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    <title>Radio Collection – Radio Pop Rock gratuite, sans pub, en Hi-Fi - RSS Actualités - Happy Birthday to..</title>
    <description>Radio Collection – Radio Pop Rock gratuite, sans pub, en Hi-Fi - RSS Actualités - Happy Birthday to..</description>
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      <title>À 82 ans, Peter Cetera et l’écriture sous pression qui façonna la voix de Chicago</title>
      <description><![CDATA[Peter Cetera atteint ses 82 ans ce 13 septembre 2026. Chanteur et bassiste de Chicago pendant pr&egrave;s de deux d&eacute;cennies, puis auteur de grands succ&egrave;s en solo, il a construit son parcours avec une m&eacute;thode singuli&eg...]]></description>
      <pubDate>Sat, 12 Sep 2026 22:15:00 +0000</pubDate>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Peter Cetera atteint ses 82 ans ce 13 septembre 2026. Chanteur et bassiste de Chicago pendant pr&egrave;s de deux d&eacute;cennies, puis auteur de grands succ&egrave;s en solo, il a construit son parcours avec une m&eacute;thode singuli&egrave;re : attendre un objectif pr&eacute;cis avant de se mettre &agrave; &eacute;crire.</strong></p>
<p></p>
<p>Peter Cetera ne se pr&eacute;sente pas comme un compositeur entour&eacute; de chansons inachev&eacute;es, de carnets remplis et de refrains conserv&eacute;s pour plus tard. Lorsqu&rsquo;il &eacute;voque son travail, il d&eacute;crit au contraire un auteur qui a besoin d&rsquo;une &eacute;ch&eacute;ance. <em>&laquo; I need a deadline &raquo;</em>, r&eacute;sume-t-il dans un entretien. Une n&eacute;cessit&eacute; qu&rsquo;il illustre avec davantage d&rsquo;autod&eacute;rision encore : <em>&laquo; I'm like the very bad student who only studies the day before a test! &raquo;</em> Il serait, autrement dit, ce mauvais &eacute;l&egrave;ve qui ne r&eacute;vise que la veille de l&rsquo;examen.</p>
<p>Cette fa&ccedil;on de cr&eacute;er donne une cl&eacute; concr&egrave;te pour relire sa trajectoire. Cetera &eacute;crit lorsqu&rsquo;un album ou un projet r&eacute;clame des chansons. Il ne revendique aucune formule fixe, mais une attention particuli&egrave;re &agrave; la m&eacute;lodie et &agrave; ce qu&rsquo;il ressent : <em>&laquo; I try and write the way I feel from the heart. &raquo;</em> Chez lui, la contrainte ne semble donc pas oppos&eacute;e &agrave; la spontan&eacute;it&eacute;. Elle fournit plut&ocirc;t le moment o&ugrave; une intuition doit devenir un morceau.</p>
<h2>De Morgan Park au premier plan de Chicago</h2>
<p>N&eacute; le 13 septembre 1944, Peter Paul Cetera grandit &agrave; Morgan Park, dans le sud de Chicago. Ce lien g&eacute;ographique prend une dimension particuli&egrave;re lorsque son parcours se confond avec celui du groupe portant le nom de sa ville. Membre fondateur de Chicago, il en devient la voix principale et le bassiste de 1967 &agrave; 1985.</p>
<p>Son r&ocirc;le ne se limite pas &agrave; l&rsquo;interpr&eacute;tation. Chanteur, instrumentiste et auteur-compositeur, il participe &agrave; la d&eacute;finition du r&eacute;pertoire tout en occupant une place imm&eacute;diatement identifiable au sein du groupe. Cette combinaison entre la basse, le chant et l&rsquo;&eacute;criture installe son profil : celui d&rsquo;un musicien plac&eacute; au centre des chansons, mais aussi de leur fabrication.</p>
<p>Le tournant le plus net arrive avec <em>If You Leave Me Now</em>, co&eacute;crite par Cetera. La chanson devient le premier num&eacute;ro un de Chicago aux &Eacute;tats-Unis et donne &agrave; sa voix une exposition d&eacute;cisive. Ce succ&egrave;s ne r&eacute;sume pas les ann&eacute;es pass&eacute;es dans le groupe, mais il cristallise ce que Cetera y apporte : une m&eacute;lodie capable de porter une chanson jusqu&rsquo;au tr&egrave;s grand public et une interpr&eacute;tation d&eacute;sormais &eacute;troitement associ&eacute;e au nom de Chicago.</p>
<h2>Une m&eacute;lodie retenue pendant un trajet &agrave; moto</h2>
<p>L&rsquo;histoire de <em>Happy Man</em> montre une autre facette de son travail. Cetera a racont&eacute; avoir &eacute;crit la chanson apr&egrave;s une nuit de trajet &agrave; moto sur la San Diego Freeway. Elle n&rsquo;est pas imm&eacute;diatement fix&eacute;e dans un enregistrement : il la conserve &agrave; partir du souvenir pr&eacute;cis de sa m&eacute;lodie et de ses paroles, avant de la mettre en bo&icirc;te plus tard.</p>
<p>L&rsquo;anecdote &eacute;claire le caract&egrave;re fragile de ses id&eacute;es musicales. Cetera a expliqu&eacute; que certaines chansons peuvent surgir dans une intuition tr&egrave;s br&egrave;ve, puis dispara&icirc;tre si elles ne sont pas captur&eacute;es &agrave; temps. <em>Happy Man</em> constitue le cas inverse : une id&eacute;e n&eacute;e sur la route, suffisamment nette pour rester en m&eacute;moire jusqu&rsquo;au studio.</p>
<p>Le studio, justement, n&rsquo;est pas seulement pour lui le lieu o&ugrave; l&rsquo;on ex&eacute;cute une composition d&eacute;j&agrave; termin&eacute;e. Pour ses premiers projets en dehors de Chicago, il a d&eacute;crit des enregistrements b&acirc;tis &agrave; partir de fragments con&ccedil;us dans diff&eacute;rents endroits, puis r&eacute;unis et ordonn&eacute;s pendant les s&eacute;ances. La chanson se construit alors par assemblage : un morceau de m&eacute;lodie, des paroles, une id&eacute;e conserv&eacute;e, puis le travail n&eacute;cessaire pour leur donner une forme coh&eacute;rente.</p>
<p>Cette m&eacute;thode nuance l&rsquo;image d&rsquo;une inspiration qui arriverait d&rsquo;un seul bloc. Cetera peut partir d&rsquo;un sentiment imm&eacute;diat, mais la transformation de cette impulsion en titre enregistr&eacute; rel&egrave;ve d&rsquo;un artisanat pr&eacute;cis. L&rsquo;&eacute;ch&eacute;ance d&eacute;clenche l&rsquo;&eacute;criture ; le studio permet ensuite de rassembler ce qui &eacute;tait encore dispers&eacute;.</p>
<h2>Quitter le groupe, prolonger la voix</h2>
<p>En 1985, apr&egrave;s dix-huit ann&eacute;es comme chanteur principal et bassiste de Chicago, Peter Cetera quitte le groupe. Ce d&eacute;part ouvre une carri&egrave;re solo particuli&egrave;rement fructueuse sur le plan commercial durant la seconde moiti&eacute; des ann&eacute;es 1980. Il ne s&rsquo;agit plus de trouver sa place dans un collectif d&eacute;j&agrave; install&eacute;, mais de faire reposer les chansons sur son propre nom.</p>
<p><em>Glory of Love</em> devient l&rsquo;un des titres embl&eacute;matiques de cette p&eacute;riode post-Chicago. Le succ&egrave;s prolonge la reconnaissance acquise avec le groupe, tout en rendant plus visible la continuit&eacute; de son approche : la voix au premier plan, le soin accord&eacute; &agrave; la m&eacute;lodie et une &eacute;criture orient&eacute;e vers un projet concret plut&ocirc;t que vers l&rsquo;accumulation de morceaux en r&eacute;serve.</p>
<p>La s&eacute;paration de 1985 n&rsquo;a pourtant jamais &eacute;t&eacute; totalement effac&eacute;e par le temps. Lorsque Chicago est intronis&eacute; au Rock and Roll Hall of Fame en 2016, la possibilit&eacute; de revoir Cetera avec ses anciens partenaires se heurte &agrave; des d&eacute;saccords sur le format musical de la c&eacute;r&eacute;monie. Il refuse finalement d&rsquo;y participer. La formule rapport&eacute;e &agrave; cette occasion, <em>&laquo; It's just not meant to be &raquo;</em>, ferme la porte sans transformer l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement en sc&egrave;ne de r&eacute;conciliation.</p>
<h2>Le choix du retrait</h2>
<p>Les ann&eacute;es tardives de Peter Cetera dessinent le portrait d&rsquo;un artiste devenu tr&egrave;s priv&eacute;, &eacute;loign&eacute; du circuit m&eacute;diatique r&eacute;gulier et d&eacute;sormais retir&eacute; de la sc&egrave;ne. Aucun nouveau projet musical majeur ne vient accompagner ce 82e anniversaire. Son histoire se raconte donc aujourd&rsquo;hui &agrave; travers les chansons et les d&eacute;cisions qui ont jalonn&eacute; son parcours, davantage que par la promesse d&rsquo;un retour.</p>
<p>De Morgan Park &agrave; Chicago, puis de Chicago &agrave; sa carri&egrave;re solo, Cetera aura avanc&eacute; sans pr&eacute;tendre poss&eacute;der une recette permanente. M&ecirc;me ses succ&egrave;s les plus durables restent li&eacute;s, dans son r&eacute;cit, &agrave; des circonstances tr&egrave;s concr&egrave;tes : une commande d&rsquo;album, une &eacute;ch&eacute;ance qui approche, des fragments r&eacute;unis en studio ou une m&eacute;lodie gard&eacute;e en t&ecirc;te apr&egrave;s une nuit sur la route. Derri&egrave;re <em>If You Leave Me Now</em>, <em>Happy Man</em> et <em>Glory of Love</em>, il demeure ainsi ce compositeur qui attend que le travail devienne n&eacute;cessaire &mdash; puis se met enfin &agrave; r&eacute;viser la veille de l&rsquo;examen.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>L’audition solo qui a conduit Niall Horan, 33 ans aujourd’hui, vers une écriture plus personnelle</title>
      <description><![CDATA[Niall Horan f&ecirc;te ce 13 septembre 2026 son 33e anniversaire. Parti seul tenter sa chance &agrave; The X Factor, le chanteur irlandais s&rsquo;est retrouv&eacute; au c&oelig;ur de One Direction avant de construire, avec Fl...]]></description>
      <pubDate>Sat, 12 Sep 2026 22:10:00 +0000</pubDate>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Niall Horan f&ecirc;te ce 13 septembre 2026 son 33e anniversaire. Parti seul tenter sa chance &agrave; <em>The X Factor</em>, le chanteur irlandais s&rsquo;est retrouv&eacute; au c&oelig;ur de One Direction avant de construire, avec <em>Flicker</em>, <em>Heartbreak Weather</em> et <em>The Show</em>, un parcours d&rsquo;auteur-compositeur attentif au moindre d&eacute;tail.</strong></p>
<p></p>
<p>En 2010, Niall Horan se pr&eacute;sente &agrave; <em>The X Factor</em> comme candidat solo. Le jeune musicien, n&eacute; &agrave; Mullingar dans le comt&eacute; de Westmeath, joue de la guitare depuis ses jeunes ann&eacute;es et s&rsquo;est tourn&eacute; t&ocirc;t vers le chant. Mais l&rsquo;&eacute;mission ne va pas simplement lui offrir une exposition individuelle : elle change enti&egrave;rement le cadre de son avenir musical.</p>
<p>Retenu pour int&eacute;grer une formation cr&eacute;&eacute;e pendant la comp&eacute;tition, il devient le seul membre irlandais de One Direction. Le groupe ne remporte pas l&rsquo;&eacute;mission, mais cette d&eacute;faite ne ferme aucune porte. Elle pr&eacute;c&egrave;de au contraire le lancement d&rsquo;une carri&egrave;re internationale qui installe Horan dans une aventure collective, loin du chemin solitaire envisag&eacute; au moment de son audition.</p>
<h2>Une d&eacute;faite t&eacute;l&eacute;vis&eacute;e, un groupe lanc&eacute; dans le monde</h2>
<p>Le paradoxe fondateur de son parcours tient dans ce r&eacute;sultat : One Direction perd <em>The X Factor</em>, puis transforme l&rsquo;apr&egrave;s-&eacute;mission en tremplin mondial. Pour Horan, cette acc&eacute;l&eacute;ration signifie apprendre le m&eacute;tier au sein d&rsquo;un groupe, partager les chansons et l&rsquo;exposition, puis trouver progressivement la mani&egrave;re d&rsquo;exister musicalement dans un ensemble devenu le centre de sa notori&eacute;t&eacute;.</p>
<p>Lorsque One Direction se met en pause, une autre question appara&icirc;t : comment passer d&rsquo;une identit&eacute; collective tr&egrave;s expos&eacute;e &agrave; un r&eacute;pertoire portant son seul nom ? La r&eacute;ponse prend la forme de <em>Flicker</em>, son premier album studio solo, publi&eacute; en 2017. Ce disque ouvre une deuxi&egrave;me phase, plus personnelle et plus intimiste, sans effacer pour autant les liens forg&eacute;s avec ses anciens partenaires.</p>
<p>Niall Horan a d&rsquo;ailleurs expliqu&eacute; qu&rsquo;il leur envoyait parfois ses morceaux avant leur sortie afin de recueillir leurs r&eacute;actions. Sa formule est directe : <em>&laquo; I send my music to the boys before it comes out &raquo;</em>. La pause du groupe n&rsquo;a donc pas supprim&eacute; le dialogue de travail. Elle l&rsquo;a d&eacute;plac&eacute; : les membres de One Direction ne partagent plus n&eacute;cessairement le m&ecirc;me enregistrement, mais peuvent encore devenir les premiers auditeurs d&rsquo;une chanson in&eacute;dite.</p>
<h2>En studio, l&rsquo;autocritique comme m&eacute;thode</h2>
<p>Au moment de <em>Flicker</em>, Horan d&eacute;crit un travail en studio fait d&rsquo;observation et d&rsquo;autocritique. Cette attention se retrouve dans la fabrication de <em>Slow Hands</em>, co&eacute;crit avec Tobias Jesso Jr. Le morceau s&rsquo;inscrit dans une approche m&ecirc;lant pop et inspiration americana, avec des r&eacute;f&eacute;rences &agrave; des formes plus classiques de songwriting. Ce choix &eacute;claire son passage vers une &eacute;criture pens&eacute;e pour sa propre voix plut&ocirc;t que pour l&rsquo;&eacute;quilibre d&rsquo;un groupe.</p>
<p>Les collaborations ne sont pas trait&eacute;es comme de simples additions de noms. Pour <em>Seeing Blind</em>, Horan contacte Maren Morris par courrier &eacute;lectronique afin de l&rsquo;inviter sur un titre de <em>Flicker</em>. L&rsquo;&eacute;change d&eacute;bouche sur un duo et montre une m&eacute;thode concr&egrave;te : identifier une voix, prendre directement contact et l&rsquo;int&eacute;grer au projet lorsque la chanson s&rsquo;y pr&ecirc;te.</p>
<p>L&rsquo;origine de <em>Mirrors</em> r&eacute;v&egrave;le un autre versant de cette &eacute;criture. La chanson na&icirc;t d&rsquo;une sc&egrave;ne observ&eacute;e dans un caf&eacute;, autour d&rsquo;une jeune femme. Un moment ordinaire devient ainsi le point de d&eacute;part d&rsquo;un morceau. L&rsquo;anecdote r&eacute;sume une part de son travail solo : regarder une situation, en retenir un d&eacute;tail puis lui donner une forme musicale.</p>
<p>Cette construction patiente finit aussi par se traduire dans les classements. En 2020, <em>Heartbreak Weather</em> devient son premier album num&eacute;ro un au Royaume-Uni. Au moment de sa promotion, Horan &eacute;nonce encore clairement l&rsquo;un de ses objectifs : <em>&laquo; I&rsquo;d love to win a Grammy &raquo;</em>. La phrase ne transforme pas une ambition en accomplissement ; elle t&eacute;moigne de la mani&egrave;re dont il envisage alors la suite, entre reconnaissance, tourn&eacute;e et confirmation de sa place en solo.</p>
<h2>De l&rsquo;exp&eacute;rience collective &agrave; The Show</h2>
<p>Avec <em>The Show</em>, Horan relie davantage son &eacute;criture &agrave; une exp&eacute;rience partag&eacute;e. Il explique que l&rsquo;album a &eacute;t&eacute; nourri par <em>&laquo; the biggest life experience we&rsquo;ve ever had &raquo;</em>, en r&eacute;f&eacute;rence &agrave; la p&eacute;riode de pand&eacute;mie. Le regard personnel ne se coupe donc pas du contexte collectif : il cherche plut&ocirc;t &agrave; traduire, dans un album, ce qu&rsquo;un bouleversement commun peut produire &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle individuelle.</p>
<p>Son int&eacute;r&ecirc;t pour la construction des chansons reste visible en 2026. Prenant la parole sur l&rsquo;&eacute;volution de l&rsquo;&eacute;criture pop, il souligne notamment l&rsquo;importance des bridges et &eacute;voque Olivia Rodrigo. Cette remarque prolonge ce que racontaient d&eacute;j&agrave; ses s&eacute;ances de studio et la gen&egrave;se de titres comme <em>Slow Hands</em> : Horan &eacute;coute la fa&ccedil;on dont une chanson est b&acirc;tie, pas seulement l&rsquo;effet imm&eacute;diat de son refrain.</p>
<p>&Agrave; 33 ans, sa trajectoire conserve ainsi la trace de son point de d&eacute;part. Il s&rsquo;&eacute;tait pr&eacute;sent&eacute; seul devant les juges de <em>The X Factor</em>, avant d&rsquo;&ecirc;tre plac&eacute; dans un groupe qui allait bouleverser sa carri&egrave;re. Des ann&eacute;es plus tard, m&ecirc;me lorsqu&rsquo;il signe ses propres albums, il continue d&rsquo;envoyer des morceaux aux anciens membres de One Direction. Entre l&rsquo;audition solitaire et ces in&eacute;dits partag&eacute;s en priv&eacute;, le travail collectif n&rsquo;a pas disparu : il est devenu un outil au service de sa voix personnelle.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>À 47 ans, Geike Arnaert et la conquête d’une voix au-delà de Hooverphonic</title>
      <description><![CDATA[Geike Arnaert f&ecirc;te ses 47 ans ce 13 septembre 2026. De son arriv&eacute;e dans Hooverphonic &agrave; son &eacute;chapp&eacute;e solo, puis &agrave; ses retrouvailles avec le groupe, la chanteuse belge a construit son parcours autour ...]]></description>
      <pubDate>Sat, 12 Sep 2026 22:05:00 +0000</pubDate>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Geike Arnaert f&ecirc;te ses 47 ans ce 13 septembre 2026. De son arriv&eacute;e dans Hooverphonic &agrave; son &eacute;chapp&eacute;e solo, puis &agrave; ses retrouvailles avec le groupe, la chanteuse belge a construit son parcours autour d&rsquo;une question d&eacute;cisive : comment ne plus seulement interpr&eacute;ter la vision des autres, mais d&eacute;fendre aussi la sienne ?</strong></p>
<p></p>
