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    <title>Radio Collection – Radio Pop Rock gratuite, sans pub, en Hi-Fi - RSS News</title>
    <description>Radio Collection – Radio Pop Rock gratuite, sans pub, en Hi-Fi - RSS News</description>
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      <title>Tragic Kingdom a 30 ans : comment une rupture a propulsé No Doubt au sommet</title>
      <description><![CDATA[&Agrave; 30 ans, Tragic Kingdom reste l&rsquo;album qui a fait basculer No Doubt vers le grand public. N&eacute; dans une p&eacute;riode de fragilit&eacute;, marqu&eacute;e par le doute de la maison de disques, le d&eacute;part d&...]]></description>
      <pubDate>Wed, 07 Oct 2026 22:15:00 +0000</pubDate>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>&Agrave; 30 ans, <em>Tragic Kingdom</em> reste l&rsquo;album qui a fait basculer No Doubt vers le grand public. N&eacute; dans une p&eacute;riode de fragilit&eacute;, marqu&eacute;e par le doute de la maison de disques, le d&eacute;part d&rsquo;Eric Stefani et la s&eacute;paration de Gwen Stefani et Tony Kanal, le disque a transform&eacute; les tensions du groupe en moteur cr&eacute;atif.</strong></p>
<p></p>
<p>Au d&eacute;but du travail sur <em>Tragic Kingdom</em>, en 1993, No Doubt ne se trouve pas dans la position confortable d&rsquo;un groupe dont la r&eacute;ussite serait d&eacute;j&agrave; assur&eacute;e. Son premier album a peu marqu&eacute; le public et Interscope ne soutient pas imm&eacute;diatement la poursuite de sa carri&egrave;re. Plut&ocirc;t que d&rsquo;attendre une relance venue de l&rsquo;ext&eacute;rieur, les musiciens commencent &agrave; enregistrer de mani&egrave;re autonome. Cette p&eacute;riode de travail, men&eacute;e en 1993 et 1994, aboutit notamment &agrave; <em>The Beacon Street Collection</em>, avant la reprise des s&eacute;ances de <em>Tragic Kingdom</em> avec l&rsquo;appui du label.</p>
<p>Ce troisi&egrave;me album studio se construit donc apr&egrave;s un revers, dans un moment o&ugrave; No Doubt doit encore d&eacute;montrer qu&rsquo;il peut d&eacute;passer son audience initiale. La r&eacute;ussite ult&eacute;rieure du disque rend ce point de d&eacute;part particuli&egrave;rement saisissant : avant les millions d&rsquo;exemplaires vendus et la premi&egrave;re place du classement am&eacute;ricain, il y a un groupe contraint de continuer sans garantie de b&eacute;n&eacute;ficier d&rsquo;un v&eacute;ritable accompagnement.</p>
<h2>Le d&eacute;part d&rsquo;un auteur historique</h2>
<p>La pr&eacute;paration de l&rsquo;album co&iuml;ncide avec une transformation majeure dans l&rsquo;&eacute;quilibre interne de No Doubt. Eric Stefani, fr&egrave;re de Gwen et principal auteur-compositeur du groupe &agrave; ses d&eacute;buts, quitte la formation apr&egrave;s cette p&eacute;riode d&rsquo;enregistrements autonomes. Il travaille ensuite comme animateur sur <em>Les Simpson</em>, une reconversion inattendue au moment m&ecirc;me o&ugrave; No Doubt s&rsquo;appr&ecirc;te &agrave; changer de dimension.</p>
<p>Son d&eacute;part ne constitue pas un simple changement dans les cr&eacute;dits. Il intervient au c&oelig;ur de la transition artistique qui m&egrave;ne &agrave; <em>Tragic Kingdom</em>. Le groupe doit poursuivre sans l&rsquo;un de ceux qui avaient largement fa&ccedil;onn&eacute; son &eacute;criture originelle, tandis que Gwen Stefani prend une place de plus en plus centrale. Cette rupture interne accompagne ainsi la naissance d&rsquo;un disque appel&eacute; &agrave; red&eacute;finir l&rsquo;identit&eacute; publique de No Doubt.</p>
<p>La production est confi&eacute;e &agrave; Matthew Wilder, notamment connu pour <em>Break My Stride</em>. Son travail donne une forme plus accessible aux diff&eacute;rentes composantes du groupe, en mettant en avant ses m&eacute;lodies new wave, son rock et ses &eacute;l&eacute;ments ska. Ce choix permet &agrave; No Doubt de conserver plusieurs facettes de son identit&eacute; tout en ouvrant ses chansons &agrave; un public beaucoup plus large.</p>
<h2><em>Just a Girl</em>, la premi&egrave;re br&egrave;che</h2>
<p>Avant que <em>Don&rsquo;t Speak</em> ne devienne le titre embl&eacute;matique de cette p&eacute;riode, <em>Just a Girl</em> joue le r&ocirc;le de porte d&rsquo;entr&eacute;e. Choisie comme premier single de rupture de l&rsquo;album, la chanson b&eacute;n&eacute;ficie d&rsquo;une exposition radiophonique et t&eacute;l&eacute;visuelle qui installe progressivement le nom de No Doubt au-del&agrave; de la sc&egrave;ne ska californienne.</p>
<p>Avec <em>Spiderwebs</em>, elle rejoint la programmation Buzz Bin de MTV, un relais d&eacute;cisif dans la trajectoire du disque. Cette visibilit&eacute; contribue &agrave; faire entrer <em>Tragic Kingdom</em> dans le Top 10 am&eacute;ricain en 1996. La perc&eacute;e n&rsquo;est donc pas provoqu&eacute;e par un seul &eacute;v&eacute;nement soudain : elle commence avec deux chansons capables de pr&eacute;senter le groupe &agrave; une audience qui ne suivait pas n&eacute;cessairement son parcours jusque-l&agrave;.</p>
<p><em>Tragic Kingdom</em>, &eacute;galement diffus&eacute; sur RADIO COLLECTION, porte la trace de ce passage entre deux &eacute;chelles. No Doubt y appara&icirc;t encore comme une formation issue d&rsquo;une sc&egrave;ne particuli&egrave;re, mais sa rencontre avec une production plus accessible et la forte exposition de ses chansons lui permettent d&eacute;sormais de toucher le grand public.</p>
<h2><em>Don&rsquo;t Speak</em>, une s&eacute;paration v&eacute;cue au sein du groupe</h2>
<p>La tension la plus forte de l&rsquo;album vient d&rsquo;une autre rupture, cette fois intime. Apr&egrave;s sept ann&eacute;es de relation, Gwen Stefani et le bassiste Tony Kanal se s&eacute;parent tout en restant membres du m&ecirc;me groupe. <em>Don&rsquo;t Speak</em> est directement li&eacute;e &agrave; cette histoire : une crise priv&eacute;e devient la ballade centrale du disque, interpr&eacute;t&eacute;e et jou&eacute;e par des musiciens qui doivent continuer &agrave; travailler ensemble.</p>
<p>Cette situation donne &agrave; la chanson une place singuli&egrave;re dans la trajectoire de No Doubt. La s&eacute;paration n&rsquo;est pas racont&eacute;e depuis une distance confortable : elle existe encore au sein m&ecirc;me de la formation qui porte le morceau sur sc&egrave;ne et participe &agrave; son succ&egrave;s. <em>Tragic Kingdom</em> documente ainsi indirectement deux pertes successives, celle d&rsquo;Eric Stefani et celle du couple form&eacute; par Gwen Stefani et Tony Kanal, sans que le groupe se d&eacute;sagr&egrave;ge.</p>
<p>L&rsquo;installation de <em>Don&rsquo;t Speak</em> comme single majeur acc&eacute;l&egrave;re consid&eacute;rablement la progression de l&rsquo;album. En 1996 et 1997, <em>Tragic Kingdom</em> occupe la premi&egrave;re place du classement am&eacute;ricain &agrave; neuf reprises sur une p&eacute;riode de dix semaines. Le <em>Los Angeles Times</em> rapporte alors plus de cinq millions d&rsquo;exemplaires vendus aux &Eacute;tats-Unis.</p>
<h2>Des crises internes au num&eacute;ro un</h2>
<p>Le parcours de <em>Tragic Kingdom</em> repose sur un contraste net. Le projet commence alors que le soutien &agrave; la suite de la carri&egrave;re de No Doubt n&rsquo;est pas acquis ; il se poursuit avec le d&eacute;part d&rsquo;un auteur essentiel et traverse la fin d&rsquo;une longue relation au sein du groupe. Pourtant, ces fractures ne mettent pas un terme &agrave; l&rsquo;histoire collective. Elles deviennent une partie du disque qui lui offre sa perc&eacute;e.</p>
<p>Trente ans apr&egrave;s sa sortie, l&rsquo;album raconte donc davantage qu&rsquo;un succ&egrave;s commercial. Il saisit No Doubt au moment pr&eacute;cis o&ugrave; la formation doit apprendre &agrave; continuer autrement : sans Eric Stefani, apr&egrave;s l&rsquo;&eacute;chec relatif de son premier album et avec Gwen Stefani et Tony Kanal contraints de faire vivre le groupe malgr&eacute; leur s&eacute;paration. La trajectoire de <em>Don&rsquo;t Speak</em>, chanson n&eacute;e de cette &eacute;preuve puis devenue le principal acc&eacute;l&eacute;rateur du succ&egrave;s de <em>Tragic Kingdom</em>, en reste le r&eacute;sultat le plus concret.</p>
<p><strong>&Agrave; lire aussi :</strong> retrouvez notre s&eacute;lection consacr&eacute;e aux <a href="https://radiocollection.fr/news/il-etait-un-album-154/1">anniversaires d&rsquo;albums Pop Rock</a>.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Bruno Mars à 41 ans, le perfectionniste qui a passé presque un an sur Uptown Funk</title>
      <description><![CDATA[&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bruno Mars c&eacute;l&egrave;bre aujourd&rsquo;hui ses 41 ans. De ses premi&egrave;res sc&egrave;nes familiales &agrave; Honolulu aux longues s&eacute;ances de studio de Los Angeles, le chanteur a construit s...]]></description>
      <pubDate>Wed, 07 Oct 2026 22:05:00 +0000</pubDate>
      <link>https://radiocollection.fr/news/bruno-mars-a-41-ans-le-perfectionniste-qui-a-passe-presque-un-an-sur-uptown-funk-616</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr"><span>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bruno Mars c&eacute;l&egrave;bre aujourd&rsquo;hui ses 41 ans. De ses premi&egrave;res sc&egrave;nes familiales &agrave; Honolulu aux longues s&eacute;ances de studio de Los Angeles, le chanteur a construit son parcours sur une exigence constante : participer lui-m&ecirc;me &agrave; chaque &eacute;tape de la fabrication de ses chansons.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</span></p>
<p dir="ltr"><span>&lt;p&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;</span></p>
<p dir="ltr"><span>&lt;p&gt;Bien avant les costumes impeccables, les chor&eacute;graphies et les grandes c&eacute;r&eacute;monies musicales, il y eut un enfant de quatre ans dans une revue familiale hawa&iuml;enne. Peter Gene Hernandez, futur Bruno Mars, monte alors sur sc&egrave;ne dans le spectacle de son p&egrave;re et de son oncle, o&ugrave; il imite Elvis Presley. La musique est d&eacute;j&agrave; une affaire de famille : ses parents se produisent dans les salles touristiques de Waikīkī, &agrave; Honolulu, o&ugrave; il est n&eacute; le 8 octobre 1985.&lt;/p&gt;</span></p>
<p dir="ltr"><span>&lt;p&gt;Cette entr&eacute;e pr&eacute;coce dans le spectacle ne raconte pourtant qu&rsquo;une partie de son apprentissage. Une fois install&eacute; &agrave; Los Angeles, Bruno Mars ne devient pas imm&eacute;diatement la vedette plac&eacute;e au centre de l&rsquo;affiche. Il conna&icirc;t une p&eacute;riode difficile, avec peu d&rsquo;argent et aucun succ&egrave;s personnel sur lequel s&rsquo;appuyer. Sa relance passe par les coulisses : l&rsquo;&eacute;criture, la production et le travail collectif.&lt;/p&gt;</span></p>
<p><b>&nbsp;</b></p>
<p dir="ltr"><span>&lt;h2&gt;Los Angeles, loin des premiers r&ocirc;les&lt;/h2&gt;</span></p>
<p dir="ltr"><span>&lt;p&gt;Avec Ari Levine et Philip Lawrence, il forme The Smeezingtons, un collectif de production qui lui permet d&rsquo;affiner ses m&eacute;thodes. Bruno Mars &eacute;crit pour d&rsquo;autres artistes avant que son propre nom ne s&rsquo;impose. Il participe notamment &agrave; &lt;em&gt;Billionaire&lt;/em&gt; de Travie McCoy et &agrave; &lt;em&gt;Fuck You&lt;/em&gt; de CeeLo Green. Ce d&eacute;tour n&rsquo;est pas une simple &eacute;tape d&rsquo;attente : il installe la continuit&eacute; entre l&rsquo;auteur-producteur de l&rsquo;ombre et l&rsquo;interpr&egrave;te qui occupera ensuite la sc&egrave;ne.&lt;/p&gt;</span></p>
<p dir="ltr"><span>&lt;p&gt;Ari Levine a d&eacute;crit une &eacute;quipe qui ne partait plus de pistes ou de boucles d&eacute;j&agrave; pr&eacute;par&eacute;es, mais construisait les morceaux &agrave; partir de z&eacute;ro. Bruno Mars y apportait les m&eacute;lodies, tout en jouant notamment de la guitare et du piano. Cette implication instrumentale deviendra l&rsquo;une des constantes de son travail, au-del&agrave; des changements de collaborateurs ou d&rsquo;esth&eacute;tique.&lt;/p&gt;</span></p>
<p dir="ltr"><span>&lt;p&gt;Le basculement arrive avec &lt;em&gt;Doo-Wops &amp; Hooligans&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Just the Way You Are&lt;/em&gt;. Le morceau lui apporte son premier Grammy et installe d&eacute;finitivement son identit&eacute; d&rsquo;artiste solo. Derri&egrave;re l&rsquo;&eacute;vidence m&eacute;lodique, la trajectoire conserve la trace des ann&eacute;es pass&eacute;es &agrave; &eacute;crire pour les autres et &agrave; comprendre comment une chanson se fabrique dans ses moindres d&eacute;tails.&lt;/p&gt;</span></p>
<p><b>&nbsp;</b></p>
<p dir="ltr"><span>&lt;h2&gt;Une chanson peut commencer par quelques mots&lt;/h2&gt;</span></p>
<p dir="ltr"><span>&lt;p&gt;Bruno Mars ne revendique pas de recette immuable. Une composition peut na&icirc;tre d&rsquo;une m&eacute;lodie, d&rsquo;une phrase entendue ou d&rsquo;une id&eacute;e couch&eacute;e sur le papier. Le texte et la musique se d&eacute;veloppent ensuite autour de ce premier &eacute;l&eacute;ment. Cette souplesse dans le point de d&eacute;part s&rsquo;accompagne toutefois d&rsquo;une r&egrave;gle stricte : il veut rester pr&eacute;sent durant tout le processus.&lt;/p&gt;</span></p>
<p dir="ltr"><span>&lt;p&gt;Dans une interview consacr&eacute;e &agrave; sa mani&egrave;re de travailler, il r&eacute;sumait son exigence ainsi : &laquo; Cela doit sonner comme ce que je suis. Cela doit me ressembler. &raquo; Pour y parvenir, il ne se contente pas de valider une production termin&eacute;e. Il explique devoir toucher les instruments qu&rsquo;il entend, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de la guitare, du piano ou de la batterie &eacute;lectronique. L&rsquo;interpr&eacute;tation, l&rsquo;&eacute;criture et la production ne sont donc pas, chez lui, des territoires s&eacute;par&eacute;s.&lt;/p&gt;</span></p>
<p dir="ltr"><span>&lt;p&gt;Cette approche permet aussi de comprendre pourquoi certains titres ont n&eacute;cessit&eacute; une maturation inhabituelle. &lt;em&gt;Grenade&lt;/em&gt;, par exemple, a demand&eacute; plusieurs mois d&rsquo;&eacute;criture avant m&ecirc;me le temps consacr&eacute; &agrave; la production et &agrave; l&rsquo;enregistrement. Le succ&egrave;s final ne gomme pas les h&eacute;sitations ni les reprises qui pr&eacute;c&egrave;dent la version retenue.&lt;/p&gt;</span></p>
<p><b>&nbsp;</b></p>
<p dir="ltr"><span>&lt;h2&gt;Presque un an pour achever Uptown Funk&lt;/h2&gt;</span></p>
<p dir="ltr"><span>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Uptown Funk&lt;/em&gt;, enregistr&eacute; avec Mark Ronson, offre l&rsquo;exemple le plus spectaculaire de ce perfectionnisme. Bruno Mars a racont&eacute; que son &eacute;criture avait pris presque un an. Derri&egrave;re l&rsquo;&eacute;nergie imm&eacute;diate du morceau se cache donc un travail prolong&eacute;, tr&egrave;s &eacute;loign&eacute; de l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;un titre festif assembl&eacute; spontan&eacute;ment en studio.&lt;/p&gt;</span></p>
<p dir="ltr"><span>&lt;p&gt;Cette exp&eacute;rience reste pr&eacute;sente lorsqu&rsquo;il pr&eacute;pare ensuite &lt;em&gt;24K Magic&lt;/em&gt;. Le titre est &eacute;crit pendant la p&eacute;riode o&ugrave; &lt;em&gt;Uptown Funk&lt;/em&gt; domine les classements, et Bruno Mars reconna&icirc;t avoir voulu conserver une partie de son esprit festif. Il ne s&rsquo;agit pas de reproduire exactement le m&ecirc;me morceau, mais de prolonger une dynamique dont il avait observ&eacute; la puissance.&lt;/p&gt;</span></p>
