielle, puis la sortie internationale du 22 ao&ucirc;t 2025 a r&eacute;uni ces &eacute;tapes sous le nom de <em>Hickey</em>. Son premier anniversaire rappelle ainsi moins une date isol&eacute;e qu&rsquo;une ann&eacute;e de travail lanc&eacute;e dans l&rsquo;urgence, d&eacute;voil&eacute;e morceau apr&egrave;s morceau et durablement associ&eacute;e &agrave; une chanson choisie pour ouvrir la route.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Steve Smith : du jazz fusion de Jean-Luc Ponty au sommet commercial de Journey</title>
      <description><![CDATA[N&eacute; le 21 ao&ucirc;t 1954 &agrave; Whitman, dans le Massachusetts, Steve Smith f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 72 ans. Avant de devenir le batteur de Journey pendant la p&eacute;riode d&rsquo;Escape et de &laquo; Don&rsquo;t Sto...]]></description>
      <pubDate>Thu, 20 Aug 2026 22:10:00 +0000</pubDate>
      <link>http://radiocollection.fr/news/steve-smith-du-jazz-fusion-de-jean-luc-ponty-au-sommet-commercial-de-journey-318</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><b>N&eacute; le 21 ao&ucirc;t 1954 &agrave; Whitman, dans le Massachusetts, Steve Smith f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 72 ans. Avant de devenir le batteur de Journey pendant la p&eacute;riode d&rsquo;<em>Escape</em> et de &laquo; Don&rsquo;t Stop Believin&rsquo; &raquo;, ce musicien form&eacute; au jazz avait quitt&eacute; Berklee pour rejoindre Jean-Luc Ponty. Une trajectoire qui &eacute;claire son r&ocirc;le dans la transformation commerciale du groupe, sans effacer son attachement durable &agrave; la fusion.</b></p>
<p>En 1976, Steve Smith prend une d&eacute;cision qui oriente toute la suite de son parcours : il quitte le Berklee College of Music pour partir en tourn&eacute;e et enregistrer avec Jean-Luc Ponty. Deux ans plus tard, apr&egrave;s un bref passage aupr&egrave;s de Ronnie Montrose, le batteur rejoint Journey au moment o&ugrave; le groupe cherche &agrave; &eacute;largir son rock et son public.</p>
<p>Ce 21 ao&ucirc;t 2026, Steve Smith f&ecirc;te ses 72 ans. Son passage du circuit jazz fusion aux albums les plus populaires de Journey ne raconte pourtant pas un simple changement de genre. Il dessine plut&ocirc;t le parcours d&rsquo;un musicien qui a particip&eacute; &agrave; l&rsquo;essor commercial d&rsquo;un grand groupe rock tout en conservant, parall&egrave;lement, son propre espace consacr&eacute; au jazz et &agrave; la fusion.</p>
<h2>Des fanfares de Whitman aux &eacute;tudes de jazz</h2>
<p>N&eacute; Steven Bruce Smith le 21 ao&ucirc;t 1954 &agrave; Whitman, dans le Massachusetts, le futur batteur commence &agrave; jouer &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de neuf ans. Il a expliqu&eacute; que les fanfares de parade de sa ville avaient &eacute;veill&eacute; son int&eacute;r&ecirc;t pour l&rsquo;instrument. Cette origine locale pr&eacute;c&egrave;de une formation marqu&eacute;e par le jazz et par la sc&egrave;ne musicale de Boston.</p>
<p>Smith poursuit cet apprentissage au Berklee College of Music. Cette &eacute;tape ne constitue cependant pas une fin en soi : en 1976, l&rsquo;occasion de travailler avec Jean-Luc Ponty le conduit &agrave; quitter l&rsquo;&eacute;tablissement. Le choix l&rsquo;emm&egrave;ne directement vers la tourn&eacute;e et l&rsquo;enregistrement, soit l&rsquo;exp&eacute;rience professionnelle qu&rsquo;il d&eacute;cide alors de privil&eacute;gier.</p>
<h2>Quitter Berklee pour rejoindre Jean-Luc Ponty</h2>
<p>Avec Jean-Luc Ponty, Steve Smith entre dans le circuit international du jazz fusion. Il participe aux tourn&eacute;es du violoniste et appara&icirc;t sur <em>Enigmatic Ocean</em>. Cette p&eacute;riode, situ&eacute;e entre 1976 et 1977, &eacute;tablit son profil avant que son nom ne soit associ&eacute; aux grands succ&egrave;s de Journey.</p>
