01 août 2026
Publié au Royaume-Uni le 1er août 1980, *Breaking Glass* célèbre son 46e anniversaire à l’été 2026. À la fois bande originale et premier grand album de Hazel O’Connor, ce projet conçu autour du film du même nom associe new wave, rock et touches électroniques. Produit par Tony Visconti, il transforme une auteure-compositrice encore peu connue en figure remarquée de la scène britannique.
Un disque et un film pour lancer Hazel O’Connor
Lorsque *Breaking Glass* paraît chez A&M Records, Hazel O’Connor n’a pas encore publié d’album studio majeur sous son nom. La jeune auteure-compositrice britannique reste relativement inconnue du grand public. Son arrivée au premier plan ne passe pourtant pas par un disque conçu de manière isolée, mais par un projet où cinéma et musique avancent ensemble.
L’album constitue la bande originale de *Breaking Glass*, film sorti en 1980 dans lequel O’Connor incarne une chanteuse confrontée à l’industrie musicale. Elle ne se contente pas d’en tenir le rôle principal : elle écrit et interprète les chansons qui accompagnent cette histoire. Le disque devient ainsi son premier album marquant et le point de départ de sa notoriété.
Cette conception hybride lui donne une place particulière dans sa discographie. Les morceaux existent dans le cadre narratif du long métrage, tout en formant un album publié sous son nom. Pour Hazel O’Connor, l’enjeu est double : porter un personnage à l’écran et présenter au public britannique son propre répertoire.
Tony Visconti aux commandes des séances londoniennes
L’enregistrement se déroule en 1980 aux Good Earth Studios, à Londres. La production est confiée à Tony Visconti, alors notamment connu comme proche collaborateur de David Bowie. Son intervention inscrit le projet dans un environnement de studio expérimenté, au moment où Hazel O’Connor réalise ce qui doit devenir sa première publication importante.
Musicalement, *Breaking Glass* réunit des éléments de new wave et de rock auxquels s’ajoutent des touches électroniques. Cette combinaison accompagne les chansons écrites pour le film, sans dissocier la dimension cinématographique du travail discographique.
Le disque repose donc sur un dispositif inhabituel pour une artiste débutante : un rôle principal, des compositions originales, une production assurée par Tony Visconti et un enregistrement dans un studio londonien. Ces éléments convergent vers une même publication, plutôt que vers deux réalisations indépendantes.
« Writing on the Wall » ouvre la campagne dès le mois de mai
A&M Records commence à installer le projet plusieurs semaines avant l’arrivée de l’album. Le 22 mai 1980, « Writing on the Wall » devient le premier single extrait de *Breaking Glass* à paraître au Royaume-Uni. Cette sortie précède celle du disque, fixée au 1er août.
D’autres chansons prennent le relais après la publication. « Eighth Day » et « Will You? » atteignent toutes deux le Top 10 britannique, donnant à l’album plusieurs points d’entrée auprès du public. Leur réussite dépasse le seul cadre de la bande originale et contribue directement à faire connaître Hazel O’Connor comme interprète.
« Will You? » occupe une place particulière dans ce parcours. La ballade se distingue notamment par le long solo de saxophone joué par Wesley Magoogan. Elle devient l’un des titres les plus étroitement associés à la carrière de la chanteuse, bien au-delà de sa fonction initiale dans le film.
Une sortie d’été devenue succès britannique
À sa publication, *Breaking Glass* obtient des résultats importants au Royaume-Uni. L’album se classe numéro 5 et demeure plus de 38 semaines dans les charts britanniques. Il reçoit également un disque d’or de la BPI.
Ces chiffres donnent rapidement une nouvelle dimension à la carrière de Hazel O’Connor. Celle qui était encore peu connue avant le projet se retrouve portée sur le devant de la scène new wave britannique. Le succès du disque ne repose pas sur un titre unique : la présence de « Eighth Day » et « Will You? » dans le Top 10 prolonge son exposition.
La trajectoire commerciale de *Breaking Glass* confirme aussi l’efficacité du lien entre l’écran et le disque. Les chansons sont associées à un personnage de chanteuse en lutte avec l’industrie, mais elles trouvent parallèlement leur public dans les classements. L’album acquiert ainsi une existence propre, distincte de la seule exploitation du film.
Le premier chapitre d’une discographie accélérée
L’impact de *Breaking Glass* se mesure également à la rapidité avec laquelle Hazel O’Connor poursuit sa carrière discographique. Un deuxième album, *Sons and Lovers*, paraît dès la même année. Cette succession place 1980 au cœur de son lancement auprès du grand public.
Au fil du temps, *Breaking Glass* demeure son disque de référence. Ses rééditions régulières entretiennent sa présence au catalogue, tandis qu’il continue d’être mentionné dans les rétrospectives consacrées aux années 1980. Une réédition CD est notamment commercialisée en France en juin 1995, bien après la publication britannique d’origine.
Quarante-six ans après sa sortie, l’album reste le témoignage du moment où plusieurs dimensions de la carrière de Hazel O’Connor se sont rejointes : l’écriture, l’interprétation, le cinéma et l’enregistrement. Le film lui avait donné un personnage et une histoire ; le disque, porté par Tony Visconti et plusieurs singles classés, lui a offert une entrée durable dans le paysage musical britannique.
Cet anniversaire ramène ainsi à un été 1980 particulièrement dense. Avec une cinquième place dans les charts, plus de 38 semaines de classement et deux chansons dans le Top 10, *Breaking Glass* a dépassé le statut de bande originale pour devenir le véritable point de départ discographique de Hazel O’Connor.
Will You? est régulièrement diffusée sur Radio collection.