Cats On Trees | Cats On Trees | 13 ans | 21 octobre 2013 | Le tube presque écarté devenu décisif


21 octobre 2026

Le premier album de Cats On Trees fête aujourd’hui ses 13 ans. Derrière la réussite de Sirens Call se cache pourtant un étonnant retournement : la chanson qui a révélé le duo a bien failli rester hors du disque.

Nina Goern se remet au piano et rejoue machinalement quelques notes. La chanson n’est pas au programme de la session : Cats On Trees ne trouve pas l’arrangement qui lui convient et envisage de l’écarter de son premier album. Mais l’introduction retient l’attention de Vincent Frèrebeau, directeur de Tôt ou Tard, qui demande au duo de l’enregistrer. Ce morceau sauvé au dernier moment s’appelle Sirens Call. Il va devenir le premier single de Cats On Trees et changer brutalement l’échelle du projet.

Trois ans pour apprendre à choisir

Avant ce retournement, le disque s’est construit lentement. Le duo toulousain, formé par Nina Goern au chant et au piano et Yohan Hennequin à la batterie, rencontre le producteur Pierre Rougean au Printemps de Bourges en 2010. Environ trois années de gestation suivent cette rencontre avant la publication de l’album éponyme.

Le travail ne consiste pas uniquement à enregistrer les chansons déjà retenues. Cats On Trees dispose d’une production abondante, qu’il faut trier et organiser. Pierre Rougean accompagne le groupe dans cette sélection. Pour un premier album, l’enjeu est décisif : transformer une accumulation de morceaux en un ensemble capable de représenter le duo.

Sirens Call se retrouve précisément au cœur de cette difficulté. La chanson existe, mais son arrangement résiste. Au lieu d’être considérée comme une évidence, elle devient l’un des titres menacés de disparition. La reprise fortuite de son introduction au piano suffit pourtant à relancer son destin. L’intervention de Vincent Frèrebeau conduit à son enregistrement, puis à sa désignation comme premier single.

Yohan Hennequin résumera plus tard cet épisode en une formule : « Sirens Call, c’est un accident heureux. » L’expression dit bien le paradoxe de cette naissance. Le morceau n’a pas été choisi au terme d’un plan parfaitement établi : il a fallu un geste imprévu et une oreille extérieure pour qu’il retrouve sa place.

Un duo qui dépasse le piano-batterie

L’album ne se contente pas de reproduire la configuration de Cats On Trees. Autour du piano de Nina Goern et de la batterie de Yohan Hennequin, la production ouvre le projet à d’autres interventions. Jean-Christophe Urbain participe à la coproduction, tandis qu’Albin de la Simone signe les arrangements de cordes.

Le disque fait ainsi entendre un orchestre à cordes et, sur certains passages, une formation de douze cordes. Ce choix élargit les possibilités du duo sans modifier son identité fondamentale. Il révèle surtout l’ampleur prise par un projet longtemps mûri : le premier album n’est plus seulement la photographie de deux musiciens face à face, mais le résultat d’un travail collectif de production et d’arrangement.

Cette ouverture apporte également un contrepoint intéressant à l’histoire de Sirens Call. La chanson avait failli disparaître faute d’arrangement satisfaisant ; l’album, lui, se construit justement grâce à des collaborateurs capables d’accompagner Cats On Trees au-delà de son format initial. Le tri des compositions, la coproduction et les cordes participent à une même transformation : faire passer les morceaux du répertoire du duo à un disque achevé.

Publié en France le 21 octobre 2013, Cats On Trees constitue le premier album du groupe. Il figure également dans la programmation de RADIO COLLECTION, tout comme le duo qui l’a porté.

Le morceau écarté ouvre toutes les portes

Avant même la parution de l’album, Sirens Call rencontre rapidement son public. Les concerts se remplissent et Cats On Trees passe à des salles plus importantes. La chanson presque abandonnée devient ainsi le principal déclencheur de la notoriété du duo.

Son clip prolonge ce changement de dimension par une image spectaculaire. Cats On Trees choisit de le tourner dans le désert de sel bolivien, un décor retenu pour son apparence de paysage lunaire. Après la décision improvisée qui avait permis de sauver la chanson, ce déplacement offre au morceau un cadre visuel à l’opposé de l’intimité d’une introduction rejouée au piano.

La trajectoire commerciale de l’album confirme que l’élan ne s’est pas limité au single. Cats On Trees atteint la neuvième place du Top Albums en France et demeure classé pendant 105 semaines. Ces résultats donnent une portée durable au succès initial et installent le premier disque du duo bien au-delà de son lancement.

Treize ans après sa sortie, l’histoire de l’album reste donc attachée à cette scène simple : quelques notes reprises sans que le titre soit prévu, une personne qui les entend et une chanson remise en jeu. Tout ce qui suit — le single, les concerts complets, les salles plus grandes et le long parcours du disque dans le classement français — repose sur cette décision de ne pas abandonner Sirens Call.

Sources et pour aller plus loin

L’interview de Cats On Trees publiée par Pure Charts revient sur « l’accident heureux » de Sirens Call et sur les conséquences concrètes de son succès pour le duo. L’entretien accordé à Sourdoreille éclaire la longue gestation de l’album, le rôle de Pierre Rougean, les arrangements de cordes et la conception du clip tourné en Bolivie.

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