<p>En octobre 2008, Geike Arnaert prend une d&eacute;cision qui d&eacute;place soudainement le centre de sa carri&egrave;re. Apr&egrave;s plus de dix ans pass&eacute;s au micro de Hooverphonic, elle annonce son d&eacute;part pour se consacrer &agrave; d&rsquo;autres projets musicaux et artistiques. La s&eacute;paration est alors pr&eacute;sent&eacute;e comme simple et sans conflit. Mais, derri&egrave;re cette sortie apais&eacute;e, la chanteuse exprimera plus tard un besoin devenu impossible &agrave; ignorer : celui de gagner en autonomie.</p>
<p>Son explication tient dans une formule particuli&egrave;rement nette : &laquo; Les r&ocirc;les &eacute;taient fix&eacute;s, et le mien &eacute;tait de chanter et rester silencieuse et belle. &raquo; Elle ne renie pas le chemin parcouru avec le groupe. Elle d&eacute;crit plut&ocirc;t une organisation dans laquelle chacun occupait une place pr&eacute;cise, tandis que ses propres id&eacute;es artistiques prenaient davantage d&rsquo;importance avec le temps. Une autre phrase r&eacute;sume ce basculement : &laquo; Dix ans, c&rsquo;est assez long pour entrer dans le voyage de quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre. &raquo;</p>
<h2>Une voix install&eacute;e au c&oelig;ur de Hooverphonic</h2>
<p>N&eacute;e le 13 septembre 1979 &agrave; Poperinge, en Flandre occidentale, Geike Arnaert rejoint Hooverphonic en 1997, apr&egrave;s le d&eacute;part de Liesje Sadonius. Elle devient alors la chanteuse d&rsquo;un groupe dont l&rsquo;univers associe trip-hop, pop et atmosph&egrave;res cin&eacute;matographiques. Durant cette premi&egrave;re p&eacute;riode, qui se prolonge jusqu&rsquo;en 2008, elle se concentre principalement sur l&rsquo;interpr&eacute;tation, tandis que des compositeurs du groupe, notamment Alex Callier, &eacute;crivent et produisent la majorit&eacute; des morceaux.</p>
<p>Cette r&eacute;partition des r&ocirc;les contribue &agrave; installer son timbre au premier plan. Pendant environ onze ans, Hooverphonic re&ccedil;oit en Belgique plusieurs r&eacute;compenses li&eacute;es &agrave; ses performances vocales. Geike devient ainsi la chanteuse associ&eacute;e &agrave; une grande partie des p&eacute;riodes les plus reconnues du groupe. Cette visibilit&eacute; ne suffit pourtant plus lorsque se d&eacute;veloppent ses propres ambitions cr&eacute;atives.</p>
<p>Son t&eacute;moignage sur cette &eacute;poque d&eacute;passe la seule m&eacute;canique interne de Hooverphonic. Elle raconte aussi certains comportements rencontr&eacute;s dans l&rsquo;industrie musicale. Elle cite notamment Mushroom, de Massive Attack, qui aurait insist&eacute; pour qu&rsquo;elle le contacte avant de se d&eacute;sint&eacute;resser en apprenant qu&rsquo;elle avait un compagnon. Geike pr&eacute;sente cet &eacute;pisode comme l&rsquo;exemple de malentendus et de rapports probl&eacute;matiques auxquels une femme artiste peut &ecirc;tre confront&eacute;e. Sans transformer son d&eacute;part en r&egrave;glement de comptes, elle replace ainsi son d&eacute;sir d&rsquo;ind&eacute;pendance dans un contexte professionnel plus large.</p>
<h2>&laquo; Rope Dancer &raquo;, premi&egrave;re carte de visite en solo</h2>
<p>Il faut attendre 2011 pour que cette volont&eacute; prenne pleinement la forme d&rsquo;un projet discographique. Sous le seul nom de Geike, elle publie d&rsquo;abord &laquo; Rope Dancer &raquo;. Le morceau devient la carte de visite d&rsquo;une identit&eacute; distincte de Hooverphonic, avec des sonorit&eacute;s rapproch&eacute;es de celles de Tricky et de Martina Topley-Bird. Les textures trip-hop et downtempo y prennent une teinte plus sombre et intimiste.</p>
<p>Le titre annonce <em>For The Beauty Of Confusion</em>, premier album solo paru en octobre 2011. Ses douze morceaux, r&eacute;partis sur environ 51 minutes, privil&eacute;gient le travail des atmosph&egrave;res et une production soign&eacute;e. L&rsquo;accueil critique d&eacute;crit un premier effort ma&icirc;tris&eacute;, parfois prudent, mais agr&eacute;able. L&rsquo;enjeu essentiel se trouve ailleurs : Geike ne se pr&eacute;sente d&eacute;sormais plus seulement comme la voix plac&eacute;e au centre d&rsquo;un univers collectif, mais comme l&rsquo;artiste portant son propre projet.</p>
<p>&laquo; Unlock &raquo; et &laquo; Blinded &raquo; prolongent cette &eacute;tape solo, tandis qu&rsquo;une tourn&eacute;e de deux ans accompagne l&rsquo;album. Le parcours dessine alors un mouvement coh&eacute;rent : quitter une position devenue trop &eacute;troite, donner une forme musicale &agrave; ses id&eacute;es, puis d&eacute;fendre ce r&eacute;pertoire dans la dur&eacute;e. <em>For The Beauty Of Confusion</em> n&rsquo;efface pas les ann&eacute;es Hooverphonic ; il offre &agrave; la chanteuse un espace dans lequel son nom, ses choix et son identit&eacute; sonore avancent ensemble.</p>
<h2>Le retour, sans effacer le d&eacute;part</h2>
<p>En novembre 2020, Geike Arnaert revient comme chanteuse principale de Hooverphonic. Ce rapprochement reforme le visage le plus familier du groupe et ouvre un nouveau chapitre, douze ans apr&egrave;s son d&eacute;part. Le geste pourrait sembler contradictoire avec les raisons exprim&eacute;es en 2008. Il raconte plut&ocirc;t une trajectoire faite de d&eacute;placements : partir pour cr&eacute;er en son nom, puis retrouver un collectif apr&egrave;s avoir &eacute;tabli cette existence artistique hors de lui.</p>
<p>Ce retour trouve un prolongement tr&egrave;s expos&eacute; en 2021, lorsque Hooverphonic repr&eacute;sente la Belgique &agrave; l&rsquo;Eurovision avec Geike au chant. La participation remet en avant l&rsquo;alchimie entre sa voix et les chansons du groupe. Elle ne constitue pas une simple r&eacute;p&eacute;tition de la premi&egrave;re p&eacute;riode : elle intervient apr&egrave;s l&rsquo;album solo, les singles et la tourn&eacute;e qui ont donn&eacute; une r&eacute;alit&eacute; concr&egrave;te &agrave; son d&eacute;sir d&rsquo;&eacute;mancipation.</p>
<p>&Agrave; 47 ans, le parcours de Geike Arnaert ne se r&eacute;sume donc ni &agrave; une rupture ni &agrave; des retrouvailles. Son d&eacute;part de 2008 a permis &agrave; &laquo; Rope Dancer &raquo;, &laquo; Unlock &raquo; et <em>For The Beauty Of Confusion</em> d&rsquo;exister ; son retour de 2020 a replac&eacute; cette voix au sein de Hooverphonic avec une exp&eacute;rience nouvelle. Entre les deux demeure une phrase qui &eacute;claire l&rsquo;ensemble de son itin&eacute;raire : apr&egrave;s dix ans dans le voyage de quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre, elle avait &eacute;prouv&eacute; le besoin d&rsquo;entreprendre le sien.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Richard Ashcroft à 55 ans, l’auteur dépossédé puis recrédité de « Bitter Sweet Symphony »</title>
      <description><![CDATA[Richard Ashcroft f&ecirc;te ses 55 ans ce 11 septembre 2026. Du nord ouvrier de l&rsquo;Angleterre au succ&egrave;s mondial de The Verve, son parcours reste li&eacute; &agrave; une chanson au destin singulier, dont il dut c&eacute;der les ...]]></description>
      <pubDate>Thu, 10 Sep 2026 22:20:00 +0000</pubDate>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Richard Ashcroft f&ecirc;te ses 55 ans ce 11 septembre 2026. Du nord ouvrier de l&rsquo;Angleterre au succ&egrave;s mondial de The Verve, son parcours reste li&eacute; &agrave; une chanson au destin singulier, dont il dut c&eacute;der les droits et les revenus avant de retrouver ses cr&eacute;dits d&rsquo;auteur en 2019.</strong></p>
<p></p>
<p>Le paradoxe semble presque &eacute;crit pour lui. En 1997, Richard Ashcroft donne sa voix et ses mots &agrave; <em>Bitter Sweet Symphony</em>, une chanson sur la monotonie du quotidien, le conformisme social et l&rsquo;impression d&rsquo;avancer dans une existence d&eacute;j&agrave; trac&eacute;e. Le titre propulse The Verve sur la sc&egrave;ne internationale, mais son auteur perd pendant des ann&eacute;es les droits et les royalties de ce qui devient son morceau le plus embl&eacute;matique. Derri&egrave;re l&rsquo;ampleur orchestrale et le succ&egrave;s mondial se joue alors une autre histoire, celle d&rsquo;un chanteur devenu c&eacute;l&egrave;bre gr&acirc;ce &agrave; une &oelig;uvre qui, juridiquement, lui &eacute;chappe.</p>
<h2>&Agrave; Wigan, une bande de lyc&eacute;e devient The Verve</h2>
<p>Richard Paul Ashcroft na&icirc;t le 11 septembre 1971 &agrave; Billinge, dans la banlieue de Wigan, au c&oelig;ur du Lancashire. A&icirc;n&eacute; de trois enfants, il grandit dans cet environnement ouvrier du nord-ouest de l&rsquo;Angleterre. Son enfance est boulevers&eacute;e par la mort de son p&egrave;re lorsqu&rsquo;il a 11 ans. Son beau-p&egrave;re, membre de l&rsquo;ordre rosicrucien, l&rsquo;expose ensuite &agrave; des exp&eacute;riences de <em>mind expansion</em> et &agrave; des pratiques de gu&eacute;rison. Cet environnement familial inhabituel accompagne l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t qu&rsquo;Ashcroft d&eacute;veloppera pour les th&egrave;mes mystiques, spirituels et existentiels.</p>
<p>L&rsquo;histoire de The Verve commence pourtant de la mani&egrave;re la plus concr&egrave;te qui soit, dans les couloirs d&rsquo;une &eacute;cole. &Agrave; Upholland Comprehensive School, Ashcroft fr&eacute;quente Simon Jones, Simon Tong et Peter Salisbury. Ce noyau de camarades pr&eacute;pare la future formation, cofond&eacute;e &agrave; Wigan en 1989 avec Jones, Salisbury et le guitariste Nick McCabe, avant l&rsquo;arriv&eacute;e ult&eacute;rieure de Tong. Ashcroft s&rsquo;installe imm&eacute;diatement au centre du groupe comme chanteur, frontman et principal auteur-compositeur.</p>
<p>La transformation de la bande de lyc&eacute;e en projet professionnel est rapide. En 1991, Virgin Records signe The Verve sur la force de ses propres compositions. Ashcroft n&rsquo;est donc pas seulement identifi&eacute; comme un interpr&egrave;te charismatique : son &eacute;criture constitue d&eacute;j&agrave; l&rsquo;un des moteurs du groupe. Dans le paysage britannique des ann&eacute;es 1990, The Verve se distingue par une musique expansive et introspective, plus tourn&eacute;e vers la qu&ecirc;te spirituelle que vers l&rsquo;ironie souvent associ&eacute;e au Britpop.</p>
<h2>Le triomphe et le pi&egrave;ge de &laquo; Bitter Sweet Symphony &raquo;</h2>
<p>Le grand basculement survient en 1997 avec <em>Bitter Sweet Symphony</em>, premier single de l&rsquo;album <em>Urban Hymns</em>. La chanson repose sur une boucle orchestrale d&eacute;riv&eacute;e d&rsquo;une reprise de <em>The Last Time</em> des Rolling Stones. Sur ce mouvement r&eacute;p&eacute;t&eacute;, Ashcroft pose un texte consacr&eacute; &agrave; la r&eacute;signation sociale, &agrave; la routine et au sentiment d&rsquo;&ecirc;tre prisonnier d&rsquo;un destin pr&eacute;&eacute;crit. L&rsquo;association entre les paroles et l&rsquo;arrangement donne au morceau sa dimension d&rsquo;hymne existentiel.</p>
<p><em>Bitter Sweet Symphony</em> devient un succ&egrave;s mondial et change brutalement la stature de The Verve. Le titre est r&eacute;guli&egrave;rement pr&eacute;sent&eacute; comme le dernier grand hymne du Britpop. Pour Ashcroft, cette reconnaissance porte toutefois une contradiction majeure : le litige provoqu&eacute; par l&rsquo;utilisation du sample orchestral oblige le groupe et son chanteur &agrave; c&eacute;der les droits et les revenus de la chanson &agrave; Mick Jagger et Keith Richards.</p>
<p>La port&eacute;e du morceau d&eacute;passe pourtant cette affaire juridique. En 2005, lors d&rsquo;une interpr&eacute;tation avec Coldplay &agrave; Live 8, Ashcroft improvise une phrase qui &eacute;largit encore le propos de la chanson : <em>&laquo; It&rsquo;s a Bitter Sweet Symphony &mdash; my life, your life, their lives. &raquo;</em> Il relie alors ces mots &agrave; la situation de populations africaines vivant sous le seuil de pauvret&eacute;. La formule souligne la capacit&eacute; du texte &agrave; passer d&rsquo;une exp&eacute;rience individuelle &agrave; une lecture collective de l&rsquo;existence.</p>
<p>Il faut attendre 2019 pour que l&rsquo;histoire connaisse un d&eacute;nouement tardif. Mick Jagger et Keith Richards restituent &agrave; Richard Ashcroft les cr&eacute;dits d&rsquo;auteur de <em>Bitter Sweet Symphony</em>. Plus de deux d&eacute;cennies apr&egrave;s sa sortie, le morceau se trouve ainsi officiellement rattach&eacute; &agrave; celui qui en avait &eacute;crit les paroles et port&eacute; l&rsquo;interpr&eacute;tation. Sans effacer les ann&eacute;es durant lesquelles les revenus lui avaient &eacute;chapp&eacute;, cette d&eacute;cision referme l&rsquo;un des &eacute;pisodes les plus marquants de sa carri&egrave;re.</p>
<h2>Une seconde trajectoire hors de The Verve</h2>
<p>Le succ&egrave;s massif d&rsquo;<em>Urban Hymns</em> ne garantit pas la stabilit&eacute; du groupe. Apr&egrave;s les turbulences internes de The Verve, Richard Ashcroft ouvre une carri&egrave;re solo avec <em>Alone With Everybody</em> en 2000. Le single <em>A Song for the Lovers</em> en devient l&rsquo;un des titres phares. La transition ne constitue pas une rupture totale : sa voix et son go&ucirc;t des arrangements amples restent au premier plan, mais le cadre s&rsquo;&eacute;loigne du groupe Britpop pour privil&eacute;gier une veine plus orchestrale et romantique.</p>
<p>Cette deuxi&egrave;me vie artistique permet aussi de mieux mesurer la place d&rsquo;Ashcroft comme auteur. Son travail m&ecirc;le rock alternatif, crescendos &eacute;motionnels et orchestrations larges, avec une &eacute;criture qui revient r&eacute;guli&egrave;rement aux interrogations intimes et spirituelles. Deux Ivor Novello Awards, dont ceux de <em>Songwriter of the Year</em> et d&rsquo;<em>Outstanding Contribution to British Music</em>, ont consacr&eacute; cette dimension de son parcours au-del&agrave; du seul succ&egrave;s commercial de The Verve.</p>
<p>&Agrave; 55 ans, Richard Ashcroft demeure ainsi indissociable de la chanson qui a transform&eacute; sa carri&egrave;re sans lui appartenir pleinement pendant plus de vingt ans. Depuis les amiti&eacute;s nou&eacute;es &agrave; Upholland Comprehensive School jusqu&rsquo;&agrave; la restitution de ses cr&eacute;dits en 2019, son itin&eacute;raire tient dans cette tension entre une &eacute;criture profond&eacute;ment personnelle et les m&eacute;canismes de l&rsquo;industrie musicale. Le dernier mot concret appartient d&eacute;sormais au g&eacute;n&eacute;rique : celui de <em>Bitter Sweet Symphony</em> porte de nouveau le nom de Richard Ashcroft.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Moby, 61 ans, du fracas des Vatican Commandos au déclic électronique de « Go »</title>
      <description><![CDATA[Moby f&ecirc;te ses 61 ans ce 11 septembre 2026. Bien avant &laquo; Play &raquo; et ses m&eacute;lodies downtempo, Richard Melville Hall a forg&eacute; son parcours entre une enfance pr&eacute;caire, le punk hardcore du Connecticut et les ...]]></description>
      <pubDate>Thu, 10 Sep 2026 22:15:00 +0000</pubDate>
      <link>https://radiocollection.fr/news/moby-61-ans-du-fracas-des-vatican-commandos-au-declic-electronique-de-go-433</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Moby f&ecirc;te ses 61 ans ce 11 septembre 2026. Bien avant &laquo; Play &raquo; et ses m&eacute;lodies downtempo, Richard Melville Hall a forg&eacute; son parcours entre une enfance pr&eacute;caire, le punk hardcore du Connecticut et les clubs new-yorkais, jusqu&rsquo;au sample de &laquo; Twin Peaks &raquo; qui a chang&eacute; sa trajectoire.</strong></p>
<p></p>
<p>&Agrave; 17 ans, Moby ne se tient pas encore derri&egrave;re des platines. Il joue de la guitare dans Vatican Commandos, un groupe hardcore punk straight-edge du Connecticut. La formation publie notamment l&rsquo;EP &laquo; Hit Squad for God &raquo; et se produit dans des lieux alternatifs comme le Pogo&rsquo;s de Bridgeport. Lui r&eacute;sume cette p&eacute;riode d&rsquo;une phrase directe : &laquo; When I was 17, I played guitar in a hardcore punk band called the Vatican Commandos. &raquo;</p>
<p>Cette adolescence tranche avec le d&eacute;cor de Darien, banlieue ais&eacute;e du Connecticut o&ugrave; Richard Melville Hall a grandi apr&egrave;s &ecirc;tre n&eacute; &agrave; Harlem, le 11 septembre 1965. Son p&egrave;re, chimiste, meurt dans un accident de la route alors qu&rsquo;il n&rsquo;a que deux ans. &Eacute;lev&eacute; par sa m&egrave;re seule, au fil de d&eacute;m&eacute;nagements fr&eacute;quents, il &eacute;voquera une enfance marqu&eacute;e par la pauvret&eacute; et les aides sociales jusqu&rsquo;&agrave; ses 18 ans.</p>
<p>Dans le lyc&eacute;e de Darien, au temps de la &laquo; preppie mania &raquo; des ann&eacute;es 1980, ses boucles d&rsquo;oreilles et ses jupes accentuent encore le contraste. Le punk lui donne un espace et un langage. Revenant plus tard sur cette marginalit&eacute;, il dira que la musique lui avait offert une cause et rendu ce sentiment d&rsquo;exclusion presque romantique.</p>
<h2>Avant les machines, le piano, la guitare et le hardcore</h2>
<p>La musique est pourtant entr&eacute;e dans sa vie bien avant Vatican Commandos. Vers neuf ans, il apprend le piano et la guitare, puis aborde la guitare classique, le jazz, la th&eacute;orie musicale et les percussions. Cette formation d&rsquo;instrumentiste pr&eacute;c&egrave;de son immersion dans les groupes punk et &eacute;claire la pratique hybride qu&rsquo;il conservera ensuite : compositeur, producteur, DJ et multi-instrumentiste.</p>
