22 octobre 2026
Duran Duran célèbre aujourd’hui les 5 ans de Future Past, son quinzième album studio. Pour renouveler sa méthode sans effacer son histoire, le groupe britannique a réuni Erol Alkan, Graham Coxon et Giorgio Moroder autour d’un disque conçu comme un dialogue entre les époques.
Le titre de l’album contient déjà son principe directeur. Simon Le Bon présente Future Past comme une manière de regarder chaque instant présent en pensant qu’il deviendra un souvenir. Roger Taylor lui donne une dimension plus directement musicale : celle d’une architecture autobiographique, avec un pied dans le passé et l’autre dans le futur. Pour Duran Duran, cette formule ne se limite donc pas à un jeu de mots. Elle correspond à une méthode de travail fondée sur une culture commune, mais ouverte à des partenaires capables de déplacer les habitudes du groupe.
Une partie de l’enregistrement se déroule aux studios Assault & Battery, dans le nord de Londres. Les membres de Duran Duran y travaillent avec leurs références partagées, des vieux maxis à la pop électronique, tout en intégrant de nouvelles collaborations. Plutôt que de tenter de reproduire une période précise de leur parcours, ils confrontent cette mémoire collective à d’autres manières d’écrire, de produire et d’occuper l’espace sonore.
Erol Alkan, un choix qui déplace les habitudes
La production est notamment confiée à Erol Alkan, alors surtout identifié comme DJ et producteur électronique. Ce choix atypique permet à Duran Duran d’introduire dans le projet un regard extérieur issu d’une autre culture de studio. Alkan ne reste d’ailleurs pas cantonné à la production : il joue un rôle déterminant dans l’arrivée de Graham Coxon, guitariste de Blur, au sein du processus créatif.
Coxon participe à l’écriture et à l’enregistrement de Future Past. Sa présence représente une évolution importante pour Duran Duran : le groupe n’avait plus intégré de guitariste créatif de cette manière depuis Andy Taylor. Il ne s’agit pas simplement d’ajouter un nom prestigieux aux crédits. Cette collaboration modifie concrètement la construction des morceaux et la façon dont les musiciens organisent leurs interventions.
D’après le groupe, le travail avec Coxon aide à éviter la surcharge des arrangements. Les guitares, les synthétiseurs, la basse et la batterie sont davantage séparés, laissant plus d’espace à chaque élément dans le mix. L’apport du guitariste se mesure ainsi moins à une démonstration isolée qu’à une nouvelle circulation entre les instruments. Sur un album porté par l’idée de relier plusieurs temporalités, cette décision offre une traduction tangible au concept annoncé par le titre.
Giorgio Moroder, de la référence à la collaboration
Une autre rencontre donne à cette réflexion une profondeur particulière. Giorgio Moroder intervient sur l’album, notamment autour de Tonight United. Sa participation rapproche Duran Duran d’une influence que le groupe cite parmi ses références fondatrices, aux côtés de I Feel Love et des musiques produites par Moroder.
Cette fois, le passé n’est plus seulement évoqué : l’un de ceux qui ont nourri la culture musicale du groupe entre directement dans la fabrication du disque. La collaboration résume avec précision le projet de Future Past. Duran Duran ne transforme pas ses références en décor nostalgique ; il les replace dans un travail contemporain, aux côtés d’Erol Alkan et de Graham Coxon. Selon les titres, la production associe également Mark Ronson et les membres du groupe eux-mêmes.
Ce jeu de correspondances explique la cohérence du casting. Alkan apporte son expérience de la culture électronique, Coxon intervient au cœur de l’écriture et des arrangements, tandis que Moroder relie le projet à une influence ancienne revendiquée par Duran Duran. Le disque trouve également sa place dans la programmation de RADIO COLLECTION.
Le combat de John et Roger Taylor pour Hammerhead
La sélection finale révèle aussi ce que le groupe a dû laisser de côté. Roger Taylor explique qu’une dizaine d’autres chansons auraient pu constituer un album alternatif. Au milieu de cette abondance, Hammerhead devient l’un des morceaux les plus discutés au moment d’arrêter la liste définitive.
John Taylor et Roger Taylor tiennent particulièrement à sa présence sur l’album. Leur insistance permet au titre de rejoindre les douze morceaux de Future Past. La chanson accueille également une intervention vocale d’Ivorian Doll, autre exemple de l’ouverture du projet à des voix extérieures. Cette histoire de sélection rappelle qu’un album ne se définit pas seulement pendant l’écriture ou l’enregistrement : il se joue aussi dans les arbitrages qui déterminent les morceaux finalement retenus.
La trajectoire commerciale du disque accompagne cette volonté de renouvellement. Future Past atteint la deuxième place de l’Official Albums Sales Chart britannique et la première de l’Official Independent Albums Chart. Cinq ans après sa parution, son histoire reste surtout celle d’un groupe qui a rendu son propre passé actif : en invitant une influence fondatrice dans le studio, en confiant une partie de la production à Erol Alkan et en donnant à Graham Coxon un véritable rôle dans la création.
Sources et pour aller plus loin
L’entretien de Simon Le Bon publié par Duran Duran accompagne l’annonce officielle de la parution mondiale de Future Past.
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