<p dir="ltr"><span>&lt;p&gt;L&rsquo;album &lt;em&gt;24K Magic&lt;/em&gt; remporte les six Grammy Awards pour lesquels il est nomm&eacute; lors de la 60e c&eacute;r&eacute;monie, dont ceux de l&rsquo;Album, de l&rsquo;Enregistrement et de la Chanson de l&rsquo;ann&eacute;e. Ses chansons, ainsi que celles de ses autres projets, figurent &eacute;galement dans la programmation de RADIO COLLECTION. Plus r&eacute;cemment, &lt;em&gt;Die With a Smile&lt;/em&gt;, sa collaboration avec Lady Gaga, a ajout&eacute; un nouveau titre &agrave; ce parcours.&lt;/p&gt;</span></p>
<p><b>&nbsp;</b></p>
<p dir="ltr"><span>&lt;h2&gt;De l&rsquo;enfant imitateur au musicien pr&eacute;sent partout&lt;/h2&gt;</span></p>
<p dir="ltr"><span>&lt;p&gt;&Agrave; 41 ans, Bruno Mars reste ainsi reli&eacute; &agrave; sa toute premi&egrave;re exp&eacute;rience de sc&egrave;ne par un m&ecirc;me go&ucirc;t de l&rsquo;interpr&eacute;tation compl&egrave;te. &Agrave; Honolulu, l&rsquo;enfant observait et reproduisait les gestes d&rsquo;Elvis Presley dans la revue familiale. &Agrave; Los Angeles, l&rsquo;auteur-producteur a appris &agrave; b&acirc;tir les chansons pour d&rsquo;autres avant de les d&eacute;fendre sous son propre nom.&lt;/p&gt;</span></p>
<p dir="ltr"><span>&lt;p&gt;Son parcours ne repose pas seulement sur une succession de refrains populaires ou de r&eacute;compenses. Il tient aussi &agrave; cette volont&eacute; de ne pas abandonner la chanson une fois la m&eacute;lodie trouv&eacute;e. &lt;em&gt;Uptown Funk&lt;/em&gt; en fournit l&rsquo;image la plus nette : presque une ann&eacute;e de travail pour obtenir quelques minutes de musique con&ccedil;ues, sur sc&egrave;ne, pour sembler imm&eacute;diates.&lt;/p&gt;</span></p>
<p><b>&nbsp;</b></p>
<p dir="ltr"><span>&lt;h2&gt;Sources et pour aller plus loin&lt;/h2&gt;</span></p>
<p dir="ltr"><span>&lt;p&gt;L&rsquo;entretien de &lt;a href="https://www.cbsnews.com/news/bruno-mars-on-songwriting-60-minutes-overtime/"&gt;CBS News / 60 Minutes Overtime&lt;/a&gt; permet &agrave; Bruno Mars de d&eacute;tailler directement son implication dans l&rsquo;&eacute;criture, la production et le jeu instrumental. Le t&eacute;moignage d&rsquo;Ari Levine publi&eacute; par &lt;a href="https://www.soundonsound.com/people/ari-levine-smeezingtons-producing-bruno-mars"&gt;Sound On Sound&lt;/a&gt; &eacute;claire en compl&eacute;ment la m&eacute;thode de The Smeezingtons et la longue fabrication de morceaux comme &lt;em&gt;Grenade&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;</span></p>
<p dir="ltr"><span>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&Agrave; lire aussi :&lt;/strong&gt; retrouvez notre s&eacute;lection consacr&eacute;e aux &lt;a href="https://radiocollection.fr/news/happy-birthday-to-269/1"&gt;anniversaires d&rsquo;artistes Pop Rock&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</span></p>
<p></p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>The Rise &amp; Fall de Madness a 43 ans : comment une maquette sombre est devenue Our House</title>
      <description><![CDATA[Quatri&egrave;me album studio de Madness, The Rise &amp; Fall a 43 ans. Imagin&eacute; autour des souvenirs d&rsquo;enfance avant de s&rsquo;&eacute;loigner de ce concept, le disque contient surtout une chanson profond&eacute;ment...]]></description>
      <pubDate>Wed, 07 Oct 2026 22:05:00 +0000</pubDate>
      <link>https://radiocollection.fr/news/the-rise-fall-de-madness-a-43-ans-comment-une-maquette-sombre-est-devenue-our-house-617</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Quatri&egrave;me album studio de Madness, <em>The Rise &amp; Fall</em> a 43 ans. Imagin&eacute; autour des souvenirs d&rsquo;enfance avant de s&rsquo;&eacute;loigner de ce concept, le disque contient surtout une chanson profond&eacute;ment transform&eacute;e en r&eacute;p&eacute;tition et en studio : <em>Our House</em>.</strong></p>
<p></p>
<p>Au d&eacute;part, <em>Our House</em> ne poss&egrave;de ni son rythme d&eacute;finitif ni le refrain qui la rendra c&eacute;l&egrave;bre. Chris Foreman arrive aux r&eacute;p&eacute;titions avec une maquette enregistr&eacute;e &agrave; l&rsquo;aide d&rsquo;un petit appareil et d&rsquo;une bo&icirc;te &agrave; rythmes. Le guitariste r&eacute;sumera cette premi&egrave;re version en quelques mots : &laquo; I had this dirgy song which I took to rehearsals. &raquo; Une chanson lente et sombre, donc, encore tr&egrave;s &eacute;loign&eacute;e du morceau qui allait porter <em>The Rise &amp; Fall</em> bien au-del&agrave; du Royaume-Uni.</p>
<p>Cette m&eacute;tamorphose r&eacute;sume une grande partie de l&rsquo;histoire du quatri&egrave;me album de Madness. Produit par Clive Langer et Alan Winstanley, le disque accompagne le groupe vers une pop plus ample et plus sophistiqu&eacute;e. Il conserve aussi les traces d&rsquo;une id&eacute;e initiale abandonn&eacute;e en cours de route : construire un album-concept autour des souvenirs d&rsquo;enfance.</p>
<h2>Un album-concept abandonn&eacute;, mais pas effac&eacute;</h2>
<p><em>The Rise &amp; Fall</em> devait initialement suivre un fil conducteur consacr&eacute; &agrave; l&rsquo;enfance. Madness renonce finalement &agrave; en faire un v&eacute;ritable album-concept, sans supprimer compl&egrave;tement cette ligne du disque. Elle demeure notamment perceptible dans le morceau &eacute;ponyme et dans <em>Our House</em>, dont les paroles sont &eacute;crites par Chas Smash autour de ce th&egrave;me.</p>
<p>Le projet ne repose donc plus sur une narration continue, mais son point de d&eacute;part reste inscrit dans plusieurs chansons. Cette &eacute;volution permet au groupe de ne pas enfermer tout l&rsquo;album dans une structure unique, tout en conservant les souvenirs familiaux qui avaient aliment&eacute; sa conception. Le titre <em>The Rise &amp; Fall</em> demeure ainsi associ&eacute; &agrave; un disque n&eacute; d&rsquo;une ambition d&rsquo;ensemble, m&ecirc;me si celle-ci n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; men&eacute;e jusqu&rsquo;au bout sous sa forme premi&egrave;re.</p>
<p>Clive Langer et Alan Winstanley occupent une place d&eacute;terminante dans cette &eacute;volution. Leur travail ne se limite pas &agrave; encadrer l&rsquo;enregistrement : dans le cas de <em>Our House</em>, Langer participe directement &agrave; l&rsquo;apparition de l&rsquo;&eacute;l&eacute;ment le plus imm&eacute;diatement reconnaissable de la chanson.</p>
<h2>Le refrain qui n&rsquo;existait pas encore</h2>
<p>Lorsque Madness reprend la maquette de Chris Foreman, le groupe en modifie profond&eacute;ment le rythme. L&rsquo;&eacute;bauche lente est r&eacute;orient&eacute;e vers un mouvement de type Motown. Cette nouvelle construction ne na&icirc;t pas d&rsquo;un seul geste : le pont provient d&rsquo;une autre id&eacute;e de chanson, tandis que le solo de guitare est trouv&eacute; pendant l&rsquo;enregistrement.</p>
<p>Il reste alors un probl&egrave;me essentiel : le morceau ne poss&egrave;de pas de v&eacute;ritable refrain. C&rsquo;est Clive Langer qui improvise en r&eacute;p&eacute;tition la phrase &laquo; Our house, in the middle of the street &raquo;. La formule s&rsquo;impose et devient le centre de la chanson. Un &eacute;l&eacute;ment lanc&eacute; par le producteur compl&egrave;te ainsi les paroles de Chas Smash et la composition apport&eacute;e par Foreman.</p>
<p><em>Our House</em> appara&icirc;t d&egrave;s lors comme une fabrication collective particuli&egrave;rement concr&egrave;te. Une maquette domestique fournit le point de d&eacute;part, le groupe change sa pulsation, une id&eacute;e ext&eacute;rieure au morceau devient son pont, le solo prend forme en studio et le producteur trouve son refrain. Plut&ocirc;t qu&rsquo;une composition arriv&eacute;e enti&egrave;rement achev&eacute;e, la chanson r&eacute;sulte d&rsquo;une succession de transformations.</p>
<p>Cette histoire donne &eacute;galement une cl&eacute; pour comprendre l&rsquo;ambition de <em>The Rise &amp; Fall</em>. L&rsquo;album ne se contente pas de pr&eacute;server une premi&egrave;re intuition : il montre comment Madness, avec Langer et Winstanley, pouvait reprendre une mati&egrave;re encore incompl&egrave;te et la reconstruire. Le disque, comme le groupe, figure aujourd&rsquo;hui dans la programmation de RADIO COLLECTION.</p>
<h2>Our House ouvre la porte am&eacute;ricaine</h2>
<p>La trajectoire am&eacute;ricaine de l&rsquo;album prend une forme particuli&egrave;re. <em>The Rise &amp; Fall</em> n&rsquo;est pas publi&eacute; initialement aux &Eacute;tats-Unis dans sa configuration britannique. Le succ&egrave;s rencontr&eacute; par <em>Our House</em> attire cependant l&rsquo;attention de John Kalodner chez Geffen. Une version am&eacute;ricaine remani&eacute;e de l&rsquo;album est alors pr&eacute;par&eacute;e autour de la chanson.</p>
<p>Envoy&eacute; aux radios et &agrave; MTV, <em>Our House</em> devient le premier et unique grand succ&egrave;s de Madness dans le Top 10 am&eacute;ricain. La chanson issue d&rsquo;une d&eacute;mo lente offre ainsi au groupe son r&eacute;sultat le plus important aux &Eacute;tats-Unis, tout en donnant lieu &agrave; une pr&eacute;sentation diff&eacute;rente du disque sur ce march&eacute;.</p>
<p>Au Royaume-Uni, <em>The Rise &amp; Fall</em> atteint la dixi&egrave;me place du classement des albums et demeure 22 semaines dans le Top 100. Il re&ccedil;oit &eacute;galement une certification de disque d&rsquo;or. Ces r&eacute;sultats accompagnent un album dont la port&eacute;e internationale s&rsquo;est finalement concentr&eacute;e sur une chanson que ses propres auteurs avaient enti&egrave;rement r&eacute;organis&eacute;e avant de l&rsquo;enregistrer.</p>
<p>Quarante-trois ans apr&egrave;s sa publication britannique, le moment d&eacute;cisif de <em>The Rise &amp; Fall</em> reste donc facile &agrave; isoler : Chris Foreman apporte une chanson lente aux r&eacute;p&eacute;titions, Madness lui donne une nouvelle direction, puis Clive Langer improvise les mots qui lui manquaient. De ce travail collectif na&icirc;t <em>Our House</em>, passerelle inattendue entre les souvenirs d&rsquo;enfance du projet initial et l&rsquo;aventure am&eacute;ricaine du groupe.</p>
<h2>Sources et pour aller plus loin</h2>
<p>L&rsquo;<a href="https://qa.grammy.com/news/madness-suggs-interview-us-tour-punk-rock-bowling">interview de Suggs publi&eacute;e par GRAMMY.com</a> revient sur l&rsquo;improvisation du refrain par Clive Langer et sur le parcours am&eacute;ricain de <em>Our House</em>. Le r&eacute;cit d&rsquo;<a href="https://americansongwriter.com/the-meaning-behind-our-house-by-madness-and-how-they-finally-got-their-shot-in-america/">American Songwriter consacr&eacute; &agrave; Our House</a> apporte les souvenirs de Chris Foreman sur la maquette, le changement de rythme, le pont et le solo de guitare.</p>
<p><strong>&Agrave; lire aussi :</strong> retrouvez notre s&eacute;lection consacr&eacute;e aux <a href="https://radiocollection.fr/news/il-etait-un-album-154/1">anniversaires d&rsquo;albums Pop Rock</a>.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Melophobia a 13 ans : quand Cage the Elephant a presque cessé d’écouter de la musique</title>
      <description><![CDATA[Cage the Elephant c&eacute;l&egrave;bre aujourd&rsquo;hui les 13 ans de Melophobia, son troisi&egrave;me album studio. Pour &eacute;viter de sonner faux, le groupe s&rsquo;est coup&eacute; de ses influences, a travers&eacute; une ...]]></description>
      <pubDate>Wed, 07 Oct 2026 22:05:00 +0000</pubDate>
      <link>https://radiocollection.fr/news/melophobia-a-13-ans-quand-cage-the-elephant-a-presque-cesse-d-ecouter-de-la-musique-618</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Cage the Elephant c&eacute;l&egrave;bre aujourd&rsquo;hui les 13 ans de <em>Melophobia</em>, son troisi&egrave;me album studio. Pour &eacute;viter de sonner faux, le groupe s&rsquo;est coup&eacute; de ses influences, a travers&eacute; une violente dispute entre les fr&egrave;res Shultz et laiss&eacute; plusieurs chansons na&icirc;tre dans des circonstances impr&eacute;vues.</strong></p>
<p></p>
<p>Avant <em>Melophobia</em>, Cage the Elephant avait surtout manqu&eacute; de temps. Plusieurs ann&eacute;es de tourn&eacute;e avaient maintenu le groupe dans un mouvement presque continu. La pr&eacute;paration de ce troisi&egrave;me album lui offre au contraire une v&eacute;ritable pause : chacun peut d&eacute;velopper ses propres id&eacute;es avant de les apporter dans la cabane de r&eacute;p&eacute;tition du groupe, &agrave; Portland, dans le Tennessee. Ce nouvel espace de libert&eacute; ne produit pourtant pas imm&eacute;diatement une direction commune. Lorsque les musiciens confrontent leurs propositions, leurs visions se heurtent.</p>
<p>La tension finit par provoquer une dispute physique entre Matt et Brad Shultz. L&rsquo;&eacute;pisode aurait pu fragiliser le projet ; il force plut&ocirc;t le groupe &agrave; pr&eacute;ciser ce qu&rsquo;il cherche. Brad Shultz expliquera que le conflit les a oblig&eacute;s &agrave; d&eacute;terminer ce qu&rsquo;ils voulaient r&eacute;ellement faire de l&rsquo;album. <em>Melophobia</em> se construit ainsi moins autour d&rsquo;un plan pr&eacute;&eacute;tabli que d&rsquo;une s&eacute;rie de choix arrach&eacute;s aux d&eacute;saccords.</p>
<h2>&Eacute;chapper aux mod&egrave;les pour retrouver une &eacute;criture spontan&eacute;e</h2>
<p>Pour avancer, Cage the Elephant prend une d&eacute;cision inhabituelle : ses membres cessent presque d&rsquo;&eacute;couter des enregistrements pendant la pr&eacute;paration du disque. Il ne s&rsquo;agit pas de rejeter la musique des autres, mais d&rsquo;emp&ecirc;cher qu&rsquo;une influence trop imm&eacute;diate ne guide leur travail. Le groupe veut &eacute;crire spontan&eacute;ment, sans reproduire consciemment une formule ni laisser un mod&egrave;le ext&eacute;rieur dicter la forme des morceaux.</p>
<p>Le titre <em>Melophobia</em>, litt&eacute;ralement associ&eacute; &agrave; la peur de la musique, r&eacute;sume cette pr&eacute;occupation. Matt Shultz ne l&rsquo;emploie pas pour d&eacute;signer une crainte de jouer ou d&rsquo;&eacute;couter, mais une peur plus pr&eacute;cise : celle de fabriquer des chansons dans le but de projeter une identit&eacute; calcul&eacute;e. Il la d&eacute;finit comme &laquo; une peur de faire de la musique pour projeter des images pr&eacute;m&eacute;dit&eacute;es de soi plut&ocirc;t que d&rsquo;&ecirc;tre un communicateur honn&ecirc;te &raquo;.</p>
<p>Cette recherche ne conduit pas Cage the Elephant &agrave; travailler seul. &Agrave; Nashville, le groupe retrouve Jay Joyce, d&eacute;j&agrave; producteur de ses deux premiers albums. Matt Shultz le consid&egrave;re alors comme une sorte de sixi&egrave;me membre : une place qui traduit la continuit&eacute; de leur collaboration au moment m&ecirc;me o&ugrave; les musiciens tentent de renouveler leur m&eacute;thode. L&rsquo;enjeu n&rsquo;est pas d&rsquo;effacer leur parcours, mais d&rsquo;&eacute;viter que celui-ci se transforme en automatisme.</p>
<h2>Un a&eacute;roport, une colline et un single inattendu</h2>
