21 octobre 2026
Simple Minds célèbre aujourd’hui les quatre ans de Direction of the Heart, un album façonné par la séparation imposée pendant la pandémie. Entre un hôtel fermé en Sicile, des séances réparties dans plusieurs villes et un hommage intime au père de Jim Kerr, le groupe a transformé la contrainte en élan collectif.
Jim Kerr et Charlie Burchill se trouvent en Sicile lorsque la pandémie les empêche de rejoindre le Royaume-Uni. Le point de départ du nouvel album prend alors une forme inhabituelle : les deux membres de Simple Minds travaillent sur place, dans un hôtel fermé, avant de poursuivre l’enregistrement aux Chameleon Studios de Hambourg. À Londres, les autres musiciens ajoutent séparément leurs parties. Direction of the Heart naît ainsi d’un groupe géographiquement dispersé, obligé de construire à distance un disque pensé pour retrouver une dynamique commune.
Plus de vingt chansons à ramener à l’essentiel
Simple Minds ne manque pas de matière. Plus de vingt chansons sont disponibles, mais toutes ne peuvent pas entrer dans le projet. Le groupe retient celles qui permettent de préserver l’énergie et l’optimisme recherchés, tout en maintenant un équilibre entre plusieurs périodes de son esthétique. Cette sélection donne à l’album sa ligne directrice : ne pas laisser les conditions de sa création imposer un disque replié sur elles-mêmes.
La production est confiée à Andy Wright et Gavin Goldberg. Leur travail accompagne une méthode morcelée entre la Sicile, Hambourg et Londres, sans effacer le noyau formé par Kerr et Burchill. Dix-huitième album studio de Simple Minds, Direction of the Heart repose donc sur une contradiction féconde : il est fabriqué dans l’éloignement, mais organisé autour de chansons capables de restituer une impression d’ensemble.
First You Jump illustre cette ouverture. La chanson provient d’une composition déjà avancée du bassiste Ged Grimes. Kerr et Burchill la reprennent et la transforment, notamment par l’ajout de chœurs. Ils conservent également un élément celtique provenant du travail de Grimes avec une chanteuse folk écossaise. Le morceau dépasse ainsi le cadre initial d’une composition rock et montre comment les idées des différents membres ont pu circuler malgré la séparation des séances.
Un père, un fils et les souvenirs retrouvés à Glasgow
La naissance de Vision Thing ramène Jim Kerr à Glasgow. Il commence à écrire la chanson pendant un séjour auprès de son père malade. Le texte devient progressivement un hommage familial construit en deux mouvements : le premier couplet s’adresse à son père, tandis que le second se tourne vers le jeune Jim Kerr.
Cette écriture se nourrit aussi d’une découverte concrète. Dans le grenier familial, Kerr retrouve d’anciens articles et des souvenirs liés aux débuts de Simple Minds. La chanson associe alors la figure paternelle, la jeunesse du chanteur et les premières années du groupe. Kerr en résume la tonalité par une phrase simple : « It’s a celebration of life, really. » L’hommage ne se limite donc pas à la maladie ou au deuil anticipé ; il embrasse une histoire familiale et artistique devenue indissociable.
Placée au cœur de la démarche de l’album, cette chanson donne une profondeur personnelle à l’optimisme revendiqué par Simple Minds. L’énergie recherchée lors du choix des morceaux n’efface pas l’épreuve traversée : elle devient une manière de relier les souvenirs aux années présentes. Direction of the Heart, également diffusé sur RADIO COLLECTION, trouve dans ce récit l’un de ses points d’ancrage les plus précis.
Russell Mael, invité à transformer Human Traffic
Une autre histoire commence loin des studios européens, à Los Angeles, en 2019. Simple Minds y rencontre Russell Mael, la voix de Sparks. Lorsque Human Traffic prend forme, le groupe lui envoie la chanson et l’invite à y participer. Mael ne se contente pas d’une apparition discrète : il enregistre une partie vocale élaborée, donnant à la collaboration une véritable place dans le morceau.
Cette intervention rejoint le principe général du disque. Kerr et Burchill restent au centre du projet, mais plusieurs chansons se construisent par apports successifs : une composition apportée par Ged Grimes, une couleur celtique conservée dans First You Jump, une partie vocale confiée à Russell Mael, puis des musiciens enregistrant à Londres tandis que le travail principal circule entre la Sicile et Hambourg.
À sa sortie, l’album atteint la quatrième place du classement britannique et la troisième en Écosse. Ce résultat accompagne le retour de Simple Minds avec un disque dont la fabrication aurait pu favoriser l’isolement, mais qui repose au contraire sur les échanges et les contributions. Quatre ans plus tard, son histoire reste attachée à cette image : Kerr et Burchill dans un hôtel sicilien fermé, élaborant à distance des chansons destinées à reformer un groupe.
Sources et pour aller plus loin
L’interview de Jim Kerr publiée par SPIN éclaire le travail mené en Sicile et la dimension familiale de Vision Thing. Kerr y explique notamment comment la chanson s’est construite autour de son père et des souvenirs retrouvés à Glasgow.
L’entretien accordé par Charlie Burchill à Under the Radar détaille la fabrication à distance de l’album, la transformation de First You Jump et la participation de Russell Mael à Human Traffic.
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