<p>Son passage par la sc&egrave;ne alternative ne se limite pas &agrave; Vatican Commandos. Il effectue &eacute;galement une br&egrave;ve tourn&eacute;e avec Flipper, en rempla&ccedil;ant le chanteur du groupe pendant l&rsquo;incarc&eacute;ration de celui-ci. L&rsquo;&eacute;pisode appartient &agrave; une p&eacute;riode o&ugrave; le jeune musicien s&rsquo;inscrit pleinement dans le r&eacute;seau punk, avant que les clubs et la production &eacute;lectronique ne d&eacute;placent son centre de gravit&eacute;.</p>
<p>Le nom Moby vient lui aussi de l&rsquo;enfance. Ses parents le lui donnent en pensant &agrave; un lien familial avec Herman Melville, l&rsquo;auteur de &laquo; Moby-Dick &raquo;. Cette parent&eacute; sera ensuite remise en question, mais le surnom demeure et finit par devenir son identit&eacute; artistique, plus imm&eacute;diatement reconnaissable que son nom complet, Richard Melville Hall.</p>
<h2>New York, les alias et le travail &agrave; domicile</h2>
<p>Apr&egrave;s un bref passage &agrave; l&rsquo;universit&eacute;, Moby quitte ses &eacute;tudes et s&rsquo;installe &agrave; New York. Il travaille comme DJ dans les clubs tout en produisant ses propres morceaux chez lui. Au cours des ann&eacute;es 1980 et au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990, il utilise plusieurs alias, parmi lesquels Voodoo Child, Brainstorm et Barracuda, avant d&rsquo;imposer d&eacute;finitivement le nom re&ccedil;u dans son enfance.</p>
<p>Le changement de sc&egrave;ne n&rsquo;efface pas son pass&eacute; punk. Il en d&eacute;place l&rsquo;&eacute;nergie vers la house et la techno, en y m&ecirc;lant aussi des &eacute;l&eacute;ments issus du hip-hop. &Agrave; la guitare et aux r&eacute;p&eacute;titions de groupe succ&egrave;dent le home-studio, le DJing et la construction de morceaux destin&eacute;s aux pistes de danse. Au tournant des ann&eacute;es 1990, Moby d&eacute;laisse progressivement le hardcore pour entrer dans la culture rave.</p>
<p>Cette transition ne l&rsquo;enferme pas dans un seul registre. Sa formation et ses exp&eacute;riences lui permettent par la suite de circuler entre ambient, rock, downtempo et pop. Mais c&rsquo;est un morceau fond&eacute; sur une rencontre entre t&eacute;l&eacute;vision et musique de club qui transforme sa place dans le paysage &eacute;lectronique.</p>
<h2>&laquo; Go &raquo;, le th&egrave;me de Laura Palmer propuls&eacute; dans les raves</h2>
<p>Sorti en 1991 dans le sillage du single &laquo; Mobility &raquo;, &laquo; Go &raquo; associe une base house &agrave; un sample de &laquo; Laura Palmer&rsquo;s Theme &raquo;, compos&eacute; par Angelo Badalamenti pour la s&eacute;rie &laquo; Twin Peaks &raquo;. La m&eacute;lodie famili&egrave;re change de cadre : elle quitte l&rsquo;atmosph&egrave;re t&eacute;l&eacute;visuelle pour rejoindre la pulsation des clubs. Le morceau devient le premier v&eacute;ritable succ&egrave;s international de Moby.</p>
<p>&laquo; Go &raquo; atteint le Top 10 britannique, s&rsquo;impose dans les raves et lui ouvre les portes de la sc&egrave;ne &eacute;lectronique internationale. Le titre r&eacute;sume alors une m&eacute;thode fond&eacute;e sur la r&eacute;appropriation de motifs connus, replac&eacute;s dans une architecture dance. Il reste suffisamment central dans son r&eacute;pertoire pour que Moby continue &agrave; le jouer r&eacute;guli&egrave;rement dans ses sets.</p>
<p>Huit ans plus tard, &laquo; Play &raquo; donne une nouvelle ampleur &agrave; cette mani&egrave;re de relier m&eacute;moire sonore et production &eacute;lectronique. Paru en 1999, l&rsquo;album m&ecirc;le notamment des samples de vieux enregistrements gospel et blues &agrave; des arrangements &eacute;lectroniques et downtempo. &laquo; Porcelain &raquo;, &laquo; Natural Blues &raquo; et &laquo; Why Does My Heart Feel So Bad? &raquo; participent &agrave; son omnipr&eacute;sence m&eacute;diatique et commerciale &agrave; la fin des ann&eacute;es 1990.</p>
<h2>De &laquo; Play &raquo; &agrave; un pr&eacute;sent toujours en mouvement</h2>
<p>La trajectoire de Moby ne se r&eacute;duit pas au passage de l&rsquo;underground au grand public. Elle conserve la diversit&eacute; de ses premi&egrave;res ann&eacute;es, entre &eacute;criture, production, instruments et DJing. Son engagement pour le v&eacute;ganisme et les droits des animaux ajoute une dimension militante &agrave; une vie publique d&eacute;j&agrave; fa&ccedil;onn&eacute;e, d&egrave;s l&rsquo;adolescence, par la recherche d&rsquo;une position en marge.</p>
<p>Avec &laquo; Always Centered at Night &raquo;, sorti en 2024, Moby a poursuivi son travail discographique tout en tenant un discours critique sur la c&eacute;l&eacute;brit&eacute; et la pression de l&rsquo;industrie musicale. Il a &eacute;galement entrepris une tourn&eacute;e consacr&eacute;e &agrave; &laquo; Play &raquo;, plus de vingt ans apr&egrave;s la parution de l&rsquo;album. Sur sc&egrave;ne, le chemin parcouru se mesure alors &agrave; des titres pr&eacute;cis : &laquo; Porcelain &raquo;, &laquo; Natural Blues &raquo; et &laquo; Why Does My Heart Feel So Bad? &raquo;, rejou&eacute;s par l&rsquo;ancien guitariste des Vatican Commandos devenu producteur &eacute;lectronique.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>À 68 ans, Mick Talbot reste le clavier décisif du virage soul-pop de Paul Weller</title>
      <description><![CDATA[Mick Talbot f&ecirc;te ses 68 ans ce 11 septembre 2026. Avant de former The Style Council avec Paul Weller, le musicien londonien avait d&eacute;j&agrave; trouv&eacute; sa place au c&oelig;ur du mod revival britannique, forgeant un parcour...]]></description>
      <pubDate>Thu, 10 Sep 2026 22:10:00 +0000</pubDate>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Mick Talbot f&ecirc;te ses 68 ans ce 11 septembre 2026. Avant de former The Style Council avec Paul Weller, le musicien londonien avait d&eacute;j&agrave; trouv&eacute; sa place au c&oelig;ur du mod revival britannique, forgeant un parcours o&ugrave; le clavier sert moins &agrave; occuper le devant de la sc&egrave;ne qu&rsquo;&agrave; donner une direction au collectif.</strong></p>
<p></p>
<p>Son premier souvenir musical tient en une image familiale. Mick Talbot se rappelle sa grand-m&egrave;re jouant du piano et son propre &eacute;tonnement devant l&rsquo;instrument : <em>&laquo; My Nan playing the piano and being amazed by it. &raquo;</em> Bien avant les groupes, les studios et son association avec Paul Weller, il y a donc ce clavier observ&eacute; dans l&rsquo;enfance, avec la fascination imm&eacute;diate qu&rsquo;il provoque.</p>
<p>N&eacute; le 11 septembre 1958 &agrave; Wimbledon, &agrave; Londres, Michael Talbot se construit ensuite dans un environnement musical tr&egrave;s diff&eacute;rent de la formation acad&eacute;mique solitaire que pourrait sugg&eacute;rer ce premier souvenir. Son terrain est celui des groupes et de la sc&egrave;ne mod londonienne. Il se fait notamment conna&icirc;tre avec The Merton Parkas, puis passe par The Chords. Ces exp&eacute;riences l&rsquo;installent dans un r&eacute;seau britannique o&ugrave; l&rsquo;identit&eacute; collective, l&rsquo;allure et la pr&eacute;cision instrumentale comptent autant que la mise en avant individuelle.</p>
<h2>Du mod revival aux disques de The Jam</h2>
<p>Avant que The Style Council ne devienne le centre de son parcours, Talbot appartient ainsi pleinement au mod revival. Ses passages successifs dans plusieurs formations montrent d&eacute;j&agrave; une mani&egrave;re souple d&rsquo;exercer son m&eacute;tier : entrer dans un univers, en comprendre les codes et contribuer &agrave; sa coh&eacute;rence. Cette disposition au travail collectif restera l&rsquo;un des fils les plus nets de sa carri&egrave;re.</p>
<p>La transition vers Paul Weller ne surgit pas totalement de nulle part. Talbot joue sur quelques enregistrements de The Jam avant la cr&eacute;ation de leur projet commun. Les morceaux concern&eacute;s ne sont pas &eacute;tablis avec assez de pr&eacute;cision pour en tirer une histoire particuli&egrave;re, mais cette participation place d&eacute;j&agrave; le clavi&eacute;riste &agrave; proximit&eacute; du groupe dont la s&eacute;paration va provoquer le tournant majeur de son parcours.</p>
<p>Lorsque The Jam se s&eacute;pare en 1982, Paul Weller choisit Mick Talbot comme partenaire musical pour une nouvelle aventure. The Style Council est form&eacute; la m&ecirc;me ann&eacute;e &agrave; Woking. Cette d&eacute;cision donne &agrave; Talbot une exposition bien plus large que celle acquise dans les groupes du mod revival, tout en prolongeant une relation artistique d&eacute;j&agrave; amorc&eacute;e par ses apparitions sur des disques de The Jam.</p>
<h2>Le partenaire choisi pour changer de langage</h2>
<p>La place de Talbot ne se r&eacute;duit pas &agrave; celle d&rsquo;un instrumentiste appel&eacute; pour compl&eacute;ter une formation. The Style Council na&icirc;t autour du tandem qu&rsquo;il constitue avec Weller. Le choix d&rsquo;un clavi&eacute;riste au profil marqu&eacute; par la soul et le jazz-pop accompagne concr&egrave;tement le nouveau langage du projet. Apr&egrave;s l&rsquo;identit&eacute; de groupe tr&egrave;s affirm&eacute;e de The Jam, ce duo permet &agrave; Weller d&rsquo;aborder un cadre musical diff&eacute;rent, dans lequel les claviers occupent une fonction structurante.</p>
<p>Talbot devient ainsi l&rsquo;un des &eacute;l&eacute;ments d&eacute;cisifs du virage soul-pop entrepris avec The Style Council. Son parcours ant&eacute;rieur lui apporte l&rsquo;ancrage mod ; son jeu et ses affinit&eacute;s musicales ouvrent un espace plus large. La continuit&eacute; et le changement se rejoignent dans le m&ecirc;me musicien : il conna&icirc;t le milieu dont vient Weller, mais poss&egrave;de aussi le profil n&eacute;cessaire pour participer &agrave; une nouvelle orientation.</p>
<p>Cette position explique la singularit&eacute; de son r&ocirc;le. Talbot n&rsquo;est pas simplement arriv&eacute; apr&egrave;s The Jam pour accompagner une carri&egrave;re solo d&eacute;j&agrave; dessin&eacute;e. Il a &eacute;t&eacute; choisi comme partenaire au moment m&ecirc;me o&ugrave; il fallait construire autre chose. La formation de The Style Council en 1982 repose donc sur une d&eacute;cision artistique pr&eacute;cise : associer Weller &agrave; un musicien capable de relier la culture mod &agrave; des couleurs soul et jazz-pop.</p>
<h2>Plus qu&rsquo;un cr&eacute;dit de clavier</h2>
<p>Le mot &laquo; clavi&eacute;riste &raquo; r&eacute;sume imparfaitement son activit&eacute;. Mick Talbot est &eacute;galement chanteur, auteur-compositeur, compositeur et producteur de disques. Ces fonctions &eacute;largissent le portrait d&rsquo;un musicien souvent identifi&eacute; d&rsquo;abord &agrave; son instrument et &agrave; son compagnonnage avec Paul Weller. Elles soulignent surtout sa capacit&eacute; &agrave; intervenir &agrave; plusieurs endroits de la fabrication musicale, sans que son nom soit n&eacute;cessairement plac&eacute; au premier plan.</p>
<p>Son itin&eacute;raire relie ainsi trois espaces : le mod revival de The Merton Parkas et The Chords, la pop-soul d&eacute;velopp&eacute;e avec The Style Council dans les ann&eacute;es 1980, puis les collaborations qui suivent cette p&eacute;riode. Plut&ocirc;t qu&rsquo;une succession de ruptures, ce parcours dessine une m&ecirc;me logique de circulation entre les groupes, les partenaires et les r&ocirc;les.</p>
<p>L&rsquo;association avec Paul Weller demeure n&eacute;anmoins le point central. Elle d&eacute;passe la seule appartenance &agrave; un groupe dans sa discographie et prend la forme d&rsquo;un compagnonnage musical durable. Talbot apporte &agrave; cette relation sa connaissance de la sc&egrave;ne mod, mais aussi une personnalit&eacute; instrumentale suffisamment distincte pour participer au changement de cap engag&eacute; apr&egrave;s The Jam.</p>
<h2>Un anniversaire plac&eacute; sous le signe du piano</h2>
<p>&Agrave; 68 ans, Mick Talbot reste principalement reconnu comme l&rsquo;un des deux fondateurs de The Style Council. Cette identification ne doit pourtant pas effacer le chemin qui l&rsquo;y a conduit : une enfance londonienne, une grand-m&egrave;re au piano, plusieurs groupes du mod revival, quelques enregistrements avec The Jam, puis le choix de Paul Weller au moment de repartir sur de nouvelles bases.</p>
<p>Le piano de son premier souvenir offre finalement un rep&egrave;re concret pour relire ce parcours. L&rsquo;&eacute;tonnement de l&rsquo;enfant devant les touches pr&eacute;c&egrave;de le musicien d&rsquo;&eacute;quipe, le compositeur et le producteur. Entre les deux se trouve une trajectoire b&acirc;tie sans grand r&eacute;cit spectaculaire, mais autour d&rsquo;une suite de contextes collectifs &mdash; jusqu&rsquo;&agrave; ce duo form&eacute; &agrave; Woking en 1982, lorsque son clavier est devenu l&rsquo;un des points d&rsquo;appui de The Style Council.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Pour son 49e anniversaire, Jonny Buckland raconté par deux lieux et un rôle fondateur dans Coldplay</title>
      <description><![CDATA[Jonny Buckland f&ecirc;te ses 49 ans ce 11 septembre 2026. N&eacute; &agrave; Londres puis &eacute;lev&eacute; dans le nord du pays de Galles, le guitariste principal et cofondateur de Coldplay occupe depuis l&rsquo;origine une place struc...]]></description>
      <pubDate>Thu, 10 Sep 2026 22:05:00 +0000</pubDate>
      <link>https://radiocollection.fr/news/pour-son-49e-anniversaire-jonny-buckland-raconte-par-deux-lieux-et-un-role-fondateur-dans-coldplay-428</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Jonny Buckland f&ecirc;te ses 49 ans ce 11 septembre 2026. N&eacute; &agrave; Londres puis &eacute;lev&eacute; dans le nord du pays de Galles, le guitariste principal et cofondateur de Coldplay occupe depuis l&rsquo;origine une place structurante dans l&rsquo;histoire du groupe.</strong></p>
<p></p>
<p>Son nom complet est Jonathan Mark Buckland, mais le public le conna&icirc;t sous celui de Jonny Buckland. Dans Coldplay, son r&ocirc;le est clairement d&eacute;fini : il est le guitariste principal du groupe, mais aussi l&rsquo;un de ses membres fondateurs. Deux fonctions compl&eacute;mentaires qui r&eacute;sument une trajectoire presque enti&egrave;rement attach&eacute;e &agrave; cette aventure collective.</p>
<p>&Agrave; l&rsquo;occasion de son 49e anniversaire, le portrait le plus juste tient donc moins dans une accumulation d&rsquo;&eacute;pisodes que dans quelques rep&egrave;res solides. Une naissance &agrave; Islington, un d&eacute;m&eacute;nagement pr&eacute;coce vers le pays de Galles du Nord, puis une place d&eacute;cisive dans la formation de Coldplay : le parcours de Buckland relie une g&eacute;ographie personnelle &agrave; un projet devenu central dans sa vie de musicien.</p>
<h2>D&rsquo;Islington au nord du pays de Galles</h2>
<p>Jonny Buckland na&icirc;t le 11 septembre 1977 &agrave; Islington, dans le nord de Londres. Cette origine londonienne ne constitue toutefois que le premier cadre de son enfance. Il n&rsquo;a que quatre ans lorsque sa famille quitte la capitale britannique pour s&rsquo;installer &agrave; Pantymwyn, au nord du pays de Galles.</p>
<p>Ce d&eacute;placement dessine les deux premiers points de sa biographie : Londres comme lieu de naissance, puis le territoire gallois comme cadre de croissance. Il permet aussi de pr&eacute;ciser un parcours parfois r&eacute;sum&eacute; trop vite &agrave; son appartenance &agrave; Coldplay. Avant le groupe, il y a cet enfant n&eacute; &agrave; Islington et &eacute;lev&eacute; loin de la ville o&ugrave; il a vu le jour.</p>
<p>Les d&eacute;tails de sa formation musicale et de ses premi&egrave;res pratiques instrumentales restent peu document&eacute;s. Il serait donc hasardeux de rattacher directement son jeu de guitare &agrave; cette enfance ou de lui pr&ecirc;ter une vocation n&eacute;e d&rsquo;un &eacute;v&eacute;nement pr&eacute;cis. Le fait &eacute;tabli demeure ce changement de d&eacute;cor familial survenu d&egrave;s l&rsquo;&acirc;ge de quatre ans.</p>
<h2>Un fondateur, pas seulement un instrumentiste</h2>
<p>La place de Jonny Buckland dans Coldplay ne se r&eacute;duit pas &agrave; celle d&rsquo;un musicien venu rejoindre une formation d&eacute;j&agrave; constitu&eacute;e. Il est identifi&eacute; comme cofondateur ou membre fondateur du groupe. Cette donn&eacute;e change la perspective : sa guitare appartient au projet depuis sa construction, et non &agrave; une &eacute;tape ult&eacute;rieure de son histoire.</p>
<p>Son statut de guitariste principal pr&eacute;cise sa responsabilit&eacute; musicale au sein de l&rsquo;ensemble. Buckland est &eacute;galement pr&eacute;sent&eacute; comme musicien et auteur-compositeur, mais les &eacute;l&eacute;ments permettant de raconter en d&eacute;tail sa m&eacute;thode en studio, la naissance de parties de guitare pr&eacute;cises ou son intervention sur une chanson particuli&egrave;re sont trop limit&eacute;s pour &eacute;tablir un r&eacute;cit fiable. Son r&ocirc;le fondateur reste en revanche un point essentiel et incontestable de son portrait.</p>
<p>Cette position explique pourquoi son nom doit &ecirc;tre associ&eacute; &agrave; l&rsquo;architecture m&ecirc;me de Coldplay. Il ne s&rsquo;agit pas simplement d&rsquo;une pr&eacute;sence durable autour du groupe : Buckland fait partie de ceux qui l&rsquo;ont constitu&eacute;. Dans une histoire souvent incarn&eacute;e publiquement par les chansons ou par la voix, le guitariste occupe ainsi une fonction structurelle clairement d&eacute;finie.</p>
