Eurythmics referme les années 1980 au sommet avec We Too Are One, sorti il y a 37 ans


11 septembre 2026

Il y a 37 ans, Eurythmics publiait We Too Are One, son septième album studio. Après les explorations de Savage, Annie Lennox et David A. Stewart revenaient à une formule pop/rock plus directe, obtenaient un nouveau numéro un britannique et lançaient un cycle qui allait précéder une longue pause discographique.

Lorsque We Too Are One paraît le 11 septembre 1989 au Royaume-Uni et en Europe, Eurythmics n’a plus à établir sa place dans la pop britannique. Le duo possède déjà un catalogue conséquent et Annie Lennox vient de recevoir, cette même année, le Brit Award de la meilleure artiste féminine britannique. Pourtant, ce nouvel album ne se contente pas de prolonger une série de succès. Il opère un repositionnement après Savage, paru en 1987, disque plus expérimental qui avait atteint le Top 10 britannique tout en s’éloignant du format pop/rock direct associé aux réussites du milieu de la décennie.

Le contraste donne à We Too Are One sa fonction particulière dans la trajectoire du groupe. Sans renier le chemin parcouru, Eurythmics retrouve une expression plus accessible et radiophonique. Ce mouvement intervient au moment où le duo aborde la fin des années 1980 avec une forte visibilité nationale, mais aussi avec l’ambition d’accompagner l’album d’une activité internationale soutenue.

Jimmy Iovine rejoint le duo en studio

David A. Stewart partage la production de l’album avec Jimmy Iovine, dont la présence souligne l’ampleur donnée au projet. Trois ingénieurs, Bruce Lampcov, Don Smith et Manu Guiot, complètent l’équipe technique. Les détails de chaque séance restent peu documentés, mais l’organisation générale révèle un disque préparé pour une diffusion importante, sur plusieurs marchés et plusieurs supports.

Dès 1989, We Too Are One est ainsi proposé en LP, cassette et CD par RCA et BMG au Royaume-Uni et en Europe. Aux États-Unis, le CD paraît sous le label Arista, tandis que RCA Victor assure notamment sa présence en Australie. Cette mise en place internationale repose sur un album finalisé pour circuler simultanément dans les principaux formats de l’époque.

La fabrication du disque ne se déroule pas en vase clos. Un documentaire de la BBC, Eurythmics: We Too Are One, suit Annie Lennox et David A. Stewart pendant sa réalisation, puis au début de la tournée dans le sud de la France. Diffusé en janvier suivant la sortie et long de 52 minutes, le film relie directement le travail en studio à la scène. L’album apparaît ainsi comme le socle d’un nouveau cycle de concerts, et non comme une publication isolée.

Cette continuité est déjà visible en septembre 1989, avec un passage de la tournée par la Wembley Arena de Londres. Au moment même où le disque arrive dans les magasins, Eurythmics le place au centre d’une activité live d’envergure. Le retour à une forme pop/rock plus immédiate prend alors tout son sens : les chansons doivent porter un album, des singles et une tournée mondiale.

Des singles pour réinstaller Eurythmics sur les ondes

Revival joue un rôle important dans ce dispositif. Exploité comme l’un des singles majeurs du projet, le titre se classe dans le Top 40 de plusieurs pays. Il contribue à présenter le disque sous son jour le plus directement pop, en cohérence avec le retour stylistique opéré après Savage.

Don’t Ask Me Why devient pour sa part l’un des morceaux les plus visibles de l’album sur les deux marchés essentiels du duo. Il appartient aux quatre singles de We Too Are One qui atteignent le Top 30 au Royaume-Uni. Aux États-Unis, il entre également dans le Billboard Hot 100 et s’approche du Top 40, performance qui prolonge la présence américaine d’Eurythmics malgré un accueil plus mesuré réservé à l’album lui-même.

Le disque ne se réduit toutefois pas à cette recherche d’efficacité radiophonique. Présent sur la liste originale des titres, Angel en représente le versant plus atmosphérique et introspectif. Son positionnement crée un écart avec l’approche immédiatement pop de Revival ou de Don’t Ask Me Why, et rappelle que ce retour vers l’accessibilité ne signifie pas l’uniformité.

L’identité du projet se construit aussi par l’image. Jean-Baptiste Mondino signe la photographie de la pochette, tandis que Laurence Stevens en assure la conception graphique. Ces crédits visuels prolongent l’ambition générale d’un album pensé pour occuper pleinement l’espace médiatique de 1989, des rayons de disques aux écrans de télévision.

Un numéro un avant dix années sans album studio

Au Royaume-Uni, le résultat est immédiat : We Too Are One entre directement à la première place du classement des albums. Il devient le deuxième numéro un de la carrière d’Eurythmics après Touch. Le disque est ensuite certifié double platine par le BPI et fournit au duo quatre singles classés dans le Top 30 britannique.

Sa diffusion dépasse largement ce succès national. L’album atteint le Top 10 en Australie et reçoit des certifications platine dans ce pays ainsi qu’au Canada. Il est également certifié or en France, en Suède et en Suisse. Aux États-Unis, la situation est plus contrastée : We Too Are One atteint la 34e place, tandis que la critique publiée à la mi-septembre par le Los Angeles Times témoigne d’une réception mitigée, mais attentive au nouveau positionnement du duo.

Ce sommet britannique prend une autre dimension à la lumière de la suite. We Too Are One devient le dernier album studio d’Eurythmics avant une longue interruption : Annie Lennox et David A. Stewart ne reviennent avec un nouveau disque du duo qu’en 1999, avec Peace. Rien ne permet de présenter l’album de 1989 comme des adieux prémédités, mais sa place dans la discographie en fait bien la clôture d’un cycle particulièrement dense.

Trente-sept ans après sa parution, We Too Are One reste disponible en version remasterisée sur les plateformes numériques dans le cadre du catalogue Sony Music. On y retrouve ce moment précis où Eurythmics, après le détour expérimental de Savage, choisit la voie d’une pop/rock plus directe, monte une tournée d’envergure et décroche son deuxième numéro un britannique avant dix années sans nouvel album studio.