<p>L&rsquo;histoire de <em>Come a Little Closer</em> illustre directement cette &eacute;criture ouverte aux circonstances. Matt Shultz commence le couplet dans un a&eacute;roport de Buenos Aires, apr&egrave;s avoir entendu un guitariste flamenco. Le refrain trouve ensuite son point de d&eacute;part au Br&eacute;sil : depuis un h&ocirc;tel de S&atilde;o Paulo, le chanteur observe les habitations pr&eacute;caires install&eacute;es sur une colline. Deux sc&egrave;nes v&eacute;cues dans deux villes diff&eacute;rentes se rejoignent ainsi dans une m&ecirc;me chanson.</p>
<p>Le morceau n&rsquo;est pourtant pas le premier choix de Cage the Elephant pour devenir un single. Les r&eacute;actions de l&rsquo;entourage du groupe et de son &eacute;quipe modifient cette pr&eacute;f&eacute;rence initiale et finissent par l&rsquo;imposer. Ce d&eacute;placement est r&eacute;v&eacute;lateur de la fabrication de <em>Melophobia</em> : m&ecirc;me lorsqu&rsquo;une chanson semble achev&eacute;e, sa place dans l&rsquo;album et dans sa trajectoire peut encore &ecirc;tre red&eacute;finie par ce qu&rsquo;elle provoque autour d&rsquo;elle.</p>
<p><em>Take It or Leave It</em> conna&icirc;t un autre type de d&eacute;blocage. Le groupe a d&eacute;j&agrave; enregistr&eacute; le morceau, mais ne parvient pas &agrave; lui trouver un refrain. La solution surgit au r&eacute;veil de Matt Shultz. Convaincu de tenir enfin la partie manquante, il fonce &agrave; Nashville pour la pr&eacute;senter aux autres musiciens. Le refrain est enregistr&eacute; le jour m&ecirc;me, donnant une issue soudaine &agrave; une chanson rest&eacute;e incompl&egrave;te jusque-l&agrave;.</p>
<h2>Une invit&eacute;e et un dernier morceau durable</h2>
<p><em>It&rsquo;s Just Forever</em> fait entrer une voix ext&eacute;rieure dans cet album fa&ccedil;onn&eacute; par les &eacute;changes internes du groupe. Alison Mosshart, chanteuse des Kills, rejoint Cage the Elephant sur le titre. Sa pr&eacute;sence constitue l&rsquo;une des collaborations marquantes des dix morceaux de <em>Melophobia</em>, sans d&eacute;tourner le disque de la question qui guide sa conception : comment communiquer sans construire artificiellement son image ?</p>
<p>L&rsquo;album se referme sur <em>Cigarette Daydreams</em>. Ce morceau, comme Cage the Elephant, est diffus&eacute; sur RADIO COLLECTION. Sa position finale lui donne aussi un r&ocirc;le concret dans le parcours du disque : apr&egrave;s les tensions de la pr&eacute;paration, les influences volontairement tenues &agrave; distance et les chansons compl&eacute;t&eacute;es gr&acirc;ce &agrave; des intuitions soudaines, il vient clore l&rsquo;ensemble &eacute;labor&eacute; avec Jay Joyce &agrave; Nashville.</p>
<p>&Agrave; sa parution, la r&eacute;ception critique pr&eacute;sente <em>Melophobia</em> comme le disque le plus assur&eacute; de Cage the Elephant &agrave; ce stade de sa carri&egrave;re, soulignant une &eacute;volution au-del&agrave; de ses pr&eacute;c&eacute;dents r&eacute;flexes garage-rock. Treize ans plus tard, son histoire reste surtout celle d&rsquo;un groupe qui a accept&eacute; le conflit, le doute et l&rsquo;impr&eacute;vu pour r&eacute;pondre &agrave; une peur bien particuli&egrave;re : non pas celle de faire de la musique, mais celle de ne plus y parler avec sinc&eacute;rit&eacute;.</p>
<h2>Sources et pour aller plus loin</h2>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.musicradar.com/news/guitars/cage-the-elephants-matt-brad-shultz-talk-melophobia-track-by-track-584903">interview de Matt et Brad Shultz publi&eacute;e par MusicRadar</a> revient en d&eacute;tail sur la gen&egrave;se de l&rsquo;album, leur dispute et la naissance de plusieurs chansons. L&rsquo;<a href="https://americansongwriter.com/cage-elephant-talk-melophobia-come-little-closer-songwriting/">entretien de Matt Shultz avec American Songwriter</a> &eacute;claire le sens de <em>Melophobia</em>, le retrait volontaire des influences et l&rsquo;origine de <em>Come a Little Closer</em>.</p>
<p><strong>&Agrave; lire aussi :</strong> retrouvez notre s&eacute;lection consacr&eacute;e aux <a href="https://radiocollection.fr/news/il-etait-un-album-154/1">anniversaires d&rsquo;albums Pop Rock</a>.</p>]]></content:encoded>
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      <title>...Famous Last Words... a 43 ans : l’adieu que Supertramp avait déjà inscrit dans le titre</title>
      <description><![CDATA[&Agrave; 43 ans, ...Famous Last Words... reste le dernier album de Supertramp enregistr&eacute; avec Roger Hodgson. Derri&egrave;re son titre presque pr&eacute;monitoire se joue l&rsquo;&eacute;loignement de Hodgson et Rick Davies...]]></description>
      <pubDate>Tue, 06 Oct 2026 22:25:00 +0000</pubDate>
      <link>https://radiocollection.fr/news/famous-last-words-a-43-ans-l-adieu-que-supertramp-avait-deja-inscrit-dans-le-titre-615</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>&Agrave; 43 ans, <em>...Famous Last Words...</em> reste le dernier album de Supertramp enregistr&eacute; avec Roger Hodgson. Derri&egrave;re son titre presque pr&eacute;monitoire se joue l&rsquo;&eacute;loignement de Hodgson et Rick Davies, tandis que <em>It&rsquo;s Raining Again</em> transforme une premi&egrave;re esquisse m&eacute;lancolique en r&eacute;ussite populaire.</strong></p>
<p></p>
<p>Supertramp sort du succ&egrave;s massif de <em>Breakfast in America</em> lorsqu&rsquo;il entreprend son septi&egrave;me album studio. Mais derri&egrave;re cette position enviable, les deux principaux auteurs du groupe ne suivent d&eacute;j&agrave; plus la m&ecirc;me route. Roger Hodgson vit d&eacute;sormais dans les montagnes du nord de la Californie, alors que Rick Davies est rest&eacute; &agrave; Los Angeles. Cette distance g&eacute;ographique accompagne un &eacute;loignement dans leurs choix artistiques et leur mode de vie.</p>
<p>Le titre retenu pour le disque, <em>...Famous Last Words...</em>, ne rel&egrave;ve donc pas d&rsquo;un simple effet de style. Hodgson et Davies le choisissent avec l&rsquo;id&eacute;e qu&rsquo;ils n&rsquo;enregistreront pas un autre album de Supertramp dans les m&ecirc;mes conditions. Hodgson l&rsquo;expliquera directement : &laquo; It meant that we wouldn&rsquo;t record another album like this again. &raquo; Autrement dit, ces &laquo; derni&egrave;res paroles c&eacute;l&egrave;bres &raquo; d&eacute;signent d&eacute;j&agrave; la fin probable d&rsquo;une mani&egrave;re de travailler ensemble.</p>
<h2>Un titre choisi avant la rupture</h2>
<p>Au moment de la fabrication du disque, la s&eacute;paration n&rsquo;est pas encore officiellement accomplie. Elle est pourtant suffisamment pr&eacute;sente pour donner son nom &agrave; l&rsquo;album. Cette conscience d&rsquo;une fin prochaine distingue <em>...Famous Last Words...</em> d&rsquo;un album auquel les &eacute;v&eacute;nements ult&eacute;rieurs auraient seulement ajout&eacute;, r&eacute;trospectivement, une dimension d&rsquo;adieu.</p>
<p>Le disque est produit par Supertramp avec Peter Henderson, d&eacute;j&agrave; associ&eacute; au travail du groupe &agrave; la fin des ann&eacute;es 1970. Cette continuit&eacute; en studio contraste avec la fragilit&eacute; de l&rsquo;&eacute;quilibre entre Hodgson et Davies. La formation parvient encore &agrave; terminer un album commun, mais le titre choisi par ses deux auteurs reconna&icirc;t que cette collaboration ne pourra probablement pas &ecirc;tre reconduite sous la m&ecirc;me forme.</p>
<p>Roger Hodgson quittera finalement Supertramp apr&egrave;s la tourn&eacute;e de 1983. <em>...Famous Last Words...</em> devient ainsi son dernier enregistrement studio avec le groupe et le dernier t&eacute;moignage discographique de sa formation classique. La rupture annonc&eacute;e &agrave; demi-mot dans le titre prend alors une port&eacute;e tr&egrave;s concr&egrave;te.</p>
<h2><em>It&rsquo;s Raining Again</em>, de la m&eacute;lancolie au contraste</h2>
<p>L&rsquo;histoire de <em>It&rsquo;s Raining Again</em> offre un autre &eacute;clairage sur cet album travers&eacute; par les tensions. Roger Hodgson raconte avoir &eacute;crit la chanson en Angleterre, un jour de pluie, sur un petit orgue. Dans sa premi&egrave;re version, le morceau &eacute;tait plus lent et plus m&eacute;lancolique.</p>
<p>Pour l&rsquo;enregistrement avec Supertramp, Hodgson d&eacute;cide d&rsquo;en acc&eacute;l&eacute;rer le tempo. Cette transformation cr&eacute;e un contraste entre la m&eacute;lodie enjou&eacute;e et un texte plus triste. L&rsquo;&eacute;volution ne gomme donc pas le point de d&eacute;part m&eacute;lancolique de la chanson : elle le place sous une forme plus vive, capable de faire coexister l&rsquo;&eacute;lan de la musique et la tonalit&eacute; des paroles.</p>
<p>Cette d&eacute;cision constitue l&rsquo;une des histoires de cr&eacute;ation les plus pr&eacute;cises associ&eacute;es &agrave; <em>...Famous Last Words...</em>. Elle montre comment une chanson peut changer de visage entre son &eacute;criture solitaire sur un petit orgue et son enregistrement par le groupe. <em>It&rsquo;s Raining Again</em>, comme l&rsquo;album, fait partie des titres de Supertramp diffus&eacute;s sur RADIO COLLECTION.</p>
<h2>Le succ&egrave;s d&rsquo;un groupe d&eacute;j&agrave; en train de se s&eacute;parer</h2>
<p>Les fissures internes n&rsquo;emp&ecirc;chent pas l&rsquo;album de trouver son public. Au Royaume-Uni, <em>...Famous Last Words...</em> atteint la sixi&egrave;me place du classement, reste pr&eacute;sent pendant seize semaines et passe trois semaines dans le Top 10. Ces r&eacute;sultats prolongent la forte visibilit&eacute; de Supertramp apr&egrave;s <em>Breakfast in America</em>, sans effacer les d&eacute;saccords qui entourent le projet.</p>
<p>La r&eacute;ception critique se r&eacute;v&egrave;le plus partag&eacute;e. Un compte rendu publi&eacute; en 1983 juge l&rsquo;&eacute;criture moins inspir&eacute;e que sur les albums pr&eacute;c&eacute;dents, tout en distinguant la production de <em>Don&rsquo;t Leave Me Now</em>. Le contraste est r&eacute;v&eacute;lateur : le soin apport&eacute; &agrave; l&rsquo;enregistrement peut encore &ecirc;tre salu&eacute; au moment m&ecirc;me o&ugrave; la dynamique cr&eacute;ative du groupe suscite davantage de r&eacute;serves.</p>
<p><em>...Famous Last Words...</em> n&rsquo;a donc pas attendu le d&eacute;part de Roger Hodgson pour ressembler &agrave; un disque de fin de cycle. Son titre avait &eacute;t&eacute; choisi par Hodgson et Davies en pleine connaissance de leur &eacute;loignement, avant que la tourn&eacute;e de 1983 ne transforme cette intuition en rupture effective. Quarante-trois ans plus tard, les mots inscrits sur la pochette restent indissociables de ce qu&rsquo;ils annon&ccedil;aient : la derni&egrave;re s&eacute;ance d&rsquo;album de Supertramp avec Roger Hodgson.</p>
<h2>Sources et pour aller plus loin</h2>
<p>Le <a href="https://supertramp.com/about">site officiel de Supertramp</a> retrace l&rsquo;&eacute;loignement entre Roger Hodgson et Rick Davies ainsi que le d&eacute;part de Hodgson apr&egrave;s la tourn&eacute;e de 1983. L&rsquo;<a href="https://www.rogerhodgson.com/documents/interviewloudertoptensongs.html">entretien consacr&eacute; aux chansons sur le site de Roger Hodgson</a> apporte son r&eacute;cit direct de l&rsquo;&eacute;criture et de la transformation de <em>It&rsquo;s Raining Again</em>.</p>
<p><strong>&Agrave; lire aussi :</strong> retrouvez notre s&eacute;lection consacr&eacute;e aux <a href="https://radiocollection.fr/news/il-etait-un-album-154/1">anniversaires d&rsquo;albums Pop Rock</a>.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Pizza a 45 ans : comment une braguette aurait inspiré le tube d’Alain Bashung</title>
      <description><![CDATA[Avec Pizza, Alain Bashung transforme en 1981 ses exp&eacute;rimentations men&eacute;es en Angleterre avec Boris Bergman et Ken Burgess en r&eacute;ussite populaire. Quarante-cinq ans plus tard, l&rsquo;origine rocambolesque de ...]]></description>
      <pubDate>Tue, 06 Oct 2026 22:20:00 +0000</pubDate>
      <link>https://radiocollection.fr/news/pizza-a-45-ans-comment-une-braguette-aurait-inspire-le-tube-d-alain-bashung-614</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Avec <em>Pizza</em>, Alain Bashung transforme en 1981 ses exp&eacute;rimentations men&eacute;es en Angleterre avec Boris Bergman et Ken Burgess en r&eacute;ussite populaire. Quarante-cinq ans plus tard, l&rsquo;origine rocambolesque de <em>Vertige de l&rsquo;amour</em> raconte &agrave; elle seule la m&eacute;thode impr&eacute;visible qui animait le disque.</strong></p>
<p></p>
<p>Une fermeture &eacute;clair r&eacute;calcitrante, les toilettes d&rsquo;un studio et un jeu de mots saisi au vol : l&rsquo;une des chansons les plus c&eacute;l&egrave;bres d&rsquo;Alain Bashung serait n&eacute;e de cet encha&icirc;nement improbable. L&rsquo;histoire, racont&eacute;e par Boris Bergman, se d&eacute;roule pendant la pr&eacute;paration de <em>Vertige de l&rsquo;amour</em>. Bashung n&rsquo;est alors pas satisfait du d&eacute;but du texte et son complice en r&eacute;organise les premi&egrave;res lignes. Le d&eacute;clic viendra pourtant d&rsquo;un incident sans rapport apparent avec l&rsquo;&eacute;criture.</p>
<p>Bergman se retrouve coinc&eacute; par la braguette de son jean 505 et lance &laquo; Vers&hellip; tige de l&rsquo;amour &raquo;. Bashung entend la formule et la retient. L&rsquo;anecdote ne constitue pas seulement un savoureux r&eacute;cit sur la naissance d&rsquo;un titre : elle r&eacute;sume la capacit&eacute; du duo &agrave; transformer un accident de langage en mati&egrave;re pour une chanson. Sur <em>Pizza</em>, les mots peuvent surgir d&rsquo;une improvisation, d&rsquo;un calembour ou d&rsquo;une image d&eacute;cal&eacute;e avant d&rsquo;&ecirc;tre r&eacute;organis&eacute;s et fix&eacute;s.</p>
<h2>Dans le laboratoire anglais de Bashung</h2>
<p><em>Pizza</em> est le troisi&egrave;me album studio d&rsquo;Alain Bashung. Il arrive dans la dynamique cr&eacute;&eacute;e par le succ&egrave;s de <em>Gaby oh Gaby</em>, mais sa fabrication conduit le chanteur en Angleterre, notamment dans l&rsquo;environnement des studios Rockfield et Maison-Rouge. Le disque se construit autour des guitares, de la basse et de la batterie, sous la conduite de Bashung et du musicien-producteur britannique Ken Burgess.</p>
<p>Ce d&eacute;placement offre un cadre &agrave; un projet dont le v&eacute;ritable moteur reste le travail entre Bashung et Boris Bergman. Leur &eacute;criture ne suit pas une m&eacute;thode fig&eacute;e o&ugrave; l&rsquo;un fournirait simplement des paroles achev&eacute;es &agrave; l&rsquo;autre. Bergman assemble des textes &eacute;crits, des images et des calembours, tout en restant attentif aux trouvailles spontan&eacute;es du chanteur. Les h&eacute;sitations et les sons lanc&eacute;s pendant le travail peuvent ainsi devenir des &eacute;l&eacute;ments du morceau d&eacute;finitif.</p>
<p>L&rsquo;album, comme Alain Bashung lui-m&ecirc;me, figure &eacute;galement dans la programmation de RADIO COLLECTION. Sa place tient notamment &agrave; ce moment pr&eacute;cis de sa trajectoire : celui o&ugrave; une pratique d&rsquo;&eacute;criture singuli&egrave;re rencontre une audience beaucoup plus large.</p>
<h2>&laquo; Note P&eacute;p&egrave;re &raquo;, ou l&rsquo;art de conserver l&rsquo;accident</h2>
<p>Boris Bergman a livr&eacute; un autre exemple concret de cette m&eacute;thode &agrave; propos de <em>Rebel</em>. Certaines id&eacute;es viennent directement des improvisations de Bashung, que son partenaire doit noter lorsqu&rsquo;elles paraissent assez fortes pour survivre &agrave; l&rsquo;instant. &laquo; Note P&eacute;p&egrave;re &raquo;, lui dit alors le chanteur pour signaler une trouvaille &agrave; conserver.</p>
