21 septembre 2026
Sheryl Crow célèbre aujourd’hui les 28 ans de The Globe Sessions, son troisième album studio et le premier officiellement présenté comme autoproduit. Né entre New York et Los Angeles, le disque porte le nom du lieu où la chanteuse a repris les commandes, avant de recevoir une proposition inattendue de Bob Dylan.
Au milieu de la préparation de The Globe Sessions, Sheryl Crow reçoit un appel de Bob Dylan. Celui-ci souhaite lui confier « Mississippi », une chanson inédite provenant des séances de Time Out of Mind. Crow accepte et l’enregistre pour son troisième album. Le geste est considérable : au lieu de reprendre un morceau déjà connu, elle reçoit directement de son auteur une composition encore inédite et l’intègre à un disque sur lequel elle exerce pour la première fois officiellement le contrôle de la production.
Cette proposition prestigieuse ne résume pourtant pas la naissance de l’album. Après le succès de ses deux premiers disques, Sheryl Crow commence les nouvelles séances à la fin de 1997. Elle retrouve alors plusieurs collaborateurs déjà familiers de son travail, dont Trina Shoemaker, Jeff Trott et Brian MacLeod. Le projet prend notamment forme aux Globe Studios de New York, qui lui donneront son titre, puis à la Sunset Sound Factory de Los Angeles.
New York donne son nom au disque
En baptisant l’album The Globe Sessions, Sheryl Crow place les séances new-yorkaises au cœur même de son identité. Ce choix distingue immédiatement le disque d’un simple troisième chapitre discographique : son titre conserve la trace concrète de l’endroit où une partie du travail a été menée. Des années plus tard, Crow résumera cette période par une phrase : « It was a really introspective and creative time », évoquant un moment à la fois introspectif et créatif.
Cette dimension personnelle s’accompagne d’une décision importante dans sa trajectoire : The Globe Sessions devient son premier album officiellement présenté comme autoproduit. Crow n’est toutefois pas isolée. Tchad Blake assure le mixage, tandis que Mitchell Froom, Lisa Germano, Bobby Keys et Wendy Melvoin figurent parmi les collaborateurs et invités réunis autour du projet. L’autoproduction signifie ici que la chanteuse tient les rênes du disque tout en s’entourant d’une équipe particulièrement étoffée.
Cette organisation donne à l’album un statut singulier dans son parcours. Crow ne se contente plus d’interpréter et d’écrire : elle assume également la responsabilité de la production, au moment où l’attente entourant la suite de ses deux premiers albums est devenue considérable. The Globe Sessions, également diffusé sur RADIO COLLECTION, fixe ainsi une étape précise de son évolution artistique.
« My Favorite Mistake », un secret jamais levé
Avec « My Favorite Mistake », Sheryl Crow installe l’une des énigmes les plus persistantes de l’album. La chanteuse a indiqué que la personne évoquée dans la chanson était un musicien, sans jamais révéler son identité. Les spéculations ont notamment cité Eric Clapton et Jakob Dylan, mais Crow a refusé de confirmer l’un ou l’autre nom.
Ce refus de trancher a laissé la chanson vivre sans clé biographique officielle. Crow a donné un indice suffisamment précis pour nourrir les hypothèses, tout en préservant l’identité de la personne concernée. « My Favorite Mistake » devient ainsi l’un des morceaux les plus commentés du disque sans que son autrice transforme cette curiosité en révélation publique.
À l’inverse, l’histoire de « Mississippi » repose sur une origine clairement identifiée. Bob Dylan téléphone lui-même à Crow pour lui proposer le morceau, écarté de son propre album Time Out of Mind. En l’enregistrant sur The Globe Sessions, la chanteuse offre une première destination à cette composition reçue directement de Dylan. Entre le secret maintenu autour de « My Favorite Mistake » et la transmission explicite de « Mississippi », l’album réunit deux histoires de chansons très différentes : l’une demeure volontairement irrésolue, l’autre commence par un appel décisif.
Trois singles britanniques et un Grammy
La trajectoire de The Globe Sessions ne s’arrête pas aux studios qui lui ont donné son nom. L’album atteint la deuxième place au Royaume-Uni, tandis que « My Favorite Mistake », « There Goes the Neighborhood » et « Anything But Down » entrent tous les trois dans le Top 20 britannique. Ces résultats prolongent l’écho commercial des premiers disques de Sheryl Crow tout en accompagnant son passage à l’autoproduction.
Quelques mois plus tard, l’album obtient trois nominations aux Grammy Awards, notamment dans les catégories Album de l’année et meilleur album rock. Sheryl Crow est également nommée comme productrice de l’année. The Globe Sessions remporte finalement le Grammy du meilleur album rock, donnant une reconnaissance institutionnelle à ce disque commencé fin 1997 et construit sous la direction de la chanteuse.
Vingt-huit ans après sa parution, le titre de l’album ramène toujours à son point de départ : les Globe Studios de New York. Mais son histoire tient aussi dans deux gestes personnels — Sheryl Crow décidant de produire elle-même son troisième album, puis Bob Dylan décrochant son téléphone pour lui confier « Mississippi ».
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