22 octobre 2026
Il y a 25 ans, The Cranberries publiait Wake Up And Smell The Coffee, son cinquième album studio. En retrouvant le producteur Stephen Street et en travaillant entre Dublin et Londres, le groupe irlandais ouvrait une période présentée par Dolores O’Riordan comme plus détendue et optimiste.
Le nouveau départ passe d’abord par des retrouvailles. Pour Wake Up And Smell The Coffee, The Cranberries conserve Stephen Street, le producteur de ses deux premiers albums. Cette collaboration renoue ainsi avec un partenaire associé aux débuts les plus marquants du groupe, mais elle intervient dans un contexte différent : les musiciens sortent alors d’une période de silence de deux ans et abordent ce cinquième disque avec une énergie renouvelée.
Ce retour ne se résume pas à un nom inscrit au générique. Street redevient l’interlocuteur du groupe pendant un enregistrement réparti en deux étapes et deux villes. Le disque commence à prendre forme à Dublin, à l’automne 2000, avant qu’une seconde session ne soit organisée à Londres en mai 2001. Cette construction en deux temps donne au projet une trajectoire claire, depuis les premières séances irlandaises jusqu’à son achèvement dans la capitale britannique.
Des retrouvailles à Windmill Lane
Les premières sessions se déroulent aux studios Windmill Lane de Dublin, un lieu également associé à l’histoire de U2. Pour The Cranberries, ce choix ancre le début du travail en Irlande, au moment même où le groupe retrouve Stephen Street. La réunion d’un producteur historique et d’un studio dublinois forme ainsi le premier cadre concret de l’album, avant le déplacement de l’équipe vers Londres quelques mois plus tard.
Dolores O’Riordan enregistre par ailleurs une partie du disque alors qu’elle vient de donner naissance à son deuxième enfant. Ce contexte familial accompagne l’état d’esprit revendiqué pendant la promotion : la chanteuse décrit alors un album plus détendu et plus optimiste. Il ne s’agit donc pas seulement d’une reprise d’activité après deux années de retrait, mais d’une période que le groupe présente lui-même sous le signe d’un rapport renouvelé à la vie.
O’Riordan le résume en 2001 par une prise de conscience très directe : « You realize you have let pass many things and, suddenly, you say to yourself: Jesus, it’s time to start to enjoy yourself. » L’idée n’est pas celle d’un effacement du passé, mais d’un moment où le plaisir et le relâchement reprennent davantage de place. Ce propos donne au titre de l’album une portée concrète : se réveiller, regarder ce qui a été laissé passer et recommencer à profiter du présent.
« Analyse », ou la décision de moins tout disséquer
Une chanson porte particulièrement ce nouvel état d’esprit : Analyse. Retenu comme premier single, le morceau devient aussi le titre chargé de présenter publiquement l’album. Dolores O’Riordan l’associe à une méfiance nouvelle envers la tendance à vouloir tout analyser. Après la pause du groupe, ce choix en fait davantage qu’un simple outil de lancement : la chanson expose dès le départ la position adoptée pour cette nouvelle étape.
Le paradoxe du titre est précisément ce qui lui donne son intérêt. Analyse accompagne un disque présenté comme plus détendu, tandis que sa chanteuse explique vouloir prendre ses distances avec l’examen permanent des événements. Le morceau sert ainsi de manifeste d’ouverture sans nécessiter de long discours : son histoire promotionnelle et les déclarations d’O’Riordan convergent vers la même volonté de desserrer l’étau de l’analyse.
Cette cohérence relie les différentes dimensions du projet. La naissance récente du deuxième enfant de la chanteuse, le retour au studio après deux ans de silence, les retrouvailles avec Stephen Street et le choix d’Analyse appartiennent tous à la même séquence. Aucun de ces éléments ne suffit seul à raconter le disque, mais leur réunion éclaire la manière dont The Cranberries a présenté ce moment de sa carrière : non comme une répétition de ses années précédentes, mais comme une reprise plus apaisée.
Un disque construit en deux mouvements
Le parcours de Dublin à Londres résume finalement la fabrication de Wake Up And Smell The Coffee. À l’automne 2000, les premières séances installent les retrouvailles avec Street à Windmill Lane. En mai 2001, la seconde session londonienne prolonge et complète ce travail. Entre ces deux étapes, la vie personnelle de Dolores O’Riordan et le retour collectif en studio accompagnent la définition du nouvel album.
Vingt-cinq ans plus tard, cette histoire reste celle d’un groupe qui choisit un collaborateur de ses débuts pour ouvrir une nouvelle période. L’album, comme The Cranberries, figure également dans la programmation de RADIO COLLECTION. Son point de départ le plus révélateur demeure Analyse : une chanson choisie pour annoncer le retour du groupe tout en affirmant qu’il était peut-être temps de moins disséquer la vie et de recommencer à en profiter.
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