<h2>&Agrave; 49 ans, une identit&eacute; li&eacute;e &agrave; Coldplay</h2>
<p>Le 11 septembre 2026 rassemble donc plusieurs rep&egrave;res simples : Jonny Buckland atteint l&rsquo;&acirc;ge de 49 ans, quarante-neuf ans apr&egrave;s sa naissance &agrave; Islington. Son itin&eacute;raire personnel s&rsquo;est rapidement d&eacute;plac&eacute; vers Pantymwyn, tandis que son parcours professionnel s&rsquo;est fix&eacute; autour de Coldplay, dont il demeure le guitariste principal.</p>
<p>Faute d&rsquo;anecdotes solidement &eacute;tablies sur une s&eacute;ance d&rsquo;enregistrement ou sur la cr&eacute;ation d&rsquo;un titre, inutile de lui attribuer une m&eacute;thode ou des intentions particuli&egrave;res. Le fait le plus parlant est aussi le plus concret : Jonathan Mark Buckland, n&eacute; &agrave; Londres et &eacute;lev&eacute; dans le nord du pays de Galles, est &agrave; la fois le guitariste principal et l&rsquo;un des fondateurs du groupe auquel son nom reste directement associ&eacute;.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Joe Perry, 76 ans, et cette porte laissée ouverte pour Aerosmith</title>
      <description><![CDATA[Joe Perry f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 76 ans avec, derri&egrave;re lui, plus d&rsquo;un demi-si&egrave;cle pass&eacute; au c&oelig;ur d&rsquo;Aerosmith. Du garage band form&eacute; avec Steven Tyler &agrave; l&rsquo;hypoth&egrave;se e...]]></description>
      <pubDate>Wed, 09 Sep 2026 22:05:00 +0000</pubDate>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Joe Perry f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 76 ans avec, derri&egrave;re lui, plus d&rsquo;un demi-si&egrave;cle pass&eacute; au c&oelig;ur d&rsquo;Aerosmith. Du garage band form&eacute; avec Steven Tyler &agrave; l&rsquo;hypoth&egrave;se encore incertaine d&rsquo;un ultime concert, le guitariste a toujours privil&eacute;gi&eacute; un rock brut, nourri de blues et d&rsquo;affinit&eacute;s musicales.</strong></p>
<p></p>
<p>La tourn&eacute;e est termin&eacute;e, mais Joe Perry refuse encore de refermer compl&egrave;tement l&rsquo;histoire. Apr&egrave;s l&rsquo;annonce, en 2024, de l&rsquo;arr&ecirc;t des tourn&eacute;es d&rsquo;Aerosmith en raison des probl&egrave;mes vocaux de Steven Tyler, le guitariste a &eacute;voqu&eacute; l&rsquo;ann&eacute;e suivante la possibilit&eacute; d&rsquo;une derni&egrave;re apparition du groupe. &laquo; We&rsquo;re talking about it. I know there&rsquo;s gotta be at least another Aerosmith gig &raquo;, d&eacute;clarait-il alors : &laquo; Nous en parlons. Je sais qu&rsquo;il doit bien y avoir au moins un autre concert d&rsquo;Aerosmith. &raquo; Aucun calendrier n&rsquo;a cependant &eacute;t&eacute; communiqu&eacute; et cette id&eacute;e demeure, &agrave; ce stade, une hypoth&egrave;se discut&eacute;e plut&ocirc;t qu&rsquo;un rendez-vous annonc&eacute;.</p>
<p>Cette prudente ouverture accompagne un anniversaire : n&eacute; le 10 septembre 1950 &agrave; Lawrence, dans le Massachusetts, Joe Perry a 76 ans aujourd&rsquo;hui. Celui qui s&rsquo;appelait &agrave; la naissance Joseph Anthony Pereira reste indissociable d&rsquo;Aerosmith, dont il est &agrave; la fois le cofondateur, le guitariste principal et l&rsquo;un des principaux co-compositeurs. Mais son parcours ne se r&eacute;sume pas &agrave; une place sur sc&egrave;ne aux c&ocirc;t&eacute;s de Steven Tyler. Perry a particip&eacute; &agrave; la construction des chansons, travers&eacute; une rupture avec le groupe et d&eacute;velopp&eacute; plusieurs projets parall&egrave;les sans abandonner son go&ucirc;t pour les formations collectives.</p>
<h2>Des Beatles au noyau du futur Aerosmith</h2>
<p>Avant le hard rock am&eacute;ricain, il y a d&rsquo;abord eu la d&eacute;couverte des Beatles. Adolescent, Joe Perry se passionne pour la guitare et le rock, puis joue dans plusieurs groupes locaux, parmi lesquels Flash, Just Us et Plastic Glass. Ces premi&egrave;res exp&eacute;riences le conduisent, au d&eacute;but des ann&eacute;es 1970, &agrave; former The Jam Band avec le bassiste Tom Hamilton. Le futur Aerosmith se dessine autour de ce premier noyau.</p>
<p>L&rsquo;association avec Steven Tyler, Brad Whitford, Tom Hamilton et Joey Kramer donne ensuite naissance &agrave; Aerosmith. Perry y occupe imm&eacute;diatement une fonction plus large que celle d&rsquo;un instrumentiste charg&eacute; des solos. Guitariste principal, choriste et parfois chanteur lead, il devient surtout, avec Tyler, l&rsquo;un des artisans d&rsquo;une grande partie du r&eacute;pertoire. Leur bin&ocirc;me constitue l&rsquo;axe d&rsquo;&eacute;criture du groupe, entre les id&eacute;es de guitare de Perry et le r&ocirc;le de chanteur et co-compositeur de Tyler.</p>
<p>Joe Perry a r&eacute;sum&eacute; Aerosmith par une formule qui ram&egrave;ne cette immense trajectoire &agrave; son impulsion premi&egrave;re : &laquo; We were the garage band that really made it big &ndash; the ultimate party band. &raquo; Autrement dit, le groupe de garage qui a r&eacute;ellement r&eacute;ussi, jusqu&rsquo;&agrave; devenir le groupe de f&ecirc;te par excellence. Cette d&eacute;finition insiste moins sur la sophistication que sur une &eacute;nergie directe. Elle correspond aussi &agrave; son jeu, fortement empreint de hard rock et de blues, qui structure le son d&rsquo;Aerosmith et se prolonge dans ses travaux en dehors du groupe.</p>
<h2>Une absence qui mesure sa place dans le groupe</h2>
<p>La relation entre Joe Perry et Aerosmith n&rsquo;a pourtant rien d&rsquo;une ligne continue. &Agrave; la fin des ann&eacute;es 1970, le guitariste quitte temporairement la formation. Cette s&eacute;paration produit un rep&egrave;re tr&egrave;s concret dans la discographie : Perry appara&icirc;t sur tous les albums studio d&rsquo;Aerosmith &agrave; l&rsquo;exception de <em>Rock in a Hard Place</em>, enregistr&eacute; pendant son absence. Il revient au d&eacute;but des ann&eacute;es 1980, retrouvant &agrave; la fois son poste de guitariste et son partenariat cr&eacute;atif avec Steven Tyler.</p>
<p>Ce d&eacute;part puis ce retour donnent la mesure de sa place. Le son d&rsquo;Aerosmith repose sur un groupe complet, mais Perry en est l&rsquo;un des principaux architectes. Ses parties de guitare relient l&rsquo;ancrage blues &agrave; la puissance hard rock, tandis que son travail de co-composition intervient sur une large part du catalogue, aussi bien pendant les ann&eacute;es 1970 que lors des p&eacute;riodes de regain commercial ult&eacute;rieures. Sa fonction d&eacute;passe ainsi l&rsquo;image famili&egrave;re du guitariste plac&eacute; &agrave; c&ocirc;t&eacute; du chanteur : il participe directement &agrave; la mati&egrave;re des morceaux.</p>
<p>Cette identit&eacute; n&rsquo;a pas emp&ecirc;ch&eacute; Perry de chercher d&rsquo;autres configurations. Son d&eacute;part d&rsquo;Aerosmith s&rsquo;accompagne du Joe Perry Project, aventure qui lui permet de poursuivre son travail sous une autre banni&egrave;re. Il publie &eacute;galement des albums sous son nom. Pour ces projets, il retrouve notamment le producteur Jack Douglas et fait appel &agrave; des amis musiciens, parmi lesquels les chanteurs David Johansen et Terry Reid. Le fonctionnement tient du collectif constitu&eacute; par affinit&eacute;s, avec une place centrale accord&eacute;e &agrave; la confiance entre participants.</p>
<h2>Plusieurs groupes, une m&ecirc;me fid&eacute;lit&eacute; au jeu collectif</h2>
<p>Plus tard, Joe Perry rejoint Hollywood Vampires, groupe men&eacute; notamment par Alice Cooper et Johnny Depp. Cette nouvelle formation &eacute;largit encore son activit&eacute; au-del&agrave; d&rsquo;Aerosmith et du Joe Perry Project. Elle confirme surtout une constante : m&ecirc;me lorsqu&rsquo;il travaille en solo, Perry s&rsquo;entoure. Son nom peut &ecirc;tre affich&eacute; en t&ecirc;te d&rsquo;un projet, mais sa m&eacute;thode demeure li&eacute;e aux &eacute;changes avec des producteurs, des chanteurs et d&rsquo;autres instrumentistes.</p>
<p>&Agrave; 76 ans, son parcours relie ainsi plusieurs &eacute;chelles du rock am&eacute;ricain : les groupes locaux de ses d&eacute;buts, le noyau form&eacute; avec Tom Hamilton, l&rsquo;ascension d&rsquo;Aerosmith, la parenth&egrave;se du Joe Perry Project et l&rsquo;exp&eacute;rience de Hollywood Vampires. Le fil conducteur reste la guitare, avec cette combinaison de hard rock et de blues qui lui a permis de conserver une identit&eacute; reconnaissable dans chacune de ces formations.</p>
<p>Reste la question d&rsquo;Aerosmith. L&rsquo;arr&ecirc;t des tourn&eacute;es annonc&eacute; en 2024 constitue une d&eacute;cision officielle ; l&rsquo;&eacute;ventualit&eacute; d&rsquo;un concert suppl&eacute;mentaire n&rsquo;en est pas une. Dans ses interventions de 2025, Joe Perry se disait n&eacute;anmoins dispos&eacute; &agrave; ne &laquo; jamais dire jamais &raquo; et persuad&eacute; qu&rsquo;au moins une derni&egrave;re date pouvait encore avoir lieu. En ce 10 septembre 2026, aucune annonce ferme ne transforme ces paroles en projet arr&ecirc;t&eacute;. La porte demeure simplement entrouverte, comme Perry l&rsquo;a lui-m&ecirc;me laiss&eacute;e.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Éric Serra a 67 ans aujourd’hui : l’improvisation qui convainquit Luc Besson qu’il était compositeur</title>
      <description><![CDATA[N&eacute; le 9 septembre 1959 &agrave; Saint-Mand&eacute;, &Eacute;ric Serra f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 67 ans. Bien avant de devenir le compositeur attitr&eacute; de Luc Besson, le bassiste et musicien de studio improvisait sur sc&e...]]></description>
      <pubDate>Tue, 08 Sep 2026 22:10:00 +0000</pubDate>
      <link>https://radiocollection.fr/news/eric-serra-a-67-ans-aujourd-hui-l-improvisation-qui-convainquit-luc-besson-qu-il-etait-compositeur-416</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>N&eacute; le 9 septembre 1959 &agrave; Saint-Mand&eacute;, &Eacute;ric Serra f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 67 ans. Bien avant de devenir le compositeur attitr&eacute; de Luc Besson, le bassiste et musicien de studio improvisait sur sc&egrave;ne, nourri de rock et de jazz fusion. Il a suffi que le futur r&eacute;alisateur assiste &agrave; l&rsquo;un de ses concerts et interpr&egrave;te cette libert&eacute; instrumentale comme un talent de compositeur pour ouvrir une collaboration longue de plus de quarante ans.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&Eacute;ric Serra joue alors de la guitare sur un album du chanteur Pierre Jolivet. Lors d&rsquo;un concert, Luc Besson le regarde improviser. Il n&rsquo;est pas musicien et fait un raccourci qui va peser lourd : puisque Serra sait inventer ainsi devant un public, il doit savoir composer. &laquo; Il &eacute;tait persuad&eacute; que j&rsquo;&eacute;tais compositeur &raquo;, racontera plus tard le principal int&eacute;ress&eacute;.</p>
<h2>Une erreur d&rsquo;interpr&eacute;tation ouvre la porte du cin&eacute;ma</h2>
<p>Au tournant des ann&eacute;es 1980, Serra poss&egrave;de d&eacute;j&agrave; l&rsquo;exp&eacute;rience de la sc&egrave;ne et des studios, notamment comme bassiste, mais il n&rsquo;est pas encore identifi&eacute; comme compositeur de films. Ses go&ucirc;ts se situent du c&ocirc;t&eacute; de Led Zeppelin, Deep Purple et du jazz fusion de Jaco Pastorius, John McLaughlin ou Stanley Clarke. La musique de cin&eacute;ma ne constitue pas son objectif initial.</p>
<p>La conviction de Besson se transforme pourtant en proposition concr&egrave;te. Il demande &agrave; Serra d&rsquo;&eacute;crire la musique de son court m&eacute;trage <em>L&rsquo;Avant-dernier</em>. Le projet devient &agrave; la fois le premier film de Besson et la premi&egrave;re bande originale du musicien. Serra compose ensuite pour <em>Le Dernier combat</em>, premier long m&eacute;trage du r&eacute;alisateur.</p>
<p>L&rsquo;&eacute;pisode est moins celui d&rsquo;une vocation tardivement r&eacute;v&eacute;l&eacute;e que d&rsquo;un savoir-faire d&eacute;plac&eacute; vers un nouveau terrain. L&rsquo;improvisation, les rythmiques et les harmonies d&eacute;velopp&eacute;es sur sc&egrave;ne deviennent les outils d&rsquo;une &eacute;criture destin&eacute;e &agrave; l&rsquo;image. Cette origine permet aussi de comprendre pourquoi Serra affirme ne jamais avoir &eacute;prouv&eacute; de passion particuli&egrave;re pour la musique de film en tant que genre.</p>
<h2>&Eacute;ric Serra et Luc Besson installent une m&eacute;thode &agrave; deux</h2>
<p>Apr&egrave;s ces premiers essais, la relation ne reste pas confin&eacute;e aux courts m&eacute;trages et aux d&eacute;buts confidentiels. &Eacute;ric Serra compose pour <em>Subway</em>, puis accompagne Luc Besson dans des univers aussi diff&eacute;rents que <em>Le Grand Bleu</em>, <em>Nikita</em>, <em>Atlantis</em>, <em>L&eacute;on</em> ou <em>Le Cinqui&egrave;me &eacute;l&eacute;ment</em>. Quelques films du r&eacute;alisateur seront confi&eacute;s &agrave; d&rsquo;autres compositeurs, mais Serra devient son partenaire musical le plus r&eacute;gulier.</p>
<p>La continuit&eacute; n&rsquo;emp&ecirc;che pas les transformations. Le compositeur adapte ses textures et ses formats &agrave; chaque projet, tout en conservant une approche issue de sa pratique de musicien. &laquo; Mes rythmiques et mes harmonies se construisent instinctivement &raquo;, explique-t-il en 2024. Plut&ocirc;t que de partir d&rsquo;un ensemble de r&egrave;gles propres au cin&eacute;ma, il travaille depuis ses influences rock et fusion et cherche &agrave; servir l&rsquo;&eacute;motion des images.</p>
<p>Cette libert&eacute; initiale finit par devenir une m&eacute;thode. Le malentendu du premier concert n&rsquo;avait pas d&eacute;tect&eacute; un compositeur de cin&eacute;ma d&eacute;j&agrave; form&eacute; : il avait plac&eacute; un improvisateur dans une situation o&ugrave; celui-ci allait inventer sa mani&egrave;re de l&rsquo;&ecirc;tre.</p>
<h2><em>Le Grand Bleu</em> fait sortir la bande originale des salles obscures</h2>
<p>En 1988, <em>Le Grand Bleu</em> donne &agrave; cette collaboration une nouvelle dimension. La bande originale se vend &agrave; environ trois millions d&rsquo;exemplaires dans le monde, dont pr&egrave;s de deux millions en France. Elle rapporte &agrave; Serra un C&eacute;sar de la meilleure musique de film, un Grand Prix de la SACEM et une Victoire de la musique.</p>
<p>L&rsquo;album ne se limite pas &agrave; des pi&egrave;ces instrumentales associ&eacute;es aux images. Sur &laquo; My Lady Blue &raquo;, co&eacute;crite avec Besson, &Eacute;ric Serra livre sa premi&egrave;re prestation vocale notable. Le compositeur, jusque-l&agrave; install&eacute; derri&egrave;re les s&eacute;quences du film, inscrit ainsi sa propre voix dans l&rsquo;univers qu&rsquo;il contribue &agrave; construire.</p>
<p>Le succ&egrave;s discographique de la bande originale modifie aussi la place de cette musique : elle peut &ecirc;tre &eacute;cout&eacute;e ind&eacute;pendamment du film. Des ann&eacute;es plus tard, Serra prolongera ce mouvement en rejouant <em>Le Grand Bleu</em> en concert &agrave; travers la France, avec des th&egrave;mes r&eacute;arrang&eacute;s pour la sc&egrave;ne. Le musicien de groupe r&eacute;appara&icirc;t alors derri&egrave;re le compositeur.</p>
<h2>Des chansons pour prolonger les films</h2>
<p>La p&eacute;riode suivante confirme que Serra ne consid&egrave;re pas la chanson comme un &eacute;l&eacute;ment ext&eacute;rieur &agrave; son travail pour l&rsquo;&eacute;cran. Pour <em>Nikita</em>, il signe &laquo; The Dark Side of Time &raquo;, dont les paroles sont co&eacute;crites par Luc Besson. Son esth&eacute;tique pop synth&eacute;tique prolonge l&rsquo;atmosph&egrave;re du film au-del&agrave; de sa narration.</p>
<p>Avec <em>Atlantis</em>, documentaire &agrave; dominante visuelle, le compositeur int&egrave;gre deux chansons interpr&eacute;t&eacute;es avec Vanessa Paradis. Parmi elles, &laquo; Time to Get Lovin&rsquo; &raquo; prend la forme d&rsquo;un duo. Ce choix montre comment la voix peut rejoindre des textures con&ccedil;ues pour les images, y compris dans un film qui ne repose pas sur un r&eacute;cit traditionnel.</p>
<p>Les bandes originales de <em>Nikita</em>, <em>Atlantis</em> et <em>L&eacute;on</em> apportent chacune une Victoire de la musique &agrave; Serra. Leur encha&icirc;nement ne dessine pourtant pas une formule r&eacute;p&eacute;t&eacute;e : chansons, th&egrave;mes instrumentaux et exp&eacute;rimentations sonores y changent de fonction selon le projet.</p>
<h2><em>Le Cinqui&egrave;me &eacute;l&eacute;ment</em> pousse l&rsquo;hybridation plus loin</h2>
<p>En 1997, la musique du <em>Cinqui&egrave;me &eacute;l&eacute;ment</em> associe &eacute;lectronique, voix lyrique et rythmiques tr&egrave;s marqu&eacute;es. Serra y traite notamment les voix comme des instruments et participe directement &agrave; la construction de l&rsquo;univers de science-fiction du film. La partition ne se contente donc pas d&rsquo;accompagner les images : ses textures contribuent &agrave; leur identit&eacute;.</p>
