18 octobre 2026
It’s Only Rock ’n Roll fête aujourd’hui ses 52 ans. Entre la prise de pouvoir de Mick Jagger et Keith Richards en studio, une chanson-titre née chez Ronnie Wood avec David Bowie et le départ imminent de Mick Taylor, l’album saisit les Rolling Stones en pleine transition.
Avant même de devenir un Rolling Stone, Ronnie Wood contribue au morceau qui donnera son nom à un album du groupe. La scène se déroule chez lui, autour de Mick Jagger, avec David Bowie, le bassiste Willie Weeks et Kenney Jones, batteur des Faces. De cette réunion sort la base de It’s Only Rock ’n Roll (But I Like It), bientôt reprise et transformée pour intégrer le répertoire des Stones.
Cette genèse singulière résume une partie de l’histoire de l’album publié le 18 octobre 1974. Les Rolling Stones se trouvent alors entre deux périodes : Mick Jagger et Keith Richards prennent eux-mêmes les commandes de la production, Mick Taylor vit ses derniers mois au sein du groupe et Ronnie Wood commence à apparaître dans son orbite. Cinquante-deux ans plus tard, le disque conserve ainsi la trace d’une formation qui prépare sa prochaine mutation sans l’avoir encore officialisée.
Une chanson des Stones née chez Ronnie Wood
La session organisée chez Wood ne ressemble pas au point de départ habituel d’un morceau des Rolling Stones. Keith Richards et Mick Taylor ne participent pas à l’enregistrement de cette première base. Autour de Jagger et de leur hôte, David Bowie, Willie Weeks et Kenney Jones constituent l’équipe réunie ce jour-là.
Le refrain aurait émergé d’une plaisanterie associée à une expression du comédien britannique Dick Emery. Mick Jagger retient ensuite la formule et choisit d’en faire le titre du prochain album. La chanson reste officiellement créditée à Jagger-Richards, tandis que Ronnie Wood reçoit une mention pour son inspiration.
Le passage de cette séance informelle à la version définitive implique toutefois une intervention décisive de Keith Richards. Le guitariste remplace les parties électriques enregistrées par Wood. Ce dernier racontera lui-même l’épisode sans exprimer de ressentiment : « Keith replaced — rightly so — the guitars that I’d done electrically. » La maquette née chez lui devient donc un titre des Stones après cette nouvelle étape de travail.
La présence de Wood dans cette histoire prend un relief particulier avec le recul. It’s Only Rock ’n Roll est le dernier album du groupe avec Mick Taylor, tandis que Wood ne rejoindra officiellement les Rolling Stones qu’en 1976. Le morceau-titre place ainsi le futur guitariste à proximité du groupe avant même son arrivée dans la formation.
Jagger et Richards prennent la production en main
Le changement ne concerne pas seulement les musiciens. Après la fin de leur collaboration avec le producteur Jimmy Miller, Jagger et Richards assurent pour la première fois la production d’un album des Rolling Stones sous leur pseudonyme commun, The Glimmer Twins. Ils deviennent responsables de la direction du disque au moment où le groupe traverse une période décrite comme difficile, notamment en raison de la consommation de drogues.
Les séances commencent en novembre 1973 aux Musicland Studios de Munich. Le contexte est moins favorable que celui qui avait entouré Exile on Main St., mais ce nouvel album permet à Jagger et Richards d’installer une organisation appelée à devenir centrale : les deux partenaires ne se limitent plus à l’écriture et à l’interprétation, ils signent désormais ensemble la production.
Cette prise de contrôle donne à It’s Only Rock ’n Roll une place particulière dans la trajectoire du groupe. D’un côté, il clôt la période Mick Taylor. De l’autre, il ouvre celle des Glimmer Twins et fait entrer Ronnie Wood dans l’histoire discographique des Stones par une porte latérale, celle d’un morceau d’abord enregistré chez lui. L’album, comme le groupe, est également diffusé sur RADIO COLLECTION.
Une reprise choisie après plusieurs jours d’impasse
Une autre chanson du disque naît d’un échec en studio. Les Stones passent plusieurs jours à tenter d’enregistrer Drift Away, le titre de Dobie Gray, sans parvenir à obtenir une version qui leur convienne. Ils abandonnent finalement cette piste et se tournent vers Ain’t Too Proud to Beg, une chanson des Temptations.
Cette reprise n’est donc pas simplement ajoutée à une sélection déjà arrêtée : elle remplace un morceau sur lequel le groupe avait insisté sans résultat. L’épisode éclaire une méthode pragmatique. Après plusieurs jours d’essais infructueux, les Stones changent de chanson plutôt que de prolonger l’impasse.
À sa sortie, l’album atteint la deuxième place au Royaume-Uni et la première aux États-Unis, où il devient le cinquième numéro un du groupe. Le morceau-titre se classe pour sa part dixième au Royaume-Uni et seizième aux États-Unis. Mais l’intérêt de ce disque ne tient pas seulement à ces résultats : il fixe le moment précis où une configuration des Rolling Stones s’achève tandis qu’une autre commence déjà à se dessiner.
Quelques semaines après la publication de l’album, le départ de Mick Taylor est annoncé. Ronnie Wood, encore extérieur au groupe lors de la naissance de It’s Only Rock ’n Roll (But I Like It), finira par occuper la place laissée vacante. La chanson enregistrée chez lui apparaît dès lors comme un étonnant trait d’union entre les deux guitaristes.
Sources et pour aller plus loin
MusicRadar restitue les propos de Ronnie Wood sur la séance organisée chez lui, la présence de David Bowie et le remplacement de ses guitares par Keith Richards. Le Billboard Book of Number One Albums revient notamment sur les sessions de Munich, la production des Glimmer Twins et la place du disque dans le changement de formation.
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