<p>Dans <em>Rebel</em>, la formule &laquo; Y&eacute; n&rsquo;en p&eacute; plou &raquo; appartient &agrave; cette cat&eacute;gorie. Elle na&icirc;t dans la bouche de Bashung avant d&rsquo;&ecirc;tre r&eacute;cup&eacute;r&eacute;e par Bergman. Cette circulation entre expression orale, notation et r&eacute;&eacute;criture &eacute;claire la construction de l&rsquo;album bien mieux qu&rsquo;une simple r&eacute;partition des cr&eacute;dits : les accidents de prononciation ne sont pas corrig&eacute;s par principe, mais examin&eacute;s pour ce qu&rsquo;ils peuvent apporter au texte.</p>
<p><em>Vertige de l&rsquo;amour</em> pousse cette logique jusqu&rsquo;&agrave; son exemple le plus spectaculaire. La r&eacute;organisation d&rsquo;un texte qui ne convainquait pas encore Bashung rencontre une phrase involontaire n&eacute;e hors de la s&eacute;ance d&rsquo;&eacute;criture proprement dite. Bergman et Bashung en font finalement le titre autour duquel va largement se jouer la trajectoire publique de <em>Pizza</em>.</p>
<h2>Un succ&egrave;s qui d&eacute;passe le lancement</h2>
<p><em>Vertige de l&rsquo;amour</em> atteint la deuxi&egrave;me place des ventes fran&ccedil;aises. Le morceau contribue fortement &agrave; faire de <em>Pizza</em> la premi&egrave;re grande r&eacute;ussite populaire de Bashung, dans le prolongement de l&rsquo;&eacute;lan amorc&eacute; par <em>Gaby oh Gaby</em>. Le chanteur ne d&eacute;pend plus seulement d&rsquo;un succ&egrave;s isol&eacute; : un album entier b&eacute;n&eacute;ficie d&eacute;sormais de cette nouvelle exposition.</p>
<p>La progression de <em>Pizza</em> ne s&rsquo;arr&ecirc;te pas aux mois qui suivent sa parution. Le disque obtient une certification or en 1984, plus de trois ans apr&egrave;s sa sortie. Ce d&eacute;lai donne une mesure concr&egrave;te de sa dur&eacute;e commerciale : l&rsquo;album continue de trouver son public au-del&agrave; de l&rsquo;impact imm&eacute;diat de son principal succ&egrave;s.</p>
<p>&Agrave; 45 ans, <em>Pizza</em> reste ainsi associ&eacute; &agrave; une bascule dans le parcours de Bashung, mais aussi &agrave; une mani&egrave;re tr&egrave;s pr&eacute;cise de fabriquer des chansons. Derri&egrave;re les studios anglais et la production men&eacute;e avec Ken Burgess, son histoire tient dans ces mots que Bergman devait noter sans attendre &mdash; qu&rsquo;ils naissent d&rsquo;une improvisation de <em>Rebel</em> ou d&rsquo;une fermeture &eacute;clair bloqu&eacute;e devenue <em>Vertige de l&rsquo;amour</em>.</p>
<h2>Sources et pour aller plus loin</h2>
<p><a href="https://www.rtl.fr/culture/musique/vertige-de-l-amour-une-braguette-de-pantalon-a-l-origine-du-tube-d-alain-bashung-7800932519">RTL raconte la gen&egrave;se de <em>Vertige de l&rsquo;amour</em></a> &agrave; partir du t&eacute;moignage de Boris Bergman, notamment l&rsquo;&eacute;pisode du jean 505 et des toilettes du studio. Dans <a href="https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/03/08/des-mots-roses-et-des-mots-bleus-pour-alain-bashung_5433519_1655027.html">son entretien avec Le Monde</a>, Bergman d&eacute;taille la m&eacute;thode d&rsquo;&eacute;criture du duo et l&rsquo;histoire de l&rsquo;improvisation conserv&eacute;e dans <em>Rebel</em>.</p>
<p><strong>&Agrave; lire aussi :</strong> retrouvez notre s&eacute;lection consacr&eacute;e aux <a href="https://radiocollection.fr/news/il-etait-un-album-154/1">anniversaires d&rsquo;albums Pop Rock</a>.</p>]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Genesis fête les 43 ans de son album éponyme : le rire imprévu qui a transformé « Mama »</title>
      <description><![CDATA[Avec Genesis, le trio form&eacute; par Phil Collins, Tony Banks et Mike Rutherford fait de son propre studio un v&eacute;ritable laboratoire. Quarante-trois ans apr&egrave;s sa sortie, l&rsquo;album reste associ&eacute; &agrave; u...]]></description>
      <pubDate>Tue, 06 Oct 2026 22:15:00 +0000</pubDate>
      <link>https://radiocollection.fr/news/genesis-fete-les-43-ans-de-son-album-eponyme-le-rire-imprevu-qui-a-transforme-mama-613</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Avec <em>Genesis</em>, le trio form&eacute; par Phil Collins, Tony Banks et Mike Rutherford fait de son propre studio un v&eacute;ritable laboratoire. Quarante-trois ans apr&egrave;s sa sortie, l&rsquo;album reste associ&eacute; &agrave; un rire conserv&eacute; presque par accident, &agrave; de longues improvisations patiemment reconstruites et &agrave; un &eacute;quilibre entre chansons pop et formats d&eacute;velopp&eacute;s.</strong></p>
<p></p>
<p>Au d&eacute;but de <em>Mama</em>, tout part de quelques &eacute;l&eacute;ments assembl&eacute;s &agrave; The Farm : un motif de guitare de Mike Rutherford trait&eacute; avec un fuzzbox, une bo&icirc;te &agrave; rythmes et une nappe jou&eacute;e par Tony Banks. Puis Phil Collins laisse &eacute;chapper un rire inqui&eacute;tant. Ce son n&rsquo;appartient pas &agrave; une composition soigneusement pr&eacute;par&eacute;e : il est d&rsquo;abord lanc&eacute; comme une plaisanterie. Le trio d&eacute;cide pourtant de le conserver, parce qu&rsquo;il fonctionne dans la chanson.</p>
<p>Cette d&eacute;cision r&eacute;sume une grande partie de l&rsquo;histoire de <em>Genesis</em>, douzi&egrave;me album studio du groupe et deuxi&egrave;me enregistr&eacute; par la formation r&eacute;duite &agrave; Collins, Banks et Rutherford. Install&eacute;s dans leur propre studio &agrave; Chiddingfold, dans le Surrey, les trois musiciens disposent d&rsquo;une libert&eacute; pr&eacute;cieuse : ils peuvent essayer, recommencer, improviser et garder les accidents heureux sans subir la pression d&rsquo;un temps de location compt&eacute;.</p>
<h2>&laquo; Mama &raquo;, une plaisanterie devenue partie int&eacute;grante du morceau</h2>
<p>La fabrication de <em>Mama</em> illustre cette m&eacute;thode. Au lieu de partir d&rsquo;une chanson enti&egrave;rement &eacute;crite, Genesis construit le morceau dans le studio, &agrave; partir d&rsquo;un motif, d&rsquo;une texture de clavier et d&rsquo;un rythme programm&eacute;. Hugh Padgham, qui coproduit l&rsquo;album avec le groupe, fait &eacute;galement &eacute;couter aux musiciens <em>The Message</em> de Grandmaster Flash. Le morceau influence le traitement vocal et rythmique de <em>Mama</em>, sans effacer le travail collectif men&eacute; &agrave; The Farm.</p>
<p>Le rire de Collins devient alors beaucoup plus qu&rsquo;un d&eacute;tail ajout&eacute; apr&egrave;s coup. Tony Banks appr&eacute;cie pr&eacute;cis&eacute;ment ces instants qui &eacute;chappent &agrave; l&rsquo;&eacute;criture pr&eacute;alable : &laquo; I love moments like that, where it is not even written. &raquo; Le clavi&eacute;riste souligne ainsi la place accord&eacute;e &agrave; ce qui surgit pendant le travail, lorsque l&rsquo;interpr&eacute;tation propose soudain une id&eacute;e que personne n&rsquo;avait inscrite dans la composition.</p>
<p>Ce choix audacieux n&rsquo;emp&ecirc;che pas la chanson de rencontrer un large public. <em>Mama</em> atteint la quatri&egrave;me place du classement britannique, soit l&rsquo;un des r&eacute;sultats les plus importants du groupe au Royaume-Uni. Le titre impose surtout comme single une construction n&eacute;e de l&rsquo;exp&eacute;rimentation plut&ocirc;t que d&rsquo;une recherche strictement calibr&eacute;e.</p>
<h2>Deux improvisations de trente minutes pour construire &laquo; Home by the Sea &raquo;</h2>
<p>La libert&eacute; offerte par The Farm joue un r&ocirc;le encore plus spectaculaire dans la naissance de <em>Home by the Sea</em> et <em>Second Home by the Sea</em>. Leur partie instrumentale vient d&rsquo;une longue improvisation organis&eacute;e autour d&rsquo;un motif de batterie de Phil Collins. Le trio enregistre deux bandes d&rsquo;environ trente minutes, accumulant une mati&egrave;re bien plus vaste que celle qui appara&icirc;tra finalement sur l&rsquo;album.</p>
<p>Le travail ne consiste pas simplement &agrave; raccourcir ces prises. Banks, Rutherford et Collins s&eacute;lectionnent les meilleurs passages, puis doivent apprendre pr&eacute;cis&eacute;ment ce qu&rsquo;ils ont jou&eacute; spontan&eacute;ment. Ils r&eacute;assemblent ensuite ces fragments pour donner au morceau sa structure d&eacute;finitive. L&rsquo;improvisation fournit donc la mati&egrave;re premi&egrave;re, mais sa transformation r&eacute;clame un patient travail de m&eacute;morisation et de reconstruction.</p>
<p>Tony Banks pr&eacute;sentera cette m&eacute;thode comme une nouvelle mani&egrave;re de travailler, directement rendue possible par le studio du groupe. L&rsquo;autonomie ne sert pas seulement &agrave; prolonger les s&eacute;ances : elle modifie la fa&ccedil;on m&ecirc;me dont Genesis peut composer. Une id&eacute;e collective enregistr&eacute;e sur le moment peut &ecirc;tre examin&eacute;e, d&eacute;coup&eacute;e, apprise puis organis&eacute;e sans avoir &eacute;t&eacute; pr&eacute;par&eacute;e avant l&rsquo;entr&eacute;e en studio.</p>
<p>Avec <em>Home by the Sea</em> et <em>Second Home by the Sea</em>, l&rsquo;album conserve ainsi le go&ucirc;t de Genesis pour les morceaux d&eacute;velopp&eacute;s. Ces deux pi&egrave;ces c&ocirc;toient pourtant des chansons beaucoup plus imm&eacute;diatement accessibles, sans que le trio choisisse d&eacute;finitivement un seul format.</p>
<h2>Le succ&egrave;s pop sans abandonner les morceaux longs</h2>
<p><em>That&rsquo;s All</em> repr&eacute;sente l&rsquo;autre versant du disque. La chanson devient la premi&egrave;re de Genesis &agrave; entrer dans le Top 10 am&eacute;ricain, confirmant l&rsquo;&eacute;largissement du groupe vers une &eacute;criture plus directement pop. Son voisinage avec <em>Home by the Sea</em> et sa seconde partie donne &agrave; l&rsquo;album sa tension principale : des morceaux concis capables de toucher un nouveau public coexistent avec des constructions issues de longues s&eacute;ances instrumentales.</p>
<p>Cette &eacute;volution intervient alors que le succ&egrave;s solo de Phil Collins accro&icirc;t les attentes autour du groupe. <em>Genesis</em> demeure pourtant une &oelig;uvre con&ccedil;ue par le trio, qui assure collectivement la production avec Hugh Padgham. L&rsquo;histoire de <em>Mama</em> comme celle de <em>Home by the Sea</em> montre une cr&eacute;ation fond&eacute;e sur les interactions entre les trois musiciens, plut&ocirc;t que sur la seule pr&eacute;sence de leur chanteur et batteur.</p>
<p>&Agrave; sa parution, l&rsquo;album entre directement &agrave; la premi&egrave;re place du classement britannique et reste class&eacute; pendant 51 semaines. La r&eacute;ception critique est plus partag&eacute;e : <em>Rolling Stone</em> le pr&eacute;sente comme le disque le plus sage de Genesis jusque-l&agrave;, tandis que d&rsquo;autres commentateurs saluent la rencontre entre &eacute;criture pop et atmosph&egrave;res progressives. Cette dualit&eacute; correspond pr&eacute;cis&eacute;ment &agrave; ce que le groupe a mis en place &agrave; The Farm : faire tenir sur un m&ecirc;me album l&rsquo;efficacit&eacute; de <em>That&rsquo;s All</em>, l&rsquo;&eacute;tranget&eacute; construite de <em>Mama</em> et les d&eacute;veloppements de <em>Home by the Sea</em>.</p>
<p>Diffus&eacute; sur RADIO COLLECTION, <em>Genesis</em> t&eacute;moigne ainsi d&rsquo;une p&eacute;riode o&ugrave; l&rsquo;acc&egrave;s &agrave; un studio priv&eacute; change concr&egrave;tement les possibilit&eacute;s du trio. Quarante-trois ans plus tard, ses histoires de fabrication ram&egrave;nent toujours aux m&ecirc;mes gestes : garder un rire qui n&rsquo;&eacute;tait pas pr&eacute;vu, enregistrer de longues improvisations, puis transformer ces trouvailles en morceaux capables d&rsquo;atteindre les premi&egrave;res places.</p>
<h2>Sources et pour aller plus loin</h2>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.twronline.net/issues/twr35/twr35_atoz.htm">entretien de Tony Banks publi&eacute; par The Waiting Room Online</a> apporte les &eacute;l&eacute;ments les plus pr&eacute;cis sur le rire de Phil Collins dans <em>Mama</em> et sur la reconstruction des improvisations de <em>Home by the Sea</em>. La <a href="https://www.officialcharts.com/artist/14995/genesis/">page de Genesis sur le site de l&rsquo;Official Charts</a> permet de retrouver les r&eacute;sultats britanniques de l&rsquo;album et de ses chansons.</p>
<p><strong>&Agrave; lire aussi :</strong> retrouvez notre s&eacute;lection consacr&eacute;e aux <a href="https://radiocollection.fr/news/il-etait-un-album-154/1">anniversaires d&rsquo;albums Pop Rock</a>.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>À 58 ans, Thom Yorke raconte encore Radiohead en démontant ses chansons</title>
      <description><![CDATA[Thom Yorke f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 58 ans. De la trentaine de versions de Paranoid Android aux fragments &eacute;lectroniques de The Eraser, le chanteur de Radiohead a d&eacute;velopp&eacute; une m&eacute;thode s...]]></description>
      <pubDate>Tue, 06 Oct 2026 22:10:00 +0000</pubDate>
      <link>https://radiocollection.fr/news/a-58-ans-thom-yorke-raconte-encore-radiohead-en-demontant-ses-chansons-609</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Thom Yorke f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 58 ans. De la trentaine de versions de <em>Paranoid Android</em> aux fragments &eacute;lectroniques de <em>The Eraser</em>, le chanteur de Radiohead a d&eacute;velopp&eacute; une m&eacute;thode singuli&egrave;re : accumuler, d&eacute;couper, ralentir et r&eacute;assembler jusqu&rsquo;&agrave; faire appara&icirc;tre une chanson.</strong></p>
<p></p>
<p>Les paroles de <em>Paranoid Android</em> auraient pu &ecirc;tre fig&eacute;es bien plus t&ocirc;t. Thom Yorke a pourtant continu&eacute; &agrave; les reprendre, parfois pour quelques mots seulement, jusqu&rsquo;&agrave; produire trente ou quarante versions diff&eacute;rentes. Ce travail ne s&rsquo;effectuait pas n&eacute;cessairement dans le calme d&rsquo;un studio : il pouvait se poursuivre dans un bus, au milieu d&rsquo;un d&eacute;placement ordinaire. Yorke a compar&eacute; cette r&eacute;p&eacute;tition &agrave; une forme de m&eacute;ditation.</p>
<p>L&rsquo;acharnement ne concernait pas uniquement le texte. Radiohead a &eacute;galement discut&eacute; de la vitesse du morceau, puis ralenti en studio une version de travail afin d&rsquo;obtenir la sensation recherch&eacute;e. Ce proc&eacute;d&eacute; r&eacute;sume une part essentielle de la cr&eacute;ation chez Yorke : une chanson n&rsquo;est pas un objet intact qu&rsquo;il suffirait de capturer. Elle peut &ecirc;tre d&eacute;mont&eacute;e, d&eacute;plac&eacute;e et reconstruite, jusqu&rsquo;&agrave; ce que ses diff&eacute;rents &eacute;l&eacute;ments trouvent leur forme.</p>
<h2><em>Paranoid Android</em>, ou l&rsquo;art de ne pas choisir trop vite</h2>
<p>Yorke &eacute;crit des chansons et enregistre sa voix depuis l&rsquo;&acirc;ge de 13 ou 14 ans. Il fait alors circuler des cassettes de ses premiers essais. Cette pratique pr&eacute;coce de l&rsquo;enregistrement annonce d&eacute;j&agrave; une relation durable aux sons conserv&eacute;s : les id&eacute;es peuvent attendre, revenir plus tard et prendre un autre sens lorsqu&rsquo;elles sont plac&eacute;es &agrave; c&ocirc;t&eacute; d&rsquo;une mati&egrave;re nouvelle.</p>