<p>Deux ans auparavant, le compositeur avait d&eacute;j&agrave; test&eacute; son approche dans un cadre particuli&egrave;rement codifi&eacute; avec <em>GoldenEye</em>. Huiti&egrave;me compositeur de la saga James Bond et deuxi&egrave;me Fran&ccedil;ais &agrave; y contribuer apr&egrave;s Michel Legrand, il avait privil&eacute;gi&eacute; pour le th&egrave;me principal une orientation &eacute;lectronique et rythmique, en rupture avec la tradition orchestrale des pr&eacute;c&eacute;dents &eacute;pisodes. Le choix fut discut&eacute; parmi les amateurs de la s&eacute;rie, mais il r&eacute;v&eacute;lait son refus de simplement reproduire un mod&egrave;le existant.</p>
<h2>Un sous-sol parisien comme laboratoire sonore</h2>
<p>Cette recherche se poursuit dans le studio personnel qu&rsquo;&Eacute;ric Serra a am&eacute;nag&eacute; au sous-sol de son domicile parisien. Il y conserve ses instruments et ses disques, dans un espace pens&eacute; pour l&rsquo;isolement et l&rsquo;exp&eacute;rimentation. &Agrave; l&rsquo;&eacute;cart d&rsquo;un studio traditionnel soumis &agrave; des contraintes de dur&eacute;e et de budget, il peut y essayer librement sons, textures et rythmiques.</p>
<p>La collaboration avec Besson demeure l&rsquo;un de ses principaux terrains de cr&eacute;ation. <em>Dogman</em>, dont Serra a compos&eacute; la musique, en constitue la r&eacute;alisation commune la plus r&eacute;cente connue &agrave; la date de cet anniversaire. Mais le musicien travaille &eacute;galement hors de ce cadre : en 2024, il a sign&eacute; la bande originale du remake du <em>Salaire de la peur</em> r&eacute;alis&eacute; par Julien Leclercq.</p>
<h2>&Agrave; 67 ans, le compositeur revient vers la sc&egrave;ne</h2>
<p>En 2026, &Eacute;ric Serra accompagne la sortie de son projet personnel <em>Space Projekt U.M.O.</em>. Une tourn&eacute;e &Eacute;ric Serra Live est &eacute;galement annonc&eacute;e en France, avec des versions r&eacute;arrang&eacute;es de ses musiques de films et des compositions con&ccedil;ues hors du cin&eacute;ma. Il ne s&rsquo;agit donc pas seulement de rejouer un catalogue, mais de rapprocher les deux p&ocirc;les de son activit&eacute; : les bandes originales et la pratique directe de la sc&egrave;ne.</p>
<p>Quarante ans apr&egrave;s <em>L&rsquo;Avant-dernier</em>, l&rsquo;&eacute;pisode du concert de Pierre Jolivet conserve ainsi toute sa port&eacute;e. Luc Besson avait pris l&rsquo;improvisation pour une preuve de m&eacute;tier. &Eacute;ric Serra a transform&eacute; cette m&eacute;prise en m&eacute;thode de travail, puis en une relation artistique capable de passer du court m&eacute;trage aux grandes productions, de la chanson &agrave; l&rsquo;&eacute;lectronique et de l&rsquo;&eacute;cran au concert.</p>
<p>Son histoire de compositeur commence moins par l&rsquo;apprentissage des codes du cin&eacute;ma que par leur contournement. &Agrave; 67 ans, ses nouveaux projets prolongent pr&eacute;cis&eacute;ment ce geste fondateur : partir de l&rsquo;instinct du musicien, puis chercher le format dans lequel il pourra prendre forme.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Dave Stewart, 74 ans aujourd’hui : le hasard d’une boîte à rythmes derrière « Sweet Dreams »</title>
      <description><![CDATA[N&eacute; le 9 septembre 1952 &agrave; Sunderland, Dave Stewart f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 74 ans. Guitariste, clavi&eacute;riste, auteur-compositeur et producteur d&rsquo;Eurythmics, il a construit avec Annie Lennox une m&eacute;tho...]]></description>
      <pubDate>Tue, 08 Sep 2026 22:05:00 +0000</pubDate>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>N&eacute; le 9 septembre 1952 &agrave; Sunderland, Dave Stewart f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 74 ans. Guitariste, clavi&eacute;riste, auteur-compositeur et producteur d&rsquo;Eurythmics, il a construit avec Annie Lennox une m&eacute;thode fond&eacute;e sur l&rsquo;exp&eacute;rimentation et l&rsquo;autonomie. La naissance de &laquo; Sweet Dreams (Are Made of This) &raquo;, entre une rupture en Australie, un studio bricol&eacute; et un vestiaire d&rsquo;&eacute;glise, en offre le r&eacute;cit le plus saisissant.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&Agrave; la fin de 1980, Dave Stewart et Annie Lennox se retrouvent seuls dans une chambre d&rsquo;h&ocirc;tel &agrave; Wagga Wagga, en Australie. The Tourists, le groupe au sein duquel leur partenariat musical s&rsquo;&eacute;tait d&eacute;velopp&eacute;, vient de se s&eacute;parer brusquement pendant une tourn&eacute;e. L&rsquo;&eacute;pisode aurait pu mettre un terme &agrave; leur collaboration. Il va au contraire les conduire &agrave; revoir enti&egrave;rement leur mani&egrave;re de cr&eacute;er.</p>
<h2>&Agrave; Wagga Wagga, la fin d&rsquo;un groupe ouvre une autre voie</h2>
<p>Stewart et Lennox &eacute;voluaient jusqu&rsquo;alors dans le cadre collectif de The Tourists, rejoint apr&egrave;s leur installation &agrave; Londres dans les ann&eacute;es 1970. &Agrave; Wagga Wagga, la disparition du groupe les laisse face &agrave; une question imm&eacute;diate : que faire d&eacute;sormais &agrave; deux ? La r&eacute;ponse prend progressivement la forme d&rsquo;Eurythmics.</p>
<p>Le nouveau projet ne consiste pas simplement &agrave; poursuivre avec moins de musiciens. Le duo d&eacute;cide de se consacrer &agrave; une musique &eacute;lectronique qu&rsquo;il veut &eacute;trange et exp&eacute;rimentale. Ce choix impose une autre organisation : Stewart et Lennox ne veulent plus d&eacute;pendre uniquement du fonctionnement traditionnel d&rsquo;un groupe ou des conditions offertes par un grand studio.</p>
<p>Cette volont&eacute; de chercher ses propres solutions n&rsquo;est pas totalement &eacute;trang&egrave;re au jeune musicien qu&rsquo;avait &eacute;t&eacute; Dave Stewart. Adolescent dans le nord de l&rsquo;Angleterre, passionn&eacute; de folk britannique et de blues am&eacute;ricain, il &eacute;tait all&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; se cacher dans le camion du groupe de folk progressif Amazing Blondel afin de les suivre. Bien avant les synth&eacute;tiseurs d&rsquo;Eurythmics, la musique &eacute;tait d&eacute;j&agrave; pour lui une pratique &agrave; rejoindre concr&egrave;tement, quitte &agrave; emprunter des chemins peu conventionnels.</p>
<h2>Un studio install&eacute; au-dessus d&rsquo;un encadreur</h2>
<p>De retour en Angleterre, Stewart et Lennox construisent leur propre espace de travail au-dessus d&rsquo;un magasin d&rsquo;encadreur. Ce studio bricol&eacute; leur donne l&rsquo;autonomie n&eacute;cessaire pour essayer des machines, recommencer et enregistrer sans placer chaque exp&eacute;rimentation sous la contrainte d&rsquo;une s&eacute;ance co&ucirc;teuse.</p>
<p>Le lieu devient l&rsquo;atelier d&rsquo;un duo dont les r&ocirc;les sont &eacute;troitement li&eacute;s. Annie Lennox apporte sa voix, ses textes et ses parties instrumentales ; Dave Stewart participe &agrave; l&rsquo;&eacute;criture tout en prenant en charge la production. Il r&eacute;sumera plus tard cette r&eacute;partition en une phrase : &laquo; En plus de co&eacute;crire chaque chanson avec Annie, je les produisais. &raquo;</p>
<p>Ce double r&ocirc;le est essentiel pour comprendre Eurythmics. Stewart n&rsquo;intervient pas apr&egrave;s l&rsquo;&eacute;criture pour simplement mettre les morceaux en forme. La composition, le choix des sons et la production avancent ensemble. Le studio ne sert donc pas seulement &agrave; fixer une chanson d&eacute;j&agrave; achev&eacute;e : il devient l&rsquo;endroit o&ugrave; celle-ci peut appara&icirc;tre.</p>
<h2>La bo&icirc;te &agrave; rythmes qui d&eacute;clenche &laquo; Sweet Dreams &raquo;</h2>
<p>La sc&egrave;ne d&eacute;cisive se d&eacute;roule dans leur studio de Camden, en 1982 ou 1983. Dave Stewart exp&eacute;rimente une nouvelle bo&icirc;te &agrave; rythmes et cherche encore comment la faire fonctionner. En manipulant la machine, il tombe par hasard sur un motif de batterie et de basse qui retient imm&eacute;diatement son attention.</p>
<p>Le son r&eacute;veille Annie Lennox. Selon le souvenir de Stewart, &laquo; Annie a litt&eacute;ralement bondi du sol en disant : &ldquo;C&rsquo;est quoi, &ccedil;a ?&rdquo; &raquo; Elle se place alors devant un autre synth&eacute;tiseur et ajoute un riff de cordes. Les deux parties se synchronisent presque accidentellement et fournissent l&rsquo;ossature de &laquo; Sweet Dreams (Are Made of This) &raquo;.</p>
<p>Cette naissance dit beaucoup de la m&eacute;thode du duo. Le morceau ne part pas d&rsquo;une structure &eacute;crite &agrave; l&rsquo;avance, ensuite habill&eacute;e par des instruments &eacute;lectroniques. Il se d&eacute;veloppe &agrave; partir d&rsquo;une manipulation technique, d&rsquo;un motif d&eacute;couvert en essayant une machine et de la r&eacute;ponse imm&eacute;diate de Lennox. L&rsquo;accident de studio devient une proposition musicale commune.</p>
<h2>Dave Stewart ajoute une &eacute;claircie au texte d&rsquo;Annie Lennox</h2>
<p>Annie Lennox &eacute;crit rapidement des paroles consacr&eacute;es &agrave; la nature ambivalente des relations humaines. Stewart les trouve cependant trop pessimistes. Son intervention ne porte alors ni sur un r&eacute;glage ni sur un arrangement : il d&eacute;cide d&rsquo;ajouter une section plus lumineuse construite autour de la ligne &laquo; Keep your head up &raquo;.</p>
<p>Ce passage &eacute;quilibre le texte sans effacer sa tonalit&eacute; sombre. Il montre aussi que la contribution de Dave Stewart &agrave; &laquo; Sweet Dreams &raquo; d&eacute;passe largement la d&eacute;couverte du motif rythmique. Producteur et coauteur, il agit aussi bien sur la machine qui met le morceau en mouvement que sur la direction prise par les paroles.</p>
<p>Les conditions mat&eacute;rielles restent pourtant pr&eacute;caires. Une grande partie de la chanson est r&eacute;alis&eacute;e dans le studio autonome du duo, mais Stewart et Lennox doivent finalement d&eacute;placer leur &eacute;quipement dans le vestiaire d&rsquo;une &eacute;glise pour terminer l&rsquo;enregistrement. Le titre qui installe ensuite Eurythmics au sommet des classements n&rsquo;est donc pas issu d&rsquo;un dispositif imposant : il passe par plusieurs espaces improvis&eacute;s, adapt&eacute;s aux besoins du moment.</p>
<h2>Avec Eurythmics, le studio devient un instrument</h2>
<p>La m&eacute;thode ne s&rsquo;arr&ecirc;te pas &agrave; &laquo; Sweet Dreams &raquo;. Pour &laquo; Here Comes the Rain Again &raquo;, Stewart prolonge l&rsquo;atmosph&egrave;re m&eacute;lancolique du morceau pr&eacute;c&eacute;dent en travaillant les cordes et les synth&eacute;tiseurs autour de la voix de Lennox. Le studio lui permet de construire un climat sonore pr&eacute;cis plut&ocirc;t que de s&rsquo;en tenir &agrave; une simple structure pop.</p>
<p>&laquo; Missionary Man &raquo; r&eacute;v&egrave;le une autre possibilit&eacute; du m&ecirc;me partenariat. Stewart y met davantage en avant les guitares et des arrangements plus &acirc;pres. Entre l&rsquo;&eacute;lectronique de &laquo; Sweet Dreams &raquo;, les cordes de &laquo; Here Comes the Rain Again &raquo; et l&rsquo;orientation plus rock de &laquo; Missionary Man &raquo;, la continuit&eacute; ne repose pas sur une formule sonore unique, mais sur une fa&ccedil;on commune d&rsquo;&eacute;crire et de produire.</p>
<p>Stewart assure ainsi la production de chaque album d&rsquo;Eurythmics tout en co&eacute;crivant les chansons avec Lennox. Cette place, moins visible que celle de la chanteuse au premier plan, permet de comprendre comment le duo a pu modifier ses outils et ses arrangements sans abandonner son fonctionnement &agrave; deux.</p>
<h2>Une m&eacute;thode prolong&eacute;e au-del&agrave; de &laquo; Sweet Dreams &raquo;</h2>
<p>Apr&egrave;s le succ&egrave;s d&rsquo;Eurythmics, Dave Stewart d&eacute;veloppe ce r&ocirc;le de producteur et de collaborateur aupr&egrave;s d&rsquo;artistes comme Bob Dylan, Tom Petty ou Aretha Franklin. Son travail ne se r&eacute;duit plus au duo, mais conserve cette position d&rsquo;interm&eacute;diaire entre &eacute;criture, accompagnement des artistes et exp&eacute;rimentation en studio.</p>
<p>En 2022, Stewart et Lennox sont intronis&eacute;s au Rock and Roll Hall of Fame en tant que membres d&rsquo;Eurythmics, apr&egrave;s leur entr&eacute;e au Songwriters Hall of Fame. Cette reconnaissance met pr&eacute;cis&eacute;ment en avant les deux dimensions de leur association : les interpr&egrave;tes visibles sur sc&egrave;ne et les auteurs qui ont construit ensemble leur r&eacute;pertoire.</p>
<p>Dave Stewart continue aujourd&rsquo;hui de pr&eacute;senter ce catalogue avec le projet sc&eacute;nique &laquo; Eurythmics Songbook &raquo;, port&eacute; par un groupe enti&egrave;rement f&eacute;minin. Il poursuit &eacute;galement son activit&eacute; d&rsquo;enregistrement de nouveaux artistes et d&eacute;veloppe son label Bay Street Records, prolongeant ainsi son r&ocirc;le de producteur.</p>
<p>&Agrave; 74 ans, l&rsquo;&eacute;pisode de &laquo; Sweet Dreams &raquo; reste particuli&egrave;rement r&eacute;v&eacute;lateur de son travail : une rupture oblige &agrave; repenser le projet, un espace improvis&eacute; remplace le grand studio et une machine encore nouvelle fournit, presque par accident, le point de d&eacute;part d&rsquo;une chanson. Stewart ne s&rsquo;est pas content&eacute; d&rsquo;accompagner Eurythmics &agrave; la guitare ou aux claviers. Il a contribu&eacute; &agrave; faire du duo un atelier o&ugrave; l&rsquo;&eacute;criture pouvait na&icirc;tre directement du son.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Ray Wilson : comment une pub Levi’s l’a conduit jusqu’à Genesis</title>
      <description><![CDATA[N&eacute; le 8 septembre 1968 &agrave; Dumfries, en &Eacute;cosse, Ray Wilson f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 58 ans. Avant de devenir le dernier chanteur de Genesis &agrave; enregistrer un album en studio, il &eacute;tait apparu avec Sti...]]></description>
      <pubDate>Mon, 07 Sep 2026 22:05:00 +0000</pubDate>
      <link>https://radiocollection.fr/news/ray-wilson-comment-une-pub-levi-s-l-a-conduit-jusqu-a-genesis-409</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>N&eacute; le 8 septembre 1968 &agrave; Dumfries, en &Eacute;cosse, Ray Wilson f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 58 ans. Avant de devenir le dernier chanteur de Genesis &agrave; enregistrer un album en studio, il &eacute;tait apparu avec Stiltskin gr&acirc;ce &agrave; &laquo; Inside &raquo;, une chanson compos&eacute;e pour une publicit&eacute; Levi&rsquo;s. Entre succ&egrave;s soudain, audition d&eacute;cisive et reconstruction apr&egrave;s <em>Calling All Stations</em>, ce morceau a orient&eacute; une grande partie de son parcours.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Lorsque Ray Wilson accepte de passer une audition pour le projet qui deviendra Stiltskin, le choix r&eacute;pond d&rsquo;abord &agrave; une situation tr&egrave;s concr&egrave;te. Son groupe Guaranteed Pure a enregistr&eacute; <em>Swing Your Bag</em> et tourn&eacute; au Royaume-Uni, mais le succ&egrave;s commercial n&rsquo;est pas venu. &Agrave; court d&rsquo;argent et proche de perdre sa maison, le chanteur &eacute;cossais saisit en 1994 l&rsquo;occasion propos&eacute;e par Peter Lawlor.</p>
<h2>Une audition accept&eacute;e sous la pression financi&egrave;re</h2>
<p>Ray Wilson n&rsquo;arrive donc pas chez Stiltskin au terme d&rsquo;une ascension r&eacute;guli&egrave;re. Apr&egrave;s ses premiers groupes scolaires, il s&rsquo;est install&eacute; &agrave; &Eacute;dimbourg et a fond&eacute; Guaranteed Pure avec son fr&egrave;re Steve et plusieurs amis musiciens. Cette premi&egrave;re exp&eacute;rience lui a permis d&rsquo;enregistrer et de se produire sur sc&egrave;ne, sans toutefois lui assurer une stabilit&eacute; financi&egrave;re.</p>
<p>Le nouveau projet de Peter Lawlor poss&egrave;de une origine inhabituelle. Le multi-instrumentiste et compositeur a &eacute;crit une musique pour une campagne publicitaire Levi&rsquo;s et cherche d&eacute;sormais &agrave; lui donner un visage. Wilson est engag&eacute; comme chanteur. Stiltskin se constitue ainsi autour d&rsquo;un morceau d&eacute;j&agrave; pens&eacute; pour accompagner des images, plut&ocirc;t qu&rsquo;&agrave; partir d&rsquo;un groupe ayant progressivement b&acirc;ti son r&eacute;pertoire dans les clubs.</p>
<h2>&laquo; Inside &raquo;, de la campagne Levi&rsquo;s aux premi&egrave;res places</h2>
<p>Cette musique devient &laquo; Inside &raquo;. Ray Wilson pose sa voix sur le morceau construit par Lawlor, puis le titre para&icirc;t en single en 1994, associ&eacute; &agrave; la campagne Levi&rsquo;s &laquo; Creek &raquo;. Il figure &eacute;galement sur <em>The Mind&rsquo;s Eye</em>, premier album de Stiltskin.</p>
<p>La publicit&eacute; et le relais des radios rock donnent rapidement au morceau une ampleur europ&eacute;enne. &laquo; Inside &raquo; atteint la premi&egrave;re place au Royaume-Uni ainsi que dans plusieurs pays du continent. Stiltskin se retrouve ainsi propuls&eacute; dans les classements sans avoir suivi le chemin habituel des longues tourn&eacute;es dans de petites salles. &laquo; En 1994, j&rsquo;ai connu un &eacute;norme succ&egrave;s avec mon groupe Stiltskin &raquo;, r&eacute;sumera plus tard Ray Wilson.</p>
<p>Ce succ&egrave;s installe sa voix sur la sc&egrave;ne rock des ann&eacute;es 1990, mais son effet le plus d&eacute;terminant se produit deux ans plus tard. &laquo; Inside &raquo; ne lui apporte pas seulement une reconnaissance publique : le morceau attire aussi l&rsquo;attention du label Virgin Records, commun &agrave; Stiltskin et Genesis.</p>
