23 septembre 2026
Lenny Kravitz célèbre aujourd’hui les 12 ans de Strut, un album dont les premières chansons ont surgi loin de son studio des Bahamas. En plein tournage de The Hunger Games: Catching Fire, il enregistrait ses idées sur un iPhone avant de bâtir un disque volontairement dépouillé autour de la guitare, de la basse et de la batterie.
La naissance de Strut tient d’abord à un décalage inattendu entre deux métiers. Lenny Kravitz travaille alors comme acteur sur The Hunger Games: Catching Fire, mais les chansons commencent à arriver une fois les journées de tournage terminées. La nuit, sans instrument ni matériel de studio, il mémorise ce qui lui vient en enregistrant vocalement ses idées sur son iPhone. Le cinéma occupe ses journées ; un nouvel album se dessine après les prises de vues.
Cette méthode rudimentaire ne ralentit pas l’écriture. Kravitz affirme avoir composé le disque en environ deux semaines. Il lui faudra ensuite plusieurs mois pour passer de ces esquisses chantées à leur forme enregistrée, travailler en studio et réunir l’équipe appelée à participer aux séances. Ce contraste entre une écriture très rapide et une fabrication plus longue donne sa première singularité au projet : les chansons arrivent dans l’urgence, puis sont ramenées vers une instrumentation resserrée.
Des mémos vocaux au studio des Bahamas
Une partie de l’enregistrement se déroule dans le studio de Lenny Kravitz aux Bahamas. Le musicien produit lui-même Strut et joue la majorité des instruments, prolongeant ainsi une méthode déjà centrale dans son travail : conserver la main sur la composition, l’interprétation et la production. Le disque devient également sa première parution sur son propre label, Roxie Records.
Ce contrôle ne débouche pourtant pas sur une accumulation de couches sonores. Kravitz choisit au contraire de placer au premier plan la guitare, la basse et la batterie, avec peu d’overdubs. L’objectif est de préserver une approche brute et spontanée, au plus près de l’élan qui avait fait naître les morceaux pendant le tournage. Après les mémos vocaux enregistrés sans instrument, le studio sert moins à surcharger les chansons qu’à leur donner une ossature directe.
Strut tranche aussi avec Black and White America, son album précédent. Kravitz s’éloigne en grande partie du registre sociopolitique pour privilégier un propos plus léger, sensuel et centré sur le groove. Ce changement de ton accompagne le retour à l’essentiel décidé pour les séances : une formation instrumentale réduite, une production assumée par l’artiste et des morceaux construits pour conserver leur immédiateté.
The Chamber, une réponse sans détour au chagrin amoureux
Parmi les chansons de l’album, The Chamber porte une histoire que Kravitz résume avec une concision presque désarmante. Interrogé sur son inspiration, il répond : « Heartbreak, man. Classic. » Pour lui, il s’agit d’une chanson classique de chagrin amoureux, nourrie par sa vie, ses expériences et ses sentiments. Il ne rattache cependant pas le morceau à un épisode unique : son origine tient davantage à un ensemble d’émotions vécues qu’à une anecdote isolée.
Cette explication inscrit The Chamber dans la dimension personnelle de Strut, sans transformer la chanson en récit autobiographique précisément identifié. Kravitz en donne la clé émotionnelle, mais conserve une formulation assez large pour ne pas réduire le morceau à une seule personne ou à un seul moment. La chanson devient ainsi l’un des exemples les plus nets du changement de perspective opéré après Black and White America : le regard politique recule au profit de l’expérience intime.
Le titre et l’album figurent dans la programmation de RADIO COLLECTION. Cette présence rappelle aussi la place de The Chamber dans la trajectoire de Strut : celle d’un morceau capable de condenser le nouveau ton du disque, entre dépouillement instrumental et sujet directement tiré des sentiments de son auteur.
New York racontée par celui qui y a grandi
Avec New York City, Lenny Kravitz revient vers la ville où il est né et a grandi. Le morceau constitue pour lui une autre manière d’écrire sur New York, non comme un simple décor ajouté au disque, mais comme un lieu lié à son histoire personnelle. Après les chansons apparues pendant un tournage et développées aux Bahamas, la ville de son enfance fournit ainsi un autre point d’ancrage autobiographique à l’album.
À sa sortie, Strut reçoit un accueil critique globalement favorable, résumé par un score de 71 sur 100 sur Metacritic. Il atteint également la 21e place du classement britannique des albums. Ces résultats accompagnent un disque conçu selon une logique très personnelle : Kravitz en assure la production, joue l’essentiel des instruments et transforme des idées capturées la nuit sur un téléphone en un ensemble de chansons ramenées à une formation guitare-basse-batterie.
Douze ans plus tard, la scène fondatrice reste la plus parlante : un acteur quitte le plateau de The Hunger Games: Catching Fire, laisse venir les mélodies pendant la nuit et les conserve avec le seul outil disponible. De ces mémos vocaux naît un album entier, achevé sous la direction d’un musicien décidé à préserver la spontanéité de ses premières intuitions.
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