<p>Avec Radiohead, form&eacute; dans l&rsquo;Oxfordshire avec Colin Greenwood, Ed O&rsquo;Brien, Phil Selway et Jonny Greenwood, il devient le chanteur et le principal auteur-compositeur du groupe. Mais son &eacute;criture ne repose pas seulement sur une progression lin&eacute;aire, du premier accord au morceau termin&eacute;. Autour de <em>Kid A</em>, apr&egrave;s <em>OK Computer</em>, Radiohead se d&eacute;place nettement vers l&rsquo;&eacute;lectronique, le montage et des structures moins d&eacute;pendantes du format rock traditionnel.</p>
<p>Durant cette p&eacute;riode, Yorke exp&eacute;rimente aussi une m&eacute;thode inhabituelle pour lui : &eacute;crire un texte comme une histoire, avant de n&rsquo;en garder que certains fragments. L&rsquo;unit&eacute; initiale dispara&icirc;t alors au profit d&rsquo;images choisies. Les mots ne sont plus n&eacute;cessairement charg&eacute;s de raconter tout le r&eacute;cit ; ils deviennent une mati&egrave;re &agrave; isoler et &agrave; replacer.</p>
<p>Cette mani&egrave;re de proc&eacute;der &eacute;claire aussi les multiples r&eacute;&eacute;critures de <em>Paranoid Android</em>. Changer quelques mots, ralentir une bande ou retirer une partie d&rsquo;un texte ne rel&egrave;ve pas d&rsquo;une simple correction finale. Chaque intervention peut modifier l&rsquo;&eacute;quilibre g&eacute;n&eacute;ral du morceau. Radiohead, dont les titres figurent dans la programmation de RADIO COLLECTION, construit ainsi certaines chansons par transformations successives plut&ocirc;t que par ex&eacute;cution imm&eacute;diate d&rsquo;une id&eacute;e arr&ecirc;t&eacute;e.</p>
<h2>Nigel Godrich, l&rsquo;&eacute;diteur au milieu des fragments</h2>
<p>Au fil des tourn&eacute;es, Thom Yorke accumule des &eacute;l&eacute;ments sonores dans son ordinateur. Certains naissent dans des chambres d&rsquo;h&ocirc;tel ou pendant des temps morts. Ces blocs peuvent rester s&eacute;par&eacute;s pendant plusieurs ann&eacute;es avant d&rsquo;&ecirc;tre repris. Yorke r&eacute;sume lui-m&ecirc;me ce d&eacute;placement de la composition vers le montage : &laquo; Une grande partie de l&rsquo;&eacute;criture, d&eacute;sormais, ne consiste plus vraiment &agrave; &eacute;crire des chansons, mais &agrave; &eacute;diter. &raquo;</p>
<p><em>The Eraser</em>, son premier album solo, donne une forme compl&egrave;te &agrave; cette m&eacute;thode. Le disque est construit &agrave; partir de fragments &eacute;lectroniques accumul&eacute;s sur une longue p&eacute;riode. Nigel Godrich y occupe une place centrale, non seulement comme producteur, mais comme conseiller et &eacute;diteur des id&eacute;es. Il aide Yorke &agrave; s&eacute;lectionner les blocs, &agrave; les isoler et &agrave; les ordonner avant m&ecirc;me que les m&eacute;lodies vocales ne soient d&eacute;finitivement pos&eacute;es.</p>
<p>Yorke a expliqu&eacute; que plus Godrich le poussait &agrave; clarifier et &agrave; ranger ses id&eacute;es, plus celles-ci commen&ccedil;aient &agrave; ressembler &agrave; ce que l&rsquo;on pouvait appeler des chansons. Le producteur ne se contente donc pas de restituer un son : il intervient au moment o&ugrave; une masse de fichiers, de rythmes et de motifs doit devenir une structure.</p>
<p>Une autre &eacute;tape commence lorsque ces morceaux con&ccedil;us sur ordinateur doivent &ecirc;tre interpr&eacute;t&eacute;s. Il faut alors les apprendre et les rejouer humainement. Le travail num&eacute;rique ne supprime pas le geste collectif ; il lui impose au contraire un nouveau point de d&eacute;part. Les musiciens doivent reproduire, adapter ou transformer une construction qui n&rsquo;est pas forc&eacute;ment n&eacute;e d&rsquo;une r&eacute;p&eacute;tition en groupe.</p>
<h2>De The Smile au retour sc&eacute;nique de Radiohead</h2>
<p>Cette circulation entre laboratoire &eacute;lectronique et jeu collectif se prolonge avec The Smile. Yorke et Jonny Greenwood ont form&eacute; le trio avec le batteur Tom Skinner. Le projet a publi&eacute; trois albums, dont <em>Cutouts</em> en 2024, offrant &agrave; Yorke un autre cadre que Radiohead pour poursuivre ce travail de construction et d&rsquo;interpr&eacute;tation.</p>
<p>Radiohead, de son c&ocirc;t&eacute;, n&rsquo;a pas publi&eacute; d&rsquo;album depuis <em>A Moon Shaped Pool</em> en 2016. Le groupe a n&eacute;anmoins retrouv&eacute; la sc&egrave;ne en 2025 pour ses premiers concerts depuis 2017. Dans un entretien publi&eacute; l&rsquo;ann&eacute;e suivante, Yorke a qualifi&eacute; cette exp&eacute;rience d&rsquo;&laquo; overwhelming &raquo;, un mot qui peut &eacute;voquer quelque chose d&rsquo;aussi intense que difficile &agrave; contenir. Cette reprise ne constitue toutefois pas l&rsquo;annonce d&rsquo;une nouvelle tourn&eacute;e mondiale ni celle d&rsquo;un album.</p>
<p>Un nouveau projet solo a &eacute;galement &eacute;t&eacute; &eacute;voqu&eacute; pour 2026, sans titre, date pr&eacute;cise ni contenu officiellement &eacute;tablis dans les &eacute;l&eacute;ments connus. &Agrave; 58 ans, Yorke reste donc fid&egrave;le &agrave; une logique perceptible depuis ses premi&egrave;res cassettes : conserver la mati&egrave;re avant de d&eacute;cider de sa forme. Pour <em>Paranoid Android</em>, il aura fallu des dizaines de textes et m&ecirc;me une modification de vitesse. Parfois, quelques mots d&eacute;plac&eacute;s ou une bande ralentie suffisent &agrave; faire basculer toute une chanson.</p>
<h2>Sources et pour aller plus loin</h2>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.bbc.co.uk/programmes/articles/58cS3NKtn2dLL5Z22fXhCsk/6-things-we-learned-from-thom-yorke-s-interview-with-matt-everitt">entretien de Thom Yorke avec Matt Everitt pour la BBC</a> d&eacute;taille les nombreuses versions des paroles de <em>Paranoid Android</em> et le ralentissement effectu&eacute; en studio. L&rsquo;<a href="https://www.wnycstudios.org/podcasts/heresthething/episodes/278417-thom-yorke">&eacute;mission <em>Here&rsquo;s the Thing</em> de WNYC Studios</a> permet d&rsquo;approfondir sa conception de l&rsquo;&eacute;criture par montage et la transformation des compositions num&eacute;riques en morceaux jouables.</p>
<p>Une <a href="https://citizeninsane.eu/media/usa/nytimes/i01t_2006-06-1x_nytimes.html">archive de l&rsquo;entretien accord&eacute; au <em>New York Times</em></a> revient &eacute;galement sur la fabrication de <em>The Eraser</em> et sur le r&ocirc;le d&eacute;terminant de Nigel Godrich dans l&rsquo;organisation des fragments.</p>
<p><strong>&Agrave; lire aussi :</strong> retrouvez notre s&eacute;lection consacr&eacute;e aux <a href="https://radiocollection.fr/news/happy-birthday-to-269/1">anniversaires d&rsquo;artistes Pop Rock</a>.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Stoosh a 30 ans : Skunk Anansie avait rejeté ses premiers mixes avant de triompher avec Hedonism</title>
      <description><![CDATA[Skunk Anansie c&eacute;l&egrave;bre aujourd&rsquo;hui les 30 ans de Stoosh, son deuxi&egrave;me album studio. Derri&egrave;re sa r&eacute;ussite se cachent une bataille autour du son, un morceau d&rsquo;ouverture impos&eacute; par...]]></description>
      <pubDate>Tue, 06 Oct 2026 22:10:00 +0000</pubDate>
      <link>https://radiocollection.fr/news/stoosh-a-30-ans-skunk-anansie-avait-rejete-ses-premiers-mixes-avant-de-triompher-avec-hedonism-611</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Skunk Anansie c&eacute;l&egrave;bre aujourd&rsquo;hui les 30 ans de <em>Stoosh</em>, son deuxi&egrave;me album studio. Derri&egrave;re sa r&eacute;ussite se cachent une bataille autour du son, un morceau d&rsquo;ouverture impos&eacute; par Skin et une chanson de rupture &eacute;crite en quelques minutes au milieu de la nuit.</strong></p>
<p></p>
<p>Avant m&ecirc;me que le public d&eacute;couvre <em>Stoosh</em>, Skunk Anansie a d&ucirc; refuser une premi&egrave;re version de son propre disque. Enregistr&eacute; &agrave; Great Linford Manor, &agrave; Milton Keynes, avec le producteur canadien Garth &laquo; GGGarth &raquo; Richardson, l&rsquo;album ne convainc pas imm&eacute;diatement le groupe une fois mix&eacute;. Les premiers mixes sont jug&eacute;s trop compress&eacute;s. Plut&ocirc;t que d&rsquo;accepter ce r&eacute;sultat, les musiciens r&eacute;clament une nouvelle passe, r&eacute;alis&eacute;e &agrave; Mushroom Studios, &agrave; Vancouver. Ce second travail redonne notamment davantage d&rsquo;espace aux basses et permet au groupe de reprendre le contr&ocirc;le sur la forme d&eacute;finitive de l&rsquo;album.</p>
<h2>Un morceau politique impos&eacute; d&egrave;s l&rsquo;ouverture</h2>
<p>Le d&eacute;saccord autour du mixage n&rsquo;est pas la seule d&eacute;cision ferme qui accompagne la naissance de <em>Stoosh</em>. Pour ouvrir le disque, Skin tient &agrave; placer &laquo; Yes It&rsquo;s Fucking Political &raquo;, tandis que le label pr&eacute;f&egrave;re &laquo; All I Want &raquo;. La chanteuse obtient gain de cause. Le choix est particuli&egrave;rement significatif : au lieu de commencer par le titre privil&eacute;gi&eacute; par la maison de disques, Skunk Anansie place d&rsquo;embl&eacute;e une d&eacute;claration explicite au seuil de l&rsquo;album.</p>
<p>Le titre m&ecirc;me du disque participe &agrave; cette volont&eacute; de confronter les apparences et les rapports sociaux. &laquo; Stoosh &raquo;, mot d&rsquo;origine britannique et carib&eacute;enne, peut notamment signifier &laquo; chic &raquo;, &laquo; snob &raquo; ou &laquo; coinc&eacute; &raquo;. Skin l&rsquo;emploie de mani&egrave;re ironique dans le contexte des tensions de classe abord&eacute;es par l&rsquo;album. Ce nom court et ambigu r&eacute;sume ainsi un projet qui refuse de s&eacute;parer les choix artistiques des sujets politiques et sociaux port&eacute;s par le groupe.</p>
<p>La production accueille aussi une collaboration inattendue. Michael McKeegan, bassiste de Therapy?, intervient pour arranger et jouer les parties de violoncelle de &laquo; Infidelity (Only You) &raquo; et &laquo; Twisted (Everyday Hurts) &raquo;. Sa pr&eacute;sence ne se limite donc pas &agrave; une simple apparition : elle concerne directement la construction de deux morceaux et introduit un autre instrument dans l&rsquo;architecture du disque.</p>
<h2>Hedonism, une rupture transform&eacute;e en refrain</h2>
<p>L&rsquo;histoire la plus intime de <em>Stoosh</em> est celle de &laquo; Hedonism (Just Because You Feel Good) &raquo;. Skin raconte avoir &eacute;crit la chanson vers quatre heures du matin, juste apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; quitt&eacute;e par son premier amour. Une phrase figure d&eacute;j&agrave; dans la premi&egrave;re &eacute;bauche : &laquo; I hope you&rsquo;re feeling happy now &raquo;. Mais les autres membres de Skunk Anansie estiment que le morceau a encore besoin d&rsquo;un v&eacute;ritable refrain.</p>
<p>Skin trouve alors la formule &laquo; Just because you feel good &raquo;. D&rsquo;apr&egrave;s son r&eacute;cit, l&rsquo;&eacute;criture ne lui prend qu&rsquo;environ cinq minutes. Ce moment nocturne n&eacute; d&rsquo;un mauvais largage devient le plus grand succ&egrave;s associ&eacute; &agrave; l&rsquo;album. La chanson relie ainsi une exp&eacute;rience tr&egrave;s personnelle &agrave; la trajectoire publique de <em>Stoosh</em>, sans avoir &eacute;t&eacute; con&ccedil;ue au terme d&rsquo;un long travail pr&eacute;m&eacute;dit&eacute;.</p>
<p>Son clip provoque &eacute;galement une r&eacute;action au Royaume-Uni. Un baiser entre deux femmes entra&icirc;ne une diffusion limit&eacute;e &agrave; certains cr&eacute;neaux horaires. La plainte d&eacute;pos&eacute;e aupr&egrave;s de l&rsquo;Independent Television Commission n&rsquo;est cependant pas retenue. Cet &eacute;pisode prolonge, dans l&rsquo;image, la volont&eacute; du groupe de ne pas contourner les sujets susceptibles de d&eacute;ranger.</p>
<h2>De l&rsquo;&eacute;cole primaire aux classements britanniques</h2>
<p>Une autre chanson puise dans un souvenir beaucoup plus ancien. &laquo; Pickin On Me &raquo; &eacute;voque un &eacute;colier que Skin a r&eacute;ellement connu dans son &eacute;cole primaire du sud de Londres. La chanteuse a confirm&eacute; que cet ancien camarade &eacute;tait ensuite devenu membre de la Metropolitan Police. Ce d&eacute;tail donne au morceau un ancrage biographique pr&eacute;cis et fait entrer dans l&rsquo;album une figure venue directement de son enfance.</p>
<p>&Agrave; sa sortie, <em>Stoosh</em> atteint la neuvi&egrave;me place du classement britannique des albums et prend la t&ecirc;te du classement UK Rock &amp; Metal. Il obtient &eacute;galement une certification platine au Royaume-Uni. Ces r&eacute;sultats contribuent &agrave; installer durablement Skunk Anansie parmi les groupes &agrave; succ&egrave;s de la p&eacute;riode, tout en donnant une audience consid&eacute;rable aux d&eacute;cisions que le groupe avait d&eacute;fendues en studio.</p>
<p>Cette progression trouve un prolongement spectaculaire en 1999, lorsque Skin devient la premi&egrave;re femme noire &agrave; se produire en t&ecirc;te d&rsquo;affiche de la Pyramid Stage de Glastonbury. Trois ans apr&egrave;s <em>Stoosh</em>, le groupe occupe ainsi l&rsquo;une des sc&egrave;nes les plus expos&eacute;es du festival britannique. L&rsquo;album et Skunk Anansie figurent &eacute;galement dans la programmation de RADIO COLLECTION.</p>
<p>Trente ans apr&egrave;s sa parution, <em>Stoosh</em> reste li&eacute; &agrave; une succession de refus et de choix assum&eacute;s : recommencer les mixes, imposer &laquo; Yes It&rsquo;s Fucking Political &raquo; en ouverture et conserver dans &laquo; Hedonism &raquo; la trace imm&eacute;diate d&rsquo;une rupture. Son histoire tient autant &agrave; ses r&eacute;sultats dans les classements qu&rsquo;&agrave; cette d&eacute;termination &agrave; ne pas livrer le disque sous une forme qui ne convenait pas au groupe.</p>
<p><strong>&Agrave; lire aussi :</strong> retrouvez notre s&eacute;lection consacr&eacute;e aux <a href="https://radiocollection.fr/news/il-etait-un-album-154/1">anniversaires d&rsquo;albums Pop Rock</a>.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>42 ans après In the Eye of the Storm, Roger Hodgson racontait l’après-Supertramp en homme-orchestre</title>
      <description><![CDATA[Premier album solo de Roger Hodgson apr&egrave;s son d&eacute;part de Supertramp, In the Eye of the Storm a 42 ans. Derri&egrave;re ce disque largement fa&ccedil;onn&eacute; en solitaire se cache un premier projet abandonn&eacute;...]]></description>
      <pubDate>Tue, 06 Oct 2026 22:10:00 +0000</pubDate>
      <link>https://radiocollection.fr/news/42-ans-apres-in-the-eye-of-the-storm-roger-hodgson-racontait-l-apres-supertramp-en-homme-orchestre-612</link>
      <guid>https://radiocollection.fr/news/42-ans-apres-in-the-eye-of-the-storm-roger-hodgson-racontait-l-apres-supertramp-en-homme-orchestre-612</guid>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Premier album solo de Roger Hodgson apr&egrave;s son d&eacute;part de Supertramp, <em>In the Eye of the Storm</em> a 42 ans. Derri&egrave;re ce disque largement fa&ccedil;onn&eacute; en solitaire se cache un premier projet abandonn&eacute;, <em>Sleeping with the Enemy</em>, dont deux chansons ont surv&eacute;cu &agrave; la refonte.</strong></p>
<p></p>
<p>Avant de devenir <em>In the Eye of the Storm</em>, le premier album solo de Roger Hodgson a travers&eacute; une p&eacute;riode de tension suffisamment forte pour faire d&eacute;railler une premi&egrave;re tentative. Le musicien avait d&rsquo;abord envisag&eacute; un disque intitul&eacute; <em>Sleeping with the Enemy</em>. Il a ensuite abandonn&eacute; cette version, r&eacute;alis&eacute;e dans des conditions qu&rsquo;il d&eacute;crivait comme tr&egrave;s stressantes, avant de reprendre son projet sous une autre forme.</p>
