Siberia fête ses 21 ans : Echo & The Bunnymen retrouvait le producteur de ses débuts

Echo & The Bunnymen célèbre aujourd’hui les 21 ans de Siberia, un album né de retrouvailles avec Hugh Jones, producteur de deux disques fondateurs du groupe. Derrière des séances plutôt sereines, quelques amplis de basse sacrifiés et un accueil commercial discret, Stormy Weather allait durablement s’imposer dans le répertoire.

Tout semblait bien se passer dans le studio jusqu’à ce que les amplis commencent à lâcher. Pendant l’enregistrement de Siberia, Echo & The Bunnymen cherchait à obtenir un son de basse satisfaisant lorsque l’ampli du musicien de session tomba en panne. Le groupe dut en emprunter d’autres, qui connurent à leur tour le même sort. Will Sergeant racontera même que plusieurs avaient « explosé ». L’épisode restera la principale complication technique d’un album dont le guitariste gardait pourtant le souvenir de séances heureuses.

« C’était plutôt bien. L’impression générale était que tout se passait bien. Il n’y avait pas vraiment de problèmes », expliquait-il rétrospectivement. Loin du récit d’un disque arraché à une crise, Siberia s’est donc construit dans une atmosphère globalement positive, avec cet incident matériel répétitif comme grain de sable au début du travail. Cette sérénité accompagnait surtout des retrouvailles importantes : celles d’Echo & The Bunnymen avec Hugh Jones.

Hugh Jones retrouve McCulloch et Sergeant

Le producteur connaissait intimement les premières années du groupe. Hugh Jones avait déjà travaillé sur Crocodiles en 1980, puis produit Heaven Up Here l’année suivante. Son retour pour Siberia reliait ainsi le dixième album studio d’Echo & The Bunnymen à deux jalons de sa période fondatrice, près d’un quart de siècle plus tard.

Le groupe n’était cependant plus celui de ses débuts. Après la mort du batteur Pete de Freitas en 1989, puis le départ du bassiste Les Pattinson à la suite de l’album de réunion Evergreen, paru en 1997, Ian McCulloch et Will Sergeant formaient désormais le noyau permanent de l’aventure. Flowers avait suivi en 2001, avant une période comprenant des publications en concert et les projets personnels des deux musiciens.

Siberia marquait donc leur retour à un album de nouvelles chansons en studio. Le choix de Hugh Jones ne se réduisait pas à un simple nom familier dans les crédits : il réunissait autour d’un même projet le chanteur, le guitariste et un producteur associé aux premiers pas discographiques du groupe. Plusieurs critiques rock parleront ensuite d’un retour en forme, tandis que PopMatters attribuera notamment ce ressaisissement de McCulloch à la qualité des compositions et au concours de Jones.

Un titre choisi sans grand concept

Le nom Siberia pourrait suggérer un programme longuement prémédité. Will Sergeant en a donné une explication beaucoup plus directe. Siberia était d’abord le titre de l’une des onze chansons : le mot plaisait au groupe parce qu’il était court et sonore. Il fut donc retenu pour l’ensemble du disque.

Sergeant rapprochait cette décision de celle prise autrefois pour Porcupine, lui aussi nommé d’après une chanson de l’album. Aucun concept complexe n’était revendiqué derrière ce choix. Le titre s’inscrivait simplement dans une pratique déjà employée par Echo & The Bunnymen, avec un mot capable d’identifier immédiatement le projet.

Cette simplicité contraste avec le poids historique que pouvait représenter le retour de Hugh Jones. Plutôt que d’habiller ces retrouvailles d’un manifeste, le groupe avançait avec onze nouveaux morceaux et un titre choisi pour son efficacité. Vingt et un ans plus tard, Siberia et Echo & The Bunnymen figurent également dans la programmation de RADIO COLLECTION.

Stormy Weather dépasse le destin commercial de l’album

Placée dès l’ouverture, Stormy Weather fut choisie comme principal single de l’album. Elle atteignit la 55e place du classement britannique des singles, tandis que Siberia ne parvint pas à entrer dans le Top 75 des albums au Royaume-Uni. Il devenait ainsi le premier disque du groupe à manquer ce seuil, malgré les appréciations favorables de plusieurs critiques spécialisées.

Le contraste entre les chiffres et la trajectoire du morceau s’est accentué avec le temps. Dans une critique consacrée à l’album suivant, The Fountain, PopMatters estimait que Stormy Weather « faisait des tours » autour de tout ce que proposait ce nouveau disque. Des comptes rendus de concerts l’ont également citée comme une chanson digne de prendre place auprès des grands classiques du groupe. Son maintien dans les répertoires scéniques observés par ces chroniques lui a donné une visibilité qui dépasse le classement initial de Siberia.

Le disque a lui aussi connu une nouvelle exposition matérielle. En 2021, il a été réédité sous la forme d’un double vinyle translucide de 180 grammes, avec un packaging revisité. Cette réapparition en catalogue rappelait le parcours singulier d’un album qui n’avait pas obtenu de résultat majeur dans les classements britanniques, mais dont le morceau d’ouverture continuait à être distingué bien après sa publication.

À 21 ans, Siberia reste ainsi attaché à trois images précises : Hugh Jones retrouvant Echo & The Bunnymen après avoir accompagné ses débuts, Will Sergeant se souvenant de séances où « tout se passait bien », et une série d’amplis incapables de résister à la recherche du bon son de basse. Au bout de cette histoire, Stormy Weather est restée sur scène, là où le groupe avait justement réaffirmé sa présence avant de retourner en studio.

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