<p>Le contraste avec la suite est net, mais la transition ne se fait pas en une seule &eacute;tape. Smith passe bri&egrave;vement chez Ronnie Montrose, puis re&ccedil;oit en 1978 une invitation de Journey. Le groupe cherche alors un batteur en mesure d&rsquo;accompagner son virage vers un rock destin&eacute; &agrave; une audience plus large. Pour le musicien issu du jazz, cette proposition ouvre une nouvelle dimension de carri&egrave;re.</p>
<h2>Steve Smith rejoint Journey au moment du virage commercial</h2>
<p>L&rsquo;arriv&eacute;e de Steve Smith ne pr&eacute;c&egrave;de pas imm&eacute;diatement &laquo; Don&rsquo;t Stop Believin&rsquo; &raquo;. Elle s&rsquo;inscrit dans une mont&eacute;e en puissance qui commence avec <em>Evolution</em>, publi&eacute; en 1979. Dans un entretien plus r&eacute;cent, le batteur a d&rsquo;ailleurs rappel&eacute; que le premier grand succ&egrave;s de cette p&eacute;riode n&rsquo;&eacute;tait pas &laquo; Any Way You Want It &raquo;, mais bien l&rsquo;album pr&eacute;c&eacute;dent.</p>
<p><em>Evolution</em> comprend notamment &laquo; Love and Touch and Squeeze &raquo;. Ce titre sert de rep&egrave;re dans la progression de Journey avec Smith : il appartient &agrave; l&rsquo;&eacute;tape qui pr&eacute;c&egrave;de &laquo; Any Way You Want It &raquo;, associ&eacute; &agrave; <em>Departure</em> en 1980. En deux albums, le nouveau batteur accompagne ainsi un groupe dont la visibilit&eacute; commerciale s&rsquo;affirme avant m&ecirc;me la parution de son disque le plus connu.</p>
<p>Cette chronologie permet de mesurer ce que son recrutement repr&eacute;sente r&eacute;ellement. Journey ne passe pas brusquement de l&rsquo;ombre au succ&egrave;s avec une seule chanson. La p&eacute;riode Smith se construit album apr&egrave;s album, de <em>Evolution</em> &agrave; <em>Departure</em>, avant d&rsquo;atteindre son sommet commercial avec <em>Escape</em> puis <em>Frontiers</em>.</p>
<h2>&laquo; Don&rsquo;t Stop Believin&rsquo; &raquo; devient le rep&egrave;re de l&rsquo;&egrave;re <em>Escape</em></h2>
<p>Paru en 1981, <em>Escape</em> associe Steve Smith &agrave; deux des titres les plus visibles de cette phase de Journey : &laquo; Don&rsquo;t Stop Believin&rsquo; &raquo; et &laquo; Open Arms &raquo;. Les sources disponibles ne permettent pas de lui attribuer un r&ocirc;le dans leur &eacute;criture ni de raconter leur gen&egrave;se de son point de vue. Elles &eacute;tablissent en revanche clairement sa pr&eacute;sence &agrave; la batterie sur l&rsquo;album qui porte le groupe &agrave; son sommet commercial.</p>
<p>&Agrave; propos de &laquo; Don&rsquo;t Stop Believin&rsquo; &raquo;, Berklee relaie une description particuli&egrave;rement pr&eacute;cise de son jeu : &laquo; un motif complexe jou&eacute; en ouverture de main &raquo;. Cette remarque est r&eacute;v&eacute;latrice du parcours de Smith. Derri&egrave;re un morceau devenu un rep&egrave;re du rock grand public se trouve un batteur dont la formation et les premi&egrave;res exp&eacute;riences professionnelles appartiennent au jazz et &agrave; la fusion.</p>
<p>Deux ans apr&egrave;s <em>Escape</em>, <em>Frontiers</em> prolonge cette p&eacute;riode. En l&rsquo;espace de quatre albums &mdash; <em>Evolution</em>, <em>Departure</em>, <em>Escape</em> et <em>Frontiers</em> &mdash; Smith participe donc &agrave; la s&eacute;quence qui installe Journey au plus haut niveau commercial de son histoire.</p>
<h2>Vital Information maintient le lien avec la fusion</h2>
<p>La r&eacute;ussite de Journey ne referme pas le chapitre jazz. &Agrave; partir de 1983, Steve Smith dirige Vital Information, un projet consacr&eacute; au jazz et &agrave; la fusion. Le calendrier est significatif : le groupe appara&icirc;t au c&oelig;ur m&ecirc;me de la p&eacute;riode o&ugrave; Journey publie <em>Frontiers</em>. Smith ne revient donc pas au jazz apr&egrave;s le rock ; il m&egrave;ne les deux voies en parall&egrave;le.</p>
