27 décembre 2025
Le 26 décembre 2025, Perry Bamonte, guitariste et claviériste historique de The Cure, est mort à son domicile à l’âge de 65 ans. Le groupe a confirmé la nouvelle dans un communiqué évoquant une disparition « après une courte maladie, à la maison, pendant la période de Noël ». Aucune autre précision médicale n’a été rendue publique. La nouvelle a immédiatement suscité une vive émotion dans la communauté rock et chez les fans du groupe, tant Bamonte incarnait une présence essentielle mais volontairement discrète au cœur de l’ère moderne de The Cure.
Une trajectoire singulière au sein de The Cure
Des coulisses à la scène
Né à Londres le 3 septembre 1960 et élevé à Basildon, Perry Bamonte entre très tôt dans l’orbite de The Cure. À partir de 1984, il devient guitar tech et assistant de tournée, un rôle-clé qui lui permet d’assimiler l’ADN sonore et l’éthique de travail du groupe. Cette immersion patiente et exigeante prépare son passage au premier plan : en 1990, lorsque Roger O’Donnell quitte provisoirement la formation, Bamonte est intronisé membre officiel.
L’ère des grands albums (1992–2004)
Son premier album studio avec The Cure est Wish (1992). Il y impose une signature faite de textures de guitare aériennes, de claviers mélancoliques et d’une écriture collective d’une rare élégance. Il participe ensuite à Wild Mood Swings (1996), Bloodflowers (2000) et The Cure.
Après le départ de Porl/Pearl Thompson en 1993, Bamonte devient l’un des piliers de la scène, capable d’alterner guitares, claviers et arrangements avec une sobriété au service des chansons. Il contribue également à l’esthétique visuelle (photos, direction artistique), renforçant la cohérence globale du projet Cure.
Parenthèse hors du groupe
En 2005, Robert Smith décide de réduire The Cure à un trio ; Perry Bamonte et Roger O’Donnell quittent alors le groupe. Si la décision est brutale, Bamonte évoquera plus tard un mélange de tristesse et de soulagement. Il reste actif dans l’ombre : collaborations ponctuelles, sessions, projets confidentiels — toujours loin des projecteurs, fidèle à sa nature réservée.
Le retour attendu et la dernière grande tournée
Moment de grâce en 2019 : Bamonte remonte sur scène avec The Cure lors de leur intronisation au Rock and Roll Hall of Fame. Le vrai retour a lieu en octobre 2022, à Riga, pour l’ouverture de la tournée « Shows of a Lost World ».
Entre 2022 et 2024, il participe à plus de 90 concerts à travers l’Europe et l’Amérique du Nord, retrouvant un rôle central dans le son live du groupe, notamment sur les répertoires Wish et Bloodflowers. Sa dernière apparition scénique avec The Cure remonte au 1er novembre 2024 à Londres, concert filmé qui donnera naissance au long métrage The Cure: The Show of a Lost World.
Côté studio, il contribue à la mise en place de nouveaux titres joués sur scène (Alone, Endsong), annonciateurs d’un futur album encore inédit à ce jour.
Un artiste de l’ombre, une signature majeure
Calme, intuitif, intensément créatif — ainsi le décrivait The Cure dans son hommage. Bamonte privilégiait l’atmosphère à la virtuosité, sculptant des paysages sonores plus qu’il ne cherchait l’esbroufe. Ses influences plongent dans la new wave britannique, le post-punk et une sensibilité mélodique héritée autant des guitares que des synthétiseurs.
Il est coauteur de nombreux titres majeurs du groupe, dont des singles emblématiques comme High, Friday I’m in Love, Gone!, Cut Here, The End of the World ou Taking Off. Des morceaux tels que Trust, This Is a Lie ou Anniversary portent particulièrement sa patte.
Moins médiatique que d’autres membres, Perry Bamonte n’en demeure pas moins une figure culte pour les fans. Il symbolise l’équilibre délicat entre accessibilité pop et profondeur émotionnelle qui caractérise la période Wish → Bloodflowers. Son retour en 2022 avait été salué comme une réconciliation historique entre The Cure et son propre héritage.
Radio Collection salue la mémoire d’un musicien essentiel, artisan silencieux d’une part de la bande-son de nos vies.