Alone | Pretenders | 10 ans | 21 octobre 2016 | L’album solo devenu un disque des Pretenders


21 octobre 2026

Il devait prolonger la carrière solo de Chrissie Hynde. Dix ans après sa sortie, Alone raconte finalement le retour discographique des Pretenders, façonné à Nashville avec Dan Auerbach et enregistré en seulement deux semaines.

Au départ, le nom des Pretenders n’est pas encore attaché au projet. Après Stockholm, paru en 2014, Chrissie Hynde envisage de réaliser son deuxième album solo. Les séances prennent pourtant une autre direction : les chansons et l’identité qui se dégagent de l’enregistrement la conduisent à publier le disque sous le nom du groupe. Alone devient ainsi le dixième album studio des Pretenders et leur premier depuis Break Up the Concrete, sorti huit ans auparavant.

Ce changement d’identité constitue le paradoxe central de l’album. Sur scène, les Pretenders fonctionnent comme un groupe, mais Hynde ne convoque pas leur formation habituelle pour ces séances. Elle accepte au contraire le principe d’une équipe constituée autour d’elle par le producteur Dan Auerbach. Un projet commencé en solo retrouve donc le nom des Pretenders grâce à une méthode collective, mais avec des collaborateurs spécialement réunis pour l’enregistrement.

Dan Auerbach, premier choix pour Nashville

La rencontre avec Dan Auerbach n’est pas un choix par défaut. Interrogée sur le producteur, Chrissie Hynde résume clairement sa position : « He was No 1 on my wishlist. » Il figure en tête de sa liste. Auerbach accueille les séances dans son studio Easy Eye Sound, à Nashville, assure la production et joue également de la guitare sur le disque.

Le producteur installe Hynde au milieu de musiciens avec lesquels il possède déjà des liens de travail. Leon Michaels et Richard Swift, tous deux membres des Arcs, participent à l’enregistrement, tout comme le bassiste Dave Roe. Le guitariste Duane Eddy apparaît lui aussi sur l’album. Cette formation de studio donne au projet une configuration distincte de celle des Pretenders en concert, sans empêcher Hynde de reconnaître progressivement dans les morceaux l’identité du groupe.

La rapidité devient l’une des caractéristiques concrètes de la fabrication. Les douze chansons sont enregistrées en environ deux semaines, avec peu de prises. Il ne s’agit donc pas d’un album longuement reconstruit au fil de séances dispersées, mais d’un travail concentré autour de Hynde, d’Auerbach et de l’équipe rassemblée à Nashville. La brièveté du calendrier renforce le contraste avec la longue interruption discographique des Pretenders.

Une chanson attendait depuis vingt ans

Toutes les compositions n’ont pourtant pas été écrites dans l’urgence. Roadie Man possède une histoire beaucoup plus ancienne : Chrissie Hynde l’avait composée environ vingt ans avant l’enregistrement de Alone. La chanson demeure alors en attente jusqu’à l’intervention d’Elvis Costello. Après avoir entendu Hynde en chanter le refrain, il lui conseille de l’enregistrer.

Ce conseil fait passer une vieille composition conservée pendant deux décennies vers le nouvel album. Roadie Man relie ainsi deux temporalités opposées de Alone : une chanson longtemps laissée de côté et des séances menées en une quinzaine de jours. L’anecdote montre aussi que le répertoire du disque ne provient pas uniquement de la période immédiatement antérieure à son enregistrement.

Le morceau-titre joue un autre rôle dans la transformation du projet. L’idée d’indépendance portée par Alone aide à définir l’identité de l’ensemble et accompagne la décision de signer finalement le disque du nom des Pretenders. Le titre convient à cette situation particulière : Chrissie Hynde reste le point fixe du projet, tout en enregistrant avec une équipe entièrement organisée par Auerbach.

Le retour des Pretenders par une voie détournée

Alone ne marque donc pas le retour du groupe par une simple réunion en studio. Le nom des Pretenders réapparaît au terme d’un chemin moins direct : un deuxième disque solo envisagé par Hynde, un producteur expressément désiré, une formation constituée à Nashville et une série de prises rapides. Cette méthode produit un album officiellement inscrit dans la discographie du groupe sans reproduire son fonctionnement scénique.

La présence de Neil Tennant sur Let’s Get Lost ajoute un autre invité à cette configuration déjà ouverte. À sa sortie, l’album reçoit notamment quatre étoiles sur cinq de la part d’AllMusic, qui souligne son écriture, sa production surprenante ainsi que son mélange de rock bluesy et de couleurs Americana. Alone et les Pretenders figurent également dans la programmation de RADIO COLLECTION.

Dix ans plus tard, l’histoire du disque tient toujours dans cette bascule : Chrissie Hynde entre en studio pour poursuivre son parcours solo et en ressort avec le premier album des Pretenders depuis huit ans. Entre les deux, Dan Auerbach a réuni les musiciens, installé une méthode rapide et permis à douze chansons de trouver leur forme en deux semaines. Parmi elles, Roadie Man avait attendu près de vingt ans son passage en studio.

Sources et pour aller plus loin

L’entretien de Chrissie Hynde publié par The Guardian éclaire son choix de Dan Auerbach, le travail à Nashville et la rapidité des séances. L’interview accordée à Louder raconte la transformation du projet solo en album des Pretenders et l’histoire de Roadie Man. L’échange publié par TIDAL Magazine complète ce récit avec les regards de Hynde et d’Auerbach sur leur méthode de studio.

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