<p>Vital Information lui offre aussi un r&ocirc;le diff&eacute;rent. Dans Journey, il occupe la place de batteur au sein d&rsquo;une formation engag&eacute;e dans une phase de forte expansion. Avec son propre projet, il devient &eacute;galement leader de groupe. Cette continuit&eacute; permet de comprendre pourquoi son parcours ne se r&eacute;sume pas aux chansons les plus diffus&eacute;es de Journey.</p>
<h2>Des d&eacute;parts, des retours et une reconnaissance institutionnelle</h2>
<p>Steve Smith quitte Journey en 1985. Il retrouve ensuite le groupe pour <em>Trial by Fire</em>, publi&eacute; en 1996, avant une autre p&eacute;riode de collaboration qui se poursuit jusqu&rsquo;en 2020 selon les sources consult&eacute;es. Ces retours donnent &agrave; son histoire avec Journey une structure en plusieurs actes plut&ocirc;t qu&rsquo;un passage limit&eacute; aux premi&egrave;res ann&eacute;es 1980.</p>
<p>La reconnaissance accompagne &eacute;galement ce parcours. Le Hall of Fame du magazine <em>Modern Drummer</em> l&rsquo;int&egrave;gre en 2002. Le 7 avril 2017, Smith entre par ailleurs au Rock and Roll Hall of Fame avec Journey, consacrant institutionnellement son appartenance &agrave; la formation associ&eacute;e &agrave; <em>Escape</em> et <em>Frontiers</em>.</p>
<h2>Le fil jazz de Steve Smith n&rsquo;a jamais disparu</h2>
<p>&Agrave; 72 ans, Steve Smith reste pr&eacute;sent&eacute; par les sources r&eacute;centes comme un musicien, un leader de groupe et un &eacute;ducateur actif. Ses activit&eacute;s comprennent des projets li&eacute;s &agrave; Vital Information ainsi que des clinics et des initiatives d&rsquo;enseignement. Ce pr&eacute;sent prolonge la ligne ouverte bien avant Journey, lorsqu&rsquo;il &eacute;tudiait encore &agrave; Boston puis choisissait la route avec Jean-Luc Ponty.</p>
<p>Son parcours se lit ainsi moins comme une conversion du jazz au rock que comme la coexistence de deux trajectoires. D&rsquo;un c&ocirc;t&eacute;, un batteur participe &agrave; la p&eacute;riode commerciale majeure de Journey, de &laquo; Love and Touch and Squeeze &raquo; &agrave; &laquo; Don&rsquo;t Stop Believin&rsquo; &raquo; et &laquo; Open Arms &raquo;. De l&rsquo;autre, le m&ecirc;me musicien d&eacute;veloppe Vital Information sans abandonner le langage qui avait structur&eacute; sa formation.</p>
<p>Le choix effectu&eacute; en 1976 prend alors tout son relief. En quittant Berklee pour une exp&eacute;rience de tourn&eacute;e et de studio, Steve Smith ne pouvait pas encore savoir qu&rsquo;il rejoindrait Journey deux ans plus tard. Mais cette succession &mdash; Jean-Luc Ponty, Ronnie Montrose, puis Journey &mdash; permet aujourd&rsquo;hui de comprendre comment un batteur venu du jazz fusion a trouv&eacute; sa place au c&oelig;ur d&rsquo;une phase d&eacute;cisive du rock am&eacute;ricain.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Le coup de fil qui a fait de Budgie le moteur rythmique des Banshees</title>
      <description><![CDATA[N&eacute; le 21 ao&ucirc;t 1957 &agrave; St Helens, en Angleterre, Budgie f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 69 ans. Le batteur et percussionniste britannique, de son vrai nom Peter Edward Clarke, devait seulement remplacer Kenny Morris en tourn&...]]></description>
      <pubDate>Thu, 20 Aug 2026 22:05:00 +0000</pubDate>
      <link>http://radiocollection.fr/news/le-coup-de-fil-qui-a-fait-de-budgie-le-moteur-rythmique-des-banshees-317</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><b>N&eacute; le 21 ao&ucirc;t 1957 &agrave; St Helens, en Angleterre, Budgie f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 69 ans. Le batteur et percussionniste britannique, de son vrai nom Peter Edward Clarke, devait seulement remplacer Kenny Morris en tourn&eacute;e avec Siouxsie and the Banshees. Cet engagement provisoire durera jusqu&rsquo;en 1996 et donnera naissance, avec Siouxsie Sioux, &agrave; une autre aventure : The Creatures.</b></p>