<p>Ce changement ne concernait pas seulement le titre. Hodgson sortait de Supertramp, qu&rsquo;il avait quitt&eacute; en 1983, et devait d&eacute;sormais signer un album sous son seul nom. Dans une biographie promotionnelle contemporaine, il r&eacute;sumait directement le contexte du disque : &laquo; In The Eye Of The Storm is the end result of a particularly intense and stormy period in my life. &raquo; Le titre d&eacute;finitif devenait ainsi le reflet explicite d&rsquo;une p&eacute;riode personnelle et professionnelle mouvement&eacute;e.</p>
<h2>Un premier album solo presque enti&egrave;rement autog&eacute;r&eacute;</h2>
<p>Pour construire cette nouvelle &eacute;tape, Roger Hodgson a choisi de concentrer entre ses mains l&rsquo;essentiel des responsabilit&eacute;s. Il a &eacute;crit, arrang&eacute; et produit <em>In the Eye of the Storm</em>, tout en interpr&eacute;tant presque toutes ses parties instrumentales. Cette m&eacute;thode prolongeait son exp&eacute;rience de principal architecte de production au sein de Supertramp, mais elle prenait une autre dimension sur un disque publi&eacute; sous son nom.</p>
<p>L&rsquo;album a demand&eacute; environ sept mois de travail au Unicorn Studio, le studio priv&eacute; de Hodgson &agrave; Nevada City, en Californie. Le mixage a ensuite &eacute;t&eacute; effectu&eacute; au Power Station de New York. Quelques musiciens sont venus compl&eacute;ter cette organisation largement solitaire : Michael Shrieve, Jimmy Johnson, Scott Page et Ken Allardyce interviennent ponctuellement sur le disque.</p>
<p>Cette autonomie donne &agrave; l&rsquo;album une place particuli&egrave;re dans la trajectoire de Hodgson. Il ne s&rsquo;agissait plus de partager la fabrication et l&rsquo;identit&eacute; d&rsquo;un disque avec un groupe, mais de porter personnellement l&rsquo;&eacute;criture, les arrangements, l&rsquo;interpr&eacute;tation et la production d&rsquo;un projet n&eacute; au lendemain de son d&eacute;part. <em>In the Eye of the Storm</em>, &eacute;galement diffus&eacute; sur RADIO COLLECTION, constitue donc autant un premier album solo qu&rsquo;une d&eacute;monstration de son ind&eacute;pendance artistique.</p>
<h2>Ce qui a surv&eacute;cu de Sleeping with the Enemy</h2>
<p>L&rsquo;abandon du premier projet n&rsquo;a pas entra&icirc;n&eacute; la disparition de toutes les chansons qui lui &eacute;taient destin&eacute;es. Dans une interview accord&eacute;e en 1984, Hodgson indiquait que <em>Had a Dream (Sleeping With the Enemy)</em> et <em>Hooked on a Problem</em> appartenaient &agrave; cette phase initiale. Les deux morceaux ont &eacute;t&eacute; conserv&eacute;s lorsque le projet a &eacute;t&eacute; repens&eacute; pour devenir <em>In the Eye of the Storm</em>.</p>
<p><em>Had a Dream (Sleeping With the Enemy)</em> garde m&ecirc;me la trace la plus visible de l&rsquo;album abandonn&eacute;. L&rsquo;expression <em>Sleeping with the Enemy</em>, autrefois envisag&eacute;e comme titre de l&rsquo;ensemble, subsiste entre parenth&egrave;ses dans celui de la chanson. Le morceau relie ainsi les deux vies du projet : la tentative interrompue, puis l&rsquo;album finalement achev&eacute; apr&egrave;s sa refonte.</p>
<p>Ce titre est aussi devenu le principal point de rencontre entre l&rsquo;histoire de la fabrication du disque et sa trajectoire commerciale. Publi&eacute; en single, <em>Had a Dream (Sleeping With the Enemy)</em> a atteint la 48e place du Billboard Hot 100 aux &Eacute;tats-Unis. Son succ&egrave;s mesur&eacute; dans les classements n&rsquo;efface pas sa fonction narrative : il demeure le vestige nomm&eacute; d&rsquo;une premi&egrave;re version que Hodgson avait d&eacute;cid&eacute; de laisser derri&egrave;re lui.</p>
<h2>Une nouvelle signature apr&egrave;s Supertramp</h2>
<p>&Agrave; sa parution europ&eacute;enne en octobre 1984, <em>In the Eye of the Storm</em> a atteint la 70e place du classement britannique. Aux &Eacute;tats-Unis, il s&rsquo;est hiss&eacute; &agrave; la 46e place du Billboard 200. Ces r&eacute;sultats installent le disque dans les classements sans reproduire automatiquement l&rsquo;ampleur associ&eacute;e au groupe que Hodgson venait de quitter.</p>
<p>L&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de cet album ne se r&eacute;sume toutefois pas &agrave; une comparaison avec Supertramp. Sa fabrication raconte une d&eacute;cision concr&egrave;te : apr&egrave;s l&rsquo;&eacute;chec d&rsquo;une premi&egrave;re tentative, Hodgson a repris le contr&ocirc;le du projet, chang&eacute; son titre et men&eacute; lui-m&ecirc;me l&rsquo;essentiel des op&eacute;rations pendant sept mois. Les contributions ext&eacute;rieures sont rest&eacute;es cibl&eacute;es, au service d&rsquo;un disque dont il assumait presque chaque fonction.</p>
<p>Quarante-deux ans plus tard, le passage de <em>Sleeping with the Enemy</em> &agrave; <em>In the Eye of the Storm</em> reste le fil le plus r&eacute;v&eacute;lateur de cette naissance mouvement&eacute;e. Deux chansons ont franchi la rupture entre les versions, tandis que le nouveau titre a fix&eacute; dans le nom m&ecirc;me de l&rsquo;album l&rsquo;intensit&eacute; de la p&eacute;riode d&eacute;crite par Hodgson. Son premier geste apr&egrave;s Supertramp fut donc moins un simple changement de signature qu&rsquo;une reconstruction compl&egrave;te de son projet solo.</p>
<h2>Sources et pour aller plus loin</h2>
<p>La <a href="https://www.onamrecords.com/sites/default/files/2023-08/Roger_Hodgson_1984_Bio.pdf">biographie promotionnelle de Roger Hodgson publi&eacute;e en 1984</a> apporte son t&eacute;moignage sur la p&eacute;riode travers&eacute;e, ainsi que les principaux &eacute;l&eacute;ments concernant l&rsquo;enregistrement, la production et les musiciens invit&eacute;s.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.thelogicalweb.com/roger-hodgson/entrevistas/1315-roger-hodgson-en-k-lite-fm-septiembre-1984.html">interview accord&eacute;e par Roger Hodgson &agrave; K-Lite FM en septembre 1984</a> &eacute;claire l&rsquo;abandon de <em>Sleeping with the Enemy</em> et le maintien de <em>Had a Dream</em> et <em>Hooked on a Problem</em> dans la version d&eacute;finitive.</p>
<p><strong>&Agrave; lire aussi :</strong> retrouvez notre s&eacute;lection consacr&eacute;e aux <a href="https://radiocollection.fr/news/il-etait-un-album-154/1">anniversaires d&rsquo;albums Pop Rock</a>.</p>]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Kevin Godley, 81 ans, et la nappe vocale montée note par note pour 10cc</title>
      <description><![CDATA[Kevin Godley f&ecirc;te ses 81 ans ce 7 octobre. Du test de mat&eacute;riel qui donna naissance &agrave; Neanderthal Man aux centaines de contributions re&ccedil;ues pour Muscle Memory, le cofondateur de 10cc a fait des c...]]></description>
      <pubDate>Tue, 06 Oct 2026 22:05:00 +0000</pubDate>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Kevin Godley f&ecirc;te ses 81 ans ce 7 octobre. Du test de mat&eacute;riel qui donna naissance &agrave; <em>Neanderthal Man</em> aux centaines de contributions re&ccedil;ues pour <em>Muscle Memory</em>, le cofondateur de 10cc a fait des contraintes techniques un moteur de cr&eacute;ation.</strong></p>
<p></p>
<p>Quatre chanteurs autour d&rsquo;un microphone, une seule note tenue pendant une vingtaine de secondes, puis une autre, et encore une autre. Pour construire la texture vocale de <em>I&rsquo;m Not in Love</em>, les membres de 10cc n&rsquo;ont pas simplement enregistr&eacute; un ch&oelig;ur. Ils ont patiemment constitu&eacute; une mati&egrave;re sonore, note apr&egrave;s note, avant de la monter en boucles et de la faire surgir depuis la console de mixage. Au c&oelig;ur de cette fabrication collective se trouvait Kevin Godley, batteur, chanteur et auteur-compositeur du groupe.</p>
<p>Cette sc&egrave;ne de studio r&eacute;sume une grande partie de son parcours. N&eacute; &agrave; Prestwich, dans le Lancashire, Godley a longtemps travaill&eacute; au point de rencontre entre chanson, exp&eacute;rimentation technique et image. Son histoire ne se limite donc ni &agrave; la batterie de 10cc ni aux clips qu&rsquo;il r&eacute;alisera ensuite. Elle raconte surtout une mani&egrave;re de transformer les outils disponibles, parfois modestes, en possibilit&eacute;s nouvelles.</p>
<h2>Un test de studio devenu morceau</h2>
<p>Avant 10cc, Kevin Godley &eacute;tudie dans une &eacute;cole d&rsquo;art &agrave; Manchester. Il y rencontre Lol Creme, qui deviendra son partenaire d&rsquo;&eacute;criture et de cr&eacute;ation. Tous deux imaginent d&eacute;j&agrave; des spectacles et des com&eacute;dies musicales. Godley passe ensuite par plusieurs groupes comme batteur, notamment The Sabres, The Mockingbirds et Hotlegs.</p>
<p>Le tournant se joue autour de Strawberry Studios, &agrave; Stockport. Godley et Creme y travaillent avec Eric Stewart et Graham Gouldman, dans un environnement o&ugrave; les musiciens peuvent &eacute;crire, jouer, chanter et produire. Avant m&ecirc;me la formation officielle de 10cc en 1972, une s&eacute;ance destin&eacute;e &agrave; tester le mat&eacute;riel du studio offre une occasion inattendue : les musiciens improvisent, et ce contexte pratique contribue &agrave; faire na&icirc;tre <em>Neanderthal Man</em>.</p>
<p>L&rsquo;&eacute;pisode dit beaucoup de leur rapport au studio. Un contr&ocirc;le d&rsquo;&eacute;quipement n&rsquo;est plus une simple op&eacute;ration technique d&egrave;s lors qu&rsquo;un rythme, une voix ou une id&eacute;e peut en sortir. Le futur collectif 10cc prend forme dans cet espace o&ugrave; la fabrication et l&rsquo;&eacute;criture avancent ensemble.</p>
<h2><em>I&rsquo;m Not in Love</em>, quatre voix et seize pistes</h2>
<p>Au sein de 10cc, les r&ocirc;les cr&eacute;atifs ne se confondent pas compl&egrave;tement. Godley et Creme s&rsquo;orientent davantage vers des compositions exploratoires, tandis que Graham Gouldman et Eric Stewart signent plus souvent les morceaux les plus directement pop. Cette diff&eacute;rence nourrit les quatre premiers albums du groupe plut&ocirc;t qu&rsquo;elle ne l&rsquo;emp&ecirc;che de fonctionner.</p>
<p>La m&eacute;thode de Godley et Creme repose alors sur une interaction imm&eacute;diate. Creme joue des accords &agrave; la guitare ; assis face &agrave; lui, Godley chante jusqu&rsquo;&agrave; ce qu&rsquo;une id&eacute;e apparaisse. Pas de th&eacute;orie compliqu&eacute;e, mais une r&eacute;action de l&rsquo;un au geste musical de l&rsquo;autre. Cette compl&eacute;mentarit&eacute; trouve son expression la plus spectaculaire dans le travail collectif r&eacute;alis&eacute; pour <em>I&rsquo;m Not in Love</em>.</p>
<p>Les quatre membres se rassemblent autour d&rsquo;un microphone et chantent &agrave; l&rsquo;unisson une note tenue. L&rsquo;op&eacute;ration est r&eacute;p&eacute;t&eacute;e pour obtenir les diff&eacute;rentes hauteurs n&eacute;cessaires. Enregistr&eacute;es sur une machine 16 pistes, ces voix sont ensuite mont&eacute;es en boucles. Depuis la console, elles peuvent &ecirc;tre rappel&eacute;es pour former les accords et cr&eacute;er la nappe qui enveloppe le morceau.</p>
<p>La contrainte est essentielle : 10cc travaille souvent avec des machines 16 pistes, et non avec les &eacute;quipements 24 pistes des grands studios. Il faut donc organiser, superposer et manipuler la mati&egrave;re enregistr&eacute;e avec pr&eacute;cision. Le r&eacute;sultat ne doit pas &ecirc;tre attribu&eacute; &agrave; Godley seul : <em>I&rsquo;m Not in Love</em> reste une r&eacute;alisation des quatre membres de 10cc. Mais son &eacute;laboration correspond pleinement &agrave; ce go&ucirc;t de Godley pour les id&eacute;es qui prennent forme au contact d&rsquo;un outil. Le groupe et ses chansons figurent &eacute;galement dans la programmation de RADIO COLLECTION.</p>
<h2>Quitter 10cc pour d&eacute;placer l&rsquo;exp&eacute;rimentation</h2>
<p>Apr&egrave;s les quatre premiers albums de 10cc, Kevin Godley et Lol Creme quittent le groupe en 1976. Leur partenariat ne s&rsquo;arr&ecirc;te pas avec cette rupture : sous le nom Godley &amp; Creme, ils enregistrent sept albums et poursuivent une d&eacute;marche moins directement commerciale, plus exp&eacute;rimentale.</p>
<p>Le passage du son &agrave; l&rsquo;image devient progressivement une autre dimension majeure de leur travail. Dans les ann&eacute;es 1980, Godley &amp; Creme comptent parmi les pionniers du clip musical. Godley prolonge ensuite cette activit&eacute; comme r&eacute;alisateur. Sa formation artistique, les id&eacute;es visuelles con&ccedil;ues avec Creme et l&rsquo;apprentissage du studio se rejoignent ainsi dans une carri&egrave;re o&ugrave; une chanson peut &ecirc;tre pens&eacute;e autant comme un enregistrement que comme une construction visuelle.</p>
<p><em>Cry</em> appartient &agrave; cette p&eacute;riode de duo et reste associ&eacute; &agrave; leur travail de r&eacute;alisateurs. Les d&eacute;tails pr&eacute;cis de sa composition &eacute;tant peu document&eacute;s, le morceau ne se pr&ecirc;te pas au m&ecirc;me r&eacute;cit technique que <em>I&rsquo;m Not in Love</em>. Il t&eacute;moigne n&eacute;anmoins de cette seconde vie cr&eacute;ative, loin d&rsquo;un simple prolongement de 10cc.</p>
<h2>Avec <em>Muscle Memory</em>, le studio change d&rsquo;&eacute;chelle</h2>
<p>Des d&eacute;cennies plus tard, <em>Muscle Memory</em> d&eacute;place encore la m&eacute;thode. Au lieu de partir d&rsquo;accords jou&eacute;s par Lol Creme ou d&rsquo;une s&eacute;ance men&eacute;e par quatre musiciens dans la m&ecirc;me pi&egrave;ce, Godley sollicite des contributions &agrave; distance. Pr&egrave;s de 300 personnes lui envoient des pistes instrumentales. &Agrave; partir de cette masse de propositions, il s&eacute;lectionne des bases musicales, puis &eacute;crit et enregistre des textes et des voix.</p>
<p>Le dispositif diff&egrave;re radicalement de Strawberry Studios, mais il conserve un principe familier : r&eacute;agir &agrave; un mat&eacute;riau fourni par quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre. L&agrave; o&ugrave; Creme jouait quelques accords face &agrave; lui, des contributeurs dispers&eacute;s lui transmettent d&eacute;sormais des pistes d&eacute;j&agrave; enregistr&eacute;es. Godley r&eacute;pond toujours par la voix, les mots et l&rsquo;agencement.</p>
<p>&Agrave; 81 ans, son parcours peut ainsi se lire &agrave; travers trois ateliers successifs : un &eacute;quipement test&eacute; &agrave; Stockport, une console 16 pistes utilis&eacute;e comme un instrument, puis des centaines de fichiers re&ccedil;us &agrave; distance. Du battement r&eacute;p&eacute;titif de <em>Neanderthal Man</em> aux voix suspendues de <em>I&rsquo;m Not in Love</em>, le point de d&eacute;part reste concret : &eacute;couter ce que la technique rend possible, puis en faire une chanson.</p>
<h2>Sources et pour aller plus loin</h2>
<p>L&rsquo;entretien de Kevin Godley publi&eacute; par <a href="https://somethingelsereviews.com/2011/05/30/something-else-interview-10cc-cofounder-kevin-godley/">Something Else!</a> apporte son r&eacute;cit d&eacute;taill&eacute; de la fabrication de la nappe vocale de <em>I&rsquo;m Not in Love</em>. Son &eacute;change avec <a href="https://www.popmatters.com/10cc-kevin-godley-2020-interview-2650129761.html">PopMatters</a> &eacute;claire le d&eacute;part de 10cc, la p&eacute;riode Godley &amp; Creme et la conception participative de <em>Muscle Memory</em>.</p>
