06 novembre 2026
Characters de Stevie Wonder fête aujourd’hui ses 39 ans. Le disque réunit notamment Michael Jackson et son hôte sur Get It, mais son histoire française passe aussi par Free, devenue une signature publicitaire plusieurs années après sa sortie. Un parcours singulier pour un album que Wonder défendait encore en 1995.
En 1995, lorsqu’on demande à Stevie Wonder quels disques lui semblent avoir été insuffisamment reconnus, il cite d’abord Characters. « That was a great [1987] album », répond-il dans Billboard : c’était un grand album. Le propos ne se transforme pas en règlement de comptes. Le musicien précise ensuite qu’il estime, dans l’ensemble, avoir été traité équitablement. Mais ce choix spontané dit l’attachement qu’il conserve à ce disque paru le 6 novembre 1987 aux États-Unis.
Entre sa publication et cet entretien, l’une de ses chansons a pourtant trouvé un nouveau chemin vers le public français. Il ne s’agit pas du duo avec Michael Jackson, mais de Free, placée à la fin de la deuxième face du vinyle original. Une conclusion d’album devenue, à partir de 1993, une musique associée à Banque Populaire.
Free, une fin de disque devenue signature publicitaire
Avant cette utilisation, Free possède déjà une fonction précise dans le parcours de Characters : elle en referme le vinyle. Dans sa critique de novembre 1987, Carol van Keeken y entend une conclusion philosophique tournée vers la liberté, après les difficultés humaines évoquées au fil de l’album. C’est la lecture d’une critique contemporaine, qui replace le morceau dans un ensemble plutôt que de l’isoler comme une chanson destinée à un autre usage.
La publicité lui donne ensuite un cadre bien différent. Selon l’enquête publiée par Le Télégramme en avril 2023, Banque Populaire adopte le morceau en 1993, et cette association perdure encore au moment de la publication. Free n’a donc pas été composée pour la banque : elle existait depuis plusieurs années lorsqu’elle est devenue cette signature sonore.
Cette seconde vie dépasse l’utilisation publicitaire elle-même. Le titre ressort et reste cinq semaines au Top 50 français. Voilà un résultat concret de ce changement de contexte : une chanson initialement placée au terme d’un album revient dans le circuit des singles. Stevie Wonder et Characters figurent également dans la programmation de RADIO COLLECTION.
Michael Jackson en invité, Wonder aux commandes
Réduire Characters au destin de Free laisserait toutefois de côté l’une de ses rencontres les plus visibles. Sur Get It, Stevie Wonder partage le chant avec Michael Jackson. La presse professionnelle souligne déjà cette collaboration lors de la sortie du disque : le duo appartient bien à son histoire initiale, et non à une relecture tardive de l’album.
La présence de cet invité ne change pas la direction du projet. Wonder assure lui-même la production et les arrangements de Characters. Ces responsabilités permettent de situer la collaboration : Michael Jackson rejoint un album dont Stevie Wonder garde les commandes artistiques.
Un propos politique, puis le regard de son auteur
Le disque accueille aussi un volet explicitement politique avec Dark ’n’ Lovely. La chanson aborde l’oppression raciale en Afrique du Sud, dimension relevée par la critique dès novembre 1987. À côté du duo de Get It, elle donne un autre point d’entrée dans l’album : celui d’un sujet historique précis, avant la conclusion que Carol van Keeken entend dans Free.
Lorsque Wonder revient sur Characters en 1995, son jugement porte sur le disque entier. Son éloge ne prouve ni un échec commercial ni une hostilité générale à son égard ; il exprime le sentiment d’un créateur sur la reconnaissance de son travail. En France, une partie de la trajectoire de cet album se joue alors déjà ailleurs : dans les publicités qui ont repris Free et dans les cinq semaines de sa ressortie au Top 50.
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Fiche de l'album
Album : Characters
Artiste : Stevie Wonder
Anniversaire : 39 ans
Date de sortie : 6 novembre 1987
À retenir : Free accompagne les publicités Banque Populaire dès 1993.