<p>&Agrave; la fin de 1979, Budgie entre dans Siouxsie and the Banshees pour r&eacute;pondre &agrave; une urgence. Le d&eacute;part pr&eacute;cipit&eacute; du batteur Kenny Morris oblige le groupe &agrave; trouver un rempla&ccedil;ant pour la tourn&eacute;e. Ce 21 ao&ucirc;t 2026, jour de ses 69 ans, cet &eacute;pisode appara&icirc;t comme le point de d&eacute;part d&rsquo;une transformation durable : Peter Edward Clarke, dit Budgie, restera au sein des Banshees jusqu&rsquo;&agrave; leur s&eacute;paration en 1996.</p>
<p>Entre ces deux dates, son r&ocirc;le d&eacute;passe largement celui d&rsquo;un musicien venu assurer quelques concerts. Sa premi&egrave;re participation discographique majeure, <em>Kaleidoscope</em>, rend son int&eacute;gration audible d&egrave;s 1980. Son jeu contribue ensuite &agrave; &eacute;loigner le groupe de son punk initial pour installer une approche rythmique plus textur&eacute;e, dont &laquo; Spellbound &raquo; devient l&rsquo;un des exemples les plus souvent cit&eacute;s.</p>
<h2>Un coup de fil pour remplacer Kenny Morris</h2>
<p>L&rsquo;arriv&eacute;e de Budgie ne r&eacute;sulte pas d&rsquo;un recrutement longuement pr&eacute;par&eacute;. Lorsque Kenny Morris quitte Siouxsie and the Banshees en 1979, le groupe doit poursuivre sa route avec une nouvelle batterie. Budgie est alors sollicit&eacute; comme solution temporaire, dans le contexte de la tourn&eacute;e qui suit la p&eacute;riode de <em>Join Hands</em>.</p>
<p>Deux ans plus tard, au cours d&rsquo;une interview publi&eacute;e en 1981, le batteur r&eacute;sume cette entr&eacute;e en mati&egrave;re sans d&eacute;velopper de grand r&eacute;cit. &laquo; J&rsquo;ai re&ccedil;u un coup de fil &raquo;, explique-t-il. &Agrave; la question de savoir pourquoi il a accept&eacute;, sa r&eacute;ponse est tout aussi directe : &laquo; Je n&rsquo;ai tout simplement pas pu r&eacute;sister. &raquo;</p>
<p>Ces quelques mots disent surtout la rapidit&eacute; de la d&eacute;cision. Budgie ne rejoint pas encore les Banshees avec la perspective document&eacute;e d&rsquo;y passer pr&egrave;s de dix-sept ans. Il arrive pour occuper une place laiss&eacute;e vide et r&eacute;pondre aux besoins imm&eacute;diats du groupe. Pourtant, ce remplacement devient rapidement une v&eacute;ritable int&eacute;gration.</p>
<h2>Avec <em>Kaleidoscope</em>, le rempla&ccedil;ant entre dans le son du groupe</h2>
<p>Le passage d&eacute;cisif s&rsquo;effectue sur disque. En 1980, <em>Kaleidoscope</em> constitue la premi&egrave;re participation discographique majeure de Budgie avec Siouxsie and the Banshees. Le batteur n&rsquo;est plus seulement celui qui a permis de poursuivre une tourn&eacute;e : il intervient d&eacute;sormais dans la nouvelle configuration cr&eacute;ative du groupe aux c&ocirc;t&eacute;s de Siouxsie Sioux et Steven Severin.</p>
<p>La dur&eacute;e de cette collaboration mesure l&rsquo;&eacute;cart entre la mission initiale et ce qu&rsquo;elle devient. Entr&eacute; &agrave; titre provisoire en 1979, Budgie traverse avec les Banshees les p&eacute;riodes de <em>Peepshow</em>, <em>Superstition</em> et <em>The Rapture</em>. Il demeure membre du groupe jusqu&rsquo;&agrave; sa s&eacute;paration en 1996.</p>
<p>Cette stabilit&eacute; ne signifie pas que son apport se limite &agrave; tenir un poste. Les sources biographiques consacr&eacute;es aux Banshees lui attribuent un r&ocirc;le d&eacute;terminant dans l&rsquo;installation d&rsquo;une batterie plus tribale et plus textur&eacute;e. Son jeu participe ainsi au d&eacute;placement du groupe au-del&agrave; de la rudesse punk de ses d&eacute;buts.</p>
<h2>&laquo; Spellbound &raquo;, exemple d&rsquo;une nouvelle signature rythmique</h2>
<p>&laquo; Spellbound &raquo; permet d&rsquo;entendre la place prise par cette approche. Le morceau est r&eacute;guli&egrave;rement cit&eacute; parmi ceux o&ugrave; la batterie de Budgie contribue le plus clairement &agrave; la signature rythmique des Banshees. La percussion ne s&rsquo;y r&eacute;duit pas &agrave; un accompagnement : elle joue un r&ocirc;le dans la densit&eacute; et la dimension dansante associ&eacute;es &agrave; cette p&eacute;riode du groupe.</p>