<p><strong>&Agrave; lire aussi :</strong> retrouvez notre s&eacute;lection consacr&eacute;e aux <a href="https://radiocollection.fr/news/happy-birthday-to-269/1">anniversaires d&rsquo;artistes Pop Rock</a>.</p>]]></content:encoded>
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      <title>29 ans après Desireless, le samedi où Eagle-Eye Cherry a écrit Save Tonight en quelques heures</title>
      <description><![CDATA[Premier album d&rsquo;Eagle-Eye Cherry, Desireless a 29 ans. Son destin a bascul&eacute; avec Save Tonight, une chanson &eacute;crite presque &agrave; la derni&egrave;re minute, apr&egrave;s une partie de football abandon...]]></description>
      <pubDate>Tue, 06 Oct 2026 22:05:00 +0000</pubDate>
      <link>https://radiocollection.fr/news/29-ans-apres-desireless-le-samedi-ou-eagle-eye-cherry-a-ecrit-save-tonight-en-quelques-heures-610</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Premier album d&rsquo;Eagle-Eye Cherry, <em>Desireless</em> a 29 ans. Son destin a bascul&eacute; avec <em>Save Tonight</em>, une chanson &eacute;crite presque &agrave; la derni&egrave;re minute, apr&egrave;s une partie de football abandonn&eacute;e, puis fa&ccedil;onn&eacute;e par une d&eacute;cision de studio d&eacute;cisive.</strong></p>
<p></p>
<p>Ce samedi-l&agrave;, Eagle-Eye Cherry devait aller jouer au football. Il reste finalement chez lui et se met &agrave; &eacute;crire. En quelques heures, il tient <em>Save Tonight</em>, l&rsquo;une des derni&egrave;res chansons compos&eacute;es pour son premier album. Le morceau n&rsquo;est alors qu&rsquo;une pi&egrave;ce suppl&eacute;mentaire destin&eacute;e &agrave; donner davantage de mouvement &agrave; un disque globalement pos&eacute;. Il deviendra pourtant le titre qui fera sortir <em>Desireless</em> de sa trajectoire su&eacute;doise pour l&rsquo;emmener vers un succ&egrave;s international.</p>
<p>L&rsquo;album avait pris forme apr&egrave;s le retour du chanteur &agrave; Stockholm. Publi&eacute; discr&egrave;tement en Su&egrave;de en 1997, il progresse d&rsquo;abord dans son pays, puis en Scandinavie et en Europe. Sa diffusion am&eacute;ricaine intervient ensuite &agrave; l&rsquo;&eacute;t&eacute; 1998. Cette mont&eacute;e par &eacute;tapes contraste avec la rapidit&eacute; de cr&eacute;ation de la chanson qui allait porter l&rsquo;ensemble.</p>
<h2>Une chanson n&eacute;e d&rsquo;un d&eacute;part r&eacute;p&eacute;t&eacute; pendant l&rsquo;enfance</h2>
<p>&Agrave; l&rsquo;origine de <em>Save Tonight</em>, il y a un souvenir familial. Le p&egrave;re d&rsquo;Eagle-Eye Cherry, le trompettiste de jazz Don Cherry, partait r&eacute;guli&egrave;rement en tourn&eacute;e. Avant son d&eacute;part, la m&egrave;re du futur chanteur organisait un dernier moment chaleureux en famille. Cette situation, faite d&rsquo;une soir&eacute;e &agrave; retenir avant une s&eacute;paration, fournit le point de d&eacute;part de la chanson.</p>
<p>Son &eacute;criture accompagne aussi la d&eacute;couverte d&rsquo;un instrument. &laquo; The guitar was a new instrument to me &raquo;, expliquera Eagle-Eye Cherry &agrave; propos de la guitare acoustique. Cette nouveaut&eacute; et la simplicit&eacute; harmonique du morceau l&rsquo;aident &agrave; trouver une identit&eacute; musicale qu&rsquo;il rapproche de l&rsquo;Americana pop-rock. <em>Save Tonight</em> n&rsquo;est donc pas seulement arriv&eacute; tard dans la pr&eacute;paration de l&rsquo;album : il a &eacute;galement permis au chanteur de mieux cerner sa propre direction.</p>
<p>Le succ&egrave;s donnera ensuite une r&eacute;sonance particuli&egrave;re &agrave; cette histoire. &Agrave; mesure que les tourn&eacute;es s&rsquo;encha&icirc;nent, Eagle-Eye Cherry se retrouve &agrave; son tour dans la position de celui qui doit partir. La situation observ&eacute;e pendant son enfance devient ainsi une r&eacute;alit&eacute; de sa vie d&rsquo;artiste.</p>
<h2>Le silence imagin&eacute; par Adam Kviman</h2>
<p>L&rsquo;&eacute;criture rapide ne suffit pas &agrave; expliquer la forme d&eacute;finitive du morceau. En studio, le coproducteur Adam Kviman propose de d&eacute;pouiller le couplet pr&eacute;c&eacute;dant le dernier refrain, avant de faire revenir la batterie. Cette rupture temporaire dans l&rsquo;accompagnement pr&eacute;pare la relance finale et devient l&rsquo;une des d&eacute;cisions essentielles de la production.</p>
<p>Le d&eacute;tail est r&eacute;v&eacute;lateur de la fabrication de <em>Save Tonight</em> : une chanson compos&eacute;e en quelques heures trouve sa force d&eacute;finitive gr&acirc;ce &agrave; une modification pr&eacute;cise de sa structure. Le titre devient le moteur de <em>Desireless</em>, jusqu&rsquo;&agrave; accompagner l&rsquo;album bien au-del&agrave; de son lancement initial. Eagle-Eye Cherry et ce premier disque figurent &eacute;galement dans la programmation de RADIO COLLECTION.</p>
<h2>Don Cherry au c&oelig;ur de Desireless</h2>
<p>Le lien entre le chanteur et son p&egrave;re ne se limite pas au souvenir qui nourrit <em>Save Tonight</em>. Le morceau-titre, <em>Desireless</em>, reprend ou r&eacute;&eacute;labore une composition de Don Cherry. Pour son premier album, Eagle-Eye Cherry inscrit ainsi directement une &oelig;uvre paternelle dans son propre r&eacute;pertoire.</p>
<p>Ces deux chansons font appara&icirc;tre Don Cherry de deux mani&egrave;res distinctes : comme p&egrave;re souvent absent lorsqu&rsquo;il partait jouer, puis comme compositeur dont le fils reprend la musique. L&rsquo;album associe ainsi l&rsquo;&eacute;mergence d&rsquo;une identit&eacute; personnelle &agrave; un h&eacute;ritage familial explicite, sans que l&rsquo;un efface l&rsquo;autre.</p>
<h2>De la discr&eacute;tion su&eacute;doise &agrave; quatre millions d&rsquo;exemplaires</h2>
<p>Port&eacute; par <em>Save Tonight</em>, <em>Desireless</em> atteint la deuxi&egrave;me place en Su&egrave;de, puis la 45e place du Billboard 200 aux &Eacute;tats-Unis. Il y obtient une certification platine et totalise environ quatre millions d&rsquo;exemplaires vendus dans le monde. La progression est consid&eacute;rable pour un album lanc&eacute; sans fracas dans son pays d&rsquo;origine.</p>
<p>Vingt-neuf ans plus tard, son histoire tient toujours dans ce contraste : un premier disque parti de Stockholm, une chanson ajout&eacute;e tardivement et quelques heures de travail lors d&rsquo;un samedi o&ugrave; Eagle-Eye Cherry aurait pu se trouver sur un terrain de football.</p>
<h2>Sources et pour aller plus loin</h2>
<p>L&rsquo;interview <a href="https://www.songwritingmagazine.co.uk/interviews/save-tonight-eagle-eye-cherry">How I wrote Save Tonight by Eagle-Eye Cherry</a>, publi&eacute;e par Songwriting Magazine, revient directement avec le chanteur sur l&rsquo;&eacute;criture du titre, son souvenir d&rsquo;enfance et l&rsquo;intervention d&rsquo;Adam Kviman. La <a href="https://www.allmusic.com/artist/eagle-eye-cherry-mn0000166291">biographie d&rsquo;Eagle-Eye Cherry publi&eacute;e par AllMusic</a> retrace la progression internationale de l&rsquo;album et son lien avec Don Cherry.</p>
<p><strong>&Agrave; lire aussi :</strong> retrouvez notre s&eacute;lection consacr&eacute;e aux <a href="https://radiocollection.fr/news/il-etait-un-album-154/1">anniversaires d&rsquo;albums Pop Rock</a>.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Mike + The Mechanics a 40 ans : la cassette de fragments devenue un groupe</title>
      <description><![CDATA[Le premier album de Mike + The Mechanics a 40 ans. Con&ccedil;u par Mike Rutherford comme un projet parall&egrave;le &agrave; Genesis, le disque s&rsquo;est b&acirc;ti autour d&rsquo;esquisses sur cassette, d&rsquo;un producteur devenu coa...]]></description>
      <pubDate>Mon, 05 Oct 2026 22:20:00 +0000</pubDate>
      <link>https://radiocollection.fr/news/mike-the-mechanics-a-40-ans-la-cassette-de-fragments-devenue-un-groupe-607</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le premier album de Mike + The Mechanics a 40 ans. Con&ccedil;u par Mike Rutherford comme un projet parall&egrave;le &agrave; Genesis, le disque s&rsquo;est b&acirc;ti autour d&rsquo;esquisses sur cassette, d&rsquo;un producteur devenu coauteur et d&rsquo;un choix d&eacute;cisif : confier les chansons &agrave; d&rsquo;autres voix.</strong></p>
<p></p>
<p>Au d&eacute;part, Mike + The Mechanics n&rsquo;est pas encore un groupe. Mike Rutherford cherche surtout une nouvelle mani&egrave;re d&rsquo;occuper les p&eacute;riodes creuses de Genesis. Ses deux pr&eacute;c&eacute;dents albums solo n&rsquo;ont pas rencontr&eacute; le succ&egrave;s commercial esp&eacute;r&eacute;, et l&rsquo;exp&eacute;rience du chant principal lui a laiss&eacute; un souvenir frustrant. Cette fois, le guitariste et bassiste ne veut plus tout porter seul.</p>
<p>Son point de d&eacute;part tient dans une cassette remplie d&rsquo;id&eacute;es. Certaines sont d&eacute;j&agrave; assez avanc&eacute;es pour devenir des chansons, d&rsquo;autres ne d&eacute;passent pas le stade de fragments tr&egrave;s courts. Rutherford remet cette mati&egrave;re &agrave; Christopher Neil, qui ne se contente pas d&rsquo;endosser le r&ocirc;le de producteur : il trie, s&eacute;lectionne, compl&egrave;te et assemble les esquisses avec lui. B. A. Robertson participe &eacute;galement &agrave; ce travail men&eacute; avant m&ecirc;me que la formation d&eacute;finitive ne soit r&eacute;unie.</p>
<h2>Des chansons &eacute;crites avant de trouver leurs voix</h2>
<p>La m&eacute;thode choisie inverse la logique habituelle d&rsquo;un groupe. Les morceaux et leurs tonalit&eacute;s sont &eacute;labor&eacute;s en premier ; les chanteurs arrivent ensuite. Il ne s&rsquo;agit donc pas de composer autour d&rsquo;un interpr&egrave;te attitr&eacute;, mais de chercher la voix qui convient &agrave; chaque chanson. Paul Carrack est notamment retenu pour <em>All I Need Is a Miracle</em>, tandis que Paul Young apporte une seconde identit&eacute; vocale &agrave; l&rsquo;album.</p>
<p>Rutherford r&eacute;sume ce renoncement au micro par une formule sans d&eacute;tour : &laquo; I wanted the best voices to sing my songs &ndash; and that&rsquo;s not me. &raquo; Il pr&eacute;f&egrave;re ainsi faire entendre ses compositions par les chanteurs qu&rsquo;il estime les mieux adapt&eacute;s plut&ocirc;t que de prolonger co&ucirc;te que co&ucirc;te sa propre exp&eacute;rience de soliste.</p>
<p>Ce choix collectif d&eacute;finit progressivement la nature du projet. Ce qui pouvait encore ressembler &agrave; un nouvel album solo de Rutherford devient Mike + The Mechanics, une formation construite autour des chansons et de la compl&eacute;mentarit&eacute; de ses interpr&egrave;tes. Le disque &eacute;ponyme, publi&eacute; en 1985, sera ainsi le premier album du groupe plut&ocirc;t qu&rsquo;une simple parenth&egrave;se individuelle dans le parcours d&rsquo;un membre de Genesis.</p>
<h2>Un refrain retrouv&eacute;, des couplets &eacute;crits dans le Sussex</h2>
<p>L&rsquo;histoire de <em>All I Need Is a Miracle</em> illustre particuli&egrave;rement ce travail d&rsquo;assemblage. En &eacute;coutant la cassette de Rutherford, Christopher Neil y retrouve le refrain &laquo; All I need is a miracle / All I need is you &raquo;. La chanson est pourtant encore loin d&rsquo;&ecirc;tre termin&eacute;e : le producteur doit lui donner les &eacute;l&eacute;ments qui lui manquent.</p>
<p>Les couplets et le pr&eacute;-refrain prennent forme dans un lieu inattendu. Apr&egrave;s neuf mois pass&eacute;s en studio, Neil s&eacute;journe dans une clinique de repos du Sussex. Il s&rsquo;y ennuie et utilise ce temps pour &eacute;crire les nouvelles parties. Celles-ci sont ensuite r&eacute;unies avec le refrain de Rutherford, transformant deux &eacute;tapes de cr&eacute;ation tr&egrave;s diff&eacute;rentes en une seule chanson.</p>
<p>Le morceau entra&icirc;ne aussi une d&eacute;cision de production qui &eacute;loigne volontairement le projet des habitudes de Genesis. Rutherford veut exp&eacute;rimenter avec les bo&icirc;tes &agrave; rythmes. La partie rythmique est donc programm&eacute;e sur des pads Simmons au lieu de reposer uniquement sur le jeu d&rsquo;un batteur traditionnel. Cette construction accompagne la voix de Paul Carrack, choisie pour son caract&egrave;re plus rock sur ce titre.</p>
<h2>Trois semaines &agrave; Montserrat pour faire na&icirc;tre le groupe</h2>
<p>Les sessions sont ensuite d&eacute;plac&eacute;es &agrave; Montserrat pour trois semaines. Cet isolement doit permettre aux musiciens de travailler sans les distractions du quotidien ni t&eacute;l&eacute;phone mobile. L&rsquo;album est finalis&eacute; entre les studios AIR de l&rsquo;&icirc;le et ceux de Londres, mais le s&eacute;jour joue surtout un r&ocirc;le dans la transformation d&rsquo;un chantier d&rsquo;&eacute;criture en travail de groupe.</p>
<p>Cette &eacute;volution se mesure rapidement avec <em>Silent Running (On Dangerous Ground)</em> et <em>All I Need Is a Miracle</em>. Les deux chansons entrent dans le Top 10 am&eacute;ricain et donnent &agrave; Mike + The Mechanics une visibilit&eacute; internationale d&egrave;s son premier album. Au Royaume-Uni, le disque atteint ensuite la 14e place du classement des albums.</p>
<p>La r&eacute;ussite d&eacute;passe donc la simple occupation imagin&eacute;e pour les pauses de Genesis. Rutherford &eacute;tait parti de fragments enregistr&eacute;s sur cassette et de la d&eacute;cision de ne plus &ecirc;tre son propre chanteur principal. &Agrave; l&rsquo;arriv&eacute;e, les voix de Paul Carrack et Paul Young, le travail de Christopher Neil et les choix r&eacute;alis&eacute;s en studio donnent une existence durable &agrave; Mike + The Mechanics. L&rsquo;artiste et cet album figurent &eacute;galement dans la programmation de RADIO COLLECTION.</p>
<p>Quarante ans apr&egrave;s sa parution, le disque conserve surtout la trace de cette m&eacute;thode particuli&egrave;re : &eacute;crire avant de recruter, chercher la bonne voix plut&ocirc;t qu&rsquo;une voix unique et laisser un producteur transformer une collection d&rsquo;&eacute;bauches en r&eacute;pertoire de groupe. Le refrain isol&eacute; de <em>All I Need Is a Miracle</em>, retrouv&eacute; au milieu d&rsquo;une cassette, en reste l&rsquo;image la plus concr&egrave;te.</p>
<h2>Sources et pour aller plus loin</h2>
<p><a href="https://www.theguardian.com/culture/2025/apr/07/mike-and-the-mechanic-all-i-need-is-a-miracle">The Guardian</a> a recueilli les souvenirs directs de Mike Rutherford et Christopher Neil sur la cassette originelle, l&rsquo;&eacute;criture de <em>All I Need Is a Miracle</em>, les pads Simmons et les sessions &agrave; Montserrat.</p>
<p>L&rsquo;entretien publi&eacute; par <a href="https://www.loudersound.com/bands-artists/mike-the-mechanics-more-rock-than-genesis">Louder</a> &eacute;claire la mani&egrave;re dont le projet parall&egrave;le de Rutherford s&rsquo;est transform&eacute; en groupe, avec Christopher Neil, Paul Carrack et Paul Young.</p>
<p><strong>&Agrave; lire aussi :</strong> retrouvez notre s&eacute;lection consacr&eacute;e aux <a href="https://radiocollection.fr/news/il-etait-un-album-154/1">anniversaires d&rsquo;albums Pop Rock</a>.</p>]]></content:encoded>
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      <title>As You Were a 9 ans : Liam Gallagher avait abandonné Bold pour signer son retour solo</title>