<h2>Virgin Records propose Ray Wilson &agrave; Genesis</h2>
<p>En 1996, Phil Collins quitte Genesis. Tony Banks et Mike Rutherford doivent alors trouver un chanteur pour poursuivre le travail du groupe. Virgin leur sugg&egrave;re Ray Wilson, dont la visibilit&eacute; repose encore largement sur le succ&egrave;s de &laquo; Inside &raquo;.</p>
<p>L&rsquo;audition ne se limite pas &agrave; l&rsquo;interpr&eacute;tation d&rsquo;un seul morceau. Dans le studio de Genesis, Wilson chante plusieurs anciens titres, puis improvise de nouvelles id&eacute;es avec Banks et Rutherford. Les deux musiciens lui proposent finalement de participer au prochain album. En l&rsquo;espace de quelques ann&eacute;es, le chanteur pass&eacute; par les difficult&eacute;s de Guaranteed Pure et par un projet cr&eacute;&eacute; autour d&rsquo;une publicit&eacute; rejoint ainsi Genesis.</p>
<p>Le changement d&rsquo;&eacute;chelle est rapide. Ray Wilson participe &agrave; l&rsquo;&eacute;criture et &agrave; l&rsquo;enregistrement de <em>Calling All Stations</em>, publi&eacute; en 1997. Il devient le dernier vocaliste de Genesis &agrave; enregistrer un album en studio avec le groupe.</p>
<h2>Une voix diff&eacute;rente sur des chansons d&eacute;j&agrave; en chantier</h2>
<p>Lorsque Wilson arrive, Tony Banks et Mike Rutherford ont d&eacute;j&agrave; commenc&eacute; &agrave; composer les morceaux destin&eacute;s &agrave; <em>Calling All Stations</em>. Sa voix, plus sombre et marqu&eacute;e par son exp&eacute;rience du grunge, cr&eacute;e un contraste avec celle de Phil Collins. Cette diff&eacute;rence appara&icirc;t notamment sur la chanson &laquo; Calling All Stations &raquo;, &agrave; laquelle son interpr&eacute;tation donne une couleur plus lourde et introspective.</p>
<p>&laquo; Not About Us &raquo; r&eacute;v&egrave;le un autre aspect de la collaboration entre Banks, Rutherford et Wilson. Plus m&eacute;lodique, la chanson restera durablement dans le r&eacute;pertoire sc&eacute;nique du chanteur. Apr&egrave;s la fin de cette formation de Genesis, il la reprendra dans des arrangements plus acoustiques, centr&eacute;s sur la voix et le texte plut&ocirc;t que sur l&rsquo;ampleur de la production originale.</p>
<p>La tourn&eacute;e europ&eacute;enne compte environ 44 concerts. Sur deux dates, Bob Dylan assure la premi&egrave;re partie de Genesis, pla&ccedil;ant Ray Wilson dans une configuration qu&rsquo;il d&eacute;crira r&eacute;trospectivement comme surr&eacute;aliste. Quelques ann&eacute;es auparavant, il risquait de perdre sa maison ; il porte d&eacute;sormais sur sc&egrave;ne le r&eacute;pertoire du groupe avec Banks et Rutherford.</p>
<h2><em>Calling All Stations</em>, entre ventes et rejet</h2>
<p>L&rsquo;exp&eacute;rience ne d&eacute;bouche pourtant pas sur une seconde &eacute;tape. <em>Calling All Stations</em> r&eacute;alise de bonnes ventes, mais re&ccedil;oit un accueil s&eacute;v&egrave;re d&rsquo;une partie de la presse et des fans. Ray Wilson d&eacute;fendra ensuite le bilan commercial du disque : &laquo; <em>Calling All Stations</em> a &eacute;t&eacute; le quatri&egrave;me album le plus vendu de Genesis. &raquo;</p>
<p>Cette r&eacute;ussite commerciale ne suffit pas &agrave; maintenir la formation. Le projet avec Wilson est abandonn&eacute; et Genesis suspend son activit&eacute;. Pour le chanteur, la sortie est brutale : le groupe qui devait structurer la suite de sa carri&egrave;re dispara&icirc;t de son quotidien, l&rsquo;obligeant &agrave; revenir vers des projets personnels et des tourn&eacute;es de dimensions plus modestes.</p>
<p>Le contraste &eacute;claire toute cette p&eacute;riode. Une chanson con&ccedil;ue pour une publicit&eacute; lui a ouvert les portes de Genesis, mais ce passage au premier plan n&rsquo;a dur&eacute; que de 1996 &agrave; environ 1999. Wilson doit alors trouver comment conserver ces exp&eacute;riences sans rester enferm&eacute; dans l&rsquo;image du rempla&ccedil;ant de Phil Collins ou dans celle du chanteur de &laquo; Inside &raquo;.</p>
<h2>Apr&egrave;s Genesis, reprendre possession de son r&eacute;pertoire</h2>
<p>Ray Wilson forme d&rsquo;abord Cut et publie <em>Millionairhead</em> en 1999. Il entame ensuite une carri&egrave;re solo avec <em>Change</em> en 2003, puis <em>The Next Best Thing</em> en 2004. Dans ces projets, il r&eacute;interpr&egrave;te notamment &laquo; Inside &raquo; et d&eacute;veloppe une &eacute;criture m&ecirc;lant rock et ballades dans un registre plus introspectif.</p>
<p>Cette reprise en main passe aussi par Stiltskin. En 2005 et 2006, Wilson relance le nom avec une nouvelle formation. Aucun autre membre de la premi&egrave;re incarnation n&rsquo;est encore pr&eacute;sent. L&rsquo;album <em>She</em>, cr&eacute;dit&eacute; &agrave; Ray Wilson &amp; Stiltskin et publi&eacute; en 2006, s&rsquo;&eacute;loigne du grunge initial en int&eacute;grant davantage d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments rock m&eacute;lodiques et progressifs.</p>
<p>Le nom Stiltskin ne d&eacute;signe plus seulement le groupe assembl&eacute; par Peter Lawlor autour de la campagne Levi&rsquo;s. Il devient un cadre pour les propres chansons de Wilson, o&ugrave; l&rsquo;ancien r&eacute;pertoire peut c&ocirc;toyer de nouveaux morceaux. Le chanteur, seul membre constant des diff&eacute;rentes incarnations, transforme ainsi une aventure n&eacute;e pour donner un visage &agrave; une publicit&eacute; en projet durable.</p>
<h2>&laquo; Inside &raquo; et Genesis r&eacute;unis sur la m&ecirc;me sc&egrave;ne</h2>
<p>Ray Wilson continue aujourd&rsquo;hui de se produire r&eacute;guli&egrave;rement en Europe, sous diff&eacute;rentes formules comme Ray Wilson &amp; Band ou Genesis Classic. Ses concerts r&eacute;unissent ses compositions solo, les titres de Stiltskin et des chansons de Genesis, notamment plusieurs extraits de <em>Calling All Stations</em>. &laquo; Calling All Stations &raquo; et &laquo; Not About Us &raquo; restent ainsi associ&eacute;s &agrave; son propre r&eacute;pertoire bien apr&egrave;s l&rsquo;arr&ecirc;t de sa collaboration avec le groupe.</p>
<p>Il adapte &eacute;galement ces morceaux &agrave; des formations r&eacute;duites et &agrave; des salles plus intimistes. &laquo; Inside &raquo; a connu plusieurs arrangements dans ses concerts solo, tandis que &laquo; Not About Us &raquo; a trouv&eacute; une nouvelle forme acoustique. Plut&ocirc;t que de s&eacute;parer ses diff&eacute;rentes p&eacute;riodes, Wilson les fait d&eacute;sormais coexister.</p>
<p>&Agrave; 58 ans, son histoire reste donc &eacute;troitement li&eacute;e &agrave; cette succession d&rsquo;occasions et de ruptures : une audition accept&eacute;e dans une p&eacute;riode financi&egrave;re difficile, une musique publicitaire devenue num&eacute;ro un, puis une autre audition qui le conduit chez Genesis. La continuit&eacute; ne tient pas &agrave; un groupe unique, mais &agrave; sa mani&egrave;re de reprendre possession des chansons qui ont successivement chang&eacute; sa place.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Le cœur créatif des Pretenders, Chrissie Hynde, fête ses 75 ans</title>
      <description><![CDATA[N&eacute;e le 7 septembre 1951 &agrave; Akron, dans l&rsquo;Ohio, Chrissie Hynde f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 75 ans. Chanteuse, guitariste et principale auteure-compositrice des Pretenders, elle a construit le groupe apr&egrave;s plus...]]></description>
      <pubDate>Sun, 06 Sep 2026 22:05:00 +0000</pubDate>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>N&eacute;e le 7 septembre 1951 &agrave; Akron, dans l&rsquo;Ohio, Chrissie Hynde f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 75 ans. Chanteuse, guitariste et principale auteure-compositrice des Pretenders, elle a construit le groupe apr&egrave;s plusieurs ann&eacute;es pass&eacute;es aux marges de la sc&egrave;ne londonienne. De &laquo; Brass in Pocket &raquo; &agrave; &laquo; I&rsquo;ll Stand by You &raquo;, en passant par &laquo; Back on the Chain Gang &raquo;, trois chansons &eacute;clairent sa fa&ccedil;on de transformer les obstacles, les pertes et les contraintes en d&eacute;cisions cr&eacute;atives.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Avant de placer Chrissie Hynde au premier plan, Londres lui offre surtout une succession de r&ocirc;les secondaires. Elle &eacute;crit pour le <em>New Musical Express</em>, travaille dans la boutique de Malcolm McLaren et Vivienne Westwood et tente de rejoindre plusieurs formations punk &eacute;mergentes. Son passage par de premi&egrave;res incarnations de The Damned et The Clash ne d&eacute;bouche sur aucune place durable. La future fondatrice des Pretenders se trouve au c&oelig;ur de la sc&egrave;ne britannique, mais toujours &agrave; sa p&eacute;riph&eacute;rie.</p>
<h2>Deux accords &agrave; Akron, puis un d&eacute;part pour Londres</h2>
<p>La m&eacute;thode d&rsquo;&eacute;criture de Chrissie Hynde prend pourtant forme bien avant les Pretenders. &Agrave; 14 ans, apr&egrave;s avoir appris seulement deux accords de guitare, l&rsquo;adolescente compose sa premi&egrave;re chanson. Elle conservera de cet apprentissage r&eacute;duit une conviction formul&eacute;e des ann&eacute;es plus tard : &laquo; Il suffit d&rsquo;un seul accord pour &eacute;crire une chanson. &raquo;</p>
<p>Cette &eacute;conomie de moyens devient une force revendiqu&eacute;e. Hynde expliquera avoir construit ses premiers morceaux autour du rythme, de la voix et de quelques accords plut&ocirc;t que d&rsquo;une sophistication harmonique. Apr&egrave;s des &eacute;tudes d&rsquo;art &agrave; Kent State University, o&ugrave; elle est t&eacute;moin des &eacute;v&eacute;nements tragiques de 1970, elle joue dans la sc&egrave;ne rock de Cleveland sans obtenir de r&eacute;sultat notable. En 1973, elle quitte les &Eacute;tats-Unis pour Londres.</p>
<p>Le d&eacute;placement ne provoque pas imm&eacute;diatement la r&eacute;ussite esp&eacute;r&eacute;e. Ses emplois dans la presse musicale et chez McLaren et Westwood lui donnent un poste d&rsquo;observation privil&eacute;gi&eacute; sur les transformations du rock britannique. Ils ne r&eacute;solvent toutefois pas la question essentielle : trouver un groupe dans lequel ses chansons et sa voix puissent r&eacute;ellement prendre leur place.</p>
<h2>Chrissie Hynde cesse de chercher un groupe et construit le sien</h2>
<p>La bascule intervient en 1978. Dave Hill, fondateur de Real Records, lui conseille de ne plus essayer de s&rsquo;int&eacute;grer &agrave; des formations existantes. Hynde recrute alors trois musiciens bas&eacute;s &agrave; Hereford &mdash; James Honeyman-Scott, Pete Farndon et Martin Chambers &mdash; afin d&rsquo;enregistrer ses propres compositions. Les Pretenders naissent ainsi moins d&rsquo;une r&eacute;union instantan&eacute;e que d&rsquo;un changement de strat&eacute;gie : l&rsquo;Am&eacute;ricaine ne cherche plus une place disponible, elle organise un groupe autour de son &eacute;criture.</p>
<p>La mise en place de la formation reste progressive. Une premi&egrave;re version de &laquo; Stop Your Sobbing &raquo;, chanson des Kinks produite par Nick Lowe, est enregistr&eacute;e avec un batteur de studio avant l&rsquo;arriv&eacute;e de Martin Chambers. M&ecirc;me le nom du groupe est arr&ecirc;t&eacute; tardivement. Lorsque Dave Hill s&rsquo;appr&ecirc;te &agrave; faire imprimer les &eacute;tiquettes et r&eacute;clame une d&eacute;cision, plusieurs possibilit&eacute;s ont circul&eacute;, parmi lesquelles The Ceilings et The Kitchens. Le choix se porte finalement sur The Pretenders, en r&eacute;f&eacute;rence &agrave; &laquo; The Great Pretender &raquo; des Platters, par l&rsquo;interm&eacute;diaire de la reprise de Sam Cooke.</p>
<h2>&laquo; Brass in Pocket &raquo;, l&rsquo;affirmation apr&egrave;s la reprise</h2>
<p>Le succ&egrave;s britannique de &laquo; Stop Your Sobbing &raquo; ouvre la voie, mais ce sont les chansons originales qui d&eacute;finissent rapidement le groupe. &laquo; Kid &raquo;, puis &laquo; Brass in Pocket &raquo;, placent Chrissie Hynde dans une position qui lui avait longtemps &eacute;chapp&eacute; : celle de l&rsquo;auteure et chanteuse autour de laquelle l&rsquo;identit&eacute; des Pretenders s&rsquo;organise.</p>
<p>Co&eacute;crit avec James Honeyman-Scott et int&eacute;gr&eacute; au premier album <em>Pretenders</em>, &laquo; Brass in Pocket &raquo; met en sc&egrave;ne une narratrice d&eacute;termin&eacute;e &agrave; faire impression. Le mot &laquo; brass &raquo; peut renvoyer en anglais britannique &agrave; l&rsquo;argent comme au culot. La chanson repose pr&eacute;cis&eacute;ment sur ce jeu entre fragilit&eacute; et assurance, soutenu par une ligne de guitare accrocheuse et une rythmique l&eacute;g&egrave;rement funk. Elle donne une forme nette &agrave; la dualit&eacute; publique de Hynde : une pr&eacute;sence s&ucirc;re d&rsquo;elle sans effacer la vuln&eacute;rabilit&eacute; du personnage.</p>
<p>Ce premier chapitre montre aussi que les Pretenders ne sont pas un simple habillage pour des chansons compos&eacute;es dans l&rsquo;isolement. &laquo; Brass in Pocket &raquo; porte la signature conjointe de Hynde et Honeyman-Scott. Bien plus tard, la chanteuse insistera encore sur l&rsquo;importance de la discipline collective et d&eacute;crira le groupe comme un espace o&ugrave; ses id&eacute;es peuvent &ecirc;tre mises &agrave; l&rsquo;&eacute;preuve.</p>
<h2>&laquo; Back on the Chain Gang &raquo;, reconstruire apr&egrave;s James Honeyman-Scott</h2>
<p>Cette dynamique est brutalement interrompue au d&eacute;but des ann&eacute;es 1980. Pete Farndon est &eacute;cart&eacute; en raison de ses probl&egrave;mes de drogues. Peu apr&egrave;s, James Honeyman-Scott meurt d&rsquo;une overdose en juin 1982. Farndon d&eacute;c&egrave;de &agrave; son tour l&rsquo;ann&eacute;e suivante. En quelques mois, Chrissie Hynde doit presque enti&egrave;rement reconstruire une formation dont les premiers succ&egrave;s reposaient sur un &eacute;quilibre collectif pr&eacute;cis.</p>
<p>&laquo; Back on the Chain Gang &raquo; devient le point de passage entre les deux &eacute;poques. Hynde avait montr&eacute; certains accords &agrave; Honeyman-Scott avant sa mort. Apr&egrave;s sa disparition, la chanson prend une autre signification et se transforme en hommage au guitariste. En 1982, elle l&rsquo;enregistre &agrave; AIR Studios, &agrave; Londres, avec Martin Chambers ainsi que Billy Bremner et Robbie McIntosh.</p>
<p>Le choix de ces musiciens n&rsquo;est pas anodin : Honeyman-Scott les admirait. La composition de l&rsquo;&eacute;quipe de studio permet ainsi &agrave; Hynde de prolonger une relation artistique sans chercher &agrave; reconstituer artificiellement la formation disparue. Les paroles ont parfois &eacute;t&eacute; rapproch&eacute;es de sa relation avec Ray Davies, mais la chanteuse a elle-m&ecirc;me expliqu&eacute; que le morceau avait chang&eacute; de port&eacute;e apr&egrave;s la mort de son partenaire musical.</p>
<p>&laquo; Back on the Chain Gang &raquo; rejoint ensuite <em>Learning to Crawl</em>, publi&eacute; en 1984. Autour de Hynde et Chambers, un nouveau groupe prend forme. L&rsquo;album &eacute;tablit surtout que la continuit&eacute; des Pretenders peut survivre au remplacement de plusieurs musiciens, &agrave; condition que leur cadre cr&eacute;atif soit maintenu.</p>
<h2>&laquo; I&rsquo;ll Stand by You &raquo;, le tube radio con&ccedil;u sans d&eacute;tour</h2>
<p>Douze ans apr&egrave;s cette reconstruction, Chrissie Hynde choisit une m&eacute;thode tr&egrave;s diff&eacute;rente. Pour &laquo; I&rsquo;ll Stand by You &raquo;, elle travaille avec Billy Steinberg et Tom Kelly, auteurs habitu&eacute;s aux succ&egrave;s radiophoniques. La collaboration ne rel&egrave;ve pas d&rsquo;un accident ou d&rsquo;une concession dissimul&eacute;e : elle r&eacute;pond &agrave; un objectif clairement assum&eacute;.</p>
<p>Hynde le dira sans d&eacute;tour : &laquo; C&rsquo;&eacute;tait ma tentative &agrave; sang froid d&rsquo;&eacute;crire quelque chose pour passer &agrave; la radio. &raquo; Sortie en 1994, la ballade devient l&rsquo;un des titres les plus diffus&eacute;s et repris des Pretenders. Ses paroles de soutien inconditionnel s&rsquo;inscrivent dans un format pop international &eacute;labor&eacute; avec deux sp&eacute;cialistes du genre.</p>
<p>Cette d&eacute;marche r&eacute;v&egrave;le une autre facette de son travail. L&rsquo;auteure qui avait commenc&eacute; avec deux accords et tr&egrave;s peu de moyens peut &eacute;galement &eacute;crire dans un cadre m&eacute;thodique, avec des collaborateurs choisis pour leur connaissance des playlists. Entre la simplicit&eacute; revendiqu&eacute;e des d&eacute;buts et la strat&eacute;gie de &laquo; I&rsquo;ll Stand by You &raquo;, le principe reste comparable : identifier les moyens disponibles et les employer au service d&rsquo;une chanson.</p>
<h2>Trois chansons, trois mani&egrave;res de tenir le cap</h2>
<p>&laquo; Brass in Pocket &raquo;, &laquo; Back on the Chain Gang &raquo; et &laquo; I&rsquo;ll Stand by You &raquo; correspondent &agrave; trois probl&egrave;mes distincts. La premi&egrave;re affirme une identit&eacute; apr&egrave;s des ann&eacute;es pass&eacute;es &agrave; tenter d&rsquo;int&eacute;grer les groupes des autres. La deuxi&egrave;me accompagne la reconstruction des Pretenders apr&egrave;s la disparition de James Honeyman-Scott. La troisi&egrave;me accepte ouvertement les r&egrave;gles de la radio et le savoir-faire d&rsquo;auteurs professionnels.</p>