<p>Il faut en revanche distinguer cette contribution de l&rsquo;histoire de &laquo; Hong Kong Garden &raquo;. Le single original pr&eacute;c&egrave;de l&rsquo;int&eacute;gration de Budgie dans la formation. Son nom peut &ecirc;tre associ&eacute; au virage plus textur&eacute; pris ensuite par les Banshees, mais le dossier ne permet pas de lui attribuer un r&ocirc;le dans la cr&eacute;ation ou l&rsquo;enregistrement initial du titre.</p>
<p>Cette distinction &eacute;claire pr&eacute;cis&eacute;ment son importance. Budgie ne participe pas aux tout premiers enregistrements qui ont fait conna&icirc;tre le groupe ; il intervient au moment o&ugrave; celui-ci r&eacute;organise son personnel et &eacute;largit ses moyens rythmiques. Son empreinte se construit donc dans la dur&eacute;e, &agrave; partir de <em>Kaleidoscope</em> et au fil des disques suivants.</p>
<h2>The Creatures place la percussion au centre</h2>
<p>En 1981, deux ans seulement apr&egrave;s l&rsquo;appel qui l&rsquo;a conduit chez les Banshees, Budgie forme The Creatures avec Siouxsie Sioux. Le projet parall&egrave;le offre un autre cadre &agrave; leur collaboration. Centr&eacute; sur les percussions et sur une approche plus exp&eacute;rimentale, il donne au batteur un espace distinct de celui qu&rsquo;il occupe dans le groupe principal.</p>
<p>The Creatures ne constitue donc pas une simple parenth&egrave;se entre deux albums des Banshees. Le projet se d&eacute;veloppe avec des disques comme <em>Feast</em> et <em>Boomerang</em>, tandis que Siouxsie et Budgie poursuivent simultan&eacute;ment leur travail au sein de la formation. Leur collaboration artistique s&rsquo;inscrit &eacute;galement dans une relation personnelle publique : ils se marient en 1991.</p>
<p>Une interview film&eacute;e &agrave; Toronto en 1986 montre d&eacute;j&agrave; les deux musiciens &eacute;voquant &laquo; Dear Prudence &raquo;, &laquo; Cities in Dust &raquo; et leur refus d&rsquo;&ecirc;tre enferm&eacute;s dans une seule cat&eacute;gorie. Cet &eacute;change donne un &eacute;clairage coh&eacute;rent au d&eacute;veloppement parall&egrave;le de The Creatures : les deux projets permettent d&rsquo;explorer des configurations diff&eacute;rentes sans r&eacute;duire leur travail &agrave; une formule unique.</p>
<h2><em>Anima Animus</em>, trois ans apr&egrave;s la fin des Banshees</h2>
<p>Lorsque Siouxsie and the Banshees se s&eacute;pare en 1996, The Creatures offre &agrave; Budgie et Siouxsie Sioux une continuit&eacute; artistique d&eacute;j&agrave; solidement &eacute;tablie. En 1999, le duo publie <em>Anima Animus</em>. La percussion de Budgie demeure l&rsquo;un des centres du projet, dans un format o&ugrave; son r&ocirc;le ne d&eacute;pend plus de l&rsquo;architecture d&rsquo;un groupe complet.</p>
<p>Cette &eacute;tape donne une autre port&eacute;e &agrave; la cr&eacute;ation de The Creatures en 1981. Le projet con&ccedil;u en parall&egrave;le survit au groupe autour duquel il avait d&rsquo;abord pris forme. Le parcours de Budgie ne se r&eacute;sume donc pas &agrave; sa long&eacute;vit&eacute; chez les Banshees : il comprend aussi la construction d&rsquo;un duo capable de poursuivre son activit&eacute; apr&egrave;s 1996.</p>
<h2>Budgie revient sur son parcours dans <em>The Absence</em></h2>
<p>En 2025, le musicien a publi&eacute; son autobiographie, <em>The Absence: Memoirs of a Banshee Drummer</em>. Il y revient notamment sur ses d&eacute;buts, ses pertes et sa vie musicale. Cette publication r&eacute;cente replace sa trajectoire sous son propre regard, plus de quatre d&eacute;cennies apr&egrave;s le coup de t&eacute;l&eacute;phone racont&eacute; dans l&rsquo;interview de 1981.</p>
<p>Le fil qui relie ces &eacute;pisodes tient dans le passage d&rsquo;une fonction provisoire &agrave; une identit&eacute; musicale durable. Budgie arrive pour remplacer un batteur ; il participe ensuite &agrave; la transformation rythmique de Siouxsie and the Banshees, puis construit avec The Creatures un projet o&ugrave; les percussions occupent une position centrale.</p>
