15 septembre 2026
Sorti au Royaume-Uni le 15 septembre 2003, Silence Is Easy célèbre aujourd’hui ses 23 ans. Pour son deuxième album, Starsailor voulait répondre à la gravité de Love Is Here par un versant plus positif, mais sa fabrication reste indissociable d’une collaboration aussi brève que mouvementée avec Phil Spector.
Deux chansons enregistrées dès la première semaine, puis une collaboration interrompue : la rencontre entre Starsailor et Phil Spector aurait pu ne laisser qu’une note de bas de page. Elle fournit pourtant à Silence Is Easy sa chanson-titre et White Dove, tout en faisant du groupe britannique le dernier à avoir travaillé en studio avec le producteur. Le reste du disque est confié à John Leckie et Danton Supple, créant un album partagé entre l’éclat d’un nom considérable et la nécessité, pour Starsailor, de poursuivre sa propre trajectoire.
Lorsque ces séances commencent en 2002, le groupe n’arrive pas les mains vides. Son premier album, Love Is Here, paru en 2001, lui a déjà donné une solide visibilité au Royaume-Uni et en Europe, dans le paysage indie rock et post-Britpop. Le deuxième disque doit donc confirmer cette installation sans simplement reproduire la formule du précédent. James Walsh l’expliquera clairement : « Silence Is Easy was a bit of a reaction to Love Is Here and we wanted to show another side, which was more upbeat and positive. » Une réaction, donc, et la volonté de montrer une face plus enjouée et positive du groupe.
Une première semaine décisive avec Phil Spector
Le passage de Phil Spector donne aux séances leur épisode le plus spectaculaire. Starsailor enregistre Silence Is Easy et White Dove au cours de la première semaine passée avec lui. Ces deux morceaux seront les seuls conservés sur l’album. James Walsh évoquera plus tard les habitudes excentriques du producteur, notamment une perruque différente chaque jour, résumée par l’expression « wig-a-day ».
La situation se dégrade toutefois rapidement. Spector se montre instable en studio, puis très replié sur lui-même. Le groupe ne trouve plus les conditions nécessaires pour continuer et met fin à la collaboration. Il ne reste de cette rencontre que deux titres achevés, mais leur place est centrale : l’un donne son nom au disque et devient son premier grand point d’exposition, l’autre inscrit une seconde trace de ces séances dans la liste définitive.
Cette brièveté empêche aussi de réduire Silence Is Easy à « l’album produit par Phil Spector ». Son intervention ne concerne que deux chansons sur onze. John Leckie et Danton Supple prennent en charge le reste, de Music Was Saved à Restless Heart, en passant par Fidelity, Some of Us, Shark Food, Bring My Love, Four to the Floor et Born Again. La fabrication du disque repose ainsi sur un passage de relais forcé plutôt que sur une vision de production unique.
La chanson-titre ouvre la voie
Avant la parution de l’album, EMI place Silence Is Easy en première ligne. Le single sort officiellement le 1er septembre 2003 au Royaume-Uni, quelques jours avant le disque, en CD, 7 pouces et DVD single. Il atteint la neuvième place du classement britannique des singles. La chanson issue des séances écourtées devient donc la porte d’entrée du projet et donne immédiatement à l’album un titre identifiable.
Le 15 septembre 2003, Silence Is Easy paraît au Royaume-Uni chez EMI. Il atteint la deuxième place des charts britanniques et reçoit une certification or de la BPI. Son parcours dépasse le seul marché national, avec des classements significatifs en Autriche, en Belgique, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas et en Suisse. L’exploitation nord-américaine suit avec une sortie datée du 27 janvier 2004.
Born Again et Four to the Floor prennent ensuite le relais comme singles, avec des résultats plus modestes au Royaume-Uni. Four to the Floor acquiert néanmoins une place particulière dans le catalogue de Starsailor. La chanson fait l’objet de plusieurs remixes, dont une version Thin White Duke, et revient dans différentes captations scéniques. Elle illustre la manière dont le disque a continué à vivre au-delà de sa première campagne de sortie, autant par ses transformations que par son passage sur scène.
Des séances de 2002 aux bandes exhumées en 2023
Après Silence Is Easy, Starsailor poursuit son parcours avec On The Outside en 2005, avant une période de hiatus. Le deuxième album demeure un point de retour dans l’histoire du groupe, notamment à travers les rééditions et les enregistrements de concerts. Les captations conservées permettent de suivre certaines de ses chansons au London Coronet en 2004 ou à Somerset House en 2005, lorsque le répertoire a quitté le studio pour trouver une autre forme devant le public.
Cette continuité apparaît avec précision dans l’édition du 20e anniversaire, parue le 20 novembre 2023. À l’album original s’ajoute un second disque composé de démos, de remixes et de morceaux enregistrés en concert. Des versions alternatives de White Dove et Fidelity produites par Phil Spector y côtoient notamment des interprétations live de Four to the Floor et Silence Is Easy.
Ces bonus éclairent la fabrication sans modifier sa ligne principale : Starsailor cherchait à s’éloigner de la tonalité de Love Is Here, a obtenu deux morceaux en une semaine auprès de Phil Spector, puis a terminé l’essentiel de l’album avec John Leckie et Danton Supple. Vingt-trois ans après la sortie britannique, les versions alternatives et les captations de 2004 et 2005 prolongent concrètement ce récit interrompu en studio.
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