<p>Ces &eacute;pisodes permettent de comprendre la place particuli&egrave;re de Chrissie Hynde dans les Pretenders. Elle en constitue le noyau artistique, mais son parcours est fait de collaborations concr&egrave;tes : Honeyman-Scott dans l&rsquo;&eacute;criture, Chambers dans la continuit&eacute; du groupe, Bremner et McIntosh lors d&rsquo;une session charg&eacute;e de sens, Steinberg et Kelly dans la recherche d&rsquo;un succ&egrave;s pop.</p>
<p>&Agrave; 75 ans, la chanteuse reste ainsi associ&eacute;e &agrave; une m&eacute;thode davantage qu&rsquo;&agrave; une formation fig&eacute;e. Le catalogue des Pretenders s&rsquo;est prolong&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; <em>Hate for Sale</em> en 2020 et <em>Relentless</em> en 2023. De l&rsquo;adolescente d&rsquo;Akron munie de deux accords &agrave; l&rsquo;auteure capable de reconstruire un groupe ou de viser d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment la radio, son parcours raconte une m&ecirc;me aptitude : modifier le cadre sans abandonner le travail de la chanson.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Les 83 ans de Roger Waters : du bassiste de Pink Floyd au bâtisseur de The Wall</title>
      <description><![CDATA[N&eacute; le 6 septembre 1943 &agrave; Great Bookham, en Angleterre, Roger Waters f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 83 ans. Cofondateur, bassiste et principal parolier de Pink Floyd, il est progressivement pass&eacute; d&rsquo;un r&ocirc;le...]]></description>
      <pubDate>Sat, 05 Sep 2026 22:10:00 +0000</pubDate>
      <link>https://radiocollection.fr/news/les-83-ans-de-roger-waters-du-bassiste-de-pink-floyd-au-batisseur-de-the-wall-397</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>N&eacute; le 6 septembre 1943 &agrave; Great Bookham, en Angleterre, Roger Waters f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 83 ans. Cofondateur, bassiste et principal parolier de Pink Floyd, il est progressivement pass&eacute; d&rsquo;un r&ocirc;le relativement discret &agrave; la conception de vastes r&eacute;cits m&ecirc;lant musique, textes et images. De <em>The Dark Side of the Moon</em> &agrave; <em>The Wall</em>, ce parcours porte la trace inattendue de ses premi&egrave;res &eacute;tudes d&rsquo;architecture.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Avant d&rsquo;&ecirc;tre un r&eacute;cit autobiographique, <em>The Wall</em> est d&rsquo;abord, dans l&rsquo;esprit de Roger Waters, une construction th&eacute;&acirc;trale. &Agrave; la fin des ann&eacute;es 1970, le musicien &eacute;prouve un profond sentiment d&rsquo;ali&eacute;nation face aux immenses foules des concerts de rock. Il imagine alors un mur qui mat&eacute;rialiserait sur sc&egrave;ne la s&eacute;paration entre l&rsquo;artiste et son public. Le projet r&eacute;sume une mani&egrave;re de cr&eacute;er qui s&rsquo;est affirm&eacute;e au fil des ann&eacute;es : partir d&rsquo;une id&eacute;e centrale, lui donner une structure, puis organiser autour d&rsquo;elle les chansons, les personnages et les images.</p>
<h2>Une formation d&rsquo;architecte &agrave; l&rsquo;origine de Pink Floyd</h2>
<p>Cette m&eacute;thode trouve une partie de son origine bien avant <em>The Wall</em>. Apr&egrave;s avoir grandi &agrave; Cambridge, Roger Waters &eacute;tudie l&rsquo;architecture &agrave; la Regent Street Polytechnic de Londres. C&rsquo;est l&agrave; qu&rsquo;il rencontre Nick Mason et Richard Wright, deux autres futurs membres de Pink Floyd. Les premiers groupes auxquels ils participent, dont Sigma 6, constituent le point de d&eacute;part de la formation qui prendra en 1965 le nom de Pink Floyd, avec Syd Barrett.</p>
<p>Waters est alors principalement bassiste et chanteur occasionnel. Syd Barrett occupe le premier plan cr&eacute;atif pendant les d&eacute;buts psych&eacute;d&eacute;liques du groupe. La situation change apr&egrave;s son d&eacute;part en 1968 : Waters devient le principal parolier, partage le chant avec David Gilmour et parfois Richard Wright, puis prend progressivement en charge la direction conceptuelle des disques.</p>
<p>Sa formation initiale ne reste pas un simple d&eacute;tail biographique. Waters expliquera qu&rsquo;elle l&rsquo;a aid&eacute; &agrave; penser les albums et les spectacles comme des constructions &agrave; planifier. Les &eacute;l&eacute;ments ne sont plus seulement juxtapos&eacute;s : ils doivent participer &agrave; une architecture g&eacute;n&eacute;rale, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;un th&egrave;me, d&rsquo;un r&eacute;cit ou d&rsquo;un dispositif sc&eacute;nique.</p>
<h2><em>The Dark Side of the Moon</em>, le passage aux cycles th&eacute;matiques</h2>
<p>Cette &eacute;volution se pr&eacute;cise avec <em>Meddle</em>, puis prend une nouvelle dimension sur <em>The Dark Side of the Moon</em> en 1973. Roger Waters en &eacute;crit l&rsquo;int&eacute;gralit&eacute; des textes et une partie de la musique. Le temps, l&rsquo;argent, la folie et la mort deviennent les axes d&rsquo;un ensemble coh&eacute;rent, dans lequel des chansons comme &laquo; Time &raquo;, &laquo; Money &raquo;, &laquo; Brain Damage &raquo; et &laquo; Eclipse &raquo; se r&eacute;pondent.</p>
<p>Le disque reste le travail collectif de Pink Floyd, avec David Gilmour, Richard Wright et Nick Mason. Waters revendique toutefois nettement son r&ocirc;le dans sa conception. Des d&eacute;cennies plus tard, il d&eacute;clarera : &laquo; J&rsquo;ai imagin&eacute; le concept et &eacute;crit tous les textes de Dark Side of the Moon. &raquo; Cette affirmation &eacute;claire la place qu&rsquo;il attribue &agrave; l&rsquo;&eacute;criture conceptuelle dans son propre parcours, sans effacer les contributions musicales des autres membres.</p>
<p>Le changement est d&eacute;cisif : Waters ne se pense plus seulement comme l&rsquo;auteur de chansons ind&eacute;pendantes. Il construit d&eacute;sormais des cycles dont chaque morceau participe &agrave; une interrogation commune. Cette m&eacute;thode fournit le cadre des albums suivants et renforce progressivement son poids dans les d&eacute;cisions artistiques du groupe.</p>
<h2>&laquo; Shine On You Crazy Diamond &raquo; et l&rsquo;absence de Syd Barrett</h2>
<p>Avec <em>Wish You Were Here</em> en 1975, cette &eacute;criture structur&eacute;e se rapproche davantage de l&rsquo;histoire de Pink Floyd. Waters con&ccedil;oit un album centr&eacute; sur l&rsquo;absence et la d&eacute;sillusion provoqu&eacute;e par l&rsquo;industrie musicale. Il en signe tous les textes et une partie de la musique, en pla&ccedil;ant la figure de Syd Barrett au c&oelig;ur du projet.</p>
<p>&laquo; Shine On You Crazy Diamond &raquo; devient la colonne vert&eacute;brale du disque. La chanson est con&ccedil;ue comme un hommage direct &agrave; l&rsquo;ancien leader du groupe et &eacute;voque sa disparition psychique autant que son absence. Waters transforme ainsi la m&eacute;moire d&rsquo;un compagnon des d&eacute;buts en principe d&rsquo;organisation d&rsquo;un album entier. Le sujet personnel rejoint une r&eacute;flexion plus large sur l&rsquo;ali&eacute;nation, d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sente dans son &eacute;criture et appel&eacute;e &agrave; devenir centrale.</p>
<h2>Quand le malaise des concerts devient <em>The Wall</em></h2>
<p>Apr&egrave;s la m&eacute;taphore animali&egrave;re d&rsquo;<em>Animals</em> en 1977, Roger Waters pousse cette logique beaucoup plus loin avec <em>The Wall</em>. Son point de d&eacute;part n&rsquo;est pas d&rsquo;abord le personnage de Pink, mais le rapport d&eacute;grad&eacute; entre le musicien et la foule. Face aux grands publics du rock, Waters se demande : &laquo; Ce n&rsquo;est pas foutrement horrible ? Qu&rsquo;est-ce qui se passe ici ? &raquo; De cette rupture ressentie na&icirc;t l&rsquo;id&eacute;e de construire physiquement une s&eacute;paration sur sc&egrave;ne.</p>
<p>Le r&eacute;cit autobiographique vient ensuite nourrir le projet. &laquo; Another Brick in the Wall (Part 2) &raquo; puise dans les souvenirs scolaires de Waters et dans son rejet des institutions autoritaires. La chanson d&eacute;nonce un syst&egrave;me &eacute;ducatif oppressif tout en remplissant une fonction pr&eacute;cise dans le r&eacute;cit : elle ajoute une nouvelle &laquo; brique &raquo; au mur psychologique du personnage Pink. Sur sc&egrave;ne, les ch&oelig;urs d&rsquo;enfants, les animations et les marionnettes g&eacute;antes prolongent visuellement cette critique.</p>
<p>&laquo; Comfortably Numb &raquo; r&eacute;v&egrave;le une autre dimension de la construction. Le texte de Waters s&rsquo;inspire d&rsquo;une exp&eacute;rience m&eacute;dicale douloureuse, tandis que la musique est co&eacute;crite avec David Gilmour. La chanson oppose le point de vue cynique d&rsquo;un manager &agrave; la d&eacute;connexion &eacute;motionnelle de Pink. Sa forme finale devient aussi un sujet de tension cr&eacute;ative entre Waters et Gilmour, signe que l&rsquo;ambition narrative du projet se heurte d&eacute;sormais aux &eacute;quilibres internes du groupe.</p>
<h2>Le contr&ocirc;le cr&eacute;atif finit par fracturer Pink Floyd</h2>
<p>&Agrave; partir d&rsquo;<em>Animals</em>, puis sur <em>The Wall</em> et <em>The Final Cut</em>, Waters devient pratiquement l&rsquo;unique auteur des textes et des concepts, tout en signant la majeure partie de la musique. L&rsquo;autorit&eacute;, l&rsquo;isolement et la guerre traversent ces trois disques sous des formes diff&eacute;rentes : soci&eacute;t&eacute; repr&eacute;sent&eacute;e par des animaux, mur psychologique ou critique directement li&eacute;e aux conflits arm&eacute;s.</p>
<p>Cette concentration de la direction artistique a cependant des cons&eacute;quences concr&egrave;tes. Pendant la r&eacute;alisation de <em>The Wall</em> et de <em>The Final Cut</em>, le contr&ocirc;le exerc&eacute; par Waters provoque des tensions croissantes avec David Gilmour et Richard Wright. Wright quitte le groupe pendant la p&eacute;riode de <em>The Wall</em>, puis la rupture entre Waters et les autres membres devient ouverte. En 1985, il annonce officiellement son d&eacute;part de Pink Floyd.</p>
<p>La m&ecirc;me m&eacute;thode se poursuit alors dans sa carri&egrave;re solo : &oelig;uvres narratives, spectacles de grande ampleur et articulation entre musique, images et prises de position politiques. Waters quitte le groupe, mais ne renonce pas &agrave; cette mani&egrave;re de concevoir un disque comme un ensemble gouvern&eacute; par une id&eacute;e centrale.</p>
<h2>&Agrave; Berlin, le mur devient un geste urbain</h2>
<p>En 1990, <em>The Wall</em> change encore d&rsquo;&eacute;chelle avec <em>The Wall Live in Berlin</em>. Le mur est reconstruit puis d&eacute;truit au c&oelig;ur de la ville r&eacute;unifi&eacute;e. Le dispositif imagin&eacute; &agrave; l&rsquo;origine pour repr&eacute;senter l&rsquo;ali&eacute;nation entre un artiste et son public acquiert ainsi une nouvelle port&eacute;e symbolique dans un espace urbain directement associ&eacute; &agrave; la s&eacute;paration.</p>
<p>Les reprises sc&eacute;niques ult&eacute;rieures du projet conservent ce principe d&rsquo;&oelig;uvre visuelle compl&egrave;te. Projections, animations et marionnettes donnent corps &agrave; l&rsquo;enseignant tyrannique, au juge et aux autres figures du r&eacute;cit. Les chansons ne sont donc jamais pr&eacute;sent&eacute;es comme une simple suite de titres : elles appartiennent &agrave; un m&eacute;canisme th&eacute;&acirc;tral o&ugrave; chaque image compl&egrave;te la narration.</p>
<p>Le parcours de Roger Waters au sein de Pink Floyd peut ainsi se lire comme un d&eacute;placement continu. Bassiste et chanteur occasionnel &agrave; l&rsquo;origine, il devient principal parolier, puis concepteur de disques dont la coh&eacute;rence repose autant sur les th&egrave;mes que sur leur mise en sc&egrave;ne. Cette &eacute;volution n&rsquo;efface pas la dimension collective du groupe, mais elle permet de comprendre pourquoi les questions de contr&ocirc;le cr&eacute;atif ont fini par en bouleverser l&rsquo;&eacute;quilibre.</p>
<p>De <em>The Dark Side of the Moon</em> &agrave; <em>The Wall</em>, trois mouvements reviennent : organiser des chansons autour d&rsquo;un sujet, transformer une exp&eacute;rience personnelle en r&eacute;cit et donner &agrave; ce r&eacute;cit une forme visuelle. &Agrave; 83 ans aujourd&rsquo;hui, Roger Waters reste &eacute;troitement associ&eacute; &agrave; cette conception architecturale de l&rsquo;album, dans laquelle un mur peut commencer comme une id&eacute;e de sc&egrave;ne avant de devenir le centre de toute une &oelig;uvre.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Les 52 ans de Nina Persson : de « Lovefool » aux projets partagés</title>
      <description><![CDATA[N&eacute;e le 6 septembre 1974 &agrave; &Ouml;rebro, en Su&egrave;de, Nina Persson f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 52 ans. Chanteuse principale et paroli&egrave;re de The Cardigans, elle a construit son parcours en alternant cadre collect...]]></description>
      <pubDate>Sat, 05 Sep 2026 22:05:00 +0000</pubDate>
      <link>https://radiocollection.fr/news/les-52-ans-de-nina-persson-de-lovefool-aux-projets-partages-396</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>N&eacute;e le 6 septembre 1974 &agrave; &Ouml;rebro, en Su&egrave;de, Nina Persson f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 52 ans. Chanteuse principale et paroli&egrave;re de The Cardigans, elle a construit son parcours en alternant cadre collectif, projets parall&egrave;les et collaborations. De la naissance accident&eacute;e de &laquo; Lovefool &raquo; dans un a&eacute;roport aux albums enregistr&eacute;s avec James Yorkston, son histoire r&eacute;v&egrave;le surtout plusieurs mani&egrave;res d&rsquo;&eacute;crire et de trouver sa place dans une chanson.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pour Nina Persson, le morceau qui allait offrir &agrave; The Cardigans une exposition mondiale a commenc&eacute; dans un endroit peu propice aux grandes d&eacute;clarations sentimentales : un lounge d&rsquo;a&eacute;roport. Le groupe &eacute;tait en tourn&eacute;e lorsque le guitariste Peter Svensson lui a pr&eacute;sent&eacute; une nouvelle composition. Persson s&rsquo;est mise &agrave; travailler les paroles sur place. Il s&rsquo;agissait de la premi&egrave;re chanson qu&rsquo;elle &eacute;crivait.</p>
<h2>Une chanteuse recrut&eacute;e sans exp&eacute;rience majeure</h2>
<p>Quelques ann&eacute;es auparavant, rien ne d&eacute;signait encore Nina Persson comme la future voix principale d&rsquo;un groupe export&eacute; bien au-del&agrave; de la Su&egrave;de. The Cardigans s&rsquo;&eacute;tait form&eacute; &agrave; Lund, au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990, autour de Peter Svensson et du bassiste Magnus Sveningsson. Tous deux avaient recrut&eacute; la jeune chanteuse alors qu&rsquo;elle ne poss&eacute;dait pas d&rsquo;exp&eacute;rience vocale majeure.</p>
<p>Elle s&rsquo;&eacute;tait pourtant rapidement impos&eacute;e au premier plan, non seulement comme interpr&egrave;te, mais aussi comme paroli&egrave;re. La r&eacute;partition du travail au sein du groupe allait donner un cadre pr&eacute;cis &agrave; cette &eacute;volution : Svensson pr&eacute;parait des maquettes structur&eacute;es, les musiciens discutaient collectivement des morceaux, puis Persson intervenait sur les textes. Elle a r&eacute;sum&eacute; cette m&eacute;thode ainsi : &laquo; Peter me donne les chansons, puis nous en discutons. C&rsquo;est l&agrave; que je commence &agrave; &eacute;crire les paroles. &raquo;</p>
<p>Ce fonctionnement permet de mieux comprendre la naissance de &laquo; Lovefool &raquo;. Persson ne partait pas d&rsquo;une page enti&egrave;rement blanche : elle devait trouver les mots capables d&rsquo;habiter une musique d&eacute;j&agrave; dessin&eacute;e. Dans le lounge de l&rsquo;a&eacute;roport, la composition pr&eacute;sent&eacute;e par Svensson &eacute;voquait encore une bossa nova lente.</p>
<h2>&laquo; Lovefool &raquo;, de la bossa nova au beat disco</h2>
<p>Une seconde transformation s&rsquo;est produite en studio. Le batteur Bengt Lagerberg a laiss&eacute; &eacute;chapper presque par hasard un beat disco. Le groupe a choisi de le conserver, faisant basculer le morceau vers une pop dansante tr&egrave;s &eacute;loign&eacute;e de sa premi&egrave;re forme. Ce qui devait devenir le titre le plus connu de l&rsquo;album <em>First Band on the Moon</em>, sorti en 1996, r&eacute;sulte donc d&rsquo;une succession de gestes simples : une composition jou&eacute;e pendant une tourn&eacute;e, des paroles commenc&eacute;es dans un a&eacute;roport et un accident rythmique adopt&eacute; lors de l&rsquo;enregistrement.</p>
<p>Le contraste entre la forme finale et le texte est essentiel. Sous son apparence l&eacute;g&egrave;re, &laquo; Lovefool &raquo; repose sur une demande amoureuse d&eacute;s&eacute;quilibr&eacute;e. Nina Persson a conserv&eacute; une distance critique envers ces paroles : &laquo; C&rsquo;est une chanson d&rsquo;amour assez triste ; le sens est en fait assez path&eacute;tique. &raquo; Elle a &eacute;galement expliqu&eacute; que le morceau avait &eacute;t&eacute; particuli&egrave;rement facile &agrave; &eacute;crire, au point d&rsquo;en tirer une observation sur son propre travail : les succ&egrave;s les plus importants peuvent &ecirc;tre ceux qui viennent le plus spontan&eacute;ment.</p>