<p>&Agrave; 69 ans, son parcours se lit ainsi moins comme une succession de groupes que comme le d&eacute;veloppement d&rsquo;un langage de batteur dans plusieurs cadres. L&rsquo;urgence de 1979 ouvre la voie &agrave; <em>Kaleidoscope</em>, &agrave; la pulsation de &laquo; Spellbound &raquo; et &agrave; l&rsquo;exp&eacute;rimentation de The Creatures. Ce qui devait durer le temps d&rsquo;une tourn&eacute;e aura finalement structur&eacute; l&rsquo;essentiel de son histoire musicale.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>D’Abbey Road à Ridge Farm, Oasis pousse Be Here Now jusqu’à la démesure</title>
      <description><![CDATA[Publi&eacute; au Royaume-Uni le 21 ao&ucirc;t 1997, Be Here Now, troisi&egrave;me album studio d&rsquo;Oasis, f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 29 ans. Con&ccedil;u dans l&rsquo;&eacute;lan des concerts de Knebworth et sous la pression ...]]></description>
      <pubDate>Thu, 20 Aug 2026 22:05:00 +0000</pubDate>
      <link>http://radiocollection.fr/news/d-abbey-road-a-ridge-farm-oasis-pousse-be-here-now-jusqu-a-la-demesure-319</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><b>Publi&eacute; au Royaume-Uni le 21 ao&ucirc;t 1997, <em>Be Here Now</em>, troisi&egrave;me album studio d&rsquo;Oasis, f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 29 ans. Con&ccedil;u dans l&rsquo;&eacute;lan des concerts de Knebworth et sous la pression d&rsquo;un management refusant toute pause, le disque passe des d&eacute;mos &eacute;pur&eacute;es de Mustique aux sessions agit&eacute;es d&rsquo;Abbey Road, avant que Noel Gallagher et Owen Morris n&rsquo;en poussent la production jusqu&rsquo;&agrave; la saturation.</b></p>
<p>&Agrave; Abbey Road, Oasis joue si fort qu&rsquo;un producteur occup&eacute; &agrave; enregistrer un album classique dans un studio voisin d&eacute;pose une plainte. Le groupe est pri&eacute; de baisser le volume, un rappel &agrave; l&rsquo;ordre que Noel et Liam Gallagher compareront &agrave; une r&eacute;primande scolaire. Cette sc&egrave;ne d&rsquo;octobre 1996 r&eacute;sume d&eacute;j&agrave; une partie de l&rsquo;histoire de <em>Be Here Now</em>, publi&eacute; au Royaume-Uni le 21 ao&ucirc;t 1997 et dont Oasis c&eacute;l&egrave;bre aujourd&rsquo;hui le 29e anniversaire.</p>
<p>Le troisi&egrave;me album du groupe na&icirc;t dans une situation inhabituelle : Oasis vient de conna&icirc;tre l&rsquo;immense succ&egrave;s de <em>(What&rsquo;s the Story) Morning Glory?</em> et de jouer les concerts de Knebworth en 1996. L&rsquo;attente entourant la suite est consid&eacute;rable, mais le groupe n&rsquo;est pas encourag&eacute; &agrave; ralentir. Selon Noel Gallagher, le management veut au contraire le maintenir constamment en activit&eacute;, par crainte qu&rsquo;une pause ne provoque sa chute.</p>
<h2>Un troisi&egrave;me album lanc&eacute; sans temps mort</h2>
<p><em>Be Here Now</em> appara&icirc;t ainsi comme le prolongement imm&eacute;diat d&rsquo;une p&eacute;riode o&ugrave; tout s&rsquo;acc&eacute;l&egrave;re. Le projet ne commence pourtant pas dans le tumulte d&rsquo;un grand studio londonien. Au d&eacute;but de 1996, Noel Gallagher part &agrave; Mustique et s&eacute;journe dans une villa appartenant &agrave; Mick Jagger. Avec Owen Morris, il y enregistre les d&eacute;mos de plusieurs chansons destin&eacute;es au futur album.</p>
<p>&laquo; Stand by Me &raquo;, &laquo; Don&rsquo;t Go Away &raquo; et &laquo; D&rsquo;You Know What I Mean? &raquo; prennent notamment forme dans ce cadre. Les maquettes sont plus d&eacute;pouill&eacute;es que les versions qui para&icirc;tront en 1997. Ce contraste, rendu plus nettement perceptible lorsque les d&eacute;mos de Mustique sont publi&eacute;es dans la r&eacute;&eacute;dition deluxe <em>Chasing the Sun</em> en 2016, permet de mesurer tout ce qui s&rsquo;est ajout&eacute; entre l&rsquo;&eacute;criture et le disque achev&eacute;.</p>
