The Crossing a 33 ans : Paul Young, Don Was et le carnet de stars qui devait tout changer


11 octobre 2026

Paul Young célèbre aujourd’hui les 33 ans de The Crossing, un album conçu avec Don Was et une impressionnante équipe d’invités. Derrière ce casting se raconte surtout une tentative de renouvellement, menée comme un rêve de studio mais accueillie plus modestement dans les classements britanniques.

Don Was arrivait en studio avec un carnet rempli de noms célèbres. Face à Paul Young, le producteur imaginait quel grand musicien de session pourrait intervenir sur quelle chanson, comme si chaque morceau ouvrait la porte à une nouvelle rencontre. Cette méthode donne l’image la plus parlante de The Crossing : un disque bâti autour des possibilités offertes par les collaborateurs, loin d’une équipe volontairement resserrée.

Pour Paul Young, cette succession de musiciens admirés avait quelque chose d’irréel. « I was living my dream on that album », dira-t-il en repensant à cette période : il vivait son rêve sur cet album. La formule ne résume pas seulement le prestige des invités. Elle traduit aussi la place particulière de ce cinquième album studio dans sa carrière, au moment où le chanteur accepte de modifier une partie de ses habitudes.

Don Was redistribue les rôles

La collaboration avec Don Was accompagne une prise de distance avec une partie du son jusque-là associé à Paul Young. Le changement le plus visible tient à une absence : The Crossing est son premier album réalisé sans la participation de Pino Palladino. Le bassiste avait occupé une place importante dans les précédents disques du chanteur ; cette fois, l’organisation du projet repose sur une autre logique, faite d’intervenants choisis en fonction des chansons.

Le carnet de Don Was se transforme ainsi en véritable réservoir de rencontres. Mark Isham, Jeff Porcaro, Billy Preston et Benmont Tench figurent parmi les noms associés au disque, tandis que Kathleen Turner apparaît également parmi ses invités et collaborateurs. Plus qu’une simple accumulation de crédits prestigieux, cette distribution raconte la méthode du producteur : envisager chaque titre séparément et proposer à Paul Young une personnalité susceptible d’y apporter sa contribution.

Don Was n’est cependant pas seul aux commandes. Peter Vale, Christopher Neil et Steve Lindsey participent eux aussi à la production. Cette pluralité correspond à l’ampleur d’un album qui combine compositions originales et reprises, notamment Love Has No Pride et Follow On. Le fil conducteur ne vient donc pas d’une équipe unique reproduisant une formule, mais de la présence de Paul Young au milieu de plusieurs producteurs et de nombreux invités.

Won’t Look Back, une chanson restée à part

Parmi les titres de The Crossing, Paul Young accorde une place particulière à Won’t Look Back. Il la cite comme l’une de ses chansons préférées de toute sa carrière, un choix qui dépasse le seul contexte de cet album. Le morceau a été enregistré avec Don Was aux studios Ocean Way de Los Angeles, l’un des lieux où leur collaboration a pris forme.

Paul Young relie la chanson à l’expérience d’une relation devenue irréparable, qu’il faut finalement quitter. Cette indication donne à Won’t Look Back une histoire précise : celle d’un départ imposé par le constat qu’un lien ne peut plus être sauvé. Sur un disque souvent présenté à travers ses invités prestigieux, ce morceau ramène l’attention vers une expérience personnelle suffisamment importante pour que le chanteur continue, des années plus tard, à le distinguer dans son propre répertoire.

L’autre titre déterminant dans la trajectoire de l’album est Now I Know What Made Otis Blue. Choisi comme premier single, il atteint la 14e place au Royaume-Uni. Il reste ainsi le résultat commercial le plus marquant associé au disque et fait également partie des chansons de Paul Young diffusées sur RADIO COLLECTION.

Un rêve de studio face aux classements

Le contraste est net entre les moyens humains réunis et le parcours britannique de l’album. The Crossing entre bien dans le classement national, mais ne dépasse pas la 27e place. Ce résultat reste inférieur à ce que pouvait laisser attendre une production réunissant Don Was et une telle liste de collaborateurs.

Cette performance ne réduit pourtant pas l’histoire du disque à un rendez-vous commercial contrarié. Trente-trois ans plus tard, son intérêt réside d’abord dans la décision de Paul Young de quitter un cadre familier, jusque dans l’absence de Pino Palladino, pour se confronter à une méthode différente. Don Was lui propose moins un groupe fixe qu’une série de combinaisons possibles, consignées dans ce fameux carnet de noms.

The Crossing demeure ainsi le témoignage d’un moment où Paul Young pouvait voir entrer en studio des musiciens qu’il admirait et enregistrer à Los Angeles une chanson appelée à compter parmi ses préférées. Le classement s’est arrêté à la 27e place ; le souvenir de l’artiste, lui, tient en une phrase beaucoup plus personnelle : sur cet album, il vivait son rêve.

Sources et pour aller plus loin

L’interview de Paul Young publiée par Classic Pop Magazine éclaire la méthode de Don Was, son carnet de collaborateurs, le changement d’équipe autour du chanteur et le sentiment de vivre un rêve de studio. Une autre interview de Paul Young accordée à Rediscover the 80s apporte l’histoire personnelle de Won’t Look Back et le souvenir de son enregistrement à Ocean Way.

Le parcours britannique de l’album est documenté par le classement officiel publié par Official Charts, qui situe The Crossing à la 27e place.

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