<p>La chanson a chang&eacute; d&rsquo;&eacute;chelle lorsqu&rsquo;elle a &eacute;t&eacute; int&eacute;gr&eacute;e en 1997 &agrave; la bande originale du film <em>Romeo + Juliet</em>. Sa forte rotation sur les radios et les cha&icirc;nes musicales a install&eacute; The Cardigans et sa chanteuse aupr&egrave;s d&rsquo;un public mondial. Pour les musiciens, cette acc&eacute;l&eacute;ration n&rsquo;a pourtant pas imm&eacute;diatement boulevers&eacute; le quotidien : d&eacute;j&agrave; engag&eacute;s dans une tourn&eacute;e intensive, ils ont continu&eacute; &agrave; encha&icirc;ner les concerts.</p>
<h2>A Camp, un autre atelier d&rsquo;&eacute;criture</h2>
<p>Apr&egrave;s cette exposition massive, Nina Persson n&rsquo;a pas limit&eacute; son activit&eacute; au cadre qui avait produit &laquo; Lovefool &raquo;. Au tournant des ann&eacute;es 2000, elle a lanc&eacute; A Camp avec le compositeur am&eacute;ricain Nathan Larson et le musicien su&eacute;dois Niclas Frisk. Le premier album du projet, <em>A Camp</em>, est paru en 2001.</p>
<p>La diff&eacute;rence ne tenait pas seulement au nom inscrit sur la pochette. Avec The Cardigans, Persson travaillait &agrave; partir des structures pr&eacute;par&eacute;es par Peter Svensson. A Camp reposait davantage sur des sessions &agrave; trois et sur une &eacute;criture coll&eacute;giale, dans un espace plus intimiste. Le projet parall&egrave;le lui permettait ainsi de modifier le point de d&eacute;part des chansons : non plus recevoir une maquette d&eacute;j&agrave; organis&eacute;e, mais participer &agrave; un chantier plus ouvert.</p>
<p>Les pauses prolong&eacute;es prises par The Cardigans au cours des ann&eacute;es 2000 et 2010 ont donn&eacute; davantage de place &agrave; cette diversification. Persson a r&eacute;parti son activit&eacute; entre A Camp, un disque solo et plusieurs invitations. Plut&ocirc;t qu&rsquo;une rupture nette avec son groupe, ces p&eacute;riodes ont install&eacute; diff&eacute;rents foyers de cr&eacute;ation.</p>
<h2>Une voix invit&eacute;e chez Manic Street Preachers</h2>
<p>En 2007, cette mobilit&eacute; l&rsquo;a conduite aupr&egrave;s de Manic Street Preachers. Sur &laquo; Your Love Alone Is Not Enough &raquo;, Nina Persson partage le chant avec James Dean Bradfield. Le morceau, au ton politique et m&eacute;lancolique, est construit comme un dialogue : sa voix ext&eacute;rieure r&eacute;pond &agrave; celle du groupe gallois dans un environnement rock plus frontal que celui habituellement associ&eacute; &agrave; The Cardigans.</p>
<p>Le single a atteint la deuxi&egrave;me place du classement britannique. L&rsquo;&eacute;pisode montre une autre facette de son travail d&rsquo;interpr&egrave;te : elle peut porter un texte &eacute;crit par d&rsquo;autres et trouver sa place dans une chanson dont l&rsquo;identit&eacute; est d&eacute;j&agrave; &eacute;tablie. L&agrave; encore, son r&ocirc;le se construit &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur d&rsquo;un dispositif collectif, mais sans reproduire la m&eacute;thode des Cardigans.</p>
<h2>&laquo; Animal Heart &raquo;, un album sous son seul nom</h2>
<p>Le 10 f&eacute;vrier 2014, Nina Persson a franchi une &eacute;tape diff&eacute;rente en publiant <em>Animal Heart</em> chez le label ind&eacute;pendant Lojinx. Apr&egrave;s The Cardigans et A Camp, il s&rsquo;agissait de son premier album pr&eacute;sent&eacute; sous son propre nom. Ce choix donnait une identit&eacute; plus directement personnelle &agrave; son &eacute;criture, sans avoir &agrave; repr&eacute;senter l&rsquo;esth&eacute;tique collective de son groupe d&rsquo;origine.</p>
<p>Le morceau &laquo; Animal Heart &raquo;, premier single de l&rsquo;album, a port&eacute; cette nouvelle signature jusque dans les classements des radios su&eacute;doises. L&rsquo;enjeu n&rsquo;&eacute;tait plus seulement d&rsquo;ouvrir un projet parall&egrave;le : Persson pla&ccedil;ait cette fois son nom au centre, apr&egrave;s plus de vingt ans de travail au sein de formations ou de collaborations.</p>
<h2>De Malm&ouml; &agrave; une collaboration au long cours</h2>
<p>Sa trajectoire r&eacute;cente a pourtant confirm&eacute; son int&eacute;r&ecirc;t pour les cr&eacute;ations partag&eacute;es. En 2022, elle a particip&eacute; &agrave; &laquo; Hold Out For Love &raquo; avec l&rsquo;auteur-compositeur &eacute;cossais James Yorkston et The Secondhand Orchestra. Le titre a pr&eacute;c&eacute;d&eacute; <em>The Great White Sea Eagle</em>, album enregistr&eacute; &agrave; Malm&ouml; et publi&eacute; dans le prolongement de cette rencontre.</p>
<p>Ce format &eacute;largi replace Nina Persson au sein d&rsquo;un ensemble dirig&eacute; par d&rsquo;autres auteurs, comme l&rsquo;avait fait &laquo; Your Love Alone Is Not Enough &raquo;, mais dans une collaboration appel&eacute;e &agrave; durer. En 2025, Persson et Yorkston ont publi&eacute; un deuxi&egrave;me album commun, <em>Songs for Nina and Johanna</em>. Cette continuit&eacute; donne &agrave; leur association une place distincte de la simple participation ponctuelle.</p>
<p>Du lounge d&rsquo;a&eacute;roport de &laquo; Lovefool &raquo; aux s&eacute;ances men&eacute;es avec A Camp, d&rsquo;un album sous son nom aux disques con&ccedil;us avec James Yorkston, un m&ecirc;me fil appara&icirc;t : Nina Persson change r&eacute;guli&egrave;rement de cadre pour renouveler sa position dans le processus cr&eacute;atif. Elle peut recevoir une composition structur&eacute;e, &eacute;crire &agrave; trois, r&eacute;pondre &agrave; une autre voix ou s&rsquo;int&eacute;grer &agrave; un ensemble plus large.</p>
<p>&Agrave; 52 ans, son parcours ne se r&eacute;sume donc pas au succ&egrave;s mondial qui a fix&eacute; son visage &agrave; celui de The Cardigans. &laquo; Lovefool &raquo; reste un point de d&eacute;part r&eacute;v&eacute;lateur : une premi&egrave;re chanson &eacute;crite rapidement, transform&eacute;e en studio par un accident rythmique, puis emport&eacute;e par le cin&eacute;ma. Les projets qui ont suivi montrent comment Persson a prolong&eacute; cette exp&eacute;rience en multipliant les ateliers plut&ocirc;t qu&rsquo;en s&rsquo;enfermant dans une seule m&eacute;thode.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>75 bougies pour Martin Chambers : des aiguilles à tricoter au retour chez les Pretenders</title>
      <description><![CDATA[N&eacute; le 4 septembre 1951 &agrave; Hereford, en Angleterre, Martin Chambers f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 75 ans. Batteur fondateur des Pretenders, il a construit son jeu sans formation acad&eacute;mique, accompagn&eacute; la naissa...]]></description>
      <pubDate>Thu, 03 Sep 2026 22:05:00 +0000</pubDate>
      <link>https://radiocollection.fr/news/75-bougies-pour-martin-chambers-des-aiguilles-a-tricoter-au-retour-chez-les-pretenders-389</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>N&eacute; le 4 septembre 1951 &agrave; Hereford, en Angleterre, Martin Chambers f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 75 ans. Batteur fondateur des Pretenders, il a construit son jeu sans formation acad&eacute;mique, accompagn&eacute; la naissance du groupe, puis connu l&rsquo;&eacute;preuve d&rsquo;un licenciement avant de retrouver durablement la sc&egrave;ne avec Chrissie Hynde. Un parcours o&ugrave; l&rsquo;instinct, les ruptures et la fid&eacute;lit&eacute; comptent davantage que la d&eacute;monstration technique.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Avant de tenir la batterie des Pretenders, Martin Chambers avait d&eacute;j&agrave; trouv&eacute; sa m&eacute;thode : frapper le bras d&rsquo;un fauteuil avec des aiguilles &agrave; tricoter pendant que tournaient les disques des Shadows. Cette sc&egrave;ne de son enfance &agrave; Hereford contient une bonne partie de son histoire. Le musicien s&rsquo;est form&eacute; en jouant, en &eacute;coutant et en cherchant le rythme avec les moyens disponibles, bien avant de poss&eacute;der son propre instrument.</p>
<h2>Un fauteuil pour premi&egrave;re batterie</h2>
<p>Chambers ne pr&eacute;sente pas cet apprentissage domestique comme le d&eacute;but d&rsquo;une formation m&eacute;thodique. Il raconte plut&ocirc;t des heures pass&eacute;es &agrave; accompagner les disques, au grand d&eacute;sespoir de ses parents, rendus fous par le bruit. Des d&eacute;cennies plus tard, il r&eacute;sumera son rapport &agrave; l&rsquo;instrument avec une formule r&eacute;v&eacute;latrice : &laquo; Je n&rsquo;ai jamais vraiment appris &agrave; jouer de la batterie, je savais surtout comment faire du bruit. &raquo;</p>
<p>Le passage &agrave; la sc&egrave;ne ne s&rsquo;effectue pas dans des conditions beaucoup plus conventionnelles. Pour son premier concert r&eacute;mun&eacute;r&eacute;, &agrave; la fin des ann&eacute;es 1960, il ne poss&egrave;de toujours pas de batterie. Terry &laquo; Buffin &raquo; Griffin, batteur de Mott the Hoople, lui en pr&ecirc;te une pour un bal organis&eacute; &agrave; St Mary&rsquo;s Church Hall. La premi&egrave;re prestation pay&eacute;e de Chambers se d&eacute;roule donc dans une salle paroissiale, sur le mat&eacute;riel d&rsquo;un autre musicien.</p>
<p>Install&eacute; un temps &agrave; Ross-on-Wye apr&egrave;s avoir grandi &agrave; Hereford, le jeune batteur organise &eacute;galement son travail autour de la musique. Il devient moniteur d&rsquo;auto-&eacute;cole parce que cet emploi lui permet de disposer d&rsquo;une voiture et de retourner jouer &agrave; Hereford le week-end. Ce choix pragmatique dit d&eacute;j&agrave; sa mani&egrave;re d&rsquo;avancer : r&eacute;soudre les probl&egrave;mes mat&eacute;riels pour rester au contact des groupes et des concerts.</p>
<h2>James Honeyman-Scott, le lien d&eacute;cisif</h2>
<p>Le r&eacute;seau musical de Hereford joue ensuite un r&ocirc;le central. Au milieu des ann&eacute;es 1970, Martin Chambers rejoint Cheeks, formation men&eacute;e par Verden Allen, ancien clavier de Mott the Hoople. Il y joue avec James Honeyman-Scott. Cette collaboration pr&eacute;pare directement la configuration qui donnera naissance aux Pretenders en 1978.</p>
<p>Lorsque le groupe se forme autour de Chrissie Hynde, Chambers retrouve Honeyman-Scott et rejoint Pete Farndon. Le batteur n&rsquo;arrive donc pas aupr&egrave;s d&rsquo;inconnus : il poss&egrave;de d&eacute;j&agrave; une exp&eacute;rience commune avec le guitariste. Derri&egrave;re la cr&eacute;ation des Pretenders appara&icirc;t ainsi tout un circuit local, reliant Hereford &agrave; plusieurs musiciens pass&eacute;s par l&rsquo;entourage de Mott the Hoople.</p>
<p>Cette proximit&eacute; ant&eacute;rieure contribue &agrave; comprendre la place de Chambers dans la formation originale. Il n&rsquo;est pas seulement recrut&eacute; pour tenir le tempo. Membre fondateur, choriste et percussionniste, il apporte une approche directe dont la simplicit&eacute; et la puissance deviennent des composantes importantes des premiers enregistrements du groupe.</p>
<h2>&laquo; Brass in Pocket &raquo;, ou l&rsquo;efficacit&eacute; sans d&eacute;monstration</h2>
<p>&laquo; Brass in Pocket &raquo; illustre particuli&egrave;rement cette conception de la batterie. Le jeu de Chambers y est d&eacute;crit comme simple et ferme : il laisse de l&rsquo;espace &agrave; la voix de Chrissie Hynde tout en installant la dynamique du morceau. L&rsquo;efficacit&eacute; repose moins sur l&rsquo;accumulation technique que sur la capacit&eacute; &agrave; fixer le mouvement de la chanson.</p>
<p>Le contraste est net avec le discours que le musicien tient sur lui-m&ecirc;me. Chambers affirme n&rsquo;avoir jamais &eacute;t&eacute; v&eacute;ritablement form&eacute; et avoir longtemps consid&eacute;r&eacute; que la batterie n&rsquo;exigeait pas une grande technicit&eacute; acad&eacute;mique. Pourtant, son travail sur les premiers singles contribue &agrave; faire reconna&icirc;tre un batteur capable de soutenir l&rsquo;&eacute;nergie des Pretenders sans surcharger leurs morceaux.</p>
<p>Sa contribution d&eacute;passe d&rsquo;ailleurs ponctuellement les f&ucirc;ts et les ch&oelig;urs. Avec &laquo; Fast or Slow (The Law&rsquo;s the Law) &raquo;, Martin Chambers signe le texte et la musique, puis assure le chant principal. Publi&eacute; en face B des singles &laquo; 2000 Miles &raquo; et &laquo; Show Me &raquo;, le titre demeure en marge des morceaux les plus expos&eacute;s du groupe, mais r&eacute;v&egrave;le un musicien susceptible de passer bri&egrave;vement au premier plan.</p>
<h2>&laquo; Back on the Chain Gang &raquo; apr&egrave;s la perte de Honeyman-Scott</h2>
<p>Le d&eacute;but des ann&eacute;es 1980 bouleverse la formation. James Honeyman-Scott meurt, puis Pete Farndon dispara&icirc;t &agrave; son tour un an plus tard. Pour Chambers, il ne s&rsquo;agit pas seulement d&rsquo;une modification d&rsquo;effectif : Honeyman-Scott &eacute;tait un partenaire connu avant m&ecirc;me la cr&eacute;ation des Pretenders, tandis que Farndon appartenait lui aussi au noyau fondateur.</p>
<p>Enregistr&eacute; apr&egrave;s la mort de Honeyman-Scott, &laquo; Back on the Chain Gang &raquo; porte la trace de cette p&eacute;riode. Le morceau est r&eacute;guli&egrave;rement pr&eacute;sent&eacute; comme une r&eacute;ponse musicale aux pertes subies par le groupe. La section rythmique conduite par Chambers participe &agrave; son caract&egrave;re &agrave; la fois &eacute;nergique et m&eacute;lancolique, reliant la nouvelle configuration des Pretenders &agrave; l&rsquo;histoire de leur formation initiale.</p>
<p>Le groupe poursuit sa route, notamment avec <em>Learning to Crawl</em>, mais l&rsquo;&eacute;quilibre a chang&eacute;. Chrissie Hynde et Martin Chambers sont d&eacute;sormais les deux survivants de la formation originale. Cette continuit&eacute; ne prot&egrave;ge pourtant pas le batteur de la rupture qui se pr&eacute;pare pendant les sessions suivantes.</p>
<h2>Le licenciement pendant <em>Get Close</em></h2>
<p>Au milieu des ann&eacute;es 1980, durant la pr&eacute;paration de <em>Get Close</em>, Chrissie Hynde estime que le jeu de Chambers n&rsquo;est plus adapt&eacute;. Le cofondateur se retrouve &eacute;cart&eacute; du groupe apr&egrave;s les d&eacute;c&egrave;s de ses deux anciens partenaires. Revenant plus tard sur cet &eacute;pisode, il en donne une lecture sans d&eacute;tour : &laquo; Chrissie voulait me virer et prendre les commandes, c&rsquo;est aussi simple que &ccedil;a. &raquo;</p>
<p>Le licenciement ouvre une longue parenth&egrave;se dans sa relation avec les Pretenders. Il montre aussi la nature particuli&egrave;re de ce groupe : n&eacute; d&rsquo;un collectif pr&eacute;cis, il peut &ecirc;tre profond&eacute;ment reconfigur&eacute; autour de Hynde. Chambers, pourtant associ&eacute; &agrave; ses premiers succ&egrave;s et &agrave; son identit&eacute; rythmique, n&rsquo;y dispose d&rsquo;aucune place garantie.</p>
<h2>Le retour de Martin Chambers en 1994</h2>
<p>L&rsquo;histoire ne s&rsquo;arr&ecirc;te pas &agrave; cette &eacute;viction. En 1994, Chambers r&eacute;int&egrave;gre les Pretenders pendant l&rsquo;enregistrement de <em>Last of the Independents</em>. Cette p&eacute;riode voit &laquo; I&rsquo;ll Stand by You &raquo; redonner de la visibilit&eacute; au groupe. Le batteur retrouve alors le projet qu&rsquo;il avait contribu&eacute; &agrave; cr&eacute;er seize ans plus t&ocirc;t, dans un r&ocirc;le qui devient progressivement plus r&eacute;gulier sur sc&egrave;ne qu&rsquo;en studio.</p>
<p>Cette distinction est importante : Chambers n&rsquo;est plus syst&eacute;matiquement cr&eacute;dit&eacute; sur les albums r&eacute;cents, mais demeure un batteur de concert des Pretenders. Au cours des ann&eacute;es 2010, il participe notamment &agrave; une tourn&eacute;e nord-am&eacute;ricaine de trois mois en premi&egrave;re partie de Stevie Nicks. Il pr&eacute;sente alors le groupe avant tout comme un projet tourn&eacute; vers les performances live plut&ocirc;t que vers la production discographique.</p>
<p>Des aiguilles &agrave; tricoter de Hereford aux grandes tourn&eacute;es, le m&ecirc;me principe semble traverser son parcours : la batterie s&rsquo;&eacute;prouve dans l&rsquo;action. Ses premiers cachets accept&eacute;s sans poss&eacute;der d&rsquo;instrument, son jeu volontairement direct sur &laquo; Brass in Pocket &raquo;, puis son retour apr&egrave;s plusieurs ann&eacute;es d&rsquo;absence racontent une trajectoire fond&eacute;e sur la pratique plus que sur le statut.</p>
<p>&Agrave; 75 ans, Martin Chambers reste indissociable de cette histoire faite d&rsquo;apprentissage intuitif, de pertes, d&rsquo;exclusion et de retrouvailles professionnelles. Sa place dans les Pretenders n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; parfaitement lin&eacute;aire. C&rsquo;est pr&eacute;cis&eacute;ment cette succession de ruptures et de retours qui permet de mesurer ce qu&rsquo;il apporte au groupe : une mani&egrave;re de jouer sans d&eacute;tour et une pr&eacute;sence sc&eacute;nique retrouv&eacute;e apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; brutalement interrompue.</p>]]></content:encoded>
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