<h2>Abbey Road, entre volume excessif et tablo&iuml;ds</h2>
<p>Les sessions officielles commencent le 7 octobre 1996 &agrave; Abbey Road. Le prestige du lieu ne suffit pas &agrave; stabiliser le travail. Owen Morris d&eacute;crira la premi&egrave;re semaine comme particuli&egrave;rement mauvaise, dans une atmosph&egrave;re marqu&eacute;e par les tensions, une forte consommation de drogues et la lecture des tablo&iuml;ds dans les couloirs.</p>
<p>&Agrave; la pression ext&eacute;rieure s&rsquo;ajoute le probl&egrave;me du volume. La plainte venue d&rsquo;un autre studio conduit l&rsquo;&eacute;quipe d&rsquo;Abbey Road &agrave; demander &agrave; Oasis de jouer moins fort. Les journalistes et les curieux pr&eacute;sents autour des s&eacute;ances contribuent &eacute;galement &agrave; rendre le lieu difficile &agrave; g&eacute;rer. Apr&egrave;s seulement trois morceaux enregistr&eacute;s, le groupe d&eacute;cide de partir.</p>
<p>Le 11 novembre, les sessions sont transf&eacute;r&eacute;es &agrave; Ridge Farm, un studio r&eacute;sidentiel situ&eacute; dans le Surrey. Ce changement de d&eacute;cor doit permettre &agrave; Noel et Liam Gallagher de retrouver la sensation de fonctionner comme un groupe, loin du cirque m&eacute;diatique. Le retrait ne signifie pourtant pas un retour &agrave; la mesure : c&rsquo;est dans cet isolement que le principe de surench&egrave;re va se d&eacute;ployer pleinement.</p>
<h2>Jusqu&rsquo;&agrave; trente pistes de guitare par morceau</h2>
<p>Noel Gallagher et Owen Morris construisent une production volontairement massive. Les guitares sont empil&eacute;es, parfois jusqu&rsquo;&agrave; une trentaine de pistes sur une m&ecirc;me chanson, tandis que le mixage est pouss&eacute; &agrave; un niveau extr&ecirc;mement &eacute;lev&eacute;. La densit&eacute; n&rsquo;est pas un effet secondaire des s&eacute;ances : elle r&eacute;pond &agrave; leur volont&eacute; de donner au disque des proportions colossales.</p>
<p>Noel verrouille aussi l&rsquo;acc&egrave;s au studio. Ni le management ni ses proches ne sont admis pendant les sessions, afin qu&rsquo;il conserve le contr&ocirc;le des arrangements et de la dur&eacute;e des morceaux. En 1997, il r&eacute;sume cette position sans d&eacute;tour : &laquo; Si je veux qu&rsquo;une chanson dure 10 minutes, elle durera 10 minutes. &raquo; Les &eacute;ventuelles contraintes radiophoniques ne d&eacute;terminent donc pas les choix effectu&eacute;s &agrave; Ridge Farm.</p>
<p>Le travail s&rsquo;&eacute;tend d&rsquo;octobre 1996 &agrave; mars 1997, sans suivre pour autant un rythme r&eacute;gulier. Noel interrompt ponctuellement les enregistrements pour partir en vacances, refusant de devenir l&rsquo;esclave du studio. Entre les exc&egrave;s des s&eacute;ances et ces &eacute;chapp&eacute;es, la fabrication de <em>Be Here Now</em> avance de mani&egrave;re erratique.</p>
<h2>&laquo; Stand by Me &raquo; et &laquo; Don&rsquo;t Go Away &raquo; changent d&rsquo;&eacute;chelle</h2>
<p>Le parcours de &laquo; Stand by Me &raquo; montre concr&egrave;tement comment les chansons sont transform&eacute;es. &Agrave; Mustique, Noel Gallagher en avait enregistr&eacute; une d&eacute;mo reposant sur une guitare et une structure simple. Pour l&rsquo;album, le morceau re&ccedil;oit de multiples couches de guitares, des claviers et des ch&oelig;urs sous la supervision d&rsquo;Owen Morris. Son canevas classique demeure, mais il est int&eacute;gr&eacute; &agrave; l&rsquo;arrangement tr&egrave;s dense choisi pour l&rsquo;ensemble du disque.</p>
<p>&laquo; Don&rsquo;t Go Away &raquo; conna&icirc;t une &eacute;volution comparable. &Eacute;crite par Noel et mise en d&eacute;mo dans la villa de Mick Jagger, la chanson fait partie de celles qui n&rsquo;avaient pas trouv&eacute; leur place sur les deux premiers albums d&rsquo;Oasis. Reprise pour <em>Be Here Now</em>, elle devient une ballade charg&eacute;e de guitares et de cordes, loin de la sobri&eacute;t&eacute; de sa version de travail.</p>
