16 septembre 2026
Richard Marx a 63 ans ce 16 septembre. Bien avant « Right Here Waiting » et sa série record de singles dans le Top 5 américain, le chanteur de Chicago apprenait déjà son métier derrière un micro, en enregistrant dès l’enfance les publicités composées par son père.
À cinq ans, Richard Marx ne chante pas encore pour remplir les classements, mais pour accompagner des réclames radiophoniques et télévisées. Son père, Dick Marx, pianiste de jazz et compositeur, possède une agence spécialisée dans les jingles publicitaires. Sa mère est chanteuse et participe parfois aux séances avec son fils. Dans cette famille de Chicago entièrement tournée vers la musique, le studio devient très tôt un lieu de travail familier.
Cette première école impose des règles simples et exigeantes : entrer en studio, comprendre ce qui est attendu et livrer une interprétation efficace. Avant même le lycée, Richard Marx a donc déjà l’habitude d’enregistrer comme un professionnel. Ce passage par la publicité donnera une cohérence particulière à la suite de son parcours, largement consacré à l’écriture de chansons capables de trouver immédiatement leur place à la radio.
À l’adolescence, il apprend le piano et la guitare, puis commence à écrire ses propres morceaux autour de 15 ans. L’environnement familial lui a transmis la pratique du studio ; il cherche désormais à construire ses chansons. Deux ans plus tard, une cassette de ses compositions arrive jusqu’à Lionel Richie. Celui-ci l’encourage à venir travailler à Los Angeles, faisant basculer le jeune musicien des studios familiaux vers l’industrie pop américaine.
Dans l’ombre de Lionel Richie avant le premier album
Installé à Los Angeles à 17 ans, Richard Marx commence par chanter dans les chœurs des albums de Lionel Richie. Il écrit également pour des interprètes déjà établis, dont Kenny Rogers. Sa voix reste encore à l’arrière-plan, mais son apprentissage se poursuit au contact de productions destinées au grand public. Il observe le fonctionnement d’un disque, travaille pour les autres et consolide sa place d’auteur-compositeur avant de devenir lui-même l’artiste principal.
Son propre contrat arrive en 1986. L’année suivante, son premier album, simplement intitulé « Richard Marx », transforme rapidement cet homme de l’ombre en vedette des radios américaines. Le disque fournit quatre singles à succès et devient triple disque de platine aux États-Unis. Après les jingles, les chœurs et les chansons confiées à d’autres, Marx dispose enfin de son nom en haut de la pochette.
La série qui suit est remarquable : ses sept premiers singles atteignent tous le Top 5 du Billboard, une première pour un artiste masculin solo. « Hold On to the Nights » participe à cette succession de titres qui installe Richard Marx au cœur de la pop rock et de l’adult contemporary. À la fin des années 1980, il accumule trois numéros un et quatorze titres dans le Top 20 américain.
« Right Here Waiting », la ballade qui franchit les frontières
Le point culminant de cette ascension arrive avec « Right Here Waiting », extrait de l’album « Repeat Offender ». La chanson devient son plus grand succès international et son premier numéro un dans le classement adult contemporary américain. Elle fixe durablement son image de spécialiste des ballades romantiques, tout en donnant une dimension mondiale à une réussite jusque-là principalement mesurée dans les classements des États-Unis.
Richard Marx ne se limite pourtant pas à une seule formule. Au début des années 1990, « Hazard » met davantage en avant son goût pour le récit en format pop rock. Derrière la diversité de ces chansons demeure un même souci de construction mélodique. Marx explique d’ailleurs commencer rarement par les paroles. Un titre ou un concept peut apparaître en premier, mais la musique précède généralement le texte.
« Je commence presque toujours avec une idée musicale dans ma tête. Je l’entends entière avant de toucher un instrument », confie-t-il à propos de sa méthode. Batterie, guitares et arrangement prennent d’abord forme dans son imagination, avant leur passage au piano ou à la guitare. Cette façon de travailler éclaire son profil d’artisan : l’interprète arrive après une architecture sonore déjà largement dessinée.
Un auteur de hits qui ne travaille pas que pour lui
Le succès de ses albums ne l’éloigne pas de son premier rôle d’auteur au service d’autres voix. Richard Marx écrit, compose ou produit pour Luther Vandross, Keith Urban, NSYNC, Barbra Streisand et Burt Bacharach. Ces collaborations prolongent le parcours commencé auprès de Lionel Richie et Kenny Rogers : même lorsqu’il occupe le devant de la scène, il reste un professionnel du studio capable d’adapter son écriture à différents interprètes.
Ses ventes mondiales dépassent les 30 millions d’albums. Mais sa continuité se mesure aussi à sa capacité à poursuivre les projets au-delà de la période où ses ballades dominaient les radios. Il continue à enregistrer et à se produire, tout en explorant un registre plus jazzy avec « After Hours », entré dans les classements jazz traditionnels de Billboard. Il anime également un podcast consacré aux histoires de sa carrière et à celles de ses invités.
À 63 ans, Richard Marx conserve ainsi le même point de départ créatif : une chanson entendue intérieurement avant d’être jouée. Du garçon de cinq ans placé devant un micro pour les jingles de Dick Marx à l’auteur de « Right Here Waiting », le décor a changé, mais le geste reste celui d’un musicien qui entre en studio avec la structure déjà en tête.
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