      <description><![CDATA[Premier album solo de Liam Gallagher, As You Were f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 9 ans. Derri&egrave;re ce retour apr&egrave;s Oasis et Beady Eye se dessine une reconqu&ecirc;te soigneusement construite, entre chansons &eacute;c...]]></description>
      <pubDate>Mon, 05 Oct 2026 22:15:00 +0000</pubDate>
      <link>https://radiocollection.fr/news/as-you-were-a-9-ans-liam-gallagher-avait-abandonne-bold-pour-signer-son-retour-solo-606</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Premier album solo de Liam Gallagher, <em>As You Were</em> f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 9 ans. Derri&egrave;re ce retour apr&egrave;s Oasis et Beady Eye se dessine une reconqu&ecirc;te soigneusement construite, entre chansons &eacute;crites seul, collaborations majeures et changement de titre r&eacute;v&eacute;lateur.</strong></p>
<p></p>
<p>Le disque aurait pu s&rsquo;appeler <em>Bold</em>. Liam Gallagher avait d&rsquo;abord choisi le titre de l&rsquo;une de ses propres chansons pour baptiser ce premier album sous son seul nom. Il lui pr&eacute;f&eacute;ra finalement <em>As You Were</em>, une formule qu&rsquo;il employait notamment pour signer ses messages sur Twitter. Ce changement d&eacute;passe le simple choix de deux mots : au lieu de placer une chanson particuli&egrave;re au-dessus des autres, Gallagher associait son album &agrave; une expression d&eacute;j&agrave; li&eacute;e &agrave; son identit&eacute; publique.</p>
<h2>De Bold &agrave; As You Were, une question d&rsquo;identit&eacute;</h2>
<p><em>Bold</em> conserve pourtant une place importante dans l&rsquo;histoire du projet. Le morceau fait partie des six chansons que Liam Gallagher a &eacute;crites seul, avec <em>When I&rsquo;m in Need</em>, <em>You Better Run</em>, <em>I Get By</em>, <em>Universal Gleam</em> et <em>I&rsquo;ve All I Need</em>. Ce groupe de compositions personnelles apporte une nuance essentielle &agrave; la fabrication du disque : le passage &agrave; une carri&egrave;re solo ne s&rsquo;est pas r&eacute;sum&eacute; &agrave; confier le chanteur &agrave; une &eacute;quipe ext&eacute;rieure.</p>
<p>L&rsquo;autre moiti&eacute; du projet repose cependant sur une m&eacute;thode plus collective. Gallagher travaille avec Greg Kurstin, Andrew Wyatt, Simon Aldred, Andrew Sidney Fox et Michael Tighe. La r&eacute;partition entre morceaux &eacute;crits seul et compositions partag&eacute;es installe ainsi les deux axes d&rsquo;<em>As You Were</em> : affirmer sa capacit&eacute; d&rsquo;auteur tout en acceptant que ce nouveau d&eacute;part se construise avec plusieurs collaborateurs.</p>
<p>Le titre finalement retenu rassemble ces deux mouvements. <em>Bold</em> mettait en avant une chanson n&eacute;e de l&rsquo;&eacute;criture solitaire de Gallagher ; <em>As You Were</em> donne au disque une identit&eacute; plus large, directement rattach&eacute;e au personnage public qui doit d&eacute;sormais avancer sans le nom d&rsquo;un groupe sur la pochette.</p>
<h2>Greg Kurstin et Andrew Wyatt au c&oelig;ur du nouveau d&eacute;part</h2>
<p>Greg Kurstin joue un r&ocirc;le particuli&egrave;rement concret dans cette transformation. Producteur et instrumentiste sur quatre titres, il prend notamment en charge <em>Wall of Glass</em> et y joue de nombreux instruments. Son intervention apporte au projet une r&eacute;alisation plus contr&ocirc;l&eacute;e que celle des pr&eacute;c&eacute;dentes aventures post-Oasis de Gallagher. Elle permet aussi de comprendre pourquoi l&rsquo;album ne se pr&eacute;sente pas seulement comme le prolongement automatique de ce qui l&rsquo;a pr&eacute;c&eacute;d&eacute;.</p>
<p>Andrew Wyatt compte lui aussi parmi les collaborateurs majeurs du disque. Avec Kurstin et les autres auteurs associ&eacute;s au projet, il accompagne l&rsquo;ouverture de Gallagher vers une &eacute;criture collective. Cette organisation ne fait pas dispara&icirc;tre les six morceaux compos&eacute;s en solitaire : elle les place au contraire au sein d&rsquo;un album pens&eacute; comme une rencontre entre la signature de son interpr&egrave;te et le travail d&rsquo;une &eacute;quipe resserr&eacute;e.</p>
<p>Le lancement r&eacute;pond &agrave; la m&ecirc;me volont&eacute; de replacer les chansons au premier plan. Plusieurs titres sont d&eacute;voil&eacute;s avant l&rsquo;album. Gallagher r&eacute;sume alors son objectif en une phrase : &laquo; I wanted people to realise how great the music was. &raquo; Il ne s&rsquo;agit donc pas uniquement d&rsquo;annoncer le retour d&rsquo;une figure famili&egrave;re d&rsquo;Oasis, mais de laisser circuler suffisamment de morceaux pour que le public juge le projet sur sa musique.</p>
<h2>Un num&eacute;ro un port&eacute; aussi par le vinyle</h2>
<p>La r&eacute;ponse britannique est imm&eacute;diate. <em>As You Were</em> entre directement &agrave; la premi&egrave;re place du classement des albums avec 103 000 ventes combin&eacute;es au cours de sa premi&egrave;re semaine. Ce d&eacute;marrage donne une dimension chiffr&eacute;e &agrave; la reconqu&ecirc;te : pour son premier disque solo, Gallagher atteint d&rsquo;embl&eacute;e le sommet du march&eacute; national.</p>
<p>Un autre r&eacute;sultat distingue cette semaine de lancement. Parmi ces ventes figurent 16 000 exemplaires en vinyle, soit le meilleur total hebdomadaire r&eacute;alis&eacute; par un album dans ce format au Royaume-Uni depuis plus de vingt ans. &Agrave; une &eacute;poque o&ugrave; les ventes combin&eacute;es rassemblent plusieurs usages, une part notable du public choisit donc l&rsquo;objet physique pour accompagner ce nouveau chapitre.</p>
<p>Ce succ&egrave;s ne gomme pas la singularit&eacute; de la construction d&rsquo;<em>As You Were</em>. L&rsquo;album est &agrave; la fois personnel et collectif : six chansons portent la seule signature de Gallagher, tandis que les autres font intervenir des auteurs et producteurs capables d&rsquo;encadrer son arriv&eacute;e en solo. La programmation de RADIO COLLECTION accueille &eacute;galement Liam Gallagher et cet album.</p>
<p>Neuf ans plus tard, le nom abandonn&eacute; de <em>Bold</em> reste la trace la plus parlante du chemin parcouru pendant la pr&eacute;paration du disque. Une chanson a gard&eacute; ce titre, mais l&rsquo;album a adopt&eacute; la formule famili&egrave;re de Gallagher. Quelques jours apr&egrave;s sa parution, cette d&eacute;cision accompagnait un num&eacute;ro un britannique et un score vinyle qui n&rsquo;avait plus &eacute;t&eacute; atteint depuis plus de deux d&eacute;cennies.</p>
<p><strong>&Agrave; lire aussi :</strong> retrouvez notre s&eacute;lection consacr&eacute;e aux <a href="https://radiocollection.fr/news/il-etait-un-album-154/1">anniversaires d&rsquo;albums Pop Rock</a>.</p>]]></content:encoded>
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      <title>Playland a 12 ans : Johnny Marr avait enregistré Easy Money au fond d’un tour-bus</title>
      <description><![CDATA[Johnny Marr c&eacute;l&egrave;bre aujourd&rsquo;hui les 12 ans de Playland, son deuxi&egrave;me album studio solo. Con&ccedil;u dans le prolongement imm&eacute;diat d&rsquo;une tourn&eacute;e, le disque conserve la trace de cette ...]]></description>
      <pubDate>Mon, 05 Oct 2026 22:10:00 +0000</pubDate>
      <link>https://radiocollection.fr/news/playland-a-12-ans-johnny-marr-avait-enregistre-easy-money-au-fond-d-un-tour-bus-604</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Johnny Marr c&eacute;l&egrave;bre aujourd&rsquo;hui les 12 ans de <em>Playland</em>, son deuxi&egrave;me album studio solo. Con&ccedil;u dans le prolongement imm&eacute;diat d&rsquo;une tourn&eacute;e, le disque conserve la trace de cette vie en mouvement, jusqu&rsquo;&agrave; transformer l&rsquo;arri&egrave;re d&rsquo;un bus en studio pour <em>Easy Money</em>.</strong></p>
<p></p>
<p>Lorsque Johnny Marr commence &agrave; &eacute;crire <em>Playland</em>, il n&rsquo;a pas vraiment quitt&eacute; la sc&egrave;ne. Le guitariste tourne encore pour d&eacute;fendre <em>The Messenger</em>, son premier album solo, et conserve en t&ecirc;te le son de son groupe autant que l&rsquo;&eacute;nergie du public. Plut&ocirc;t que de refermer cette p&eacute;riode avant d&rsquo;en ouvrir une autre, il utilise cet &eacute;lan comme point de d&eacute;part. Le nouveau disque sera enregistr&eacute; rapidement, entre Londres et Manchester, au plus pr&egrave;s de cette exp&eacute;rience des concerts.</p>
<p>Cette continuit&eacute; donne &agrave; <em>Playland</em> une place particuli&egrave;re dans sa trajectoire solo. Marr ne cherche pas &agrave; repartir de z&eacute;ro apr&egrave;s <em>The Messenger</em> : il &eacute;crit avec les sensations de la tourn&eacute;e encore pr&eacute;sentes, en pensant &agrave; la mani&egrave;re dont les morceaux pourront &ecirc;tre jou&eacute;s par son groupe. Le disque na&icirc;t ainsi moins d&rsquo;une retraite en studio que d&rsquo;un mouvement d&eacute;j&agrave; engag&eacute;.</p>
<h2>Un morceau construit au fil des arr&ecirc;ts</h2>
<p><em>Easy Money</em> offre l&rsquo;exemple le plus concret de cette m&eacute;thode nomade. L&rsquo;id&eacute;e du morceau appara&icirc;t pendant une tourn&eacute;e am&eacute;ricaine. &Agrave; l&rsquo;arri&egrave;re du tour-bus, Marr travaille le chant avec James Doviak, son collaborateur r&eacute;gulier et coproducteur de l&rsquo;album. Les couplets sont enregistr&eacute;s progressivement lors des arr&ecirc;ts, comme si le trajet lui-m&ecirc;me imposait le calendrier de la chanson.</p>
<p>Johnny Marr r&eacute;sumera cette gen&egrave;se par une formule directe : &laquo; The record was actually made on the tour bus. &raquo; L&rsquo;affirmation d&eacute;passe l&rsquo;image pittoresque du musicien &eacute;crivant sur la route. Dans le cas d&rsquo;<em>Easy Money</em>, le bus devient r&eacute;ellement un lieu de fabrication, o&ugrave; une partie du chant est fix&eacute;e avant m&ecirc;me le retour du groupe en Angleterre.</p>
<p>Le morceau ne reste toutefois pas enferm&eacute; dans cette premi&egrave;re forme itin&eacute;rante. Une fois revenu &agrave; Manchester, le groupe lui ajoute une v&eacute;ritable batterie. <em>Easy Money</em> passe donc d&rsquo;un assemblage r&eacute;alis&eacute; par &eacute;tapes dans le bus &agrave; un enregistrement compl&eacute;t&eacute; collectivement. Cette transformation r&eacute;sume le principe de <em>Playland</em> : saisir une id&eacute;e dans l&rsquo;urgence du d&eacute;placement, puis lui donner en studio la dimension d&rsquo;un morceau destin&eacute; au groupe et &agrave; la sc&egrave;ne.</p>
<p>Le sujet de la chanson rejoint par ailleurs une pr&eacute;occupation plus large de Marr : la poursuite de l&rsquo;argent, le d&eacute;sir de richesse et la place occup&eacute;e par la consommation. Le choix d&rsquo;un th&egrave;me imm&eacute;diatement reconnaissable lui permet de traiter l&rsquo;&eacute;conomie comme une mati&egrave;re de chanson pop, sans s&eacute;parer cette r&eacute;flexion de l&rsquo;efficacit&eacute; recherch&eacute;e pour le morceau. <em>Easy Money</em>, &eacute;galement diffus&eacute; sur RADIO COLLECTION, devient ainsi l&rsquo;un des points d&rsquo;entr&eacute;e les plus parlants dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;album.</p>
<h2>Playland, du refuge adolescent &agrave; la m&eacute;taphore culturelle</h2>
<p>Le titre de l&rsquo;album plonge dans un autre souvenir de Johnny Marr. Adolescent, il fr&eacute;quentait les salles d&rsquo;arcade britanniques portant le nom de Playland. Ces lieux repr&eacute;sentaient pour lui des espaces de jeu et d&rsquo;&eacute;vasion, mais aussi de marginalit&eacute;. Dans son &eacute;vocation, leur d&eacute;cor est associ&eacute; &agrave; un monde plus clandestin, marqu&eacute; notamment par les drogues et la prostitution.</p>
<p>Ce souvenir ne sert donc pas simplement &agrave; donner au disque un titre nostalgique. Marr &eacute;largit cette image en la rapprochant d&rsquo;<em>Homo Ludens</em>, le livre de Johan Huizinga consacr&eacute; au r&ocirc;le du jeu dans la culture. Le Playland de son adolescence devient alors une mani&egrave;re d&rsquo;observer la soci&eacute;t&eacute; contemporaine : un espace o&ugrave; le divertissement, les r&egrave;gles, l&rsquo;&eacute;vasion et les marges se c&ocirc;toient.</p>
<p>Le mot relie ainsi plusieurs dimensions du projet. Il renvoie &agrave; des lieux r&eacute;els fr&eacute;quent&eacute;s par Marr, &agrave; une exp&eacute;rience adolescente et &agrave; une r&eacute;flexion culturelle plus vaste. Il donne &eacute;galement un cadre &agrave; cet album cr&eacute;&eacute; dans une p&eacute;riode o&ugrave; le musicien passe sans longue interruption de la tourn&eacute;e &agrave; l&rsquo;&eacute;criture, puis de l&rsquo;&eacute;criture &agrave; l&rsquo;enregistrement.</p>
<h2>James Doviak, partenaire d&rsquo;un travail acc&eacute;l&eacute;r&eacute;</h2>
<p>Dans cette fabrication rapide, James Doviak occupe une place essentielle. Collaborateur r&eacute;gulier de Marr, il coproduit <em>Playland</em> et assure un r&ocirc;le technique important pendant les s&eacute;ances. Son intervention sur <em>Easy Money</em> montre que ce travail ne se limite pas au studio traditionnel : Doviak accompagne aussi l&rsquo;&eacute;criture et les prises r&eacute;alis&eacute;es pendant les d&eacute;placements.</p>
<p>Cette proximit&eacute; permet &agrave; Marr de prolonger presque imm&eacute;diatement le travail entrepris avec <em>The Messenger</em>. Londres, Manchester et le tour-bus ne constituent pas trois &eacute;pisodes isol&eacute;s, mais les diff&eacute;rents espaces d&rsquo;une m&ecirc;me p&eacute;riode de cr&eacute;ation. L&rsquo;album se construit pendant que son auteur continue &agrave; vivre au rythme des concerts, avec un dispositif suffisamment mobile pour pr&eacute;server les id&eacute;es au moment o&ugrave; elles apparaissent.</p>
<p>&Agrave; sa parution, <em>Playland</em> entre &agrave; la neuvi&egrave;me place du classement britannique. Ce r&eacute;sultat donne une cons&eacute;quence mesurable &agrave; cette deuxi&egrave;me &eacute;tape solo : un album &eacute;labor&eacute; dans le sillage direct de la route atteint le Top 10 au Royaume-Uni. Douze ans plus tard, l&rsquo;histoire d&rsquo;<em>Easy Money</em> demeure l&rsquo;image la plus nette de sa naissance : des couplets enregistr&eacute;s aux arr&ecirc;ts d&rsquo;une tourn&eacute;e am&eacute;ricaine, avant qu&rsquo;une batterie ajout&eacute;e &agrave; Manchester ne ram&egrave;ne d&eacute;finitivement le morceau vers le groupe.</p>
<h2>Sources et pour aller plus loin</h2>
<p>L&rsquo;entretien morceau par morceau publi&eacute; par <a href="https://undertheradarmag.com/interviews/track-by-track_johnny_marr_on_playland">Under the Radar</a> rassemble les explications de Johnny Marr sur <em>Easy Money</em>, les salles d&rsquo;arcade et l&rsquo;influence d&rsquo;<em>Homo Ludens</em>. Son t&eacute;moignage aupr&egrave;s de <a href="https://www.grammy.com/news/johnny-marr-interview-riffs-the-smiths-guitar-legacy/">GRAMMY.com</a> pr&eacute;cise la fabrication du morceau dans le tour-bus puis l&rsquo;ajout de la batterie &agrave; Manchester.</p>
<p><strong>&Agrave; lire aussi :</strong> retrouvez notre s&eacute;lection consacr&eacute;e aux <a href="https://radiocollection.fr/news/il-etait-un-album-154/1">anniversaires d&rsquo;albums Pop Rock</a>.</p>]]></content:encoded>
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