<p>Cette transformation ne concerne pas seulement l&rsquo;instrumentation. Choisi comme premier single, &laquo; D&rsquo;You Know What I Mean? &raquo; d&eacute;passe les sept minutes et associe guitares multiples, samples et effets. Le titre d&rsquo;ouverture est con&ccedil;u pour exposer imm&eacute;diatement la logique de surench&egrave;re du projet. Noel reconna&icirc;tra plus tard que la longueur et la densit&eacute; de plusieurs chansons les rendaient difficiles &agrave; d&eacute;fendre sur sc&egrave;ne.</p>
<h2>Une date de sortie inscrite dans la pochette</h2>
<p>La d&eacute;mesure gagne &eacute;galement l&rsquo;image de <em>Be Here Now</em>. Photographi&eacute;e dans le parc d&rsquo;une grande maison, la pochette con&ccedil;ue avec Brian Cannon r&eacute;unit une Rolls-Royce immerg&eacute;e dans une piscine et une multitude d&rsquo;objets r&eacute;tro. Parmi eux figure un calendrier r&eacute;gl&eacute; sur la date de publication du disque.</p>
<p>Ce d&eacute;tail varie selon les territoires. L&rsquo;&eacute;dition britannique affiche le 21 ao&ucirc;t, tandis que la version am&eacute;ricaine indique le 26 ao&ucirc;t, jour de la sortie aux &Eacute;tats-Unis. L&rsquo;anniversaire c&eacute;l&eacute;br&eacute; aujourd&rsquo;hui correspond donc pr&eacute;cis&eacute;ment &agrave; la publication britannique chez Creation Records, et non &agrave; une sortie mondiale simultan&eacute;e.</p>
<p>Cette date du 21 ao&ucirc;t avait elle-m&ecirc;me &eacute;t&eacute; avanc&eacute;e par rapport au calendrier initial. Le label et le management craignaient que des exemplaires import&eacute;s des &Eacute;tats-Unis ne parviennent en Grande-Bretagne avant la commercialisation nationale. Jusqu&rsquo;au choix du jour de publication, <em>Be Here Now</em> reste ainsi soumis &agrave; la n&eacute;cessit&eacute; de ma&icirc;triser une attente devenue internationale.</p>
<h2>Un d&eacute;part commercial &agrave; la mesure de l&rsquo;attente</h2>
<p>Les premiers chiffres britanniques traduisent cette pression accumul&eacute;e. Environ 424 000 exemplaires sont vendus d&egrave;s le premier jour, puis plus de 663 000 au cours de la premi&egrave;re semaine. <em>Be Here Now</em> devient alors l&rsquo;une des sorties les plus rapides de l&rsquo;histoire des classements britanniques et obtient par la suite plusieurs certifications de platine.</p>
<p>Avec le recul, Noel Gallagher a toutefois formul&eacute; de fortes r&eacute;serves sur les circonstances dans lesquelles le disque a &eacute;t&eacute; fabriqu&eacute;. &laquo; On n&rsquo;aurait jamais d&ucirc; faire ce disque &agrave; ce moment-l&agrave; &raquo;, d&eacute;clarera-t-il en revenant sur la fatigue, les drogues et la pression de l&rsquo;apr&egrave;s-Knebworth. Il estimera aussi que certaines chansons fonctionnaient mieux dans leurs versions d&eacute;mo.</p>
<p>Vingt-neuf ans apr&egrave;s sa sortie britannique, <em>Be Here Now</em> raconte donc autant une m&eacute;thode d&rsquo;enregistrement qu&rsquo;un moment pr&eacute;cis dans le parcours d&rsquo;Oasis. Des esquisses de Mustique aux couches de guitares de Ridge Farm, chaque &eacute;tape accentue l&rsquo;&eacute;cart entre des compositions initialement plus simples et la production massive finalement retenue.</p>
<p>Le d&eacute;placement forc&eacute; d&rsquo;Abbey Road, l&rsquo;isolement du studio, le contr&ocirc;le exerc&eacute; sur les arrangements et l&rsquo;avancement de la date de sortie convergent vers le m&ecirc;me constat : rien, dans la fabrication de ce troisi&egrave;me album, n&rsquo;a r&eacute;ellement invit&eacute; Oasis &agrave; ralentir. Le calendrier visible sur la pochette fixe le 21 ao&ucirc;t 1997 ; le disque, lui, conserve la trace d&rsquo;un groupe lanc&eacute; &agrave; pleine vitesse.</p>]]></content:encoded>
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